En préparation de Mannheim : échange stratégique avec Karel Vanderpoorten

En préparation de Mannheim : échange stratégique avec Karel Vanderpoorten

À l’approche du Sommet européen de l’économie sociale de Mannheim, une réunion stratégique s’est tenue à l’initiative de Jeanne Bretécher, présidente du Social Good Accelerator (SOGA), et de Karel Vanderpoorten, Policy Officer au sein de l’unité Économie sociale (DG GROW) de la Commission européenne.

Objectif : réunir différents acteurs européens pour discuter des évolutions du secteur numérique et de son articulation avec l’économie sociale dans le cadre du futur Plan d’action européen pour l’économie sociale.

Villes intelligentes et transition verte et numérique

Dana Eleftheriadou (Advanced Technologies and Digital Transformation Team, Commission européenne) et Davor Meersman (CEO, OAS Cities) ont ouvert les échanges sur le rôle des smart cities dans la transition écologique et numérique.

Leur initiative vise à structurer une marketplace européenne permettant :

  • le partage de bonnes pratiques,

  • la mutualisation d’expériences locales,

  • l’accélération de la transformation digitale des territoires.

Selon Davor Meersman, le principal enjeu réside dans la difficulté pour les acteurs locaux à identifier des solutions concrètes adaptées à leurs besoins. Si le niveau local est pertinent, il manque souvent d’outils et de visibilité pour passer à l’action.

Une fracture numérique persistante dans l’économie sociale

Le Social Good Accelerator a rappelé que la crise sanitaire a mis en lumière une réalité structurelle :

les petites organisations locales sont celles qui souffrent le plus du déficit de compétences numériques.

L’enjeu principal pour l’économie sociale est donc celui de la montée en compétences (upskilling) :

  • formation aux outils numériques,

  • accompagnement à la transformation digitale,

  • accès à des solutions adaptées aux valeurs de l’ESS.

Ces priorités s’inscrivent pleinement dans la consultation lancée par la Commission européenne pour préparer le Plan d’action.

Fractures numériques et culturelles : le modèle des communs

Guillaume Jasson (Fantastique Bazar) a élargi le débat en évoquant les fractures numériques et culturelles, notamment en matière de passage à l’échelle (scaling).

Le modèle des communs numériques apparaît comme une piste pertinente pour l’économie sociale :

  • mutualisation des ressources,

  • gouvernance partagée,

  • outils ouverts et interopérables,

  • coopération plutôt que concurrence.

En France, plusieurs initiatives de médiation numérique territoriale démontrent déjà la capacité du secteur à structurer des solutions adaptées aux territoires.

Dans cette perspective, le développement du Social Tech Atlas – projet porté par SOGA – pourrait contribuer à cartographier et connecter les acteurs européens proposant des solutions numériques à impact social.

Construire des communautés européennes du numérique social

Le renforcement des communautés d’acteurs apparaît comme une priorité stratégique.

Investir dans le community building européen permettrait :

  • d’identifier les bonnes pratiques,

  • de valoriser les innovations sociales numériques,

  • d’accompagner la montée en compétences des structures locales.

Blockchain et économie sociale : dépasser les idées reçues

Denis Stokkink (Pour La Solidarité) a rappelé qu’il existe déjà de nombreux acteurs de l’économie sociale engagés dans le numérique, sans toujours en avoir conscience.

Dans un précédent policy paper consacré à la blockchain et à l’économie sociale, Pour La Solidarité avait observé des réactions initialement sceptiques. Beaucoup associent encore ces technologies à des logiques purement spéculatives.

Or, certaines applications peuvent servir :

  • la traçabilité,

  • la transparence,

  • la gouvernance distribuée,

  • la sécurisation de données à impact social.

L’enjeu est donc aussi pédagogique :
faire connaître les usages compatibles avec les valeurs de l’économie sociale.

PLS logo

Conclusion : vers un numérique social structurant à l’échelle européenne

Cet échange en amont du sommet de Mannheim a permis de mettre en évidence plusieurs priorités :

  • réduire la fracture numérique dans l’économie sociale,

  • investir dans la formation et l’accompagnement,

  • structurer des communs numériques européens,

  • renforcer les écosystèmes territoriaux,

  • intégrer ces enjeux dans le Plan d’action européen.

Le numérique ne doit pas être subi par l’économie sociale, mais structuré comme un levier stratégique au service de l’intérêt général.

FAQ — Numérique et économie sociale en Europe

Pourquoi cette réunion était-elle importante ?

Elle visait à préparer les priorités numériques à intégrer dans le Plan d’action européen pour l’économie sociale.

Quel est le principal enjeu pour l’économie sociale ?

La montée en compétences numériques des petites organisations locales.

Pourquoi parler de communs numériques ?

Parce qu’ils permettent une gouvernance partagée et une mutualisation des ressources alignée avec les valeurs de l’ESS.

Quel est le rôle du Social Tech Atlas ?

Cartographier les acteurs européens du numérique social et faciliter la mise en réseau.

La blockchain est-elle compatible avec l’économie sociale ?

Oui, si elle est utilisée dans une logique de transparence, traçabilité et gouvernance collective.

DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

Le projet européen DigiCirc lance son 1er appel à projets dédié à la ville circulaire

Le projet européen DigiCirc, coordonné par Cap Digital, lance son premier appel à projets consacré à la Circular City.

Réunissant 10 partenaires issus de 9 pays européens, DigiCirc vise à accélérer la transition vers une économie circulaire en s’appuyant sur les technologies numériques.

Doté de 2,4 millions d’euros de financement en cascade, le programme soutiendra des PME européennes développant des solutions digitales innovantes dans trois domaines :

  • 🏙️ Ville circulaire

  • 🌊 Blue Growth (économie bleue)

  • 🌱 Bioéconomie

Un appel à projets centré sur la ville circulaire

Ce premier appel recherche des solutions numériques innovantes capables de répondre aux défis de la ville circulaire :

  • améliorer l’efficacité des villes,

  • réduire leur empreinte écologique,

  • diminuer les coûts sanitaires liés aux pollutions urbaines,

  • optimiser la gestion des ressources (énergie, eau, déchets, mobilité).

L’objectif est clair : utiliser le numérique comme levier d’une transition écologique urbaine.

Pourquoi la ville circulaire ?

La ville circulaire repose sur :

  • la réduction des déchets,

  • la réutilisation des ressources,

  • l’optimisation énergétique,

  • l’innovation technologique au service du développement durable.

Le numérique (IoT, data, plateformes collaboratives, intelligence artificielle, jumeaux numériques, etc.) constitue un accélérateur stratégique pour atteindre ces objectifs.

Qui peut candidater ?

Les candidatures doivent être déposées par des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

Les projets sélectionnés bénéficieront de :

  • 💰 Jusqu’à 60 000 € de financement par PME/start-up

  • 🚀 Un programme intensif d’accélération de 12 semaines

  • 🎯 Un accompagnement personnalisé (business et expertise sectorielle)

  • 🛠️ Un accès à des outils pour tester et développer les solutions numériques

Calendrier

Date limite de candidature : 14 janvier 2021 à 17h00 (CET)

    Restez informés

    👉 Inscrivez-vous à la newsletter du projet DigiCirc pour recevoir les dernières actualités et opportunités.

    📩 Contact : julia.morawski (at) capdigital.com

      FAQ — Appel à projets DigiCirc Circular City

      Qu’est-ce que DigiCirc ?

      Un projet européen visant à soutenir l’économie circulaire grâce aux technologies numériques.

      Qui peut candidater ?

      Des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

      Quel est le montant du financement ?

      Jusqu’à 60 000 € par PME/start-up sélectionnée.

      Quels secteurs sont concernés ?

      Ville circulaire, économie bleue et bioéconomie.

      Quel est l’objectif principal ?

      Accélérer le développement de solutions numériques pour réduire l’empreinte écologique des villes.

      SOGA EU : la route numérique de l’économie sociale vers Mannheim

      SOGA EU : la route numérique de l’économie sociale vers Mannheim

      La route vers le Sommet européen de l’économie sociale, Mannheim, mai 2021

      Tallinn, Estonie, novembre 2020

      Dans sa lettre d’intention adressée à David Maria Sassoli, président du Parlement européen, et à la chancelière allemande Angela Merkel, alors en charge de la présidence du Conseil de l’Union européenne, lettre qui accompagnait son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a confirmé que le Plan d’action pour l’économie sociale ferait partie des initiatives prévues pour 2021.

      Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, prépare actuellement ce plan. Il devrait le présenter lors du Sommet européen de l’économie sociale, les 26 et 27 mai 2021 à Mannheim, avant une adoption prévue au cours du second semestre 2021.

      Pourquoi ce Plan d’action européen pour l’économie sociale constitue-t-il une étape clé ?

      Ce document doit apporter une nouvelle vision du système économique. Il doit aussi devenir un instrument majeur pour intégrer de manière systématique l’économie sociale dans les différentes politiques socio-économiques de l’Union européenne, ainsi que dans ses actions destinées à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

      Le plan doit mettre en avant le fait que le tiers secteur et l’impact social peuvent jouer un rôle de transformation. Il doit aussi renforcer la capacité de réaction face aux crises.

      Aujourd’hui, l’Europe compte environ 2 millions d’entreprises de l’économie sociale — coopératives, mutuelles, associations à but non lucratif, fondations et entreprises sociales — soit 10 % de l’ensemble des entreprises de l’Union européenne. Environ 6,3 % de la population active travaille dans ce secteur. Pendant la crise du coronavirus, ce secteur est devenu plus visible. Les institutions européennes le considèrent désormais comme essentiel pour répondre aux deux grandes priorités européennes : la transition verte et la transition numérique.

      Un plan préparé avec plusieurs directions générales et des partenaires de la société civile

      Alors que le Mois de l’économie sociale et solidaire débute en France, comme chaque mois de novembre depuis onze ans, et qu’ESS France lance la plateforme Social Economy Republic, plusieurs institutions européennes travaillent conjointement à la préparation de ce plan.

      Cinq directions générales de la Commission européenne sont impliquées dans ces travaux : DG GROW, DG EMPL, DG Research & Innovation, DG ECFIN et DG CONNECT. Elles travaillent avec le Comité économique et social européen ainsi qu’avec des partenaires de la société civile, parmi lesquels nos partenaires Social Economy Europe et Pour la Solidarité.

      Nicolas Schmit

      Nicolas Schmit et Nicolas Hazard au cœur de la préparation du plan

      Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit, ancien ministre de l’Économie sociale au Luxembourg, pilote ce plan pour la Commission européenne. Il considère que le soutien à l’économie sociale et aux entreprises sociales constitue une composante essentielle de la construction d’un avenir durable pour l’Europe.

      Dans cette perspective, il a clairement décidé de faire avancer le développement de ce plan. Il a d’ailleurs récemment nommé un nouveau conseiller spécial sur les questions d’économie sociale : Nicolas Hazard, entrepreneur français, fondateur et CEO de INCO, structure qui investit dans des entreprises innovantes, durables sur le plan environnemental et responsables sur le plan social, tout en les accompagnant.

      Lors d’une réunion tenue le 28 septembre avec la ministre finlandaise des Affaires sociales Aino-Kaisa Pekonen, Nicolas Schmit a également indiqué que le plan d’action inclurait le sujet de la participation sociale, afin de soutenir l’investissement dans le secteur.

      Le travail sur le plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021

      La préparation du plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021.

      Cette démarche comprend huit événements en ligne organisés en amont du Sommet européen de l’économie sociale. Chaque événement de cette feuille de route se concentre sur un sujet spécifique. Son objectif consiste à connecter les différents acteurs de l’économie sociale en Europe dans un format très interactif, à présenter des bonnes pratiques et des cas d’usage, et à diffuser de l’information grâce à des sessions interactives réunissant des acteurs du changement venus de toute l’Europe.

      Le premier événement en ligne, intitulé « New challenges, new innovations, new solidarities – Social Economy in the fight against COVID-19 », s’est tenu le 24 septembre et a rassemblé près de 300 participants en ligne.

      Le suivant, intitulé « Leaving no one behind – Employment, upskilling and social inclusion in the changing world of work », devait être organisé le 29 octobre. Parmi les intervenants annoncés figuraient Manuela Geleng, directrice à la DG EMPL, Sébastien Darrigrand, directeur général de l’UDES – Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, ainsi que Trebor Scholz, fondateur de l’Institute for the Cooperative Digital Economy et du Platform Cooperativism Consortium.

      Une invitation à participer et à faire entendre la voix de l’ESS

      Nous encourageons chacun et chacune à y participer. Ces European Social Economy Exchange Events, organisés chaque mois, constituent une excellente occasion de se connecter, d’apprendre et de s’engager avec un public diversifié représentant la grande variété des acteurs actifs dans ce domaine à travers toute l’Europe.

      Il est important que l’ensemble des acteurs de l’ESS contribue à amplifier ces voix et à souligner l’importance de mesures significatives de soutien économique dirigées vers les acteurs de l’économie sociale. Il est tout aussi important de mettre en avant le rôle des réponses apportées par l’ESS dans la lutte contre la pandémie et dans le soutien à la résilience post-Covid-19.

      Auteur
      Arnaud Castaignet, expert européen Tech et administrateur du SOGA EU
      Tallinn, Estonie
      Novembre 2020