Social Tech Atlas: why a single map for a thousand social organisations?

Social Tech Atlas : pourquoi une seule et même carte pour 1000 organisations de l'ESS ?

Social Tech Atlas : pourquoi une seule et même carte pour 1000 organisations de l'ESS ?

Jusqu’alors, il n’existait aucune base de données européenne regroupant à la fois les organisations soutenant les acteurs de l’économie sociale dans leur transition numérique, ni celles offrant des outils et services numériques alternatifs. C’est désormais chose faite avec le Social Tech Atlas, qui ne prétend pas avoir réussi à les réunir, mais en a bien l’ambition.

Voici les objectifs de cet outil gratuit, ouvert et accessible.

Screenshot Social Tech Atlas
Une brève vue du Social Tech Atlas : chaque point correspond à une organisation, et chaque couleur à un secteur précis.
Source: Social Tech Atlas

Rassembler les acteurs de la Social Tech
Alors que de nombreux autres cas de cartographie existaient déjà, le SOGA a récemment fait le constat qu’une cartographie regroupant les acteurs impliqués de près comme de loin pour la Social Tech était aux abonnés absents. Par exemple, des organisations comme Impact Database ont proposé une carte interactive du paysage des investisseurs à impact en Europe. Dans le cas du SOGA, le but est bien de regrouper les acteurs de la Social Tech. Ce concept décrit le fait d’utiliser les technologies numériques pour agir pour l’intérêt général et la société. En d’autres termes, il s’agit du modèle que le SOGA prône depuis sa création, c’est-à-dire celui de résorber les inégalités, de renforcer les solidarités existantes ou encore d’innover socialement à travers l’utilisation des outils numériques ouverts et libres.


Constituée de modèles technologies s’appuyant sur des acteurs et des infrastructures de l’ESS, la Social Tech propose des systèmes à fort impact social et environnemental. Par ailleurs, il est nécessaire que l’ESS réussisse sa transition numérique, notamment pour qu’elle préserve son patrimoine social immatériel, au coeur du modèle européen.

Une carte interactive pour mutualiser les forces des spécificités du modèle Tech européen
Pour y parvenir, comme de nombreux acteurs du secteur, le Social Good Accelerator souhaite lui aussi proposer des outils ouverts couplés à des applications pratiques. Cette idée de base de données que l’association a désormais en tête depuis quelque temps permettra aux organisations de l’ESS en Europe et aux décideurs politiques d’identifier rapidement plusieurs acteurs. Les bases de données qui fourniront le Social Tech Atlas seront d’ailleurs des bases ouvertes de nos partenaires, qui recensent déjà un certain nombre de structures que le SOGA souhaiterait référencer. Il faut en effet agréger cette donnée, la valider, la rendre conforme au RGPD pour qu’ensuite elle soit intégrée dans l’Atlas. L’équipe du projet a dû garder en tête l’objectif de cette cartographie ouverte, et donc de bien filtrer les organisations qui avaient lieu d’y être des autres.

D’abord, l’Atlas leur permettra de trouver les organisations européennes qui accompagnent en particulier les acteurs de l’ESS dans leur transition numérique par des méthodes axées par exemple sur un accompagnement au changement ou de l’UX design adapté. Ensuite, toute organisation pourra trouver des structures européennes à statuts variables (coopératives, mutuelles, associations, fondations) proposant des outils et services numériques alternatifs et ouverts.

L’objectif du Social Tech Atlas est bien de mutualiser les forces pour contribuer aux spécificités du modèle Tech européen, tout en améliorant la reconnaissance de valeur ajoutée qu’il incombe. Mutualiser les forces pour le plus grand bien permettra aux structures concernées de leur limiter des coûts financiers et temporels. En effet, avec le Social Tech Atlas, un gain de temps considérable est potentiellement envisageable pour les structures de l’économie sociale. La création de tels communs s’inscrit dans la démarche du SOGA de renforcer les missions du secteur. Il s’agit là de permettre aux acteurs européens de l’ESS de trouver des partenaires en phase avec la transformation numérique de leur structure. 

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Le logo du Social Tech Atlas.
Source: Social Good Accelerator

En plus d’offrir des compétences et des services utiles au bien commun, les organisations référencées sont ici aussi spécialisées sur les enjeux ESS (parfois même en en faisant statutairement partie).

L’ambition du SOGA dans la création d’un tel commun numérique est bien de voir se multiplier les coopérations européennes dans la Social Tech. Cette ambition n’aurait pas pu être concrétisée sans l’incroyable engagement des partenaires et bénévoles de l’association d’Aésio Mutuelle, qui fut le principal financeur de ce projet. Un immense merci à nos bénévoles de >Contournement>, de Latitudes, du Fantastique Bazar et de Vizity pour l’énorme travail accompli. Allez faire un tour sur leur site, c’est super ce qu’ils font !

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Le rôle de l’économie sociale dans une relance juste et durable en Europe

Le rôle de l’économie sociale dans une relance juste et durable en Europe

Le premier plan d’action européen pour l’économie sociale, annoncé par le commissaire européen Nicolas Schmit, soulève déjà plusieurs questions stratégiques. Dans un contexte marqué par des crises économiques et sociales successives, l’économie sociale s’est retrouvée au premier plan, en démontrant une capacité de résilience particulièrement forte au cours des derniers mois. C’est dans ce cadre que le Comité économique et social européen (CESE) a organisé, le 17 février, une audition publique consacrée au rôle de l’économie sociale dans la relance européenne.

Une économie circulaire fondée sur une régulation équitable

L’Union européenne a su proposer de nouveaux instruments législatifs destinés à renforcer l’adaptabilité de ses politiques publiques et la résilience de ses citoyens. De nouveaux leviers d’action ont d’ailleurs été recommandés dans le récent rapport de prospective stratégique de la Commission. Dans ce cadre, Giuseppe Guerini (CESE) a souligné la réponse pertinente qu’a apportée l’économie sociale pendant la crise et dans la phase de reprise.

Selon lui, il existe aujourd’hui un besoin clair d’« une politique fiscale plus harmonisée entre les États membres, qui permettrait une meilleure reconnaissance de la fonction d’intérêt général des organisations de l’économie sociale ». Cette question s’inscrit pleinement dans le programme de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne, qui a débuté en janvier et met l’accent sur le socle européen des droits sociaux, en cohérence avec le plan d’action annoncé par Nicolas Schmit. Le texte rappelle aussi que cette présidence est résolument attentive à la dimension numérique, une orientation qui devrait se prolonger sous les prochaines présidences slovène puis française.

Une reconnaissance politique encore insuffisante

L’eurodéputé Sven Giegold a ensuite insisté sur le rôle du Parlement européen dans la promotion de l’économie sociale. Selon lui, « l’Union européenne doit soutenir ce secteur autant que possible, en allant notamment plus loin dans les politiques publiques ». Il considère par exemple qu’il serait approprié de créer un statut plus fort pour les associations au niveau européen.

    Le Parlement européen et la nécessité d'un statut plus fort

    Sven Giegold a précisé qu’il existe « un réel besoin d’une nouvelle offensive des institutions européennes pour reconnaître l’économie sociale dans sa diversité, faciliter les procédures qui la concernent et créer un statut clair et transparent ». Son propos est net : l’économie sociale ne peut fonctionner durablement que sur la base d’une régulation équitable, portée par un agenda politique de long terme et par un soutien public constant.

      Un rôle clé pour la résilience économique et sociale

      L’article rappelle toutefois que l’Union européenne se définit, dans les traités, comme une économie sociale de marché, une ambition qui paraît encore incomplètement réalisée. Il souligne donc la nécessité de trouver un bon équilibre afin d’intégrer les entreprises à ce débat. Dans cette perspective, Maxime Cerutti (BusinessEurope) estime que les grands secteurs économiques restent encore relativement inactifs sur ces enjeux.

      Un besoin d'aide, notamment financière

      La question du soutien financier ressort avec force. Le secteur a été fragilisé par les crises actuelles et plusieurs intervenants ont insisté sur le besoin d’un accompagnement renforcé. Filipa Farelo (CASES, Portugal) a notamment souligné que « l’économie sociale devrait être davantage mise en avant afin de garantir une meilleure transition européenne, en particulier au regard de son importance en matière de résilience ». Elle a également rappelé que le secteur démontre une forte capacité d’inclusion et de diversité, notamment par une représentation importante des femmes et des personnes à mobilité réduite en comparaison avec d’autres secteurs.

      La transition numérique comme levier de transformation

      Juan Pedreño (Social Economy Europe), insiste sur l’importance de soutenir des start-up fonctionnant démocratiquement. De telles initiatives permettraient une participation plus active des citoyens européens, tout en renforçant les systèmes de protection et les coopérations avec le secteur public pour construire des projets innovants.

      Transition numérique, territoires ruraux et entreprises collectives

      Le texte insiste sur un point central : la transition numérique constitue un enjeu crucial pour revitaliser l’économie sociale en Europe, en particulier dans les zones rurales touchées par la crise à travers les entreprises collectives. C’est pourquoi le rôle de l’État doit, selon les intervenants, être réévalué afin d’améliorer la résilience de chacune et chacun.

      L’économie sociale apparaît ainsi comme une priorité pour de nombreux acteurs au niveau européen. L’eurodéputé Jordi Cañas a regretté, lors de cette audition, que l’économie sociale ne soit pas encore une véritable priorité de la Commission, mais plutôt un objectif. À cela, Ann Branch (DG Emploi) a répondu que « la Commission attache toute son importance au socle commun et à l’économie sociale ». L’article note néanmoins que cette situation continue de poser des problèmes d’interprétation juridique dans les normes européennes liées à ce thème.

      Une fenêtre d'opportunité pour transformer certains secteurs

      Cette position est d’autant plus regrettable, souligne l’article, que le rôle de l’économie sociale dans la création d’emplois est clair, sans être pleinement reconnu. Gianluca Pastorelli (DIESIS) insiste sur ce point. Dès lors, les crises actuelles peuvent constituer une véritable fenêtre d’opportunité pour transformer certains secteurs, comme le tourisme, qui pourrait devenir plus durable et plus local en lien avec l’économie sociale.

      Conclusion

      Cet article montre bien que, dans les débats européens autour de la relance, l’économie sociale est désormais perçue comme un acteur de premier plan. Les interventions citées convergent sur plusieurs points : besoin d’une régulation plus juste, nécessité d’un cadre européen plus clair, importance du soutien financier, reconnaissance du rôle de l’économie sociale dans la résilience, l’emploi, l’inclusion et la transition numérique. En creux, l’article pose une question politique fondamentale : l’économie sociale sera-t-elle simplement mentionnée dans les orientations européennes, ou deviendra-t-elle enfin un pilier pleinement assumé de la relance et de la transformation du modèle européen ?