Communs numériques et ESS : Wikipédia, Open Food Facts, Panoramax et La Suite.coop

Communs numériques et ESS : Wikipédia, Open Food Facts, Panoramax et La Suite.coop

Abstract :

Wikipédia ne constitue pas une exception héroïque dans un web dominé par les plateformes. En effet, elle appartient à une famille de projets qui fabriquent des ressources ouvertes. Ces initiatives organisent la contribution et cherchent des formes de gouvernance durables. Ainsi, Open Food Facts, Panoramax et La Suite.coop montrent que la souveraineté numérique peut se construire par la coopération.

Lorsqu’on parle de communs numériques, l’attention se porte souvent sur les logiciels libres. Ils en forment une composante essentielle, mais le sujet dépasse le code. Un commun numérique réunit une ressource partageable, une communauté qui la produit ou l’entretient, et des règles qui organisent les droits, les responsabilités et la gouvernance.

Par ailleurs, l’avis de la Commission supérieure du numérique et des postes que j’ai rapporté en 2023 propose de voir les communs numériques comme une voie de souveraineté durable. Leur intérêt réside dans la création et la réutilisation collective de logiciels ou de bases de données. De ce fait, ils nous invitent à réfléchir aux ressources que nous voulons préserver et aux règles de financement à établir.  

Cet article a été rédigé avec le soutien du projet DIGISET – Digital Growth Initiatives for Social Economy Transformation – N°101167934 financé par la Commission européenne sous le programme COSME — Programme pour la Compétitivité des Entreprises et des PME (Regulation (EU) No 1287/2013).

Une infrastructure, une communauté, des règles

Un commun numérique repose sur trois éléments indissociables.

  • Une ressource ouverte, telle qu’un logiciel, une base de données, une cartographie, une collection documentaire ou une base de connaissances.
  • Une communauté composée de personnes qui utilisent, contribuent, maintiennent, modèrent, financent ou coordonnent.
  • Une gouvernance qui établit des règles d’accès, de contribution, de partage et d’arbitrage.

Cette définition permet d’éviter deux malentendus. D’une part, publier un jeu de données ne suffit pas à créer un commun. Sans communauté ni maintenance, la ressource risque de se dégrader. À l’inverse, un commun ne se confond pas avec une simple communauté informelle. Sa continuité exige une infrastructure juridique, économique et technique solide.

L’avis de la CSNP distinguait plusieurs rôles qui peuvent être distribués entre acteurs publics, associations, coopératives, entreprises, chercheurs et citoyens. Le bénéficiaire utilise la ressource. Le contributeur l’enrichit. Le mainteneur assure sa qualité ou sa continuité technique. Le garant veille au respect des règles. Le sponsor finance l’infrastructure. Le coordinateur relie ces fonctions, fait circuler l’information et organise les conditions d’une coopération durable.

Cette grille s’applique aussi bien à Wikipédia qu’à une base de données alimentaire, à un projet de cartographie ou à une suite collaborative utilisée par des agents publics. Elle ouvre surtout une question stratégique pour l’ESS. Dans quels communs souhaitons-nous tenir un rôle actif plutôt que de demeurer de simples utilisateurs captifs ?

Wikipédia et Wikidata, des communs de connaissance

Wikipédia rend visible le modèle le plus connu. La connaissance y est écrite, sourcée, discutée et révisée collectivement. Le projet ne dépend pas seulement de ses articles. Il s’appuie sur des historiques ouverts, des pages de discussion, une communauté de modération, des règles de neutralité et de vérifiabilité, ainsi que sur des licences qui permettent la réutilisation.

L'apport de Wikidata

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Wikidata complète cette architecture. Lancé en 2012 par Wikimedia Deutschland à partir d’une proposition portée notamment par Denny Vrandečić et Markus Krötzsch, il organise des données structurées, collaboratives et multilingues. Là où Wikipédia raconte et explique, Wikidata relie des éléments sous forme de données. Une organisation, un lieu, une personne, une œuvre, un événement ou une loi peut être décrit par des propriétés et relié à d’autres entités.

Des usages concrets pour l'ESS

Pour l’ESS, les usages potentiels sont nombreux. Une fédération peut mieux cartographier les organisations membres, leurs territoires, leurs secteurs d’activité, leurs formes juridiques, leurs projets européens ou leurs publications. Un réseau culturel peut relier artistes, lieux, collections et événements. Une collectivité peut documenter les équipements d’intérêt général et les ressources d’un territoire.

La valeur réside moins dans l’accumulation de données que dans leur qualité, leur interopérabilité et leur gouvernance. Imaginez une requête permettant d’identifier les coopératives actives dans l’alimentation durable à Bruxelles, celles engagées dans des projets européens ou celles qui publient des archives librement réutilisables. Un tel dispositif suppose de définir ensemble les catégories utiles, de documenter les sources, de répartir la charge de mise à jour et de rendre les données réutilisables sans les réduire à un actif extractible.

Wikimedia Deutschland poursuit cette exploration à l’ère de l’IA. Philippe Saadé y développe des outils qui rendent Wikidata plus accessible aux applications d’intelligence artificielle, notamment via le projet Wikidata Embedding et le protocole MCP. Le défi reste le même. Rendre la connaissance techniquement utilisable, sans effacer sa provenance, ses règles et la communauté qui en garantit la qualité.

Open Food Facts, un commun pour transformer l’information alimentaire

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Open Food Facts offre un exemple parlant de commun de données. Ce projet collecte et publie des informations sur les produits alimentaires en données ouvertes. Ainsi, les ingrédients, allergènes et labels deviennent réutilisables par les citoyens, les chercheurs et les entreprises.

Une portée politique étendue

La portée politique du projet dépasse l’application mobile. Une information alimentaire plus accessible permet de comparer, de comprendre et de débattre. La ressource est enrichie par des contributions citoyennes, des acteurs industriels, des bases ouvertes et des outils de traitement de données. Elle alimente ensuite des usages variés, parmi lesquels l’information des consommateurs, la recherche, l’analyse des politiques publiques et l’innovation sociale. Les données d’Open Food Facts proviennent majoritairement de la collecte citoyenne. data.gouv.fr les met à disposition comme données ouvertes.

Le cas d’Open Food Facts illustre une idée forte de l’avis de la CSNP. En effet, les communs numériques aident à faire émerger des données d’intérêt général. Ils permettent un travail collectif sur des ressources essentielles. Par exemple, le Nutri-Score montre comment ces données documentent de nouveaux services et enrichissent le débat public.

Pour les organisations de l’ESS engagées dans l’alimentation durable, ce modèle invite à agir sur plusieurs plans. Contribuer à la qualité des données. Publier des informations structurées et réutilisables. Concevoir des outils qui respectent les licences ouvertes. Soutenir la maintenance d’une infrastructure commune plutôt que multiplier des bases de données isolées.

Panoramax, un géocommun pour voir et documenter les territoires

Panoramax propose un autre modèle, celui d’un géocommun de photographies de terrain. Porté par une coopération entre l’Institut national de l’information géographique et forestière, des collectivités et la communauté OpenStreetMap, le projet permet de contribuer, héberger et réutiliser des vues géolocalisées de l’espace public.

Toute personne peut photographier des lieux visibles depuis la voie publique et verser ces images dans une base ouverte. Les photographies servent ensuite à de nombreux usages : gestion de la voirie et du mobilier urbain, identification de la signalisation, cartographie, observation des évolutions urbaines, documentation de l’accessibilité, etc. Elles peuvent aussi soutenir les initiatives citoyennes et associatives qui travaillent sur les mobilités, l’habitat, la biodiversité ou les services de proximité.

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Une architecture fédérée

Panoramax ne se contente pas d’ouvrir des images. Le projet repose sur une architecture fédérée. Plusieurs acteurs peuvent héberger leurs propres instances, tandis que les images restent accessibles à travers un même écosystème. Cette fédération limite la dépendance à un acteur unique et permet une organisation adaptée aux réalités territoriales. Le projet fédère ainsi les initiatives de collectivités, de contributrices et contributeurs OpenStreetMap et de l’IGN pour construire un commun de vues immersives. Panoramax revendique une architecture décentralisée et des outils libres et open source. Le projet comptait déjà plus de 85 millions de photographies et plus de 1 800 contributeurs selon un bilan publié en juillet 2026 (Open Source Observatory).

Pour l’ESS et les collectivités, l’enseignement tient dans cette articulation entre usage local et standard commun. Une association de quartier, une coopérative de mobilité, un bailleur social, un collectif d’habitants ou une collectivité peut produire une connaissance située. La valeur augmente lorsque cette connaissance reste interopérable, documentée et réutilisable par d’autres. Cette logique évite de refaire sans cesse le même travail et permet à une ressource locale de contribuer à une intelligence territoriale plus large.

La Suite.coop, une souveraineté numérique par la coopérative et le logiciel libre

La Suite.coop apporte une autre perspective. Ici, la ressource commune a été développée d’abord pour les agents de la fonction publique d’Etat par la DINUM avec une communauté en capacité de la reprendre pour la développer en dehors de l’Etat pour d’autres usagers. Elle prend la forme d’outils de travail collaboratif destinés à l’action publique. Documents partagés, messagerie, visioconférence, stockage, outils d’organisation et de collaboration répondent à des besoins quotidiens longtemps couverts par des suites propriétaires.

La Suite.coop s’est formée en coopérative en juillet 2026 et s’appuie sur des logiciels libres, une identité unifiée et des infrastructures conçues pour le secteur public. Les outils sont réservés aux agents de l’État et à leurs partenaires invités dans le cadre de missions de service public.

La levée de fonds a déjà permis de réunir 1353 sociétaires et 355 000 euros. Ce premier palier permettra de continuer de poser les bases techniques et consolider un service robuste et pérenne pour les structures de l’ESS, les associations et les institutions. Les organisations non éligibles à l’offre mutualisée peuvent néanmoins déployer leurs propres instances puisque les briques restent libres. La Suite.coop présente explicitement cette possibilité.

L'effort continue et il est toujours possible de prendre part au projet ! Prochains objectif si atteinte de 400k € de part collectés élargir l'infrastructure aux petites organisations. A plus long terme, l'enjeu est de préparer l'ouverture du service au grand public lors d'un futur palier pour rendre la souveraineté numérique accessible à tous.

 

Souveraineté par l'usage et l'auditabilité

Le projet montre que la souveraineté numérique ne dépend pas seulement de l’origine nationale d’un fournisseur ou de la localisation d’un serveur. Elle dépend de la capacité à auditer le code, à éviter le verrouillage propriétaire, à améliorer un outil avec d’autres administrations et à conserver une marge de choix dans la durée. Le service Docs, par exemple, se présente comme un outil d’écriture collaborative opéré par la DINUM à partir de briques open source, avec un code ouvert et auditable.

Pour l’ESS, La Suite représente moins un produit à adopter tel quel qu’un enseignement de méthode. Les besoins ordinaires de coopération méritent des réponses mutualisées, documentées et interopérables. Chaque organisation ne doit pas reconstruire seule une messagerie, un espace documentaire ou un outil de travail partagé. L’enjeu consiste à participer à des écosystèmes capables d’assurer la maintenance, la sécurité, la formation et la gouvernance des outils sur le long terme.

Du partenariat public-privé au partenariat public-communs

L’avis de la CSNP défendait le développement de partenariats public-communs. Cette approche ne demande pas à l’État de se retirer ni à la société civile de se substituer aux services publics. Elle organise une coopération dans laquelle les acteurs publics, les communautés, les associations, les coopératives, les chercheurs et les entreprises d’intérêt général assument des rôles complémentaires.

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La puissance publique peut financer, contribuer, acheter de manière ouverte, mutualiser des infrastructures, garantir l’accès et soutenir la pérennité. Les communautés apportent des usages, une expertise située, une capacité de contribution et une vigilance sur la gouvernance. Les acteurs économiques peuvent construire des services autour de la ressource commune, à condition de participer à son entretien plutôt que d’en capter seuls la valeur.

Cette approche suppose de sortir de deux réflexes. Le premier consiste à financer seulement des projets neufs et visibles, alors que la maintenance, la documentation, l’animation et la modération déterminent la durée de vie réelle des communs. Le second consiste à traiter une ressource ouverte comme une prestation ponctuelle. Un commun demande un continuum de financement allant de l’amorçage au changement d’échelle, ainsi qu’une ingénierie capable de soutenir les communautés.

L’avis avançait plusieurs leviers. Une reconnaissance juridique des communs numériques d’intérêt général. L’intégration de ces modèles dans les dispositifs publics de soutien. Des mécanismes de financement pérennes. Des écosystèmes interopérables de partenariat public-communs. Une gouvernance démocratique associant usagers, société civile et ESS. Une formation aux communs numériques, pour les enseignants, les agents publics, les élus et, plus largement, toutes les personnes qui participent à l’action collective.

Une feuille de route pour l’ESS

Les communs numériques ne demandent pas à toutes les structures de l’ESS de devenir expertes en logiciel libre, données ouvertes ou gouvernance distribuée. Ils invitent à mieux poser les questions avant d’acheter, de développer ou de déployer un nouvel outil.

Quatre questions avant un projet numérique

Un premier pas peut être modeste : 

  • publier un rapport sous licence ouverte, 
  • contribuer à une base de données commune, 
  • mettre en place un espace documentaire collectif,
  • rejoindre une communauté OpenStreetMap ou Wikimedia, 
  • documenter les outils numériques utilisés par son organisation, 
  • prévoir une ligne budgétaire pour la maintenance, la sécurité, la formation et la contribution à des projets dont on dépend, etc.

La leçon de Wikimania tient peut-être là. Les communs numériques ne relèvent pas d’un supplément d’âme du numérique. Ils constituent des infrastructures de démocratie, d’autonomie collective et d’utilité sociale. Wikipédia, Open Food Facts, Panoramax et La Suite suivent des trajectoires différentes. Ils partagent une même question : voulons-nous seulement consommer des services numériques, ou participer à la construction des ressources dont nous dépendons ?

À lire ensuite :

Wikipédia face à l’IA générative : comment éviter de devenir le « commun de l’ombre »

Wikipédia face à l’IA générative : comment éviter de devenir le « commun de l’ombre »

Abstract :

Les IA génératives utilisent massivement Wikipédia pour produire leurs réponses. Pourtant, les interfaces qui en tirent parti peuvent éloigner le public des sources, des historiques, des communautés et des dons qui maintiennent l’encyclopédie. Le danger porte moins sur une concurrence entre humains et machines que sur la disparition progressive de la fabrique collective du savoir.

Wikipédia nourrit déjà une partie importante du web. Ses articles irriguent les moteurs de recherche, les assistants vocaux, les systèmes de recommandation et les outils d’intelligence artificielle générative. Cette circulation peut prolonger la mission de diffusion libre des connaissances. Elle peut aussi instaurer un déséquilibre profond si les interfaces d’IA captent l’attention, l’audience et la valeur sans rendre visibles celles et ceux qui produisent, vérifient et financent l’information. 

Cet article a été rédigé avec le soutien du projet DIGISET – Digital Growth Initiatives for Social Economy Transformation – N°101167934 financé par la Commission européenne sous le programme COSME — Programme pour la Compétitivité des Entreprises et des PME (Regulation (EU) No 1287/2013).

Une boucle de contribution fragilisée

Le modèle de Wikipédia repose sur une boucle singulière. En effet, des lecteurs consultent l’encyclopédie. Certains apprennent ensuite à vérifier les sources ou à ajouter des références. Une partie devient contributrice, tandis que des donateurs financent l’infrastructure. Ainsi, les bénévoles améliorent les contenus pour les futurs usagers.

Toutefois, les assistants conversationnels court-circuitent cette dynamique. Ils puisent dans les contenus et répondent directement dans leurs propres interfaces. Ce faisant, ils conservent la relation avec l’internaute au détriment du projet original.

La baisse de fréquentation humaine

De fait, la Wikimedia Foundation a noté une baisse de 8 % des consultations humaines entre 2024 et 2025. L’enjeu dépasse la simple visibilité. Une visite sur le site permet d’accéder aux sources et aux débats. C’est souvent le premier pas vers le don. À l’inverse, une réponse synthétique par IA masque la construction du savoir.

Par conséquent, une baisse durable de fréquentation menace le renouvellement des communautés. Or, l’encyclopédie dépend d’une activité humaine continue. Les articles doivent être sourcés, actualisés et protégés par des bénévoles pour rester fiables.

Le commun de l’ombre

Lors des discussions de Wikimania, une expression s’est imposée. Wikipédia pourrait devenir un commun de l’ombre.

Le risque d'opacité informationnelle

Ses contenus continueraient d’alimenter les moteurs de recherche, les agents conversationnels et les systèmes d’IA. En revanche, les lecteurs ne verraient plus les sources, les débats, les corrections, les licences ni les personnes qui entretiennent l’infrastructure. Ils recevraient une réponse sans accéder à l’écosystème qui permet de la contester et de l’améliorer.

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Le scénario de travail de l’une des sessions était volontairement radical. Dans un web où 90 % des usages informationnels transiteraient par des applications fermées et des interfaces génératives, comment préserver une connaissance ouverte, vérifiable et gouvernée collectivement ? Cette hypothèse ne décrit pas le présent. Elle sert à identifier les choix techniques, économiques et politiques qui façonnent déjà le web.

La question concerne directement l’ESS. Une organisation qui dépend d’outils numériques pour travailler, s’informer, coopérer ou rendre compte doit pouvoir comprendre qui produit les ressources qu’elle utilise, selon quelles règles et avec quelles contreparties. Une technologie utile ne se mesure pas uniquement à la rapidité de sa réponse. Elle se mesure aussi à la possibilité de vérifier, modifier, réutiliser et gouverner ce qui structure l’action collective.

Une pression matérielle sur l’infrastructure

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L’IA ne modifie pas seulement les usages. Elle pèse aussi sur les infrastructures. Les robots d’entreprises qui collectent des contenus à très grande échelle représentaient 65 % du trafic le plus coûteux en ressources. Ces requêtes sollicitent les serveurs, les équipes techniques et les finances du mouvement.

Le problème possède une dimension élémentaire de justice. Les personnes qui donnent à Wikipédia ne devraient pas financer indirectement l’entraînement ou le fonctionnement de modèles commerciaux. L’accès libre aux connaissances n’implique pas un droit de captation illimitée de la valeur, de la visibilité et des moyens nécessaires à leur maintien.

Vers une contribution des actrices et acteurs économiques

Wikimedia Enterprise organise un accès technique et rémunéré aux données pour les acteurs professionnels. L’encyclopédie demeure librement accessible au public. En parallèle, les entreprises qui demandent un accès intensif, structuré et actualisé contribuent aux coûts associés. Des accords ont été conclus avec Amazon, Meta, Microsoft, Perplexity et Mistral AI.

Ces partenariats ne répondent pas à toutes les questions. Ils rendent toutefois visible un principe de réciprocité. Les entreprises qui bâtissent des produits commerciaux à partir de ressources communes doivent contribuer à leur pérennité, assurer une attribution correcte et maintenir un lien vers les sources lorsque leurs interfaces s’en servent.

L’IA, utile lorsqu’elle reste un outil

Le débat ne se réduit pas à une opposition entre humains et machines. Les communautés Wikimedia utilisent depuis longtemps des outils algorithmiques pour repérer le vandalisme, signaler une formulation trop subjective, identifier une affirmation sans source ou faciliter certaines tâches de maintenance.

Une contributrice peut également s’appuyer sur une IA pour produire un premier brouillon de description d’image à destination de personnes malvoyantes. Elle doit ensuite le relire, le corriger et le contextualiser. L’outil assiste une tâche. Il ne devient pas l’auteur invisible d’un savoir qui exige des sources, une responsabilité et une capacité de contestation.

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Les risques de la production automatisée

La prudence s’impose face à la production automatisée de textes. Des articles entiers générés par IA apparaissent parfois dans plusieurs langues à la fois. Ils demandent des heures de relecture, de vérification des sources, de correction ou de suppression. Ils peuvent sembler crédibles tout en contenant des hallucinations, des biais, des approximations ou des références inexistantes.

La Wikipédia francophone déconseille fortement le recours à l’IA générative pour rédiger les articles. Les contributions restent soumises aux règles ordinaires de vérifiabilité, de neutralité, de sources fiables et de responsabilité éditoriale. L’enjeu porte donc moins sur l’interdiction abstraite d’une technologie que sur la préservation des conditions d’un savoir collectif fiable.

Cette charge arrive dans une communauté déjà sous tension. La Wikipédia francophone compte autour de 23 000 personnes contributrices actives chaque mois, pour seulement 141 administratrices et administrateurs qui veillent sur environ 2,7 millions d’articles. Une activité bénévole de partage du savoir risque alors de basculer vers un travail incessant de nettoyage des traces laissées par l’automatisation.

La bataille des sources

Une encyclopédie ne produit pas seule les sources qui permettent de l’écrire. Elle dépend du journalisme, de la recherche, des archives, des publications scientifiques et des institutions culturelles. Si des contenus synthétiques captent l’attention et les revenus au détriment de ces producteurs d’information, les sources originales, robustes et vérifiables deviennent plus rares.

Soutenir l'écosystème documentaire

Wikipédia risquerait alors d’être prise dans un étau. L’IA utiliserait ses contenus tout en affaiblissant l’écosystème documentaire nécessaire à leur actualisation. Préserver Wikipédia suppose donc aussi de soutenir la science ouverte, le journalisme indépendant, les institutions culturelles et les espaces où l’information peut être produite, documentée et discutée publiquement.

Le livre blanc Vers une société des communs de Wikimédia France avance plusieurs pistes utiles. La transparence des données d’entraînement. La traçabilité des sources dans les réponses générées. Des accords équitables avec les producteurs de connaissances. Un principe de réciprocité pour les acteurs commerciaux. Un droit à la contribution, permettant de reconnaître et d’organiser le temps consacré aux communs numériques et aux logiciels libres.

Ces propositions rejoignent l’avis de la Commission supérieure du numérique et des postes sur les communs numériques, publié en 2023. Il défend une souveraineté numérique européenne non prédatrice, fondée sur des ressources ouvertes, des communautés actives, une gouvernance démocratique et des partenariats public-communs.

Trois gestes pour commencer

La prochaine partie de cette série élargit le regard. Wikipédia ne constitue pas une exception isolée. Elle appartient à une constellation de communs numériques français et européens qui travaillent déjà l’alimentation, les données territoriales, la coopération publique et les outils de travail.

À lire ensuite

Wikimania 2026 : ce que Wikipédia apprend à l’ESS sur les communs numériques

Wikimania 2026 : ce que Wikipédia apprend à l’ESS sur les communs numériques

Abstract :

À Wikimania, à Paris, plus de 1 200 personnes ont montré qu’une autre histoire du numérique demeure possible. Pendant cinq jours, les communautés Wikimedia ont parlé de sources, de maintenance, de gouvernance, de langues minoritaires et de transmission. Une expérience de terrain qui éclaire directement les choix numériques de l’économie sociale et solidaire.

J’admire Wikipédia depuis longtemps. Comme beaucoup de personnes de ma génération, je l’utilise depuis mes premiers pas sur le web. Elle a participé à mon éducation, elle continue de le faire, et j’aimerais qu’elle reste accessible à la génération de ma fille.

Avec le temps, mon regard s’est déplacé. Les articles constituent la partie visible du projet. La véritable rupture se situe dans leur fabrique. Des milliers de personnes s’accordent sur des règles, documentent leurs affirmations, exposent leurs désaccords, corrigent les erreurs et transmettent leurs méthodes. À une époque où tant de services numériques exigent notre confiance sans rendre leur fonctionnement lisible, cette architecture démocratique garde une puissance singulière.

Mon parcours dans l’ESS, puis mes premières rencontres avec la culture de l’internet communautaire par OpenStreetMap en 2016, ont renforcé cette conviction. Wikipédia ne fournit pas un modèle clé en main. Elle rend toutefois visibles plusieurs conditions d’une infrastructure numérique d’intérêt général. Une ressource ouverte, une communauté qui la fait vivre, des règles partagées, une gouvernance capable d’arbitrer les conflits et des moyens durables pour assurer la maintenance.

Cet article a été rédigé avec le soutien du projet DIGISET – Digital Growth Initiatives for Social Economy Transformation – N°101167934 financé par la Commission européenne sous le programme COSME — Programme pour la Compétitivité des Entreprises et des PME (Regulation (EU) No 1287/2013).

 

Une première Wikimania à Paris

J’ai participé cette année, pour la première fois, à Wikimania 2026. Du 21 au 25 juillet, plus de 1 200 personnes se sont retrouvées à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, pour le rendez-vous mondial du mouvement Wikimedia. Un tiers des participantes et participants avait moins de 35 ans. Deux tiers venaient d’autres régions que l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest ou du Nord.

Dans les amphithéâtres, les couloirs et les ateliers, j’ai rencontré des personnes qui contribuent à Wikipédia, Wikidata, Wikimedia Commons, Wikisource ou au Wiktionnaire. Cette diversité humaine donne une matérialité immédiate au mot « commun ».

Une diversité au service des communs

Le premier souvenir tient à l’intensité du lieu. On arrivait au milieu de groupes ayant parfois échangé pendant des années sans jamais s’être rencontrés hors ligne. Une conversation portait sur les langues minoritaires. Une autre abordait la sécurité des contributrices exposées au harcèlement. Plus loin, un atelier travaillait les données structurées, tandis qu’un débat portait sur les licences libres ou l’avenir du journalisme.

Wikimania ne ressemblait ni à une grand-messe technologique ni à un salon professionnel. Peu de démonstrations de force, peu de discours sur la disruption. Beaucoup de discussions sur les sources, la maintenance, la médiation, le droit, la formation et la gouvernance. Les difficultés concrètes restaient au centre. Comment accueillir une nouvelle contributrice sans la décourager. Comment documenter un sujet local absent des grands médias. Comment protéger un pseudonyme. Comment rendre les connaissances accessibles dans davantage de langues.

Une infrastructure mondiale, une communauté fragile

Wikipédia atteint une échelle qui force le respect. L’encyclopédie réunit environ 67 millions d’articles dans plus de 300 langues, reçoit près de 15 milliards de consultations mensuelles et repose sur le travail d’environ 250 000 contributrices et contributeurs bénévoles. La communauté effectue en moyenne 324 modifications par minute.

Cette production de connaissance ne dépend ni de la publicité ciblée ni de la captation des données personnelles. Elle repose sur une infrastructure partagée et sur une responsabilité collective. Wikimedia Commons en conserve une trace photographique sous licence libre.

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La pérennité du modèle en question

Pour autant, la pérennité du modèle ne relève d’aucune évidence. Sur la Wikipédia francophone, environ 23 000 personnes contribuent activement chaque mois. Seules 141 administratrices et administrateurs disposent des droits renforcés nécessaires pour veiller sur quelque 2,7 millions d’articles. La participation reste ouverte, mais elle demande du temps, des apprentissages, de la patience et un cadre d’accueil bien plus difficile à construire qu’il n’y paraît.

Cette atmosphère a fait écho aux travaux de SOGA sur les communs numériques et l’ESS. Les outils comptent. Les conditions sociales de leur production, de leur appropriation et de leur maintien comptent davantage encore. Un article, une photographie ou une base de données acquièrent leur pleine portée grâce aux personnes qui les enrichissent et aux règles qui en organisent l’usage.

Deux discussions sur l’IA générative

J’avais été invitée pour animer deux tables rondes sur l’intelligence artificielle générative. Leur point de départ était exigeant. Si les assistants conversationnels deviennent la première porte d’entrée vers le web, que reste-t-il des lieux où la connaissance est produite, discutée, vérifiée et rendue réutilisable ?

La question déborde Wikimedia. Elle concerne toutes les organisations qui, comme SOGA, travaillent à une économie numérique démocratique, coopérative, soutenable et orientée vers l’intérêt général.

La première table ronde, If AI becomes the first web interface, how can the Wikimedia movement adapt?, réunissait Philippe Saadé, ingénieur et chef de projet IA chez Wikimedia Deutschland, Alec Tarkowski d’Open Future, Anastasia Stasenko, cofondatrice de Pleias, et Lane Becker, président de Wikimedia Enterprise. Nous avons exploré les leviers d’action des chapitres Wikimedia et de leurs partenaires face à un web où les interfaces génératives concentreraient une part croissante des usages informationnels.

La seconde discussion portait sur les communautés contributrices. Comment préserver les pratiques de vérification, les historiques de modification et la délibération collective lorsque les contenus sont absorbés par des interfaces opaques ? Comment détecter les textes générés automatiquement sans épuiser les bénévoles ? Comment faire entendre les besoins des communautés auprès des entreprises d’IA et des législateurs ?

Cette première Wikimania m’a laissé une admiration plus informée, mais aussi un sentiment de responsabilité. Une infrastructure mondiale peut fonctionner sans publicité, sans profilage systématique des utilisateurs et sans propriété exclusive sur les connaissances qu’elle rend accessibles. Elle demande, en échange, des alliés, du temps, des institutions et une attention constante aux conditions de la contribution.

Un sentiment de responsabilité

La suite de cette série examine le défi posé par l’IA générative à cette économie de la contribution.

À lire ensuite
Wikipédia face à l’IA générative. Le risque du commun de l’ombre

Jeanne Bretécher, Co-fonder

Jeanne Bretécher, co-fondratrice et directrice générale de SOGA

Compétences numériques : comment mieux les promouvoir par l’éducation ?

Compétences numériques : comment mieux les promouvoir par l’éducation ?

Compétences numériques : comment mieux les promouvoir par l’éducation ?

Le 16 septembre 2022, le Social Good Accelerator (SOGA) a répondu à la consultation européenne sur l’amélioration de l’enseignement des compétences numériques.

Cette consultation posait une question centrale :

Quelles actions mettre en place pour développer les compétences numériques dès le plus jeune âge et à toutes les étapes de la formation ?

Contexte : un enjeu stratégique pour l’Europe

Bien avant la crise du COVID-19, le besoin de renforcer les compétences numériques de tous était déjà manifeste.
Aujourd’hui encore, les niveaux de maîtrise du numérique restent inégaux, marqués par des écarts de genre, d’origine socio-économique et de territoire.
La pandémie n’a fait qu’accroître cette demande de compétences, rendant urgente la mise en place de stratégies éducatives adaptées.

Cette consultation s’inscrit dans le cadre du Plan d’action pour l’éducation numérique 2021-2027, dont la première priorité stratégique est de garantir une éducation et une formation numériques accessibles, de qualité et inclusives.

Le SOGA, engagé pour une transition numérique éthique et solidaire, y a formulé plusieurs recommandations concrètes destinées à développer les compétences numériques à tous les stades du parcours éducatif.

Un manque de formations numériques transversales et adaptées dans l’enseignement supérieur

Le premier constat du SOGA concerne la pénurie et l’uniformité des talents.
Les cursus universitaires abordent encore trop peu les questions de culture numérique, de conception responsable ou d’usage critique des technologies.
Les formations en sciences humaines, droit ou art — pourtant cruciales pour comprendre les impacts du numérique — restent insuffisamment connectées à l’innovation technologique.

Recommandations proposées :

  • Créer des programmes de découverte et d’immersion dans des startup studios pour les étudiants en sciences humaines, droit ou arts.

  • Soutenir les partenariats entre universités, écoles informatiques et PME locales.

  • Encourager le partage de ressources et d’espaces (outils, fablabs, médias, plateformes).

  • Développer des consortia d’apprentissage pair-à-pair à l’échelle européenne entre étudiants en technologie et étudiants d’autres disciplines.

  • Accroître la numérisation du secteur de l’économie sociale, en favorisant un marché du travail numérique inclusif doté de formations dédiées.

Une éducation et une formation numériques accessibles, de qualité et inclusives est la première priorité stratégique du plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027. Crédit photo : Commission européenne.

Des compétences rares, chères, et concentrées dans les entreprises les plus riches

Dans le secteur du numérique d’intérêt général, les structures de l’économie sociale font face à une double difficulté :
un manque de moyens financiers pour attirer les talents et une guerre des compétences qui profite surtout aux grandes entreprises.
L’Union européenne estime qu’il faudra 20 millions de professionnels du numérique d’ici 2030 pour répondre aux besoins du marché.

En parallèle, les services numériques d’intérêt général nécessitent des compétences spécifiques en matière de conception inclusive, d’accessibilité, de gouvernance des données et de développement éthique — encore trop peu enseignées dans les formations initiales et continues.

Recommandations proposées :

  • Développer des partenariats entre étudiants et publics éloignés du numérique, afin de promouvoir une littératie numérique universelle et inclusive.
  • Évaluer les écarts de compétences numériques des acteurs de l’économie sociale.
  • Concevoir des parcours de formation ciblés au sein des organisations de l’ESS.
  • Diffuser et mutualiser les résultats de recherche liant transition numérique et économie sociale pour faciliter la réplication d’initiatives réussies.
  • Multiplier les formations aux outils no-code, qui permettent de créer des sites, applications ou automatisations sans maîtriser le code informatique.

Les outils no-code ouvrent de nouvelles perspectives : ils rendent le développement numérique plus accessible, tout en favorisant une structuration de la pensée digitale et une meilleure gestion des données.

Vers une éducation numérique ouverte, accessible et inclusive

Promouvoir les compétences numériques ne se limite pas à l’acquisition de savoir-faire techniques : c’est un enjeu de citoyenneté et d’inclusion.
Le SOGA appelle à une politique européenne ambitieuse pour que chaque citoyen, quel que soit son parcours, puisse comprendre, utiliser et maîtriser les outils numériques.
C’est à cette condition que la transition digitale deviendra une transition sociale et démocratique, portée par les valeurs de l’économie sociale et solidaire.

FAQ — Promouvoir les compétences numériques par l’éducation

Qu’entend-on par “compétences numériques” ?

Les compétences numériques regroupent l’ensemble des savoirs, savoir-faire et attitudes permettant d’utiliser efficacement les technologies numériques.
Elles vont de la maîtrise des outils de base (bureautique, navigation, messagerie) à des compétences plus avancées en sécurité des données, création numérique, analyse de données ou programmation.

Pourquoi est-il essentiel de développer les compétences numériques dès l’école ?

Il est important de développer les compétences numériques dès l’école, car le numérique structure désormais tous les aspects de la vie quotidienne et professionnelle.
Les former dès le plus jeune âge permet de réduire la fracture numérique, de favoriser l’égalité des chances, et de préparer les citoyens à une société de plus en plus digitalisée.

Quels sont les principaux freins à l’enseignement du numérique en Europe ?

Les freins identifiés par le SOGA sont :

  • le manque de formations transversales adaptées dans l’enseignement supérieur,

  • la pénurie d’enseignants formés,

  • les inégalités territoriales et sociales d’accès au matériel et à la connexion,

  • et la difficulté à relier les compétences numériques aux valeurs sociales et environnementales.

Comment l’économie sociale et solidaire (ESS) peut-elle contribuer à la formation numérique ?

Les organisations de l’économie sociale et solidaire (ESS) jouent un rôle essentiel dans la formation des publics éloignés du numérique.
Elles expérimentent des modèles inclusifs, mutualisent les ressources et proposent des formations accessibles et ancrées dans les réalités locales — une approche complémentaire à celle du système éducatif classique.

Quelles actions le Social Good Accelerator mène-t-il dans le domaine de l'ESS numérique ?

Le SOGA agit à travers plusieurs projets européens, dont :

  • la Social Tech Academy, qui forme aux métiers numériques de la Social Tech ;

  • et le projet Social_tEchSS, qui crée des référentiels de compétences numériques de base pour les professionnels de l’économie sociale.
    Ces initiatives visent à faire du numérique un levier d’inclusion et d’émancipation, et non une source d’exclusion.

Comment puis-je participer ou soutenir ces initiatives ?

Vous pouvez :

Orange Digital Center : des espaces pour l’inclusion numérique en Europe

Orange Digital Center : des espaces pour l’inclusion numérique en Europe

Orange Digital Center : un programme international pour l’inclusion numérique

À l’occasion de l’adhésion d’Orange au Social Good Accelerator (SOGA), découvrons ensemble l’initiative Orange Digital Center, un programme ambitieux en faveur de l’inclusion numérique dans les territoires.
Nous avons échangé avec les équipes d’Orange pour mieux comprendre la philosophie, les ambitions et les premiers résultats de ce projet.

Orange Digital Center

Le premier Digital Center d’Orange, France
Photo credit: Orange

Un réseau international pour développer les compétences numériques

Les Orange Digital Center sont des espaces ouverts et gratuits dédiés à l’apprentissage et au développement des compétences numériques.
De la formation au code à la fabrication numérique, en passant par la création d’entreprise, ces lieux favorisent l’apprentissage par la pratique.

Leur mission : permettre à chacun — étudiant, demandeur d’emploi, jeune décrocheur, entrepreneur — d’acquérir les compétences nécessaires pour évoluer dans un monde numérique.

Les programmes de formation y sont conçus pour répondre à des besoins concrets :

  • ateliers de codage,
  • fablabs pour la fabrication numérique,
  • accompagnement à l’entrepreneuriat,
  • formation à la sécurité et à la responsabilité numérique.

Une initiative déployée dans le monde entier

À septembre 2022, 15 Orange Digital Center étaient déjà ouverts en Afrique et au Moyen-Orient (Tunisie, Sénégal, Cameroun, Éthiopie, Jordanie…).
En Europe, le centre de Bruxelles a accueilli ses premiers apprenants au printemps 2022, suivi par celui de Saint-Ouen (France) en juin.

D’autres centres verront bientôt le jour en Pologne, Luxembourg, Roumanie, Slovaquie, Espagne et Moldavie.
À terme, le Groupe Orange prévoit d’implanter un Orange Digital Center dans chacun des pays où il opère.

Cette initiative illustre la responsabilité sociétale du premier opérateur numérique français, avec une conviction forte :

le numérique ne doit pas créer des fractures, mais des opportunités accessibles à tous.

Le programme agit donc sur quatre dimensions clés :

  1. l’accès aux infrastructures et aux équipements,
  2. l’usage et l’accompagnement des publics,
  3. la montée en compétences,
  4. et la promotion de la diversité dans les métiers du numérique.

Une construction locale et collaborative

Chaque Orange Digital Center adapte sa programmation au contexte local, aux ressources disponibles et aux besoins des bénéficiaires.
Les formations et ateliers sont co-construits avec un écosystème de partenaires :

  • fablabs de proximité,
  • Simplon au Sénégal,
  • BeCode en Belgique,
  • ou encore le programme AWS Restart en Tunisie.

Cette approche collaborative permet de renforcer l’impact social du dispositif, en favorisant l’emploi, l’insertion professionnelle et la mixité dans les métiers du numérique.

“Les parcours de formation associent le code, la fabrication et l’entrepreneuriat pour dynamiser les trajectoires des apprenants.”

Les défis à relever et les solutions envisagées

Déployer des centres dans 25 pays est un défi logistique et humain majeur.
Orange en a déjà ouvert 17 et prévoit d’atteindre son objectif à court terme.

Les principaux enjeux aujourd’hui :

  • maintenir la dynamique une fois le réseau complet,

  • favoriser la capitalisation et les échanges entre les différents centres,

  • et évaluer l’impact social sur les bénéficiaires.

Pour y répondre, Orange multiplie les initiatives :

  • un appel à projets pour créer des formations de formateurs dans les fablabs ;

  • une mesure d’impact social sur certains programmes pilotes ;

  • et un partenariat avec le Social Good Accelerator pour croiser expertises et plaidoyer autour de la transition numérique inclusive en Europe.

Zoom sur le centre de Saint-Ouen : inclusion et formation

Le Orange Digital Center de Saint-Ouen, inauguré en juin 2022, a lancé son premier programme de préqualification “Envol Numérique destiné aux jeunes décrocheurs scolaires.
Ce parcours de 5 semaines de formation et 3 semaines de stage vise à leur redonner le goût du numérique et à favoriser leur insertion professionnelle.

Les participants y découvrent :

  • les bases du développement web et de la fabrication numérique ;

  • les compétences comportementales : communication, confiance en soi, travail en équipe ;

  • et les enjeux environnementaux et sociétaux du numérique.

Le centre propose aussi :

  • des ateliers grand public pour apprendre à utiliser un smartphone ou paramétrer un contrôle parental ;

  • un fablab accessible pour s’initier à la conception 3D ou à l’électronique.

Des ressources accessibles à toutes et tous

L’Orange Digital Center met à disposition une variété de ressources gratuites :

Découvrir la responsabilité numérique

  • ateliers en ligne sur la protection des données personnelles,
  • modules d’éducation numérique pour les parents,
  • programmes de sensibilisation avec la Fédération française de football sur l’usage responsable du numérique.

Apprendre à utiliser les outils numériques

  • SuperCoders : ateliers ludiques pour les enfants hospitalisés,
  • Blabla Code : formation pour demandeurs d’emploi souhaitant renforcer leurs compétences digitales,
  • Fablabs : lieux ouverts équipés d’imprimantes 3D et de machines connectées pour expérimenter et innover.

Entreprendre dans le numérique

  • guides et tutoriels pour créer son activité,
  • ressources pour les femmes entrepreneures,
  • outils pour protéger ses données et communiquer en ligne.


    Un levier majeur d’inclusion numérique

    Avec ses Orange Digital Center, le Groupe Orange déploie une approche concrète du numérique d’intérêt général :
    donner à chacun les moyens de comprendre, créer et entreprendre grâce au numérique.

    “Faire du numérique une opportunité pour tous, sans distinction d’âge, de milieu ou de territoire.”

    Pour en savoir plus : Je consulte le site internet d’Orange

    FAQ — Orange Digital Center et inclusion numérique

    Qu’est-ce qu’un Orange Digital Center ?

    C’est un espace de formation gratuit et ouvert à tous, dédié à l’apprentissage des compétences numériques, à l’entrepreneuriat et à la fabrication digitale.

    Où se trouvent les Orange Digital Center ?

    Les centres sont implantés dans plus de 17 pays en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe (France, Belgique, Tunisie, Cameroun, Sénégal, etc.), avec un objectif de 25 centres ouverts à terme.

    Qui peut y accéder ?

    Toute personne souhaitant développer ses compétences numériques : jeunes, demandeurs d’emploi, entrepreneurs, femmes en reconversion ou simples curieux.

    Quels types de formations sont proposés ?

    Des formations autour du code, de la fabrication numérique, de la responsabilité numérique et de l’entrepreneuriat social.

    Quel est le lien avec le Social Good Accelerator ?

    Le SOGA et Orange collaborent pour renforcer l’impact social du numérique en Europe et partager des bonnes pratiques de médiation numérique dans le cadre de leurs initiatives communes.