Observatoire de l’ESS numérique : interview de Nastasia Fouret, Data Architect

Observatoire de l’ESS numérique : interview de Nastasia Fouret, Data Architect

Le Social Good Accelerator a eu le plaisir d’interviewer Nastasia Fouret, fondatrice et consultante cheffe de projets Data/IA de Dot&Cie, et architecte data sur le projet Observatoire de l’ESS numérique développé par SOGA. Cette interview revient sur la première phase du projet, à savoir l’agrégation des données, sur ses enjeux, ses avancées ainsi que sur la deuxième phase qui s’annonce. Nastasia nous partage également son expérience en tant que bénévole pour SOGA, depuis fin janvier 2026 via Data for Good.

Peux-tu te présenter et nous dire ce que tu fais ?

Je suis Nastasia Fouret, j’interviens auprès de clients sur des problématiques data (gestion, datas d’infrastructures, gestion des stocks, des achats, etc.) ; en somme, tout ce qui permet à une entreprise de fonctionner. Mon rôle est de permettre leur utilisation et leur mise en visibilité pour que la structure puisse piloter son activité.

En quoi consiste le projet d'Observatoire ?

Le projet d’Observatoire de l’ESS numérique c’est un projet qui a pour objectif de mettre en visibilité les structures de l’ESS numérique et surtout de leur permettre de se reconnaître comme tel. C’est en somme un projet d’autodétermination qui a pour but d’aider les structures à se dire “Oui, je suis de l’ESS numérique” ou “Non, je ne suis pas de l’ESS numérique”. 

Quel est ton rôle dans le projet d'Observatoire de l'ESS numérique ?

J’ai commencé à travailler avec SOGA fin janvier via Data for good. Je devais intervenir en tant que data architect sur le projet de création de l’Observatoire. Je n’étais pas toute seule, il y avait Augustin de Chevigny, qui intervenait dans le cadre de ses études à Centrale Lille. En amont, et avec d’autres étudiants, il a mis en place les bases : l’identification des actrices et acteurs du secteur de l’ESS, leur répartition dans 8 familles de l’ESS numérique, etc. Et ce que j’ai fait, c’est reprendre toutes les règles de gestion qu’il avait appliqué et les “industrialiser” dans un process un peu data pour pouvoir reproduire cette analyse régulièrement plutôt que ce soit une analyse “one shot” et que de ce fait, on se retrouve avec un jeu de données qui ne se maintient pas dans le temps.

J’ai donc réfléchi à introduire des règles de gouvernance et d’architecture. L’idée étant d’essayer de trouver un juste milieu entre “il faut utiliser le plus d’outils open source, le plus de données qu’on met en forme nous-mêmes” et “il faut aller vite, avoir des données de qualité” même si ce n’est pas toujours facile de les avoir. L’enjeu derrière d’avoir des données mises en forme par nos propres moyens, c’est que l’on puisse mieux les tracker, qu’on soit en mesure de se dire “Ok, ces données proviennent de là, elles ont cette validité” ; on sait d’où elles viennent et on sait comment les obtenir à nouveau en cas de besoin.

Un autre aspect de mon travail c’est de rassembler des données, donc de solliciter les personnes qui seraient potentiellement de l’ESS numérique et de les faire se rassembler autour d’une table, de déterminer si oui ou non elles cochent les cases. Et pour ça il faut aussi poser le cadre : qu’est-ce qu’une structure numérique ? Quelles sont les différences ? Comment la notion même de numérique évolue ? Est-ce qu’on se reconnaît dedans ou pas ? etc. Mon rôle, c’est vraiment de créer cette impulsion en termes de source de données et de structure qui fera en sorte que, demain, les données pourront vivre, refléter et s’alimenter par rapport à la communauté numérique que l’Observatoire est en train de créer. 

Et en tant que bénévole, comment vis-tu ton expérience avec SOGA ?

Au départ, ce n’était pas un engagement très fort pour moi. Ma vision était plutôt orientée accompagnement d’un projet, mais au final j’ai trouvé le projet intéressant. Les personnes avec qui j’interagissais étaient vraiment agréables, et il se trouvait que j’avais un peu de temps à ce moment-là. Donc j’ai proposé à Jeanne de continuer de travailler sur le projet parce que ça changeait de ce que je faisais d’habitude : là, je n’avais pas les données sources. Je travaille souvent sur des données de gestion par exemple, qui sont disponibles parce que c’est l’entreprise qui les crée elle-même, donc je n’ai pas besoin d’aller les chercher, juste besoin de vérifier qu’elles sont bien alimentées. Et quand elles ne le sont pas, je vais voir le responsable de l’équipe. En fait, tu ne gères pas du tout le manque de données de la même manière au sein d’un écosystème et dans le cadre de données libres.

Donc ça, ça été la première surprise métier, je ne m’attendais pas à cette logique. Ensuite, j’ai adoré travailler avec Jeanne et Clarisse ! Ça m’a fait du bien. Pour moi, l’humain est plus important que le projet en lui-même. Que ce soit l’équipe de SOGA ou les personnes du Comité, j’aime leur façon de travailler qui est très différente de ce que je connais en entreprise. Aussi, c’est une de mes premières expériences bénévoles aussi long terme dans mon domaine, donc ça me donne l’impression d’être utile. En revanche, c’est aussi très challengeant de composer entre mon activité, ma vie perso et le bénévolat, mais Jeanne est très compréhensive donc c’est agréable. Le tout c’est de fonctionner par priorités. Il peut y avoir des moments où je ne peux pas me consacrer au bénévolat, mais je sais que ce n’est pas grave et je reprends après. Ce qui est plus difficile c’est d’avoir des rituels quand on a un planning qui change toutes les semaines, mais avec Clarisse on commence à trouver une routine en programmant une réunion systématique et c’est ce qui fonctionne le mieux.

Tu vas bientôt aborder la phase 2 du projet. Qu'as-tu prévu dans ces prochains mois ? Quels seront vos besoins pour la mener à bien ?

Avant d’entamer la phase 2, il faut déjà terminer la phase 1 et avoir le socle de données prêt à être déployé. Je pense qu’au fur et à mesure, on aura moins besoin de moi en termes de développement, donc ce sera plus une question d’animation : présenter les données, mettre à disposition les outils, etc. D’ailleurs, ce n’est pas forcément moi qui vais m’en occuper, ce sera plus Jeanne et Clarisse. Mon objectif c’est vraiment de terminer la phase 1 et la livrer. 

En termes de besoins, en ce qui me concerne, ce sera surtout de la maintenance, dans la mesure où ce seront les utilisateurs et les responsables de réseaux qui fourniront les données et ce sera à nous de déterminer ce qu’on en fait. Pour permettre cette maintenance et faire en sorte que d’autres personnes puissent s’en saisir, j’ai tout développé en Python. C’est un langage que les développeurs, même sans être spécialistes data, maîtrisent et peuvent mettre à jour, et tout mis sur GitHub.

Qu'avez-vous prévu entre les deux phases ? Est-ce qu'il y aura des événements pour présenter les avancements du projet ?

Après ça, pour la partie data, on voudrait organiser un datathon et un meet-up sur Label Studio qui est un outil open source de labellisation des données. Ça se présente sous forme d’application web, donc on a accès aux données, on peut les filtrer, chercher celles qu’on veut, contrôler si elles sont bien dedans, etc. Dans notre cas, avec Jeanne, on a conçu un questionnaire qui permettra de déterminer si les données sont bien qualifiées, s’il faut les modifier, à quelle catégorie de l’ESS telle structure appartient, s’il manque des catégories ESS, pourquoi les gens décident de prendre cette raison, etc. Ainsi, on pourra enrichir les données et les labelliser.

Pour le meet-up Label Studio, nous allons rassembler principalement les personnes du comité data avec qui nous travaillons. L’objectif sera de savoir ce qui pour eux est bon et ce sur quoi nous devrons retravailler, est-ce que ça remplit bien l’objectif du projet, etc. Si tout est OK avec quelques retours, on fera le nécessaire pour y répondre, et si c’est pas OK on posera plein de questions et on leur donnera potentiellement des accès au réseau.

Un mot de la fin ?

J’ai bien aimé cette expérience, c’est challengeant en termes d’investissement et ça change de ce que je fais au quotidien. Là, je vais présenter ce que j’ai fait à des personnes techniques, ce qui est très différent de mon rôle de consultante dans une entreprise data où j’aide les gens à gérer leurs données. Contrairement à ce projet où je dois partir de données extérieures pour les mettre dans l’entreprise et les mettre à disposition. Ça m’a permis de me poser plein de questions d’architecture de données, de tester Claude Code, etc. 

Trois formations pour accélérer la transition numérique de l’ESS en Europe

Trois formations pour accélérer la transition numérique de l’ESS en Europe

Trois formations pour accélérer la transition numérique de l’ESS

Cet article a été rédigé avec le soutien du projet SETS – Social Economy Transition Skills n° 101136011 –  financé par la Commission européenne sous le programme Horizon SETS — HORIZON-CL4-2023-HUMAN-01

Face aux défis conjoints du numérique et de l’écologie, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) doivent évoluer.
Ils doivent adapter leurs pratiques et renforcer leurs compétences.

Pour répondre à ce besoin, le projet européen SETS (Social Economy Transition Skills), financé par l’Union européenne, propose trois formations ciblées.
Accessibles gratuitement, elles s’adressent aux accompagnateurs, aux salarié(e)s et aux dirigeant(e)s de l’ESS.

Ces parcours sont conçus avec des expert(e)s européen(ne)s.
Chacun répond à un enjeu stratégique précis :

  • comprendre le fonctionnement de l’ESS et la gestion de l’impact,

  • maîtriser les outils numériques collaboratifs,

  • explorer les opportunités et risques liés à l’intelligence artificielle.

Ainsi, la transition numérique devient un véritable levier de développement pour les organisations de l’ESS.

Décrypter l’économie sociale et l’impact pour mieux accompagner les actrices et acteurs du secteur

Cette première formation est la porte d’entrée dans l’univers de l’ESS. Elle s’adresse aux accompagnatrices/accompagnateurs, formatrices/formateurs et consultant(e)s qui souhaitent en saisir les spécificités. L’ESS repose sur des valeurs de solidarité et de gouvernance démocratique. Cependant, elle obéit aussi à des impératifs économiques qui la distinguent des entreprises classiques.

Pendant 12 heures, les participant(e)s explorent les modèles économiques hybrides et les stratégies d’innovation sociale. L’objectif est clair : fournir une méthodologie pratique pour accompagner efficacement les structures de l’ESS. Des études de cas et des outils d’analyse enrichissent le parcours.

Ainsi, les apprenant(e)s apprennent à structurer un projet à impact, mesurer ses résultats et mobiliser les parties prenantes.
À l’issue de la formation, iels repartent avec une vision globale du secteur et des compétences opérationnelles.

Télécharger la présentation de la formation ici

Maîtriser la communication et la collaboration numériques pour gagner en efficacité

Dans un monde où la digitalisation s’accélère, les salarié(e)s de l’ESS et les demandeuses et demandeurs d’emploi doivent évoluer. Ils doivent apprendre à utiliser des numériques adaptés à leurs missions sociales. Ce second parcours renforce les compétences numériques indispensables.
Il aide à mieux gérer les projets et à améliorer la relation avec bénéficiaires et partenaires.

Pendant 10 heures, les participant(e)s apprennent à structurer leur communication en ligne. Ils découvrent aussi comment utiliser des plateformes collaboratives et adopter des stratégies numériques inclusives.

 

La formation couvre plusieurs aspects : gestion d’un site web, sécurisation des données et optimisation de l’expérience utilisateur.
De plus, elle aborde les enjeux éthiques du numérique.
Les organisations de l’ESS y trouvent des pistes pour adopter une posture responsable face aux technologies.

Grâce à des mises en situation et à des échanges avec des expert(e)s, les participant(e)s développent une approche stratégique et efficace.

Téléchargez la présentation de la formation ici

Comprendre l'intelligence artificielle pour mieux gérer son organisation

L’intelligence artificielle est souvent perçue comme une technologie lointaine ou réservée aux grandes entreprises. Pourtant, elle est déjà présente dans de nombreux outils du quotidien et son intégration dans les organisations de l’ESS est une opportunité à saisir. Cette troisième formation s’adresse aux dirigeant(e)s et managers du secteur, qui doivent prendre des décisions éclairées sur l’usage de l’IA.

En 10 heures, ce parcours propose une introduction accessible à l’intelligence artificielle et à ses applications concrètes dans la gestion des organisations. Les participant(e)s découvrent comment l’IA peut automatiser certaines tâches, améliorer la prise de décision et renforcer la gestion des données. Mais cette technologie comporte aussi des risques : biais algorithmiques, protection des données, dépendance aux outils numériques… Autant de questions qui seront explorées pour aider les dirigeant(e)s à intégrer l’IA de manière éthique et pertinente.

À travers des débats, des études de cas et des exercices pratiques, cette formation offre une vision stratégique de l’intelligence artificielle appliquée à l’ESS. Elle permet aux dirigeant(e)s de mieux comprendre ces transformations et de prendre les bonnes décisions pour accompagner leur organisation dans cette évolution technologique.

Téléchargez la présentation de la formation ici

Un programme accessible et ancré dans les réalités du secteur

Pensées pour s’adapter aux emplois du temps des professionnel(le)s de l’ESS, ces trois formations sont disponibles en ligne. Elles combinent des cours asynchrones, des sessions interactives et des exercices pratiques pour favoriser une montée en compétences rapide et efficace. Chaque parcours est conçu pour être immédiatement applicable sur le terrain et permettre aux participant(e)s de mettre en œuvre de nouvelles pratiques dès la fin du programme.

Le projet SETS offre une opportunité unique pour les actrices et acteurs de l’économie sociale souhaitant se former aux défis de demain. Les formations débuteront en mars 2025 et seront accessibles gratuitement en France et en Europe.


Pour en savoir plus contactez-nous par mail :
contact@socialgoodaccelerator.eu

Pour vous inscrire, remplissez ce formulaire : https://form.jotform.com/250285552918059

Rendez-vous sur la Social Tech Academy : la plateforme de ressources de l’ESS numérique

Rendez-vous sur la Social Tech Academy : la plateforme de ressources de l’ESS numérique

 
Après 2 ans de travail avec nos partenaires Egina, Pour La Solidarité et Fundacion Esplai, nous sommes ravis de vous annoncer le lancement de notre plateforme en ligne, la Social Tech Academy, financée par l’Agence Erasmus + !
 
La Social Tech Academy est le fruit de notre engagement continu pour former les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) aux compétences du numérique et faire découvrir la diversité des métiers de la Social Tech. Cette plateforme représente une ressource pour celles et ceux qui cherchent à approfondir leurs connaissances sur les métiers de la Social Tech et pour les formateurs qui souhaitent se former aux compétences numériques.
 

Apprenez-en plus sur les métiers de la Social Tech avec notre Jobpedia

Au cœur de la Social Tech Academy se trouve notre Jobpedia, une base de données, conçue pour éclairer et inspirer. Ce répertoire comprend 11 fiches métiers détaillées, chacune offrant un aperçu précis du rôle, des missions, et des compétences requises pour divers postes clés au sein de la Social Tech. Du développeur web accessible au chef de projets numériques, le Jobpedia vise à outiller les professionnels et les aspirants de l’ESS avec des informations pertinentes et actuelles.

Des portraits de professionnels inspirants

La plateforme regroupe aussi 15 interviews exclusives – d’autres interviews d’acteurs en Espagne et en Italie sont à venir. Ces entretiens, menés avec des professionnels engagés de la Social Tech, sont une source d’inspiration et de motivation. Ils évoquent de leur parcours, leur métier et les compétences clés de ce dernier.

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Rejoignez-nous sur la Social Tech Academy

Nous vous invitons à explorer la Social Tech Academy, ses ressources et les formations proposées. Cette plateforme est conçue pour vous – acteurs de l’économie sociale, chercheurs, étudiants, et professionnels du numérique – afin de vous fournir les outils et les connaissances nécessaires pour découvrir les métiers et formations de la Social Tech.

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A propos de l’auteur

⬧ Aliséa Dumery
alisea@socialgoodaccelerator.eu
Communication et animation communauté
Lille, France
Diffuser et adapter la médiation numérique avec SocialTech_ESS

Diffuser et adapter la médiation numérique avec SocialTech_ESS

Il y a un peu plus d’un an, nous avons lancé le projet SocialTech_ESS. Notre vision ? Utiliser les compétences uniques des médiateurs numériques afin de soutenir et accélérer la transition numérique des structures de l’Économie sociale et solidaire (ESS) à travers les territoires. Alors aujourd’hui, nous sommes ravis de partager avec vous les résultats de ce projet !

Échos du terrain : retour sur les 16 observations de pratique numérique

Des médiateurs numériques ont mené 16 observations des pratiques numériques d’acteurs de l’ESS durant deux jours. Du fonctionnement de l’organisation aux besoins d’accompagnement des bénéficiaires, nos 16 binômes ont notamment permis d’éclairer les enjeux des acteurs de terrain. Un événement d’échanges et de restitution a ensuite eu lieu en janvier dernier, permettant finalement de mettre en commun et d’enrichir les résultats de ces observations.

Chaque binôme observant/observé a ensuite réalisé une courte interview suivant l’expérience. Ils se présentent puis nous expliquent leur activité, avant de revenir avec nous sur leur ressenti lors de l’expérience. Suivant leurs observations et leurs remarques, nous avons donc pu construire une véritable réflexion quant aux pratiques numériques au sein de leurs structures.

Les 9 grands enseignements du projet

En partant du monopole des directions sur les choix numériques, jusqu’à la difficulté de concilier respect du RGPD et mission sociale, découvrez les défis liés aux pratiques numériques au sein de l’économie sociale et solidaire. 

La plateforme Social_tEchSS

La plateforme en ligne constitue un espace interactif où les acteurs de la médiation numérique et de l’ESS peuvent accéder aux ressources du projet, rejoindre notre communauté sur Slack mais également partager leurs propres expériences en contribuant au contenu de la plateforme en proposant des contenus (article, événement, formation).

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A propos de l’auteur

⬧ Aliséa Dumery
alisea@socialgoodaccelerator.eu
Communication et animation communauté
Lille, France
Retour sur le Social Hackathon Umbria 2022 et la réunion transnationale de la Social Tech Academy

Retour sur le Social Hackathon Umbria 2022 et la réunion transnationale de la Social Tech Academy

Retour sur 4 jours de travail intense pour l’équipe de la Social Tech Academy : #SHU2022 et notre réunion transnationale en Italie

Le projet Social Tech Academy (STA), coordonné par le Social Good Accelerator (SOGA), réunit quatre partenaires européens :

Au début du mois de juillet, les partenaires se sont retrouvés pour la première fois en présentiel, à Foligno et Montefalco (Italie), pour quatre jours intenses de travail et de partage autour de la Social Tech.

Une rencontre européenne au cœur de la Social Tech

L'équipe de Social Tech Academy le 6 juillet à Foligno, Italie.

L’équipe de Social Tech Academy le 6 juillet à Foligno, Italie.

Chaleureusement accueillis par notre partenaire italien EGInA, nous avons participé au Social Hackathon Umbria 2022 (#SHU2022), avant de consacrer deux journées à notre réunion transnationale.
Ces quatre jours ont permis de conjuguer inspiration, collaboration et construction collective — trois valeurs fondatrices du projet Social Tech Academy.

#SHU2022 : quand la jeunesse européenne met le numérique au service du bien commun

Événement phare de cette semaine, le Social Hackathon Umbria 2022 a rassemblé des équipes de jeunes hackers européens accompagnés par des mentors expérimentés.
Leur défi : concevoir des projets numériques à impact social.

En tant que membres du jury, l’équipe de la Social Tech Academy a pu découvrir huit projets innovants, tous axés sur l’inclusion, la santé, la solidarité ou l’éducation.

Parmi eux, nous avons particulièrement salué le projet “Anlaids”, une plateforme multilingue facilitant l’accès des personnes migrantes aux dépistages gratuits des maladies sexuellement transmissibles — un exemple concret de technologie au service de la santé publique et de l’inclusion.

“Le Hackathon #SHU2022 illustre parfaitement notre vision d’un numérique éthique, éducatif et coopératif. Il montre comment la jeunesse européenne peut s’emparer du digital pour répondre à des enjeux sociaux réels.”
— Équipe Social Tech Academy

Une deuxième réunion transnationale pour structurer la Social Tech Academy

Les 5 et 6 juillet, les partenaires se sont réunis pour la première rencontre en présentiel du projet, après un lancement intégralement en ligne.
Ce temps collectif a permis de faire le point sur :

  • la gestion du projet (délais, livrables, suivi administratif et budgétaire),

  • les résultats du premier bloc de travail,

  • et la stratégie de formation à venir.

Premiers résultats : mieux comprendre les besoins des acteurs de l’économie sociale

Lancé en février 2022, le projet entame la fin de sa phase de diagnostic.
Cette étape consistait à analyser les besoins de quatre publics cibles :

  1. les étudiants,
  2. les dirigeants de structures de l’économie sociale,
  3. les personnes en reconversion professionnelle,
  4. et les formateurs de l’économie sociale.

Deux outils ont été mobilisés :

  • une revue de littérature européenne, soulignant les opportunités et freins de la transition numérique pour l’économie sociale,
  • et un questionnaire recueillant 116 réponses à travers l’Europe, permettant d’identifier les besoins concrets en compétences numériques.

Sur cette base, la stratégie de formation de la Social Tech Academy sera finalisée d’ici la fin du mois de juillet, avant la conception des premiers modules pédagogiques.

Vers une plateforme européenne de formation à la Social Tech

Lors de cette rencontre, les partenaires ont également :

  • co-rédigé le calendrier éditorial du projet,

  • défini l’architecture de la future plateforme Social Tech Academy,

  • et esquissé les thématiques des modules de formation à venir.

Parmi les pistes évoquées :

  • la culture numérique éthique,

  • les outils no-code,

  • la gouvernance de données,

  • et la création de parcours d’apprentissage hybrides (en ligne et présentiel).

Ces échanges ont renforcé la cohésion du consortium et confirmé la volonté partagée de faire de la Social Tech Academy une référence européenne pour les compétences numériques de l’économie sociale.


“Nous croyons profondément que la montée en compétences numériques de l’économie sociale européenne doit être collective, inclusive et ancrée dans les valeurs du bien commun.”
— Social Good Accelerator

FAQ — Projet Social Tech Academy et #SHU2022

Qu’est-ce que la Social Tech Academy ?

STA est un projet Erasmus+ visant à développer une plateforme européenne de formation aux compétences numériques et sociales, adaptée aux besoins de l’économie sociale.

Quels sont les partenaires du projet ?

Le projet réunit quatre partenaires européens :

  • Social Good Accelerator (France)
  • EGInA (Italie)
  • Fundación Esplai (Espagne)
  • Pour La Solidarité (Belgique)
Qu’est-ce que le Social Hackathon Umbria (#SHU2022) ?

C’est un hackathon européen organisé chaque année par EGInA en Italie. Il rassemble des jeunes de toute l’Europe autour de défis numériques à impact social.

Quels sont les principaux résultats du projet jusqu’à présent ?

Les partenaires ont finalisé la phase de diagnostic et collecté plus de 100 contributions à travers l’Europe.
Les modules de formation seront développés sur cette base d’ici fin 2022.

À quoi servira la future plateforme Social Tech Academy ?

Elle proposera :

  • des cours en ligne gratuits,
  • des fiches métiers du numérique social,
  • des outils pédagogiques open source,
  • et des ressources multilingues (FR, EN, ES, IT) pour les formateurs et acteurs de l’ESS.

Social Tech Academy : le programme européen pour une économie sociale numérique

Social Tech Academy : le programme européen pour une économie sociale numérique

Depuis plusieurs décennies, nos sociétés connaissent des transformations profondes qu’il est impossible de comprendre sans évoquer le rôle du numérique.
Les mutations qu’il engendre touchent aussi le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS), qui doit s’adapter pour rester un acteur clé de la transition écologique, sociale et démocratique.

Conscient de ces enjeux, le Social Good Accelerator (SOGA) a lancé la Social Tech Academy, un programme d’acculturation numérique destiné aux acteurs de l’économie sociale européenne.
Ce programme vise à permettre à chacun de comprendre, maîtriser et co-construire le numérique d’intérêt général.

Comprendre la transition numérique pour mieux l’habiter

La transition numérique — à distinguer de la simple transformation digitale — désigne une mutation sociétale globale.
Elle ne se limite pas à l’adoption d’outils : elle transforme la manière de produire, de coopérer et de gouverner.

Trois dimensions en sont indissociables :

  1. Technologique : équipements, serveurs, outils collaboratifs, logiciels libres.
  2. Informationnelle : gestion des données, maîtrise de la donnée publique et sociale, big data responsable.
  3. Culturelle : transparence, coopération, horizontalité, liberté d’expression et décloisonnement entre sphères privée et publique.

S’approprier ces trois dimensions, c’est redonner du sens à la place du numérique dans nos modèles de coopération.

Les défis des actrices et acteurs de l'économie sociale

Pour les organisations de l’économie sociale — associations, coopératives, mutuelles ou fondations — la transition numérique est un levier mais aussi un défi.
Leur rapport au numérique reste souvent marqué par une distance culturelle, un manque de formation ou une sous-représentation dans les politiques publiques du digital.

Or, sans appropriation collective, le risque est de laisser au marché le soin de définir les usages et les normes du numérique.

Le SOGA plaide pour une digitalisation coopérative, fondée sur :

  • la mutualisation des connaissances et des ressources ;
  • un usage éthique et responsable des technologies ;
  • et une appropriation citoyenne du numérique, notamment par les structures d’utilité sociale.

La pandémie de Covid-19 a d’ailleurs montré à quel point le numérique pouvait préserver le lien social, renforcer la coopération et maintenir les activités essentielles — à condition d’être utilisé à bon escient.

Les objectifs de la Social Tech Academy

La Social Tech Academy est un programme européen du Social Good Accelerator dédié à la formation, à la médiation et à la culture numérique dans l’économie sociale.
Son ambition : favoriser la montée en compétences digitales des organisations et des citoyens engagés dans la transition sociale.

Les objectifs principaux :

  • Promouvoir la Social Tech européenne : rendre visibles les solutions numériques issues de l’économie sociale.

  • Renforcer la citoyenneté numérique : faire du numérique un bien commun accessible à tous.

  • Former et connecter : créer un lieu de partage entre la tech et l’économie sociale.

Les premiers cycles de la Social Tech Academy ont pris la forme de webinaires ouverts à tous, diffusés sur Crowdcast, autour de thématiques telles que :

  • le no-code pour les structures de l’ESS,

  • la mesure d’impact digital,

  • les méthodes agiles,

  • le diagnostic numérique,

  • ou encore le design d’expérience utilisateur (UX).

Ces contenus sont toujours accessibles en replay sur le site du SOGA.

Origine du projet : une étude fondatrice en 2019

La Social Tech Academy est née à la suite d’une étude menée en 2019 par le SOGA sur les coopérations entre acteurs du numérique et de l’économie sociale en Europe.
Les résultats ont révélé que :

  • 80 % des organisations ayant coopéré avec un acteur tech ont renforcé leurs compétences numériques,
  • 78 % ont accru leur impact social,
  • mais 76 % estiment encore mal connaître les opportunités du numérique,
  • et 81 % jugent que le secteur social reste trop éloigné de la culture tech.

Face à ce constat, le SOGA a imaginé un programme open source, collaboratif et pair-à-pair, permettant aux acteurs de l’ESS de s’approprier le numérique selon leurs valeurs.

keynote Mannheim

Une vision humaniste du numérique

Le SOGA considère le numérique comme un processus de civilisation — un ensemble de nouveaux codes sociaux fondés sur l’accès à la connaissance, la coopération et la liberté d’expression.

“Le numérique ne doit pas être une contrainte technologique, mais un outil d’émancipation et de démocratie.”
— Social Good Accelerator

C’est dans cette perspective que la Social Tech Academy agit : pour un numérique par et pour l’économie sociale, au service du bien commun européen.

Résultats attendus et impact social

À travers la Social Tech Academy, le SOGA vise à :

  • 🧩 Renforcer la compréhension du numérique au sein de l’ESS,
  • 🤝 Partager des savoirs techniques et pratiques avec des professionnels éloignés du digital,
  • 🌐 Réduire la fracture numérique en s’appuyant sur les acteurs de terrain,
  • 💬 Créer des ponts entre la tech et l’économie sociale,
  • 🚀 Stimuler l’emploi et l’innovation sociale grâce à la montée en compétences numériques.

Ces actions participent à un même objectif : accélérer une transition numérique démocratique, inclusive et durable.

Sources : 

Cavallari, Peppe « La culture numérique selon Dominique Cardon / Dominique Cardon, Culture numérique, Presses de Sciences Po, 2019 ». Sens public (2019).

Proceedings of the webinar “Understanding the Digital Transition in the Social Economy” écrit par Pour la Solidarité, 3 mars 2021.