Données d’intérêt général : vers un partenariat public avec l’économie sociale

Données d’intérêt général : vers un partenariat public avec l’économie sociale

Données d’intérêt général : vers un partenariat public avec l’économie sociale

Le 8 novembre 2023 marquait l’ouverture de NEC ESS Europe, le grand rendez-vous de l’économie sociale numérique en France et en Europe, organisé par le Social Good Accelerator (SOGA).

Son ambition : promouvoir et accélérer l’économie sociale numérique.

Inscrit dans la dynamique Numérique en commun[s] de l’ANCT et cofinancé par le Crédit Coopératif, l’événement a rassemblé plus de 200 participants et 80 intervenants autour d’un objectif commun : structurer un numérique d’intérêt général à l’échelle européenne.

Parmi les temps forts, la conférence « Données d’intérêt général : vers un partenariat public-privé avec l’économie sociale », organisée à Paris, a donné lieu à des échanges particulièrement structurants.

Des intervenants au cœur des enjeux des communs numériques

La conférence a réuni :

  • Jacques François Marchandise (Exploranum)

  • Emmanuel Porte (INJEP)

  • Vincent Bachelet (Inno3)

  • Rémy Gerbet (Wikimedia France)

  • Mireille Clapot, députée et membre du CNSP

Ensemble, ils ont exploré les enjeux stratégiques, juridiques et culturels des données dans l’économie sociale et solidaire numérique.

Pour une transition numérique inclusive

Jacques François Marchandise a ouvert les échanges en rappelant que la transition numérique ne peut être réellement inclusive que si l’on décloisonne les univers professionnels.

Il a souligné le rôle central de la médiation numérique dans différents secteurs (social, culturel, éducatif) et la nécessité d’une appropriation transversale des outils numériques pour éviter une fragmentation des usages.

L’enjeu n’est pas seulement technologique, mais profondément social et organisationnel.

Développer une culture de la donnée dans les associations

Emmanuel Porte a interrogé le rapport des associations aux données. Trop souvent perçues comme une contrainte – notamment au regard du RGPD – les données peuvent devenir un levier de coopération territoriale.

Il a insisté sur :

  • la nécessité de former les acteurs associatifs à la culture de la donnée,

  • l’importance de l’intégrer dans les dispositifs de formation professionnelle,

  • le rôle structurant des données pour renforcer les capacités organisationnelles.

Il a notamment cité le numéro 60 des Cahiers de l’action :
« Les associations au défi des données numériques ».

Données et communs numériques : un modèle alternatif

Vincent Bachelet a orienté le débat vers l’usage des données dans les communs numériques.

Comment valoriser collectivement les données tout en respectant :

  • les principes d’ouverture,

  • la gouvernance partagée,

  • l’éthique numérique ?

Ses interventions ont permis d’ouvrir des perspectives concrètes sur la valorisation collaborative des données au service de l’intérêt général.

Coopération et diffusion des données d’intérêt général

Rémy Gerbet a illustré l’importance de la coopération en citant la collaboration entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le mouvement Wikimedia pendant la pandémie de Covid-19.

Cette coopération a permis la diffusion rapide d’informations validées à l’échelle mondiale, démontrant la puissance des communs numériques comme infrastructure d’intérêt général.

Vers un cadre juridique adapté aux communs numériques

Mireille Clapot a conclu les échanges en insistant sur la nécessité d’un cadre juridique clair pour les communs numériques d’intérêt général.

Elle a plaidé pour :

  • une définition juridique explicite des communs numériques,

  • une adaptation des cadres fiscaux et réglementaires,

  • un soutien public structurant.

Elle a notamment mentionné l’Avis du CNSP sur les communs numériques, piloté par Jeanne Bretécher, qui propose des pistes concrètes pour accompagner leur développement.

Conclusion : structurer un partenariat public-ESS autour des données

La conférence a mis en lumière un enjeu stratégique :
les données d’intérêt général constituent un pilier fondamental pour une économie sociale numérique européenne.

Entre culture de la donnée, gouvernance collaborative, cadre juridique et coopération publique, l’économie sociale a un rôle clé à jouer dans la structuration d’un modèle alternatif aux plateformes dominantes.

👉 Le replay est disponible sur la chaîne YouTube du Social Good Accelerator.
👉 Rejoignez le SOGA pour soutenir et construire une économie sociale numérique européenne forte.

FAQ — Données d’intérêt général et économie sociale

Qu’est-ce qu’une donnée d’intérêt général ?

Une donnée d’intérêt général est une information produite ou utilisée dans un objectif d’utilité sociale, accessible ou gouvernée collectivement pour servir le bien commun.

Pourquoi les données sont-elles stratégiques pour l’économie sociale ?

Elles permettent d’améliorer la coopération territoriale, la transparence, l’impact social et la capacité d’innovation des organisations.

Quel rôle jouent les communs numériques ?

Les communs numériques permettent une gouvernance collective des ressources digitales (données, logiciels, plateformes) selon des principes ouverts et collaboratifs.

Pourquoi un cadre juridique spécifique est-il nécessaire ?

Pour protéger les communs numériques, sécuriser leur financement et reconnaître leur contribution à l’intérêt général.

Quel est le rôle du Social Good Accelerator ?

Le SOGA structure la réflexion européenne sur les données, les communs numériques et la transition numérique de l’économie sociale.

Économie sociale numérique : une opportunité pour la citoyenneté et la démocratie

Économie sociale numérique : une opportunité pour la citoyenneté et la démocratie

Économie sociale numérique : une opportunité pour la citoyenneté et la démocratie européennes

Le 17 novembre 2023 marquait la clôture de NEC ESS Europe. Cet événement, organisé par le Social Good Accelerator (SOGA), s’inscrivait dans le cadre de l’initiative Numérique en commun[s] de l’ANCT. Il a été cofinancé par le Crédit Coopératif.

L’objectif était clair : accélérer la transition numérique de l’économie sociale et solidaire. Pendant deux jours, plus de 200 participants et 80 intervenants se sont réunis. Ainsi, NEC ESS Europe est devenu un catalyseur de débats riches et constructifs.

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Avec plus de 200 participants et 80 intervenants, NEC ESS Europe a été un catalyseur de discussions passionnantes. Parmi les temps forts, la conférence organisée au Comité économique et social européen (CESE), intitulée :
« Construire une Europe numérique pour le bien commun : l’économie sociale numérique, une opportunité pour la citoyenneté et la démocratie ».

L’économie sociale numérique, moteur de démocratie

La première session a mis en lumière le rôle de la Social Tech comme levier démocratique. Elle a notamment insisté sur la Civic Tech et les données citoyennes.

  • Gabriela Martin (SOGA) a souligné la nécessité de créer des espaces numériques ouverts et inclusifs.

  • Julia Herriot (ANCT) a présenté la démarche Numérique en commun[s] et le programme Société numérique. Elle a rappelé les enjeux liés aux financements et aux données d’intérêt général.

  • Jeanne Bretécher (SOGA) a défendu la numérisation de l’ESS. Selon elle, elle peut soutenir la démocratie et renforcer les services sociaux.

  • Adrien Duguet (ACTE) a alerté sur les risques liés à la transparence et à la protection des données. Il a insisté : sans confiance, aucune participation démocratique durable n’est possible.

  • Hendrik Nahr (Make.org) a illustré l’impact de la Civic Tech. Il a cité la campagne EurHOPE, qui mobilise les jeunes Européens avant les élections de 2024.

Enfin, Giuseppe Guerini (CECOP – CESE) a plaidé pour une régulation européenne du numérique. Selon lui, elle doit protéger les citoyens tout en encourageant l’innovation.

Services numériques d’intérêt général et coopération

La seconde session a exploré les services numériques d’intérêt général et les partenariats public-privé. Ces derniers apparaissent comme des leviers essentiels pour la cohésion sociale et territoriale européenne.

  • Jeanne Bretécher (SOGA) a ouvert la discussion. Elle a rappelé que le “superpouvoir” de l’ESS reste la coopération.

  • Sara de Heusch (SEE) a insisté sur le rôle unique des coopératives, mutuelles, associations et fondations. Elles peuvent construire un numérique respectueux de la vie privée, durable et démocratique.

  • Patrick Klein (Commission européenne) a rappelé que la co-création est indispensable. Selon lui, elle conditionne le succès de la transition numérique européenne.

  • Denis Stokkink (Pour La Solidarité) a présenté le projet Social Tech Academy. Ce programme, porté par SOGA, Egina et Fundación Esplai, vise à développer les compétences numériques dans l’ESS.

  • Maxime Baduel (délégué interministériel à l’ESS) a insisté sur le rôle de l’État. Il a rappelé que la gestion responsable des données et la montée en compétences sont des priorités.

Ainsi, les intervenants ont confirmé que la transition numérique ne peut réussir qu’en associant les valeurs et les méthodes de l’économie sociale.

    Une Europe numérique plus juste et plus démocratique

    En conclusion, les intervenants ont affirmé que l’avenir numérique de l’Europe ne peut être uniquement marchand. Pour être durable, il doit s’appuyer sur les valeurs de l’économie sociale et solidaire : coopération, justice sociale, respect de l’environnement et démocratie participative.

    👉 Le replay de la conférence est disponible sur la chaîne YouTube du Social Good Accelerator.
    👉 Pour contribuer à ce mouvement et soutenir le développement d’une économie sociale numérique européenne, rejoignez la communauté SOGA.

      Dynamiser l’économie sociale par le numérique

      Dynamiser l’économie sociale par le numérique

      Dynamiser l’économie sociale par le numérique : les recommandations de la Commission européenne

      Avec la montée en puissance du numérique dans nos sociétés, il devient impératif d’assurer l’adaptation de l’économie sociale à cette transformation majeure.
      Loin de la recherche effrénée du profit, l’économie sociale occupe une place essentielle en plaçant l’humain, les enjeux sociaux et environnementaux au cœur de son action.

      Pour permettre à ce secteur dynamique de s’épanouir pleinement, la Commission européenne a présenté en décembre 2021 un plan d’action ambitieux pour l’économie sociale.
      Au cœur de ce plan figure une recommandation du Conseil, adoptée le 13 juin 2024, qui vise à créer les conditions-cadres nécessaires au développement de l’économie sociale en Europe.

      Notre analyse se concentre sur les propositions numériques clés de cette recommandation — des mesures innovantes qui ouvrent de nouvelles perspectives pour l’économie sociale à l’ère digitale.

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      Renforcer les compétences numériques dans l’économie sociale

      Pour réussir les transitions numérique et écologique, il est essentiel de développer les compétences numériques au sein de l’économie sociale.
      La Commission encourage les États membres à soutenir la formation, les échanges d’expériences et le développement de compétences managériales, entrepreneuriales et digitales adaptées à un environnement en constante évolution.

      Exemple concret : la Social Tech Academy.

      Le Social Good Accelerator pilote la Social Tech Academy, programme de référence pour la montée en compétences numériques des acteurs de l’économie sociale.
      Ouvert, collaboratif et accessible, ce programme vise à outiller les structures de l’ESS et leurs bénéficiaires — notamment les jeunes et les personnes éloignées de l’emploi — pour une transition numérique inclusive et professionnalisante vers les métiers du “Social Tech”.

      Relier politique industrielle et transition numérique

      Pour stimuler l’innovation sociale et un développement économique durable, il est crucial d’intégrer les objectifs de l’économie sociale dans les politiques industrielles.
      Cette articulation facilite la transition vers une économie circulaire et numérique, où les acteurs coopèrent pour maximiser l’impact social positif.

      L’intégration de ces objectifs favorise :

      • la création d’emplois durables,

      • la promotion de l’entrepreneuriat social,

      • et la réduction des inégalités.

      En combinant ces dynamiques dans les stratégies industrielles, l’Union européenne trace la voie d’un avenir plus inclusif et équitable, où performance économique et utilité sociale se renforcent mutuellement.

      Encourager le développement des initiatives communautaires

      La Commission européenne soutient activement le déploiement d’initiatives communautaires au sein de l’économie sociale.
      Celles-ci prennent la forme de :

      • communautés énergétiques,

      • solutions de mobilité partagée,

      • plateformes coopératives numériques,

      • coopératives agricoles et circuits courts alimentaires.

      Ces initiatives renforcent la cohésion sociale et territoriale en permettant aux citoyens d’accéder à des produits et services locaux tout en participant à des modèles économiques durables.

      Dans cette optique, la Commission a lancé le Portail européen de l’économie sociale et numérique : un guichet unique en ligne pour accéder à des informations sur les financements européens, formations, événements et opportunités par pays.

      Renforcer l’accès aux outils numériques et aux technologies émergentes

      Pour prospérer dans un environnement numérique en constante mutation, les structures de l’économie sociale doivent avoir accès à des outils technologiques avancés.
      L’usage de l’open source, du big data et de l’intelligence artificielle responsable permet d’améliorer l’efficacité, la productivité et l’impact social des organisations.

      Exemple inspirant : TechSoup fournit des licences logicielles à des milliers d’associations en Europe, leur permettant d’accéder à des outils numériques performants et abordables, renforçant ainsi leur capacité d’action sociale.

      Ouvrir l’accès aux marchés et à la commande publique

      La Commission européenne encourage une coopération accrue entre entreprises sociales et entreprises classiques, notamment via les technologies numériques qui facilitent l’accès aux marchés privés et publics.
      Cette collaboration permet d’amplifier la portée sociale et environnementale des initiatives de l’économie sociale.

      Pour accompagner cette dynamique, la Commission préconise :

      • des mécanismes de soutien spécifiques,

      • des formations dédiées à la commande publique responsable,

      • et des incitations financières favorisant les partenariats inclusifs.

      Ces mesures ouvrent la voie à de nouvelles opportunités économiques et sociales, tout en facilitant l’intégration professionnelle des personnes vulnérables grâce à la formation et à l’emploi adapté.

      L’appui européen aux recommandations numériques : les Transition Pathways

      Au cœur de la mise en œuvre de ces recommandations se trouvent les Transition Pathways, un cadre stratégique conçu pour accélérer la transition numérique de l’économie sociale.
      Ce processus collaboratif, développé avec le Social Good Accelerator et des centaines d’acteurs européens, définit les étapes clés pour accompagner le changement.

      Les Transition Pathways offrent :

      • une méthodologie inclusive et coopérative,

      • une feuille de route claire pour la transformation numérique,

      • et des mesures adaptées pour garantir un avenir numérique durable et équitable.

      Cet outil constitue désormais un levier central des politiques européennes en matière d’économie sociale et de transition digitale.

      Les impacts attendus de ces recommandations

      Ces propositions sont actuellement discutées par le Conseil de l’Union européenne, en vue d’un accord politique commun.
      Une fois adoptées, les États membres auront 18 mois pour adapter ou créer leur stratégie nationale de l’économie sociale, intégrant ces priorités numériques.

      La Commission assurera ensuite un suivi régulier de leur mise en œuvre, en lien avec le Comité de l’emploi et le Comité de la protection sociale, afin de mesurer les effets concrets et d’ajuster les politiques selon les besoins observés.

      Ces recommandations marquent une étape majeure pour faire de l’économie sociale un moteur de la transition numérique européenne, fondée sur l’inclusion, la durabilité et la coopération.

      Les engagements du SOGA pour renforcer les compétences numériques de l’ESS

      Les engagements du SOGA pour renforcer les compétences numériques de l’ESS

      Les engagements du Social Good Accelerator dans le cadre des Transition Pathways : renforcer les compétences numériques dans et par l’économie sociale

      La feuille de route Transition Pathways est le fruit d’un intense travail de co-construction mené entre décembre 2021 et mars 2022.
      Le Social Good Accelerator (SOGA) y a été mobilisé comme expert européen des enjeux numériques de l’économie sociale auprès de la Commission européenne.

      Cette démarche vise à identifier des axes de coopération concrets pour accompagner la double transition numérique et écologique des écosystèmes industriels et de l’économie sociale.
      Elle appelle les acteurs publics, privés et associatifs à formuler des engagements collectifs afin de faire converger leurs actions dans les directions proposées.

      À la suite de sa présentation officielle le 14 novembre 2023, à laquelle Jeanne Bretécher, présidente du SOGA, a participé, notre organisation a répondu à l’appel à engagement de la Commission européenne.
      Nous contribuons ainsi à la mise en œuvre concrète de ces recommandations, en soutenant les acteurs de terrain dans leur transition verte et numérique à l’échelle européenne.

      Transition pathway événement de lancement, Lundi 14 novembre 2022, Bruxelles.
      crédit photo : Social Economy Europe

      Le Social Good Accelerator (SOGA) est un think & do tank européen fondé en 2017 à partir d’un double constat :
      la transition numérique des organisations de l’économie sociale reste trop peu accompagnée, et les modèles numériques alternatifs issus de l’économie sociale peinent encore à émerger.

      Ces modèles représentent pourtant une “troisième voie” européenne : celle d’une innovation numérique fondée sur les valeurs démocratiques, la justice sociale et le respect de l’environnement.

      Aujourd’hui, le SOGA fédère plus de 70 membres, réseaux et citoyens engagés à travers l’Europe.
      Nous travaillons à accélérer la transformation de l’économie sociale grâce aux leviers numériques : montée en compétences, plaidoyer et recherche collaborative.

      Notre conviction : seules des compétences numériques renforcées permettront aux organisations de l’économie sociale de saisir pleinement les opportunités de la transition digitale et d’utiliser les technologies pour défendre leurs valeurs et promouvoir des modèles numériques fondés sur les communs.

      C’est pourquoi le SOGA s’engage à renforcer les compétences numériques de l’économie sociale dans l’Union européenne, à travers son programme “Digital Skills”, qui comprend aujourd’hui deux projets structurants :
      le projet européen Social Tech Academy et le projet national Social_tEchSS.

      La Social Tech Academy : un travail d’acculturation et de développement des compétences numériques de l’économie sociale

      La Social Tech Academy est un projet européen financé par Erasmus+.
      À partir de fin 2023, elle deviendra la plateforme de référence pour les métiers du numérique dans l’économie sociale européenne.

      Elle s’adresse aux jeunes diplômés, personnes en reconversion, formateurs et recruteurs de l’économie sociale, et proposera :

      • 20 modules de formation en ligne sur des thématiques numériques clés, avec contenus théoriques, études de cas, outils pratiques et bibliothèques de ressources, disponibles en français, anglais, italien et espagnol ;

      • 20 fiches métiers et 20 entretiens avec des professionnels du secteur ;

      • la formation de 80 à 100 formateurs européens au sein de l’enseignement supérieur, via quatre jours de formation dans les quatre langues du projet, afin de créer une communauté d’apprentissage continue autour des métiers du Social Tech.

      L’objectif : permettre aux formateurs de transmettre ces compétences aux demandeurs d’emploi, salariés de l’économie sociale et étudiants, en favorisant l’autonomie et la montée en compétence collective.

      Le projet prévoit aussi le développement d’une base de données ouverte recensant les acteurs de la transition numérique de l’économie sociale en Europe, sous forme de plateforme web et d’application mobile.
      Cette base s’appuie sur le Social Tech Atlas, déjà créé par le SOGA, qui référence plus de 1 000 organisations européennes proposant des solutions technologiques, des services ou un accompagnement à la transformation numérique de l’ESS.

       

      Le projet Social_tEchSS : un travail sur les référentiels de compétences numériques

      Le projet Social_tEchSS, financé par la Fondation Crédit Coopératif et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), est un programme de recherche-action visant à co-construire des référentiels de compétences et de formation en compétences numériques de base, adaptés aux réalités professionnelles des salariés de l’économie sociale.
      Il mobilise pour cela l’expertise des réseaux de médiation numérique.

      Les engagements du projet :

      • Outiller les salarié·es de l’économie sociale grâce à des référentiels communs entre médiation numérique et ESS, afin de leur permettre d’accompagner leurs publics vers l’autonomie digitale ;

      • Enrichir les référentiels de compétences transversales existants en intégrant de nouvelles situations professionnelles propres à l’économie sociale ;

      • Diffuser et valoriser les pratiques et outils de médiation numérique dans le secteur ;

      • Sensibiliser les décideurs publics et financeurs à l’importance d’investir dans la formation numérique des acteurs de l’ESS.

      Le projet cible huit branches professionnelles de l’économie sociale en France, dont les salarié·es sont en contact direct avec des publics vulnérables.
      Son ambition : former les professionnels de l’ESS à la maîtrise des outils numériques, à la détection des fragilités digitales, et à l’orientation des publics vers des médiateurs spécialisés, afin de réduire durablement la fracture numérique.

       

      De nouveaux projets en préparation pour renforcer les compétences numériques de l’économie sociale en Europe

      Le SOGA prépare actuellement deux nouveaux projets Erasmus+ en partenariat avec des acteurs européens, dans le cadre des coopérations pour l’éducation des adultes.

      1️⃣ L’European Data School :

      Un programme inédit visant à renforcer les compétences des acteurs de l’économie sociale sur la donnée ouverte (Open Data).
      L’objectif : proposer dès 2026 des parcours de formation complets, accessibles sans prérequis, combinant cours en ligne et “data expéditions”, pour apprendre à manipuler et réutiliser les données publiques dans des projets à impact social.

      2️⃣ Le Campus de la médiation numérique (en partenariat avec La MedNum) :

      Ce projet rassemblera les acteurs européens de la médiation numérique dispersés dans l’économie sociale et la société civile.
      Il visera à :

      • identifier les meilleures pratiques et référentiels de formation en Europe ;

      • organiser une semaine de formation intensive dans huit pays européens ;

      • et construire un plaidoyer européen pour valoriser ces métiers essentiels et les intégrer pleinement dans les politiques d’inclusion numérique de l’Union.

      À travers ces projets, le SOGA poursuit un objectif clair : renforcer les cadres de formation et les compétences numériques des acteurs de l’économie sociale, en s’appuyant sur les médiateurs numériques comme vecteurs d’inclusion et de transformation collective.

      Transition Pathways : des solutions pour l’économie de proximité et la Social Tech

      Transition Pathways : des solutions pour l’économie de proximité et la Social Tech

      Dans le cadre de la consultation européenne sur les Transition Pathways for Social Economy, le Social Good Accelerator a publié une note de contribution visant à proposer des solutions concrètes pour renforcer l’économie sociale dans les transitions numérique et écologique.

      Cette contribution met en avant deux leviers principaux : l’économie de proximité et la Social Tech, c’est-à-dire l’ensemble des technologies numériques mises au service de l’intérêt général et de l’innovation sociale.

      L’objectif est clair : permettre à l’économie sociale de jouer un rôle central dans la transformation du modèle économique européen, en développant des solutions technologiques ouvertes, accessibles et alignées avec les valeurs de solidarité et de coopération.

      Jeanne Bretécher intervenes @Transition pathways workshop

      Jeanne Bretécher, présidente et cofondatrice du Social Good Accelerator, a animé l'un des quatre ateliers organisés par la Commission européenne le 30 mai 2022.

      Source: Thomas Brisbart

      Les défis pour l'écosystème

      Social Economy Europe, Diesis, Euclid Network et le Social Good Accelerator (SOGA) ont animé séparément quatre ateliers centrés sur : l’entreprenariat social tech, le management des données, l’économie de plateformes partagées et la social tech. Le SOGA s’est concentré sur ce dernier.

      En intégrant ce groupe, l’association et ses partenaires cherchaient à explorer les points saillants des documents de Transition Pathways avec les participants. En effet, le premier jet du document compilait une synthèse autour de 70 contributions, dont celle de SOGA, rédigée avec sa communauté. Le rapport explore les zones où l’économie sociale devrait se mettre en route, notamment pour accélérer la transition numérique. L’idée au travers de ces ateliers était d’apporter des mots simples sur des sujets complexes.

      Ainsi, le groupe a discuté ensemble sur ce que l’accès à la technologie signifiait pour eux. Les problèmes induits par les outils numériques se condensent dans le fait que certaines personnes pensent qu’ils sont hors de portée, principalement à cause de barrières psychologiques, de ressources peu visibles, mais surtout à cause des compétences requises pour les prendre en main. La fracture numérique et le sentiment d’isolation numérique sont tout deux bien réels dans ce contexte.

      En outre, avec la pandémie, il y a eu une transition brutale vers l’utilisation d’outils pour lesquels beaucoup ne disposaient ni des compétences ni de l’équipement nécessaires. La résolution de ce problème dépend des moyens que les pouvoirs publics accordent  pour y remédier, grâce à des leviers tels que les ressources économiques et la formation.

      Des pistes de solutions

      Les participant·es ont présenté quelques exemples de bonnes pratiques et apporté différentes contributions intéressantes. Certain·es ont notamment souligné la nécessité de soutenir la création et le partage dans chaque secteur industriel, grâce à une réglementation appropriée et adéquate. En Israël, par exemple, l’accessibilité ne se limite pas à l’accessibilité physique, mais a une définition plus large dans la loi. Elle inclut également le prisme numérique.

      À l’autre extrémité du spectre, les modèles de start-up sont axés sur l’hypercroissance et orientés vers la montée en puissance. Avec un état d’esprit aussi différent, l’impact l’est également. En outre, il est difficile d’identifier la technologie adaptée aux besoins d’une réorganisation sociale. Certains outils ont cette finalité à l’esprit comme Rogervoice.

      Visual Transition pathways workshop

      « Lorsque l’on travaille, toutes sortes de personnes différentes sont impliquées, et c’est un pont assez intéressant mais difficile à franchir », a déclaré un panéliste. Ces mots ont permis d’évoquer l’exclusion des personnes âgées dans la sphère numérique. Néanmoins, leur exclusion ne repose pas uniquement sur leurs compétences, mais aussi sur leur propre confiance et sur la conception des produits. Comme toute nouvelle technologie, le numérique entraîne une exclusion s’il n’est pas conçu correctement. En d’autres termes, le numérique est synonyme de substitution, et la multimodalité est la clé.

      L’atelier a conclu que la mise en place d’un Internet décentralisé serait la clé d’un écosystème d’innovation sociale numérique efficace. En outre, l’employabilité garantit l’arrivée de nouveaux talents dans le secteur des technologies civiques. Les personnes âgées se méfient des outils numériques. Un prototypage rapide ou une conception itérative est nécessaire pour poursuivre dans cette voie, qui comporte plusieurs défis : l’accès à la technologie, l’acquisition ou l’amélioration des compétences, et les défis liés aux ressources elles-mêmes.

      FAQ — Transition Pathways et Social Tech

      Qu’est-ce que l'initiative Transition Pathways ?

      Il s’agit d’une initiative de la Commission européenne visant à accompagner la transformation de différents écosystèmes économiques dans les transitions écologique et numérique.

      Pourquoi l’économie de proximité est-elle importante ?

      Elle permet de renforcer la résilience des territoires, de soutenir l’emploi local et de maintenir des services essentiels au niveau local.

      Qu’est-ce que la Social Tech ?

      La Social Tech regroupe les technologies numériques développées pour répondre à des enjeux sociaux, environnementaux ou démocratiques.

      Quels sont les principaux défis de la transition numérique dans l’économie sociale ?

      Le manque de compétences numériques, l’accès limité aux financements et la difficulté à identifier des solutions technologiques adaptées.

      Quel est l’objectif de la contribution du Social Good Accelerator ?

      Mettre en évidence le rôle de l’économie de proximité et de la Social Tech dans les transitions économiques européennes.

      ‘It was a successful experience’, Social Economy Europe’s view on the European Social Economy Summit.

      "Une expérience réussie", le point de vue de Social Economy Europe sur le Sommet européen de l'économie sociale.

      “Ce fut une expérience réussie”, Social Economy Europe à propos du sommet européen de l'économie sociale.

      Le sommet européen de l'économie sociale et solidaire a rassemblé près de 2000 participants le 5 et 6 mai 2022 à Strasbourg. Organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne avec le soutien de l’Eurométropole de Strasbourg, l’objectif était de discuter de place de l'économie sociale dans l'Union européenne et de son avenir autour de conférences, d’ateliers et de rencontres.

      Le Social Good Accelerator, membre du comité de pilotage de l’évènement, était présent et a contribué à la promotion et diffusion de ses idées à savoir la sensibilisation sur la nécessaire transition numérique de l’économie sociale et solidaire (ESS) par le biais de deux ateliers et d’une conférence.

      Notre membre, Social Economy Europe, membre également du comité de pilotage de l’évènement a participé à ce sommet par le biais de nombreux ateliers et conférences.

      Cette interview avec Victor Meseguer, Directeur au sein de Social Economy Europe, a pour but d’enrichir le retour d’expérience sur ce sommet européen majeur pour l'économie sociale.

      Du côté de Social Economy Europe, comment vous êtes-vous préparé à cet évènement ?

      La préparation de l’événement a débuté en juin 2021. La première réunion a eu lieu avec Pierre Roth et Sandra Guilmin à Bruxelles à l’époque où ils étaient en train d’explorer les différentes options de financement du sommet européen de l’ESS (ci-après “Conférence”). À cette époque, on savait déjà que la Présidence française du Conseil de l’Union européenne allait se tenir donc on espérait une forte présence de la Présidence française mais aussi une forte présence de la Commission européenne qui était présente à travers des ressources humaines et des représentants politiques. En juillet 2021, l’équipe de Social Economy Europe (SEE) s’est déplacée à Strasbourg avec les présidents et co-présidents de l’intergroupe économie sociale du Parlement européen pour avoir une réunion avec la maire de Strasbourg. Les échanges ont porté sur les attentes liées à la Conférence.

      Cette Conférence était attendue comme la grande Conférence européenne de l’économie sociale en 2022. On peut aussi dire qu’il y a eu une sorte de passation de légitimité à la fin du sommet de l’ESS de Mannheim en 2021.

      A partir de là, la façon de travailler a été similaire à celle du SOGA notamment par le biais de réunions pour co-construire l'événement. La valeur ajoutée de SEE a également été similaire à celle du SOGA. Nous avons eu pour but de créer des ponts entre les acteurs, de s’assurer que la Conférence ait une dimension européenne, qu’elle réponde bien aux intérêts des acteurs de l’économie sociale. Notre valeur ajoutée comme réseau est notre capacité à mobiliser des personnes, réseaux et organisations partout en Europe.

      Aussi, du côté de SEE, nous avons organisé notre assemblée générale à Strasbourg, la veille de la Conférence, ce qui a permis de mobiliser la plupart de nos membres. 

      Du côté de SEE, comment se sont déroulés les ateliers ? Notamment celui sur transition pathways, qu’en retenir ?

      C’était un atelier intéressant. On a mobilisé entre 30 et 50 personnes. Il y avait dans la salle des acteurs clés de l’économie sociale : à la fois des grands réseaux européens, par exemple Coopérative Europe, Philea, ESS France Outremer et d'autres. Nous avons aussi réussi à mobiliser deux acteurs fortement mobilisés pour l’économie sociale dans les territoires : la région de Bruxelles et la région de Navarre au Nord de l’Espagne. 

      "C'était une expérience réussie", une première possibilité de faire de la pédagogie sur un sujet qui est difficile à comprendre, non qu’il soit difficile en tant que tel, mais c’est surtout la terminologie, l’argot qui peut poser problème. Lorsque l’on parle de transition pathways pour l’économie sociale, on parle d’un grand plan stratégique où tout le monde doit être partie prenante et exprimer ses attentes et ses besoins. Sur ce dernier point, il y a un problème de connexion avec la réalité. Donc cet atelier a été une étape pour commencer à expliquer l’exercice qu’on est en train de faire et son importance. 

      Aussi, nous avons recueilli des informations intéressantes. D’abord, le problème avec le transition pathways, c’est que l’on a beaucoup accès à des experts généralistes, à des gens qui connaissent très bien le sujet “économie sociale” dans son entièreté. Mais il est difficile de trouver des gens avec une expertise sur la transition verte et la transition digitale.Il y a un second problème. On ne capture pas l’ensemble de la réalité de l'économie sociale. Il faut capturer l’ensemble de la réalité de l’économie sociale qui est beaucoup plus large. Le Social Good Accelerator a un rôle clé à jouer sur ce point pour faire participer son réseau. 

      Vous aviez un stand partagé avec ESS France et la CRESS Grand Est. Quelles ont été les interactions avec le public ?

      Nous avons eu pas mal de personnes de milieu très divers qui sont passées notamment la représentante d'une association grecque, un journaliste d’Euractiv par exemple. Beaucoup d'entre eux ont demandé des informations sur l'économie sociale et des informations pour nous rejoindre.  

      Juan Antonio Pedreño présente la vision de Social Economy Europe pour l'avenir du secteur sur le continent, à Strasbourg.

      Crédit photo : Social Economy Europe

      L’économie sociale, le futur de l’Europe : c’était là le nom de ce forum. Que retenir de ce sommet pour le futur de l’ESS ?

      On peut retenir ces mots-clés : alliance, changement d’échelle, grands objectifs macro économiques. Notre objectif est en effet de passer de 6.3% de l’emploi en matière d’ESS en Europe (soit 13,6M d’emploi) à 10% (soit plus de 22M d’emploi) en 2030 à l’horizon du plan d’action.

      "Le plan d’action pour l’économie sociale est notre fenêtre d’opportunité pour grandir."

      Ce n’est pas grandir pour grandir, ce n’est pas grandir pour plus d’argent mais c’est grandir pour créer plus d’emploi de qualité en Europe, pour créer plus d’insertion pour des collectifs défavorisés et/ou en risque d'exclusion sociale, pour créer plus d’innovation sociale, environnementale et technologique et pour être le grand acteur en Europe des transitions digitales, vertes et justes.Pour grandir, il faut se rencontrer et se connaître. Il faut construire plus d’alliance à l’échelle européenne en partant du local. On a, à ce sujet, une grosse fenêtre d’opportunité à notre table avec le plan européen de l’économie sociale.

      Êtes-vous satisfait de ce sommet ?

      On est très satisfait car il y avait 2000 personnes inscrites. Il y avait quand même un risque que ce soit très francophone, je ne pense pas que ça ait été le cas. J’ai vu es gens de partout en Europe : de la Lituanie, de l’Ukraine, de la Lettonie, de la Pologne, de la Roumanie, de l’Irlande.

      On constate aussi que tout est en place pour sauter. C’est l’image du trampoline. Pour sauter, il faut beaucoup de coopération et d’alliances. Le principe de l’économie sociale est la coopération mais on peut beaucoup mieux faire sur ce terrain.

      Quelles sont les prochaines étapes pour Social Economy Europe ?

      Les prochaines étapes sont de continuer à grandir. Nous avons récemment acceuilli deux nouveaux membres, un membre ukrainien et un membre polonais. Nous sommes la voix des 2,8M d’organisation de l’économie sociale en Europe. On vise à représenter des réseaux européens mais aussi paneuropéen.

      Nous avons 2 autres objectifs clés qui vont arriver rapidement. Avant l’été, nous souhaitons rédiger un policy paper sur la mise en œuvre du plan d’action avec des propositions concrètes. Depuis 2014, on a fait deux propositions de plan d’action. Par exemple, nous avons demandé la plateforme unique sur l’économie sociale, que la Commission européenne a accepté. Mais aujourd’hui il faut aller plus loin et dire ce qu’on veut exactement à travers cette plateforme. Le nouveau policy paper portera sur ce sujet. En parallèle, nous engageons un processus de réflexion stratégique pour consolider l’organisation.

      Un article écrit par

      Justine Coopman
      justine(at)socialgoodaccelerator.eu
      Affaires publiques et Communication
      Lille, France