Strasbourg : un succès pour le deuxième sommet européen de l'économie sociale

Près d'un an après le sommet de Mannheim, les acteurs de l'économie sociale se sont réunis les 5 et 6 mai à Strasbourg. Le sommet européen de l'économie sociale organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne et avec le soutien de l'Eurométropole de Strasbourg.

L'objectif était de discuter de la place de l'économie sociale dans l'Union européenne et de son avenir. Pendant ces deux jours, de nombreux ateliers et conférences ont été organisés, rassemblant près de 2000 participants de 14 pays européens. Ce fut l'occasion de présenter ces idées et de rencontrer les acteurs pour coopérer sur des projets futurs.

Le Social Good Accelerator a eu la chance de coorganiser avec ses partenaires 2 ateliers et une conférence autour des communs et de la ou des transitions numériques et sociales. Retour sur ces deux jours d'échanges et d'idées sur l'économie sociale et l'Europe de demain.

Numérique, valeur ajoutée sociale et initiatives concrètes

Construit avec ConcertES, UNIPSO et Cooperatives EU, un premier atelier visait à apporter une réponse collective à la question : "Comment renforcer l'économie sociale grâce au numérique ?" Les contributions concrètes du numérique à l'économie sociale ont été discutées. Les participants, intégrés à la conversation, avaient pour rôle de concrétiser la réflexion. Après une présentation commune et une validation de la problématique, les organisateurs ont présenté des projets inspirants et leur vision commune.

 

Trois exemples d'autonomisation numérique de l'économie sociale

1/ Unipso et ConcertES ont mis en place le projet DigitalEES. Ce projet permet d'accompagner concrètement les entreprises dans leur transformation numérique. L'une des premières actions consiste à sensibiliser les entreprises de l'économie sociale aux enjeux du numérique et à partager les expériences. Ensuite, une méthodologie spécifique de transformation numérique est proposée à l'entreprise d'économie sociale en fonction des résultats de l'évaluation de sa maturité technologique. Enfin, un accompagnement personnalisé est proposé par des spécialistes. Tout au long du processus, des opportunités de financement sont proposées car l'un des problèmes de l'économie sociale est sa difficulté à trouver des sources de financement.

2/ Le Social Good Accelerator a ensuite eu l'occasion de présenter la Social Tech Academy. Ce projet européen, créé en partenariat avec Pour La Solidarité, EGInA SRL et Fundacion Esplai, vise à créer une plateforme de ressources pour les métiers numériques de l'économie sociale. Cette plateforme, qui sera lancée en 2023, proposera, entre autres, des interviews de professionnels, des webinaires, des offres d'emploi et de formation et divers autres outils pour s'orienter vers les métiers de la Social Tech.

3/ Enfin, Cooperatives Europe a présenté son initiative Coopedia. Coopedia est un moteur de recherche collaboratif qui rassemble un large éventail de ressources pédagogiques en différentes langues sur l'entrepreneuriat coopératif. Ce projet peut être décrit comme un "bien commun numérique" (une ressource numérique appartenant à tous) car le code est open source, ce qui signifie qu'il peut être récupéré et utilisé par tous.

Une fois ces projets inspirants présentés, les opportunités et les contraintes de la transformation numérique des organisations de l'économie sociale ont été exposées.

Intelligence collective et réflexions sur la transformation numérique de l'économie sociale

Le but du jeu : chaque participante ou participant écrit ses idées sur des post-its qui sont collés sur un tableau, elle ou il les présente, les met en débat et le public les enrichit pour arriver à une réponse commune.

Les idées qui ont émergé étaient aussi variées que pertinentes. L'auditoire a notamment pu identifier un certain nombre d'opportunités possibles grâce à la technologie numérique :

🟢 Le numérique permet à l'économie sociale de mutualiser ses pratiques et de faire des économies d'échelle.

🟢 Le numérique permet de partager les projets avec le plus grand nombre en faisant tomber les barrières territoriales et linguistiques (la barrière de la langue étant en partie résolue par des traducteurs comme Deepl). 

🟢 La pratique collaborative de l'économie sociale est très proche de la pratique de l'open source, qui est une opportunité de développer un internet alternatif.

Ensuite, les menaces et les faiblesses du numérique ont été soulignées :

🔴 Manque de financement.

🔴 Le marketing numérique est moins développé dans les entreprises de l'économie sociale que dans les entreprises traditionnelles, alors qu'il est tout aussi important. 

🔴 Le langage technique et la philosophie de l'open source entraînent le syndrome de l'imposteur, ce qui nuit à sa démocratisation. 

Pour améliorer cette situation, plusieurs pistes ont été évoquées :
👉Financer l'innovation pour redistribuer et financer la recherche et le développement pour développer de nouveaux outils.
👉Créer une crypto-monnaie d'économie sociale où tous les bénéfices seraient reversés à des causes sociales.
👉Financer le design des organisations de l'économie sociale grâce à un fonds destiné à mieux concevoir les interfaces de l'économie sociale.
👉Faire de l'éducation numérique une priorité
👉Rendre la technologie numérique accessible aux personnes vulnérables
👉Décentraliser les technologies
👉Réduire le fossé entre l'open source et les décideurs grâce à des interprètes qui traduisent le langage technique
👉Imposer une date d'expiration sur les données pour mieux protéger l'environnement et les personnes
👉Encourager le partage des ressources

Au sujet de la la question de la contribution de l'économie sociale au numérique, l'idée principale qui est ressortie des discussions est que l'économie sociale apporte une perspective différente au numérique. Elle dispose d'une philosophie différente qui se concentre d'abord sur les personnes. Lier le numérique à l'économie sociale permet de proposer un numérique alternatif, plus proche de l'idée de base d'Internet, centré sur le partage et la coopération.

En 2018, les membres pionniers du Social Good Accelerator ont organisé le Social Innovation Village lors du Web Summit à Lisbonne
Source: Lorenzo Novaro (Cooperatives Europe)

Digital commons and collaborative platforms

The workshop on digital commons brought together Jeanne Bretécher (President, Social Good Accelerator); Diana Dovgan (Secretary General, CECOP); Corinne Vercher-Chaptal (Teacher and researcher, Coop des Communs, Université Sorbonne Paris Nord) and Thierry Perrin (Confédération Générale des SCOP et des SCIC). This workshop, moderated by Sarah de Heusch (Smart Belgium), was an opportunity to review the links between commons and collaborative and cooperative platforms.

This workshop served as a bridge to the previous day’s workshop on concrete social digital initiatives. In addition, the DigitalEES project was presented as a tool to support the social economy in an organisational transition. Other points were then raised and linked, whether it was the conditions of platform workers or the European reference framework of basic digital skills (DigComp 2.2). At the heart of these examples, the aim is to use the digital commons intelligently to demonstrate impact.

In this respect, the Transition Pathways initiative was discussed. This open consultation aimed to draw the contours of environmental and digital transitions in the framework of the European objectives for 2050. The place reserved for the social economy must be significant, while ensuring that the European model is competitive, democratic and alternative to the large purely profit-making economic models.

Numérique, valeur ajoutée sociale et initiatives concrètes

Construit avec ConcertES, UNIPSO et Cooperatives EU, un premier atelier visait à apporter une réponse collective à la question : " comment renforcer l'ESS grâce au numérique ? Les apports concrets du numérique pour l'ESS ont été discutés. Les participants, intégrés à la conversation, avaient pour rôle de faire aboutir la réflexion.

Après une présentation commune et la validation de la problématique, les organisateurs ont présenté des projets inspirants et leur vision commune.

Trois exemples de montée en compétence numérique de l'économie sociale

Unipso et ConcertES ont mis en place le projet DigitalEES. Ce projet permet d'accompagner concrètement les entreprises dans leur transformation numérique. Une des premières actions consiste à sensibiliser les entreprises de l'économie sociale aux enjeux du numérique et à partager les expériences. Ensuite, une méthodologie spécifique de transformation numérique est proposée à l'entreprise de l'ESS en fonction des résultats de l'évaluation de sa maturité technologique. Enfin, un accompagnement personnalisé est proposé par des spécialistes. Tout au long du parcours, des opportunités de financement sont proposées car l'une des problématiques de l'économie sociale est sa difficulté à trouver des sources de financement.

Le Social Good Accelerator a ensuite eu l'occasion de présenter la Social Tech Academy. Ce projet européen, créé en partenariat avec Pour la Solidarité, Egina SRL et Fundacion Esplai, vise à créer une plateforme de ressources pour les métiers du numérique de l'ESS. Cette plateforme, qui sera lancée en 2023, proposera, entre autres, des interviews de professionnels, des webinaires, des offres d'emploi et de formation et divers autres outils pour aider à trouver sa voie dans les métiers de la Social Tech.

Enfin, Cooperatives Europe a présenté son initiative Coopedia. Coopedia est un moteur de recherche collaboratif qui rassemble un large éventail de ressources pédagogiques en différentes langues sur l'entrepreneuriat coopératif. Ce projet peut être décrit comme un "bien commun numérique" (une ressource numérique appartenant à tous) car le code est open source, ce qui signifie qu'il peut être récupéré et utilisé par tout le monde.

Une fois ces projets inspirants présentés, les opportunités et les contraintes de la transformation numérique des organisations de l'économie sociale l'ont également été.

About the authors

Justine Coopman
justine(at)socialgoodaccelerator.eu

Thomas Brisbart
thomas(at)socialgoodaccelerator.eu