Développement de l’IA dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

Développement de l’IA dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

Développement de l’intelligence artificielle dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

L’intelligence artificielle (IA) connaît une croissance fulgurante. Depuis l’arrivée de ChatGPT, le débat public s’est intensifié. Dans une lettre ouverte datée du 28 mars 2023, plus d’une centaine d’experts ont appelé à une pause dans le développement de certaines IA afin de mieux encadrer leurs implications éthiques.

Dans un précédent article, nous montrions que, dans des secteurs technologiques sous tension comme l’IA, le simple statut non lucratif ne suffit plus à garantir l’alignement avec les valeurs défendues par les organisations. C’est pourquoi les acteurs de l’économie sociale se montrent souvent prudents face à ces technologies.

Pourtant, le développement de l’IA dans l’économie sociale pourrait permettre de mettre la technologie au service de l’impact social.

Comprendre le fonctionnement de l’intelligence artificielle

Avant d’explorer ses usages, rappelons ce qu’est une IA.

Une intelligence artificielle est un ensemble de techniques permettant à une machine de simuler certaines capacités humaines : traitement du langage, reconnaissance d’images, prédiction, classification, etc.

Dans le cas de ChatGPT, le système repose sur un modèle de type GPT (Generative Pre-Trained Transformer), un réseau neuronal entraîné sur de vastes corpus de données. Il génère des réponses en analysant des probabilités statistiques et des associations linguistiques — non sur une compréhension réelle du contenu.

Ainsi, les outils actuellement disponibles relèvent davantage du machine learning avancé que d’une intelligence dotée d’un raisonnement autonome.

IA et campagnes de dons : améliorer le ciblage

Certaines organisations ont déjà intégré l’intelligence artificielle dans leurs stratégies de levée de fonds.

Le rouge correspond au démarchage classique non ciblé, le vert au ciblage classique et le bleu au ciblage effectué à l’aide d’algorithmes. L’intelligence artificielle améliore l’efficacité des campagnes de dons en identifiant les profils des donateurs et en orientant les mailings de la meilleure façon possible. Il s’agit donc d’un gain d’efficacité, de rentabilité, mais aussi d’un argument écologique en réduisant le nombre d’e-mails et donc l’impact carbone d’une campagne.

Des outils d’analyse prédictive permettent :

  • d’identifier les profils les plus susceptibles de donner,

  • d’optimiser les campagnes d’emailing,

  • de réduire les sollicitations inutiles,

  • d’améliorer le retour sur investissement (ROI).

L’algorithme permet d’affiner le ciblage par rapport aux méthodes traditionnelles, ce qui peut :

  • accroître l’efficacité financière,

  • réduire l’empreinte carbone des campagnes (moins d’emails, moins de papier),

  • améliorer la pertinence des messages.

Cependant, plusieurs limites subsistent :

  • manque de transparence des algorithmes,

  • absence de données open source,

  • difficulté d’évaluation indépendante de la performance réelle.

L’efficacité de ces dispositifs dépend fortement de la qualité des données disponibles.

Mesurer l’impact social grâce à l’analyse automatisée

La mesure d’impact est un enjeu central pour les organisations de l’économie sociale.

Or, quantifier la valeur sociale créée reste complexe et coûteux. L’intelligence artificielle peut contribuer à :

  • analyser à grande échelle les retours des bénéficiaires,

  • effectuer des analyses de sentiment sur les réseaux sociaux,

  • détecter des tendances dans les perceptions publiques,

  • structurer des données qualitatives en indicateurs exploitables.

Le développement d’outils d’IA spécifiquement conçus pour analyser l’impact social pourrait aider les organisations à :

Freins à l’adoption de l’IA dans l’économie sociale

Un expert en data science travaillant pour une grande mutuelle souligne plusieurs obstacles :

1. Une perception négative du secteur

L’IA est parfois perçue comme un domaine réservé aux « geeks », éloigné des préoccupations sociales.

2. Des difficultés de collecte de données

La structuration et la qualité des données sont souvent insuffisantes pour déployer des modèles prédictifs robustes.

3. Une transformation organisationnelle complexe

Dans des secteurs comme la mutualité, la gestion des risques repose historiquement sur l’expérience métier. Introduire des outils automatisés implique un changement culturel profond.

    Des bénéfices concrets déjà observables

    Malgré ces freins, des applications existent déjà :

    • tri automatique des emails et documents scannés,

    • optimisation de la relation bénéficiaire,

    • automatisation des demandes courantes,

    • détection des fraudes.

    Les résultats observés incluent :

    • un gain de temps significatif,

    • une amélioration de la qualité de service,

    • une meilleure allocation des ressources humaines.

    Conclusion : vers une IA éthique et responsable dans l’économie sociale

    L’intelligence artificielle soulève des questions éthiques majeures :

    • gouvernance des données,

    • biais algorithmiques,

    • respect de la vie privée,

    • transparence des modèles.

    Mais elle représente également une opportunité stratégique pour l’économie sociale.

    Selon Dr. Lobna Karoui, spécialiste de l’éthique de l’IA, l’intelligence artificielle peut devenir un levier puissant pour :

    • améliorer l’efficacité organisationnelle,

    • renforcer la connaissance des bénéficiaires,

    • optimiser l’impact social.

    À condition qu’elle reste un outil au service de l’humain, et non un substitut.

    Le défi pour l’économie sociale est clair :
    développer une IA alignée sur ses valeurs démocratiques, solidaires et responsables.

      FAQ — Intelligence artificielle et économie sociale

      L’intelligence artificielle est-elle compatible avec les valeurs de l’économie sociale ?

      Oui, si elle est développée de manière éthique, transparente et au service de l’impact social.

      Quels sont les principaux usages de l’IA dans l’économie sociale ?

      Ciblage des campagnes de dons, mesure d’impact, automatisation administrative, détection de fraudes, analyse de données.

      Quels sont les risques associés ?

      Biais algorithmiques, opacité des modèles, dépendance technologique, problèmes de gouvernance des données.

      Pourquoi l’adoption est-elle lente dans l’économie sociale ?

      Manque de compétences internes, réticences culturelles, ressources financières limitées.

      L’IA peut-elle remplacer les professionnels du secteur social ?

      Non. Elle peut assister, optimiser et analyser, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine ni la relation sociale.

      Éthique et performance : le cas du développement de ChatGPT

      Éthique et performance : le cas du développement de ChatGPT

      Éthique et performance : le cas du développement de ChatGPT

      ChatGPT n’est pas seulement une révolution technologique : c’est aussi un cas d’école en matière de responsabilité sociale des entreprises.
      Conçu à l’origine comme un contre-modèle aux GAFAM au sein d’une organisation à but non lucratif, OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, a progressivement basculé vers un modèle capitaliste.

      L’affaire révélée par le magazine Time sur les conditions de travail des sous-traitants kenyans — employés par Samasource, une ancienne ONG devenue entreprise à but lucratif — a mis en lumière les paradoxes du modèle.
      Ces révélations posent une question de fond : les statuts “non lucratifs” servent-ils aujourd’hui de tremplin à des entreprises technologiques motivées par le profit plutôt que par l’intérêt général ?
      Retour sur un cas emblématique et les interrogations qu’il soulève.

      Bien que le secteur à but non lucratif se structure traditionnellement autour de valeurs de gouvernance démocratique, de transparence et d’éthique, certaines situations viennent interroger cette éthique de solidarité.
      Comme toute entreprise, les organisations à but non lucratif sont confrontées à des pressions économiques : baisse de revenus, difficultés de trésorerie, plans sociaux…
      Ces contraintes les obligent parfois à faire coexister éthique et performance, au risque que la recherche d’efficacité supplante progressivement la mission d’intérêt général.

      L’évolution d’OpenAI : du modèle non lucratif au statut à but lucratif limité

      Fondée en 2015 par Elon Musk et Sam Altman, OpenAI naît comme une organisation à but non lucratif.
      Son ambition initiale : développer une intelligence artificielle au service du bien commun, en opposition aux modèles de captation de données des géants du numérique.

      Mais en 2019, un an après le départ d’Elon Musk, la structure change de statut pour devenir une “limited-profit company”, un modèle hybride américain permettant d’accueillir des capitaux privés tout en plafonnant la rémunération des investisseurs.
      Malgré cette évolution, OpenAI continue d’affirmer que sa mission est de « développer une intelligence artificielle pour le bénéfice de toute l’humanité ».

      Jusqu’à la publication de l’enquête du Time en janvier 2023, l’entreprise cultivait une image d’éthique et de transparence fidèle à ses origines.
      Mais l’enquête révèle que pour résoudre les problèmes de toxicité linguistique dans ses modèles d’IA, OpenAI a eu recours à un prestataire basé au Kenya, où des travailleurs ont été exposés à des contenus violents et haineux pour un salaire dérisoire.

      Dans sa réponse officielle, la direction d’OpenAI affirme ne pas avoir eu connaissance des conditions de travail de ce sous-traitant.
      Cependant, l’affaire a profondément écorné son image de pionnier éthique de l’intelligence artificielle.

      De fortes pressions dans un secteur ultra-compétitif

      Ce scandale révèle le paradoxe entre compétitivité et éthique dans le secteur de l’intelligence artificielle.
      Pour rester dans la course face aux GAFAM, OpenAI s’est heurtée aux limites de ses engagements moraux.

      Le prestataire mis en cause travaille d’ailleurs pour la plupart des concurrents directs d’OpenAI, en raison de tarifs extrêmement compétitifs.
      Les géants comme Google, Meta ou Microsoft ont eux aussi recours à ces sous-traitants chargés de filtrer les données violentes ou haineuses, dans le cadre de l’entraînement de leurs modèles.

      OpenAI n’a donc pas inventé cette pratique : elle l’a reproduite pour survivre dans une industrie dominée par la logique de vitesse et de performance.
      Son évolution – du statut juridique à la recherche de fonds – l’a rendue de plus en plus semblable à ses concurrents, y compris dans ses méthodes.

      La principale critique adressée à OpenAI tient à l’incohérence entre son discours et ses pratiques.
      L’entreprise s’était imposée mondialement grâce à un positionnement moral fort. Lorsque la réalité de son fonctionnement a été dévoilée, une partie du public s’est sentie trahie.

      Mais il serait injuste de généraliser ce cas à l’ensemble du secteur non lucratif ou à celui de l’IA.
      Le développement de l’intelligence artificielle reste une opportunité majeure pour la Social Tech, qui pourra s’appuyer sur ces outils pour produire des innovations éthiques, responsables et utiles au bien commun.

      Quelle est la position de ChatGPT lui-même ?

      Pour clore l’analyse, ChatGPT a été interrogé sur le dilemme éthique auquel ses créateurs ont été confrontés : productivité ou éthique ?
      Sa réponse est sans équivoque :

      « Les entreprises qui se revendiquent d’un modèle éthique ou à but non lucratif ont une responsabilité envers le public et le reste du secteur. La transparence et la redevabilité sont des conditions essentielles de la confiance. »

      Une position lucide, bien éloignée des ambitions financières actuelles d’OpenAI, qui prévoit désormais d’atteindre 1 milliard de dollars de revenus d’ici 2024 — un objectif qui s’éloigne sensiblement de son intention initiale : créer une intelligence artificielle au service de l’humanité.

      Orange Digital Center : des espaces pour l’inclusion numérique en Europe

      Orange Digital Center : des espaces pour l’inclusion numérique en Europe

      Orange Digital Center : un programme international pour l’inclusion numérique

      À l’occasion de l’adhésion d’Orange au Social Good Accelerator (SOGA), découvrons ensemble l’initiative Orange Digital Center, un programme ambitieux en faveur de l’inclusion numérique dans les territoires.
      Nous avons échangé avec les équipes d’Orange pour mieux comprendre la philosophie, les ambitions et les premiers résultats de ce projet.

      Orange Digital Center

      Le premier Digital Center d’Orange, France
      Photo credit: Orange

      Un réseau international pour développer les compétences numériques

      Les Orange Digital Center sont des espaces ouverts et gratuits dédiés à l’apprentissage et au développement des compétences numériques.
      De la formation au code à la fabrication numérique, en passant par la création d’entreprise, ces lieux favorisent l’apprentissage par la pratique.

      Leur mission : permettre à chacun — étudiant, demandeur d’emploi, jeune décrocheur, entrepreneur — d’acquérir les compétences nécessaires pour évoluer dans un monde numérique.

      Les programmes de formation y sont conçus pour répondre à des besoins concrets :

      • ateliers de codage,
      • fablabs pour la fabrication numérique,
      • accompagnement à l’entrepreneuriat,
      • formation à la sécurité et à la responsabilité numérique.

      Une initiative déployée dans le monde entier

      À septembre 2022, 15 Orange Digital Center étaient déjà ouverts en Afrique et au Moyen-Orient (Tunisie, Sénégal, Cameroun, Éthiopie, Jordanie…).
      En Europe, le centre de Bruxelles a accueilli ses premiers apprenants au printemps 2022, suivi par celui de Saint-Ouen (France) en juin.

      D’autres centres verront bientôt le jour en Pologne, Luxembourg, Roumanie, Slovaquie, Espagne et Moldavie.
      À terme, le Groupe Orange prévoit d’implanter un Orange Digital Center dans chacun des pays où il opère.

      Cette initiative illustre la responsabilité sociétale du premier opérateur numérique français, avec une conviction forte :

      le numérique ne doit pas créer des fractures, mais des opportunités accessibles à tous.

      Le programme agit donc sur quatre dimensions clés :

      1. l’accès aux infrastructures et aux équipements,
      2. l’usage et l’accompagnement des publics,
      3. la montée en compétences,
      4. et la promotion de la diversité dans les métiers du numérique.

      Une construction locale et collaborative

      Chaque Orange Digital Center adapte sa programmation au contexte local, aux ressources disponibles et aux besoins des bénéficiaires.
      Les formations et ateliers sont co-construits avec un écosystème de partenaires :

      • fablabs de proximité,
      • Simplon au Sénégal,
      • BeCode en Belgique,
      • ou encore le programme AWS Restart en Tunisie.

      Cette approche collaborative permet de renforcer l’impact social du dispositif, en favorisant l’emploi, l’insertion professionnelle et la mixité dans les métiers du numérique.

      “Les parcours de formation associent le code, la fabrication et l’entrepreneuriat pour dynamiser les trajectoires des apprenants.”

      Les défis à relever et les solutions envisagées

      Déployer des centres dans 25 pays est un défi logistique et humain majeur.
      Orange en a déjà ouvert 17 et prévoit d’atteindre son objectif à court terme.

      Les principaux enjeux aujourd’hui :

      • maintenir la dynamique une fois le réseau complet,

      • favoriser la capitalisation et les échanges entre les différents centres,

      • et évaluer l’impact social sur les bénéficiaires.

      Pour y répondre, Orange multiplie les initiatives :

      • un appel à projets pour créer des formations de formateurs dans les fablabs ;

      • une mesure d’impact social sur certains programmes pilotes ;

      • et un partenariat avec le Social Good Accelerator pour croiser expertises et plaidoyer autour de la transition numérique inclusive en Europe.

      Zoom sur le centre de Saint-Ouen : inclusion et formation

      Le Orange Digital Center de Saint-Ouen, inauguré en juin 2022, a lancé son premier programme de préqualification “Envol Numérique destiné aux jeunes décrocheurs scolaires.
      Ce parcours de 5 semaines de formation et 3 semaines de stage vise à leur redonner le goût du numérique et à favoriser leur insertion professionnelle.

      Les participants y découvrent :

      • les bases du développement web et de la fabrication numérique ;

      • les compétences comportementales : communication, confiance en soi, travail en équipe ;

      • et les enjeux environnementaux et sociétaux du numérique.

      Le centre propose aussi :

      • des ateliers grand public pour apprendre à utiliser un smartphone ou paramétrer un contrôle parental ;

      • un fablab accessible pour s’initier à la conception 3D ou à l’électronique.

      Des ressources accessibles à toutes et tous

      L’Orange Digital Center met à disposition une variété de ressources gratuites :

      Découvrir la responsabilité numérique

      • ateliers en ligne sur la protection des données personnelles,
      • modules d’éducation numérique pour les parents,
      • programmes de sensibilisation avec la Fédération française de football sur l’usage responsable du numérique.

      Apprendre à utiliser les outils numériques

      • SuperCoders : ateliers ludiques pour les enfants hospitalisés,
      • Blabla Code : formation pour demandeurs d’emploi souhaitant renforcer leurs compétences digitales,
      • Fablabs : lieux ouverts équipés d’imprimantes 3D et de machines connectées pour expérimenter et innover.

      Entreprendre dans le numérique

      • guides et tutoriels pour créer son activité,
      • ressources pour les femmes entrepreneures,
      • outils pour protéger ses données et communiquer en ligne.


        Un levier majeur d’inclusion numérique

        Avec ses Orange Digital Center, le Groupe Orange déploie une approche concrète du numérique d’intérêt général :
        donner à chacun les moyens de comprendre, créer et entreprendre grâce au numérique.

        “Faire du numérique une opportunité pour tous, sans distinction d’âge, de milieu ou de territoire.”

        Pour en savoir plus : Je consulte le site internet d’Orange

        FAQ — Orange Digital Center et inclusion numérique

        Qu’est-ce qu’un Orange Digital Center ?

        C’est un espace de formation gratuit et ouvert à tous, dédié à l’apprentissage des compétences numériques, à l’entrepreneuriat et à la fabrication digitale.

        Où se trouvent les Orange Digital Center ?

        Les centres sont implantés dans plus de 17 pays en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe (France, Belgique, Tunisie, Cameroun, Sénégal, etc.), avec un objectif de 25 centres ouverts à terme.

        Qui peut y accéder ?

        Toute personne souhaitant développer ses compétences numériques : jeunes, demandeurs d’emploi, entrepreneurs, femmes en reconversion ou simples curieux.

        Quels types de formations sont proposés ?

        Des formations autour du code, de la fabrication numérique, de la responsabilité numérique et de l’entrepreneuriat social.

        Quel est le lien avec le Social Good Accelerator ?

        Le SOGA et Orange collaborent pour renforcer l’impact social du numérique en Europe et partager des bonnes pratiques de médiation numérique dans le cadre de leurs initiatives communes.

        Analysis of the report on the Digital Commons

        Analyse du rapport sur les communs numériques

        Analyse du rapport sur les communs numériques

        À l’occasion de l’Assemblée numérique co-organisée à Toulouse les 21 et 22 juin par la présidence française du Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne, le rapport sur les communs numériques a été publié. This report was initiated by France during the conference ‘Building Europe’s Digital Sovereignty’ organised on 7 and 8 February. 

        Ce rapport est le résultat d'un travail collectif mené par un groupe composé de 19 États membres de l'Union européenne (UE) et de la Commission européenne.

        L'objectif était d’imaginer collectivement un projet pour promouvoir et accélérer le développement des biens communs numériques.

        Les communs numériques, piliers de la souveraineté numérique européenne

        Selon la définition d'Elinor Ostrom, lauréate du prix Nobel d’économie en 2009, un bien commun est défini comme une ressource conçue et régie par une communauté, avec des règles d'accès et de partage établies. Un bien commun numérique, c’est donc une ressource numérique telle qu’une plateforme, un site web ou encore une application dont la particularité est qu’ils appartiennent à tous et peuvent être modifiés par tous. En d’autres termes, la gouvernance de cette ressource est gérée de manière démocratique et ascendante, c’est-à-dire du bas vers le haut. 

        Le postulat de base est que des communs numériques bien entretenus offrent « une occasion unique de soutenir la souveraineté numérique européenne ».

        D’abord, dans de bonnes conditions, les biens communs numériques contribuent à la préservation du contrôle par les puissances extérieures. En effet, un bien commun numérique n’est par définition ni dans les mains d’une seule grande entreprise, ni dans celles d’un seul État. Cette possession partagée vise à prévenir les risques d’abus.

        Ensuite, les biens communs contribuent à la valorisation collective d’une ressource numérique et à la réutilisation des données et infrastructures numériques la concernant. Les communs numériques favorisent donc l’innovation, la valeur sociale et la durabilité. L’intelligence collective est en effet décuplée par l’accès gratuit aux informations et la possibilité d’enrichir la ressource.

        Enfin, les communs numériques constituent un pilier en matière de cybersécurité, à condition qu’ils soient bien entretenus. En d’autres termes, selon l’adage d'Eric S. Raymond, « si l'on a assez d'yeux, tous les bugs sont superficiels » (The Cathedral and the Bazaar, 1999).

         

        Un besoin fort de visibilité et d’acculturation aux communs numériques

        Cependant, sans un changement culturel sur la compréhension de la valeur ajoutée des biens communs, leur durabilité est menacée par un manque d'utilisation et de contribution. » Comme le souligne ce rapport, les communs numériques représentent d’excellents outils pour tendre vers une souveraineté numérique européenne, à condition d’être largement utilisée. Il est vrai que sans une large utilisation et contribution, la ressource peut rapidement devenir inefficace et obsolète. D’où les propositions du rapport visant premièrement à donner de la visibilité aux communs numériques, et deuxièmement, à gagner la confiance des différents acteurs, en particulier ceux de la communauté des biens communs numériques.

        Quatre propositions pour promouvoir et accélérer le développement des biens communs numériques

        Proposition n°1 : Créer un guichet unique européen pour orienter les communautés vers les financements et aides publiques adéquats

        L’idée est de créer une plateforme afin de centraliser à un niveau européen le processus de recherche de financements publiques par les communautés numériques en fournissant notamment orientation, expertises et ressources.

         

        Proposition n°2 : Lancer un appel à projet aux communs les plus stratégiques

        Un appel à projet sur les biens communs numériques permettrait de répondre aux problématiques financières que rencontrent la majorité des biens communs, au regard de leurs ressources limitées.

        Une orientation des fonds vers des biens communs numériques thématiques est recommandée. Les thématiques identifiées comme prioritaires par le groupe de travail sont la recherche, l’administration en ligne et les éléments stratégiques.

         

        Proposition n°3 : Créer une fondation européenne pour les communs numériques

        La création d’une fondation européenne se révèle être la proposition la plus ambitieuse. « En coordination avec les objectifs politiques de l'UE, la structure viserait à favoriser le développement d'écosystèmes de biens communs numériques à travers l'Europe, afin de renforcer les communautés existantes et d'encourager la réutilisation des ressources numériques, tout en facilitant la diffusion du modèle de biens communs numériques en soutenant la génération de nouveaux biens communs numériques. »

        Mais, elle ne deviendrait un véritable catalyseur, soutien et promoteur des biens communs numériques “que si sa gouvernance est ouverte et partagée avec les communautés concernées.” La gouvernance serait donc partagée entre les États, la Commission européenne et les communautés des communs numériques. De plus, une équipe permanente serait dédiée au soutien de cette structure.

         

        Proposition n°4 : Montrer l’exemple, le principe des communs numériques par défaut

        Cette proposition vise à ce que les administrations nationales et européennes évaluent en priorité la possibilité d’une solution utilisant des codes à source ouverte et des données ouvertes dès qu’ils sont confrontés aux développement de ressources numériques.

        Conclusion : la portée du rapport

        Salué par bon nombre de membres de la communauté des biens communs numériques, ces propositions sont encourageantes pour l’avenir et s’inscrivent pleinement dans les objectifs climatiques et numériques de l'Union européenne.

        La prochaine étape est suggéréepar le rapport. Il s’agit d’une vaste consultation ouverte à ce sujet de manière coordonnée avec le lancement de l’appel à projet. Toutefois, la prudence est de mise. En effet, la présidence tchèque de l’Union européenne - qui a débuté le 1er juillet 2022 - doit prendre la relève pour assurer l’ensemble des défis se présentant. Mais la Tchéquie est un État membre visiblement absent de la liste des États membres ayant soutenu le rapport. L’adoption de ces recommandations pourrait donc être ralentie.

        Enfin, pour compléter ces éléments, les acteurs du secteur, dont Wikimédia France Framasoft, ou encore Mobicoop, se sont emparés de la question. Ils ont, à leur tour, édicté un ensemble de propositions en vue du même objectif.

        Les communs numériques ont encore un bel avenir. À ce sujet, notre prochaine étude portera sur les nouveaux modèles d’économie citoyenne et contributive en Europe. Cette étude analysera les pratiques, partenariats et effets de deux communs numériques par des acteurs de l'économie sociale : Open Street Map et Open Food Facts.

        Un article écrit par

        Justine Coopman
        justine(at)socialgoodaccelerator.eu
        Affaires publiques et Communication
        Lille, France
        ‘It was a successful experience’, Social Economy Europe’s view on the European Social Economy Summit.

        "Une expérience réussie", le point de vue de Social Economy Europe sur le Sommet européen de l'économie sociale.

        “Ce fut une expérience réussie”, Social Economy Europe à propos du sommet européen de l'économie sociale.

        Le sommet européen de l'économie sociale et solidaire a rassemblé près de 2000 participants le 5 et 6 mai 2022 à Strasbourg. Organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne avec le soutien de l’Eurométropole de Strasbourg, l’objectif était de discuter de place de l'économie sociale dans l'Union européenne et de son avenir autour de conférences, d’ateliers et de rencontres.

        Le Social Good Accelerator, membre du comité de pilotage de l’évènement, était présent et a contribué à la promotion et diffusion de ses idées à savoir la sensibilisation sur la nécessaire transition numérique de l’économie sociale et solidaire (ESS) par le biais de deux ateliers et d’une conférence.

        Notre membre, Social Economy Europe, membre également du comité de pilotage de l’évènement a participé à ce sommet par le biais de nombreux ateliers et conférences.

        Cette interview avec Victor Meseguer, Directeur au sein de Social Economy Europe, a pour but d’enrichir le retour d’expérience sur ce sommet européen majeur pour l'économie sociale.

        Du côté de Social Economy Europe, comment vous êtes-vous préparé à cet évènement ?

        La préparation de l’événement a débuté en juin 2021. La première réunion a eu lieu avec Pierre Roth et Sandra Guilmin à Bruxelles à l’époque où ils étaient en train d’explorer les différentes options de financement du sommet européen de l’ESS (ci-après “Conférence”). À cette époque, on savait déjà que la Présidence française du Conseil de l’Union européenne allait se tenir donc on espérait une forte présence de la Présidence française mais aussi une forte présence de la Commission européenne qui était présente à travers des ressources humaines et des représentants politiques. En juillet 2021, l’équipe de Social Economy Europe (SEE) s’est déplacée à Strasbourg avec les présidents et co-présidents de l’intergroupe économie sociale du Parlement européen pour avoir une réunion avec la maire de Strasbourg. Les échanges ont porté sur les attentes liées à la Conférence.

        Cette Conférence était attendue comme la grande Conférence européenne de l’économie sociale en 2022. On peut aussi dire qu’il y a eu une sorte de passation de légitimité à la fin du sommet de l’ESS de Mannheim en 2021.

        A partir de là, la façon de travailler a été similaire à celle du SOGA notamment par le biais de réunions pour co-construire l'événement. La valeur ajoutée de SEE a également été similaire à celle du SOGA. Nous avons eu pour but de créer des ponts entre les acteurs, de s’assurer que la Conférence ait une dimension européenne, qu’elle réponde bien aux intérêts des acteurs de l’économie sociale. Notre valeur ajoutée comme réseau est notre capacité à mobiliser des personnes, réseaux et organisations partout en Europe.

        Aussi, du côté de SEE, nous avons organisé notre assemblée générale à Strasbourg, la veille de la Conférence, ce qui a permis de mobiliser la plupart de nos membres. 

        Du côté de SEE, comment se sont déroulés les ateliers ? Notamment celui sur transition pathways, qu’en retenir ?

        C’était un atelier intéressant. On a mobilisé entre 30 et 50 personnes. Il y avait dans la salle des acteurs clés de l’économie sociale : à la fois des grands réseaux européens, par exemple Coopérative Europe, Philea, ESS France Outremer et d'autres. Nous avons aussi réussi à mobiliser deux acteurs fortement mobilisés pour l’économie sociale dans les territoires : la région de Bruxelles et la région de Navarre au Nord de l’Espagne. 

        "C'était une expérience réussie", une première possibilité de faire de la pédagogie sur un sujet qui est difficile à comprendre, non qu’il soit difficile en tant que tel, mais c’est surtout la terminologie, l’argot qui peut poser problème. Lorsque l’on parle de transition pathways pour l’économie sociale, on parle d’un grand plan stratégique où tout le monde doit être partie prenante et exprimer ses attentes et ses besoins. Sur ce dernier point, il y a un problème de connexion avec la réalité. Donc cet atelier a été une étape pour commencer à expliquer l’exercice qu’on est en train de faire et son importance. 

        Aussi, nous avons recueilli des informations intéressantes. D’abord, le problème avec le transition pathways, c’est que l’on a beaucoup accès à des experts généralistes, à des gens qui connaissent très bien le sujet “économie sociale” dans son entièreté. Mais il est difficile de trouver des gens avec une expertise sur la transition verte et la transition digitale.Il y a un second problème. On ne capture pas l’ensemble de la réalité de l'économie sociale. Il faut capturer l’ensemble de la réalité de l’économie sociale qui est beaucoup plus large. Le Social Good Accelerator a un rôle clé à jouer sur ce point pour faire participer son réseau. 

        Vous aviez un stand partagé avec ESS France et la CRESS Grand Est. Quelles ont été les interactions avec le public ?

        Nous avons eu pas mal de personnes de milieu très divers qui sont passées notamment la représentante d'une association grecque, un journaliste d’Euractiv par exemple. Beaucoup d'entre eux ont demandé des informations sur l'économie sociale et des informations pour nous rejoindre.  

        Juan Antonio Pedreño présente la vision de Social Economy Europe pour l'avenir du secteur sur le continent, à Strasbourg.

        Crédit photo : Social Economy Europe

        L’économie sociale, le futur de l’Europe : c’était là le nom de ce forum. Que retenir de ce sommet pour le futur de l’ESS ?

        On peut retenir ces mots-clés : alliance, changement d’échelle, grands objectifs macro économiques. Notre objectif est en effet de passer de 6.3% de l’emploi en matière d’ESS en Europe (soit 13,6M d’emploi) à 10% (soit plus de 22M d’emploi) en 2030 à l’horizon du plan d’action.

        "Le plan d’action pour l’économie sociale est notre fenêtre d’opportunité pour grandir."

        Ce n’est pas grandir pour grandir, ce n’est pas grandir pour plus d’argent mais c’est grandir pour créer plus d’emploi de qualité en Europe, pour créer plus d’insertion pour des collectifs défavorisés et/ou en risque d'exclusion sociale, pour créer plus d’innovation sociale, environnementale et technologique et pour être le grand acteur en Europe des transitions digitales, vertes et justes.Pour grandir, il faut se rencontrer et se connaître. Il faut construire plus d’alliance à l’échelle européenne en partant du local. On a, à ce sujet, une grosse fenêtre d’opportunité à notre table avec le plan européen de l’économie sociale.

        Êtes-vous satisfait de ce sommet ?

        On est très satisfait car il y avait 2000 personnes inscrites. Il y avait quand même un risque que ce soit très francophone, je ne pense pas que ça ait été le cas. J’ai vu es gens de partout en Europe : de la Lituanie, de l’Ukraine, de la Lettonie, de la Pologne, de la Roumanie, de l’Irlande.

        On constate aussi que tout est en place pour sauter. C’est l’image du trampoline. Pour sauter, il faut beaucoup de coopération et d’alliances. Le principe de l’économie sociale est la coopération mais on peut beaucoup mieux faire sur ce terrain.

        Quelles sont les prochaines étapes pour Social Economy Europe ?

        Les prochaines étapes sont de continuer à grandir. Nous avons récemment acceuilli deux nouveaux membres, un membre ukrainien et un membre polonais. Nous sommes la voix des 2,8M d’organisation de l’économie sociale en Europe. On vise à représenter des réseaux européens mais aussi paneuropéen.

        Nous avons 2 autres objectifs clés qui vont arriver rapidement. Avant l’été, nous souhaitons rédiger un policy paper sur la mise en œuvre du plan d’action avec des propositions concrètes. Depuis 2014, on a fait deux propositions de plan d’action. Par exemple, nous avons demandé la plateforme unique sur l’économie sociale, que la Commission européenne a accepté. Mais aujourd’hui il faut aller plus loin et dire ce qu’on veut exactement à travers cette plateforme. Le nouveau policy paper portera sur ce sujet. En parallèle, nous engageons un processus de réflexion stratégique pour consolider l’organisation.

        Un article écrit par

        Justine Coopman
        justine(at)socialgoodaccelerator.eu
        Affaires publiques et Communication
        Lille, France
        La MedNum, “a singular structure” for digital inclusion

        La Mednum, « une structure singulière » pour l’inclusion numérique

        La Mednum, « une structure singulière » pour l’inclusion numérique

        Le 15 mars 2022, Guilhem Pradalié, Directeur Général de la MedNum, membre du Social good accelerator, nous a accordé un entretien au cours duquel il revient sur ce qu'est la MedNum, quels sont ses projets, défis et son rôle au sein du SOGA.

        Guilhem Pradalié
        Directeur Général de La MedNum

        Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

        Issu d’une formation économique et d’un master de Sciences Po Paris, j’ai un parcours d’une dizaine d'années dans la mutualité, au sein de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN). J’ai travaillé sur différents programmes numériques et innovations puis à la direction stratégie du groupe.

        J’ai ensuite été conseiller du Président, chargé des questions économiques et financières, de la stratégie et des engagements numériques jusqu’en septembre 2021. J’ai rejoint la Mednum en tant que Directeur général en octobre 2021. Attaché aux questions d’inclusion et de médiation numériques, je mobilise les équipes de la coopérative pour faciliter et amplifier l’action vertueuse des sociétaires de la MedNum dans tous les territoires.

        Qu’est-ce que la MedNum ?

        La MedNum est une structure singulière. En effet, il s’agit d’une coopérative (NDLR Société coopérative d’intérêt collectif, soit une SCIC) qui rassemble des sociétaires très divers, tous acteurs de l’inclusion numérique. Elle remplit des missions de représentation et de structuration d’un secteur tout en menant des activités “projet” et “conseil” autour de l’industrialisation de solutions d’inclusion numérique. Nous travaillons ainsi avec nos sociétaires à la création de projets nationaux. L’objectif est de faire grandir le secteur tout en portant la voix de ses acteurs.

        Qui compose la MedNum ?

        L'équipe est composée d’une quinzaine de salariés. Dernièrement, nous avons opéré une réorganisation des activités autour de 3 directions : une direction étude et plaidoyer, une direction projet qui est transversale et une direction finance et services aux sociétaires qui devrait voir le jour à la fin du 1er semestre. La direction générale porte enfin les pôles communication et vie coopérative, essentiels à la bonne animation de nos réseaux et la mise en lumière des actions de nos sociétaires.

        Mais la MedNum est composée de parties prenantes très diverses : plus de 100 sociétaires, des collectivités territoriales, l’État, les acteurs économiques et d’autres types d’acteurs comme des personnes physiques, des acteurs de la médiation numérique qui portent ensemble, au-delà de l’enjeu social, les valeurs du libre, des communs… bref, d’un numérique au service de l’intérêt général.

        En parlant des valeurs, quelles sont celles de la MedNum ?

        Nous avons avant tout un attachement à la chose commune et à l’intérêt général. Cela se traduit dans la forme même de notre coopérative et dans son fonctionnement. Nous intervenons plus largement sur l’ensemble des sujets en développant l’idée d’un numérique responsable et accessible à tous (santé, territoires, éducation, accueil des réfugiés, culture…). Nous sommes évidemment très attachés à la culture de l’internet libre et des communs, comme bon nombre de nos sociétaires.

        Vous mettez ces valeurs en œuvre notamment à travers les projets que vous réalisez. Lequel de ces projets vous rend le plus fier ?

        Difficile de choisir tant les projets sont tous importants ! Mais je dirais, en raison du contexte actuel de la guerre en Ukraine, que “refugiés.info” est celui qui me rend le plus fier. Les équipes s’y sont engagées personnellement, en mettant toutes leurs compétences à son service. Il y a un gros investissement humain sur ce projet qui opère, en ce moment, la plateforme officielle du gouvernement pour la mise en relation des français voulant apporter leur aide pour l’hébergement avec des associations et les personnes en exprimant le besoin.

        En quoi le projet Réfugiés.info consiste-t-il ?

        In “normal” times, it is an information portal, contributory and open-source, co-developed with the Interministerial Delegation for the Reception and Integration of Refugees, which provides simple and translated information to refugees and their carers.

        This project helps refugees to find an initiative, a training adapted to their situation, to understand the administrative procedures or to consult the directory to find an association.

        This platform works like Wikipedia: everyone can contribute by writing or translating practical information.

        Si vous deviez résumer les principaux enjeux de la MedNum actuellement quels seraient-il ?

        D’abord ce serait réussir à faire entendre la voix de nos sociétaires lors des différentes élections à venir, présidentielles et législatives. Nous avons de gros objectifs autour des projets data cette année, mais également autour du lancement d’une version 2 des plateformes téléphoniques d’aide et d’accompagnement aux usages du numérique du quotidien.

         
         

        Les élections présidentielles arrivent bientôt en France. Vous avez d’ailleurs publié vos propositions pour l’élection présidentielle de 2022. À ce sujet, à quel problème répondez-vous et quelles solutions préconisez-vous ? 

        En France, plus de 14 millions de personnes seraient en situation de fragilité numérique, c’est-à-dire éloignées, non équipées et/ou en grande difficulté avec les différents usages du numérique. C’est à ce problème de justice sociale que nous répondons.

        Nous préconisons des actions sur 4 thématiques importantes pour nos sociétaires : l’éducation, l’emploi et le pouvoir d’achat, la santé et l’environnement.

        Nous insistons avant tout sur la nécessité de créer une véritable filière professionnelle de la médiation numérique, par exemple en travaillant sur la stabilité des financements aux structures de l’inclusion numérique, d’offrir des services numériques accessibles à tous et partout et de promouvoir un numérique d’intérêt général, libre, ouvert, universel et collectif.

        En matière d’éducation, nous proposons de faire de l’éducation numérique une priorité dans l’enseignement, du primaire au supérieur, pour former les citoyens éclairés de demain, et d’outiller, de sensibiliser et de former les professionnels de l’éducation et de l’accompagnement social. Mais également d’affirmer les complémentarités entre médiation et éducation numérique tout en donnant une attention spécifique aux publics particulièrement éloignés.

        Sur les questions d’emploi et de pouvoir d’achat, nous oeuvrons pour intensifier les efforts de formation et d’accompagnement au numérique pour les jeunes et les demandeurs d’emploi ; pour faire de l’entreprise un véritable lieu d’apprentissage du numérique ; pour accompagner les petites structures dans leur transformation numérique et pour faire du numérique un accélérateur de pouvoir d’achat des citoyens. Nous défendons, par exemple, la mise en œuvre d’un réel “tarif social internet” pour les ménages modestes.

        En matière de santé, enfin, la MedNum propose d'agir au plus près des personnes en situation de fragilité pour leur garantir un accès aux informations et aux soins, de renforcer la dynamique d’acculturation entre la médiation numérique et le monde de la santé et de créer les conditions de la confiance des usagers dans l'utilisation du numérique en santé.

        Enfin, quels sont vos liens et vos attentes vis-à-vis du Social Good Accelerator ?

        La MedNum est membre du Social Good Accelerator depuis deux ans. Nous sommes partenaires du projet Social Tech Academy, qui explore les compétences numériques de l'ESS pour créer un portail d'information, et membres du groupe de travail European Public Affairs.

        Pour de nombreuses personnes, les questions européennes semblent encore lointaines, mais nous sommes convaincus que la gestion de projets de cette envergure est efficace, tant en termes de partage de bonnes pratiques avec nos voisins que de stimulation de développements politiques intéressants pour le secteur de l'économie sociale et l'inclusion numérique en particulier.

        Faire partie du Social Good Accelerator nous permet de disposer d'un environnement commun pour exprimer nos attentes et mettre en commun les moyens de les réaliser. Cette démarche s'inscrit dans le prolongement direct de la manière dont nous travaillons avec nos membres et est particulièrement en phase avec nos valeurs.

        Un article écrit par

        Justine Coopman
        justine(at)socialgoodaccelerator.eu
        Affaires publiques et Communication
        Lille, France