Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

Les inégalités numériques – plus souvent appelées fracture numérique – restent un frein majeur pour des millions d’Européens. Elles touchent celles et ceux qui n’ont pas accès aux outils numériques, ne peuvent pas les financer ou manquent des compétences nécessaires pour les utiliser.
Pour réduire ces écarts, les pouvoirs publics, au niveau national comme européen, ont renforcé leurs actions afin de garantir un accès effectif au numérique pour tous.

La directive européenne 2018/1972 a introduit la notion de « service d’accès adéquat à Internet à haut débit », posant des critères renforcés pour considérer l’accès Internet comme un service essentiel. Chaque État membre a ensuite transposé cette directive dans son droit national, notamment via des plans nationaux d’inclusion numérique, programmes territoriaux ou stratégies sectorielles.

Voici quatre exemples de politiques d’inclusion numérique au sein de l’Union européenne.

site kit d'inclusion numérique
Overview of the Digital Inclusion Kit launched by the French authorities
Source: Mission société numérique (screenshot)

France : un plan national pour soutenir l’inclusion numérique

La stratégie française vise d’abord à identifier les publics en difficulté et à former les professionnels capables de les accompagner.
L’un des dispositifs phares est un MOOC conçu par La MedNum et le CNFPT, destiné à sensibiliser les agents territoriaux aux enjeux de la médiation numérique et à la transition numérique des territoires.

Par ailleurs, la France mobilise les jeunes en service civique, accompagnés par la Ligue de l’Enseignement, pour :

  • sensibiliser les publics vulnérables aux enjeux du numérique ;

  • leur apporter un accompagnement de première ligne en médiation numérique.

Cette approche met l’accent sur la montée en compétences, la médiation et la coopération territoriale, considérées comme des leviers essentiels de l’inclusion numérique.

Espagne : une stratégie structurée autour de quatre priorités

L’Agenda numérique espagnol repose sur quatre objectifs majeurs :
accessibilité, compétences de base, égalité femmes-hommes, employabilité.

Les ambitions affichées incluent :

  • l’élimination des zones blanches du territoire ;

  • le renforcement des compétences numériques des publics les plus âgés et les moins qualifiés ;

  • la réduction des écarts de genre dans l’accès et les métiers du numérique ;

  • la généralisation de la formation tout au long de la vie.

Pour y parvenir, l’Espagne investit massivement, notamment 140 millions d’euros pour garantir une connexion minimale de 100 Mb/s à toute la population d’ici 2025.

cornwall
Two women working on a computer
Source: Gobierno de España
Parlement fédéral belge
The Palace of the Nation, which hosts the Belgian federal parliament
Source: Wikipedia, Palace of the Nation in Brussels

Belgique : une stratégie pour réduire une fracture numérique multidimensionnelle

La Belgique distingue trois niveaux de fracture numérique :

  1. L’accès (équipements, connectivité)
  2. Les compétences (utiliser efficacement les outils)
  3. L’usage significatif (accéder aux services publics, effectuer des démarches administratives)

Pour réduire ces écarts, l’État belge mise sur :

  • une coopération renforcée entre le fédéral, les régions, les provinces et les communes ;
  • l’implication des acteurs de l’e-inclusion pour bâtir un véritable écosystème d’inclusion numérique, y compris dans les services publics ;
  • des mesures d’accessibilité financière (matériel, abonnements) ;
  • un effort massif de formation et de sensibilisation.

Aujourd’hui encore, 10 % des ménages belges n’ont pas accès à Internet, et les zones rurales de Wallonie restent prioritaires. Le gouvernement fédéral prévoit d’ailleurs de renforcer rapidement son plan Digital Belgium.

Portugal : un plan d’action national pour la transition numérique

Lancé en mars 2020, le Plan d’action pour la transition numérique structure les politiques nationales autour de trois axes :

  1. Capacitation numérique des citoyens
  2. Transformation numérique des entreprises
  3. Modernisation numérique de l’État

Le Portugal s’inspire fortement du modèle estonien en :

  • développant un programme d’e-Residency, permettant aux citoyens portugais à l’étranger d’accéder aux services publics en ligne ;
  • ambitionnant la dématérialisation intégrale des 25 services publics les plus utilisés ;
  • coordonnant les stratégies locales et nationales pour une cohérence d’ensemble.

L’objectif est de créer un écosystème national intégré, capable de soutenir à la fois l’inclusion sociale et la modernisation économique.

Des approches différentes, une même ambition : réduire la fracture numérique

Qu’il s’agisse de la France, de l’Espagne, de la Belgique ou du Portugal, les stratégies nationales convergent vers un objectif commun :
réduire les inégalités d’accès et de compétences numériques, particulièrement pour les publics âgés, les ménages précaires et les habitants des zones rurales.

Malgré des ambitions élevées, les défis restent nombreux :
écarts de connectivité, difficulté d’équipement, manque de formation ou encore complexité des démarches.
Les collectivités, les acteurs publics et les organisations de l’économie sociale ont donc un rôle déterminant à jouer pour garantir un accès universel, équitable et durable au numérique.

Sources :

  • Agence nationale de la cohésion des territoires, Plan national pour un numérique inclusif, 2018
  • Conseil central de l’Économie / Centrale Raad voor het Bedrijfsleven, Vers une politique d’inclusion numérique en Belgique, 2020
  • Ministro da Economia e Transição Digital, Portugal Digital, 2020
  • ePortugal, Governo lança plano de ação para a transição digital, 2020
  • Ministerio de asuntos económicos y transformación digital, Plan de inclusión digital y empleabilidad, 2014

FAQ — Inclusion numérique en Europe

Qu’est-ce que l’inclusion numérique ?

L’inclusion numérique désigne l’ensemble des actions visant à garantir l’accès pour tous au numérique : équipement, connexion, compétences de base et capacité à effectuer des démarches essentielles.

Quels publics sont les plus touchés par la fracture numérique ?

Trois catégories sont particulièrement vulnérables :

  • les personnes âgées ;
  • les ménages à faibles revenus ;
  • les habitants des zones rurales ou isolées.
Que fait l’Union européenne pour réduire la fracture numérique ?

L’UE agit via :

  • la directive 2018/1972 sur l’accès adéquat à Internet ;
  • le Digital Education Action Plan (2021–2027) ;
  • la Décennie numérique 2030 ;
  • des fonds structurels soutenant la connectivité et la formation.
Quels pays européens sont les plus avancés en matière d’inclusion numérique ?

L’Estonie reste un modèle de référence.
Le Portugal s’en inspire fortement.
La France, l’Espagne et la Belgique disposent de stratégies robustes combinant accès, compétences et modernisation des services publics.

Pourquoi l’inclusion numérique est-elle devenue essentielle ?

Parce que l’accès au numérique conditionne désormais :

  • l’accès aux droits et aux services publics ;
  • la recherche d’emploi ;
  • la participation citoyenne ;
  • l’accès à l’information et aux soins.

Elle constitue un enjeu fondamental d’égalité et de cohésion sociale.

G7 en Cornouailles : pourquoi le Sud-Ouest britannique compte-t-il pour le numérique ?

G7 en Cornouailles : pourquoi le Sud-Ouest britannique compte-t-il pour le numérique ?

G7 en Cornouailles : pourquoi le Sud-Ouest britannique compte-t-il pour le numérique ?

Le Sommet du G7 se déroule cette année dans la station balnéaire de Carbis Bay, en Cornouailles (Royaume-Uni). Si ce choix semble d’abord esthétique – falaises escarpées, paysages côtiers spectaculaires, charme rural – il serait réducteur d’y voir un simple décor.
Car cette région, parmi les moins denses d’Angleterre, est aujourd’hui un territoire pionnier de l’innovation numérique et de la green tech.

Voici comment le Sud-Ouest britannique est devenu un laboratoire de transformation numérique… en pleine ruralité.

G7 leaders
The leaders of the G7 countries in Cornwall, 11th of June 2021
Source: G7 UK 2021 Flickr Channel

Une région rurale devenue terre d’innovation

Avec seulement 600 000 habitants, des villes moyennes d’environ 20 000 habitants et plus de la moitié de sa population vivant en milieu rural, la Cornouailles pourrait passer pour un territoire périphérique. C’est tout l’inverse.

La région accueille aujourd’hui :

  • des entreprises tech en pleine croissance,
  • un secteur numérique qui a explosé pendant la pandémie,
  • plus de 4 000 boutiques en ligne créées pendant la crise.

Dans une économie où le tourisme, la pêche et l’agriculture dominent, le numérique est devenu un levier de résilience.
Comme le rappelle Paul Coles, directeur régional de British Telecom :

« L’agriculture innove depuis des siècles : l’agritech en est la nouvelle étape. Si nous voulons prospérer, nous devons accélérer investissement et innovation. »

Superfast Cornwall : un projet numérique pour changer la vie rurale

Comme d’autres pays européens, le Royaume-Uni a lancé un vaste plan de déploiement numérique.
Rien que pour les zones rurales, 75 millions de livres sterling ont été investies – dont une grande partie en Cornouailles.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • en 2017, 17 % des zones rurales n’avaient toujours pas accès au haut débit ;
  • en 2011, 20 % des adultes de Cornouailles n’avaient jamais utilisé Internet.

Pour répondre à cette urgence, le projet Superfast Cornwall voit le jour.
Financé par le FEDER, British Telecom et les autorités locales, il poursuit deux objectifs :

  1. Déployer des infrastructures numériques fiables ;
  2. Accompagner les habitants dans leurs usages.

La plateforme iCornwall fédère alors collectivités, associations et acteurs locaux.
Mais l’infrastructure n’est qu’un début : l’enjeu est humain.

Comme l’explique Sandra Coak, médiatrice numérique à Pendeen :

« La technologie avance si vite que beaucoup de gens restent sur le bord du chemin. »

Ainsi, des centaines d’ateliers gratuits ont été organisés dans les villages, principalement pour les seniors.

cornwall
St. Agnes Heritage Coast, in Cornwall
Source: Pexels (image free of rights)
euses OECD conference
The digital hub of Pendeen, a remote village close to Penzance
Source: Superfast Cornwall

Des services publics transformés en tiers-lieux numériques

L’inclusion numérique ne s’est pas limitée à former les habitants.
Mairies, bibliothèques et services publics se sont convertis en points d’accès numérique :

  • ordinateurs en libre accès pour démarches administratives,
  • assistance numérique de proximité,
  • ateliers thématiques.

L’amélioration du réseau a également permis de développer des usages innovants, notamment en e-santé.
L’Université de Plymouth a testé :

  • des solutions de télémédecine,
  • des robots d’assistance,
  • des dispositifs numériques pour accompagner les personnes atteintes de démence.

Entre succès et limites : le numérique au service du développement local

La crise sanitaire a mis en lumière la valeur de ces investissements.
Comme le souligne Paula Byers, fondatrice de Digital Northern Devon :

« Si nous voulons reconstruire une économie durable, le numérique sera incontournable. »

Grâce à ces infrastructures, des entreprises comme Jurassic Fibre se sont implantées dans la région, avec l’ambition d’apporter un haut débit de classe mondiale à 300 000 foyers.

Pour son PDG, Michael Maltby :

« Comme le rail au XIXe siècle, le déploiement de la fibre créera les gagnants et les perdants du XXIe siècle. Nous voulons que le Sud-Ouest soit parmi les gagnants. »

La Cornouailles attire désormais les habitants des grandes villes voisines (Bristol, Exeter, Londres), séduits par la combinaison paysages + infrastructures numériques.

Mais l’article met en garde : l’Union européenne considère encore la région comme « largely neglected » en termes d’investissement numérique.

European flags
Localisation of Cornwall in the South West of England
Source: Wikipedia (image free of rights)

Un modèle pour repenser l’inclusion numérique rurale

L’expérience cornouaillaise montre que :

  • la connectivité seule ne suffit pas ;
  • l’humain demeure central dans toute stratégie numérique ;
  • les territoires ruraux peuvent devenir des moteurs de transition numérique, à condition d’être accompagnés.

La Cornouailles a transformé ses contraintes en opportunités, en bâtissant un modèle hybride alliant infrastructures, formation, innovation locale et e-services.

Un exemple inspirant pour l’Europe entière.

mannheim stadt
A view of Port Isaac, UK, a small village north of Newquay.
Source: Pexels (free of use)

Sources:

– European Network for Rural Development, Cornwall-UK, Steps towards a digital rural region, 2019

– Olivier Vergnault, Hannah Finch, “Why the South West’s tech sector has been a saviour of the Covid-19 crisis”, Business Live, 2020

FAQ — Numérique et ruralité en Cornouailles

Pourquoi le G7 a-t-il été organisé en Cornouailles ?

Pour mettre en avant une région symbole de transition écologique et numérique, malgré son caractère rural.

Qu’est-ce que le projet Superfast Cornwall ?

Un programme financé par l’UE, BT et les autorités locales pour déployer la fibre, réduire la fracture numérique et former les habitants.

Quels secteurs économiques bénéficient du numérique en Cornouailles ?

Le tourisme, l’agriculture, la pêche, l’e-commerce et les services publics (notamment la santé).

La région est-elle un modèle d’inclusion numérique ?

Oui : elle a combiné infrastructures, formation et innovation locale, devenant une référence en matière de numérique rural.

Quels sont les principaux défis restants ?

La pérennité des investissements, l’accompagnement des publics éloignés et la nécessité d’éviter une concurrence territoriale liée au déploiement de la fibre.

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

Mars 2021 – Par Arnaud Castaignet

En décembre 2020, la Commission européenne a présenté deux textes majeurs : le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA).

Ces propositions législatives visent à réguler les plateformes numériques et à clarifier leurs responsabilités, notamment en matière de modération des contenus et de fonctionnement des marchés numériques.

Ces textes sont présentés comme urgents, dans un contexte où des entreprises comme Google, Facebook, Amazon ou Apple concentrent un pouvoir économique et informationnel sans précédent.

Un contexte politique favorable à une régulation renforcée

Le débat s’est intensifié après la suspension des comptes du président américain Donald Trump par Twitter, Facebook, Instagram ou Snapchat.

Sans défendre les propos de l’ancien président, plusieurs responsables européens ont exprimé leurs réserves :

  • Angela Merkel a jugé cette décision « problématique » ;

  • Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, l’a qualifiée de « déconcertante ».

Pour l’Union européenne, la régulation de la liberté d’expression ne peut reposer uniquement sur des règles internes d’entreprises privées. Elle doit être encadrée par des lois démocratiques.

DSA : réguler les processus, pas les contenus

Le Digital Services Act vise principalement à :

  • harmoniser les règles applicables aux services numériques dans l’UE ;

  • renforcer la transparence des décisions de modération ;

  • clarifier les procédures de signalement et de retrait de contenus ;

  • garantir des mécanismes de recours ;

  • imposer des obligations de transparence en matière de publicité et d’accès aux données.

L’objectif n’est pas de réguler la parole elle-même, mais le processus de décision des plateformes.

Les entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations pourraient s’exposer à des amendes de plusieurs milliards d’euros.

DMA : encadrer les “gatekeepers”

Le Digital Markets Act cible spécifiquement les plateformes dites « contrôleurs d’accès » (gatekeepers).

Un gatekeeper est une entreprise qui :

  • exerce une activité dans au moins trois États membres ;

  • opère dans l’un des huit services numériques essentiels (moteurs de recherche, réseaux sociaux, publicité, marketplaces, etc.) ;

  • réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 6,5 milliards d’euros ou une capitalisation de plus de 65 milliards d’euros ;

  • compte plus de 45 millions d’utilisateurs finaux mensuels et 10 000 utilisateurs professionnels par an ;

  • occupe une position durable sur le marché.

Ces critères visent clairement les géants du numérique.

Un équilibre délicat : réguler sans étouffer l’innovation

Le DMA cible uniquement les acteurs les plus massifs afin de ne pas surcharger les PME et les start-ups européennes.

L’enjeu est double :

  1. Réduire l’accumulation de pouvoir économique ;
  2. Favoriser une concurrence plus équitable sur le marché unique numérique.

Un tournant pour la souveraineté numérique européenne

Les DSA et DMA constituent une étape majeure dans la construction d’une souveraineté numérique européenne.

Ils visent à :

  • protéger les droits fondamentaux ;

  • garantir la liberté d’expression dans un cadre démocratique ;

  • limiter les abus de position dominante ;

  • soutenir l’innovation et la concurrence.

Reste à savoir si ces instruments permettront réellement de transformer le fonctionnement de l’Internet mondial et de rééquilibrer le rapport de force face aux Big Tech.

    Conclusion : vers un Internet plus démocratique ?

    Avant de construire un Internet centré sur les citoyens, il est nécessaire de réguler la domination excessive de quelques acteurs globaux.

    Les propositions de DSA et DMA s’inscrivent dans cette ambition :
    protéger les consommateurs européens et préserver les droits fondamentaux à l’ère numérique.

    FAQ — DSA, DMA et régulation des plateformes

    Quelle est la différence entre le DSA et le DMA ?

    Le DSA régule les obligations des plateformes en matière de contenus et de transparence.
    Le DMA encadre le comportement économique des grandes plateformes dominantes.

    Qu’est-ce qu’un “gatekeeper” ?

    Une plateforme numérique dominante qui joue un rôle d’intermédiaire incontournable entre entreprises et utilisateurs.

    Le DSA régule-t-il la liberté d’expression ?

    Non. Il régule les processus de modération, pas les contenus eux-mêmes.

    Quelles sanctions sont prévues ?

    Des amendes pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros, voire des mesures structurelles.

    Pourquoi ces textes sont-ils importants pour l’Europe ?

    Ils renforcent la souveraineté numérique européenne et visent à rééquilibrer le marché numérique face aux Big Tech.

    EU Social Tech Public Affairs Web Review

    EU Social Tech Public Affairs Web Review


    As the COVID health crisis19 is forcing a large proportion of Europeans to remain at home, Social Economy, Digital inclusion, Democracy defense are more than ever accurate. On such matters, European activity is not slowing down. Here is a panorama on EU Public Affairs news on our subject (Tech x Social) : Digital Service Act, digital ambitions of the German Presidency of the EU, Data Governance Act, European Action Plan for Democracy and ambitions for the ‘next world’.

    Digital Service Act : imposing a Tech European model

    From Brussels, Thierry Breton, European Commissioner for the Internal Market is fully mobilised on the Digital Services Act: “As part of the European Digital Strategy, the European Commission has announced a Digital Services Act package to strengthen the Single Market for digital services and foster innovation and competitiveness of the European online environment”. The main aim is to reform the Directive on electronic commerce dating from 2000 with regard to the obligations and responsibilities of platforms and to develop the competition rules. It also provides for the regulation of online content, reinforcing the responsibility of intermediaries in the “fight against illegal content and its amplification”. It thus includes the inclusion of online hate in criminal offences at European level. “Platforms must be more responsible and accountable, they must become more transparent. It is time to go beyond self-regulatory measures” says Vera Jourova, European Commissioner for Values and Transparency.

    Very clearly, the European Commission’s ambition is to tackle the ‘too big to care’ monopoly, which the Commission believes crushes competition and distorts the smooth functioning of the internal market. The arm wrestling, as we suspected, promises to be tough. Thierry Breton, who wants to take the digital economy out of the “Far West” era, does not hesitate to directly question the bosses of Silicon Valey: “Don’t try to play the smartest game. Pay your taxes if you have to pay them. Don’t resort to tax havens. Pay your taxes,” he told Facebook’s CEO last May, before Google CEO Sundar Pichai apologised in October for his more than aggressive internal lobbying practices. 

    The German rotating presidency of the Council of Europe, which ends in December 2020, also makes digital technology one of its major subjects, along with the ecological transition. “In order to stand out internationally as a community of values, we must therefore position ourselves even better on strategic future issues such as climate change, refugees and migration, the rule of law and digital transformation”, said the German Foreign Minister when presenting an ambitious agenda. This also includes the development of a European data and 5G infrastructure and support for research, particularly in the field of artificial intelligence. The Data Governance Act, a regulation on data governance proposed by the European Commission, should thus inflate the pool of data that will feed AI systems and start-ups, and in fine should encourage the emergence of these large sectoral data spaces. 

    European Democracy : inclusion of people, social economy and civil society are key

    The other major topic of this new school year is Democracy. It is the common thread of the digital regulation carried by Europe. And it is a matter of urgency. On the one hand because the breeding ground for mistrust is becoming more and more fertile, particularly because of social networks. According to a survey carried out by the Jean Jaurès Foundation in February 2019, “one Frenchman in five agreed with at least one conspiracy theory” and “43% of those polled agreed that the government would be in cahoots with the pharmaceutical laboratories to hide the reality of the harmfulness of vaccines”. European politicians are also singing the praises of this questioning of our democratic values. While the European recovery plan was painfully voted through, Hungary and Poland decided to apply their veto refusing “that the payment of Community funds should henceforth be conditional on respect for the rule of law”. One point of consensus, whatever our values: they cannot be bought with billions of euros of aid.

    The European action plan for democracy, which has been under the media radar, was the subject of an online consultation this summer. Through the accumulation of new constraints and recommendations for all actors in the democratic game, it must both strengthen the integrity of elections, guarantee media freedom and provide solid strategies against disinformation. It is scheduled for December. 

    After the first containment, calls for the “next  world” had bloomed like flowers in the spring. Despite this regulatory activism, the European project is taking a beating. One would have dreamed that European news coverage would be as dense as it was during the American elections. Wishful thinking that fades like leaves in autumn. Yet there are some calls that resonate more than others, such as that of the first European democratic institution: David Sassoli, President of the European Parliament. “We must ensure that the European policies supported by the resources we pool will encourage a transformation of our economies in the years to come, in the service of respect for the environment, social cohesion – which has been particularly affected in the current health context – and the fight against all forms of inequality,David Sassoli declared last September. He also recognised that “Europe needs more than ever to support the voluntary sector” and that “the harmonisation of the single market should not be limited to companies but should also concern the voluntary sector“. In the meantime, a European regulation on participatory financing to protect investors from financial losses will have to be sufficient. 

    But those who have the most to lose are ultimately the most precarious among us. What appears to be self-evident takes on even greater prominence in the DESI ranking, which reveals that the digital and economic divides overlap.  In that prospect, Cedric O, French Secretary of state for Digital affairs, just  announced a budget of €250 million (40% EU funding) on inclusive digital on the NEC 2020. 4,000 digital advisers will be recruited by local authorities and associations.

    For all these mentioned prospect and because Social Economy and Civil society are both a motor for a more sustainable and prosperous economy for all in Europe, they have to be fully involved in all public policies making. This is also what the European Platform for Philanthropy is calling for









    By Nils Pedersen, President of La Fonda Asso and Vice-President of SOGA EU for Public and Academic Affairs


    Paris, november 2020


     

    EU Digital Policies : Digital Society index, Digital Service Act and more

    EU Digital Policies : Digital Society index, Digital Service Act and more

    As every trimester, our EU Tech expert Arnaud Castaignet delivers his analysis on the last EU Tech data and policies. From the Digital part of the State of European Union Speech to the last editions of the European Digital Society Index, including the debates on Digital Service Act in Brussels, here is Arnaud’s sum up of what Social Good organisations must retain of the last EU tech news. 

    Ursula von der Leyen, President of the European Commission, presented on September, 16th to the European Parliament her vision in her first State of the European Union address. Since she got appointed, a strong focus has been made on the EU Green Deal. This speech was the opportunity to highlight the Commission’s other top priority: “Europe’s Digital Decade”. 

    Tech and digital will have a great importance in the Next Generation EU fund and will be backed up by 20% investment in digital from it, meaning €150bn of the EU’s €750bn recovery fund will be spent on digital projects. Three focus areas have been identified: industrial data, AI and infrastructure.

    Talking about industrial data (as opposed to consumer data) shows that the EC will focus on the development of a data economy, hoping to reap the benefits of the fact the amount of industrial data in the world will quadruple in the next five years. The EC is pushing forward with plans to develop common data spaces hosted on a new cloud platform, GaiaX, in energy and health sectors for instance, and is looking forward to support cooperation between start-ups, companies, SMEs, researchers. When it comes to consumer data, Von der Leyen considers that Europe “has been too slow and is now dependent on others”.

    On AI, the President of the European Commission actually pushed new AI governance laws back. When she was elected last November, she promised to introduce AI legislation within the first hundred days of her presidency. During her speech, she mentioned that it would be proposed next year, with “a human-centric approach” to rules and regulation. It is worth noting that she also propose a secure European e-identity, that will allow citizens to use it anywhere in Europe to do anything from paying taxes to renting a bicycle, and will guarantee control over personal data, which may sound similar to principles of Estonia’s e-identity.

    Infrastructure investments should also be a strong focus in the road to “Europe’s digital decade”. It is more than needed given that digital divide remains very important in Europe as highlighted in the Digital Economy and Society Index (DESI), a composite index that summarises relevant indicators on Europe’s digital performance and tracks the evolution of EU Member States in digital competitiveness. Finland, Sweden, Denmark and the Netherlands scored the highest ratings in DESI 2020 and are among the global leaders in digitalisation. These countries are followed by Malta, Ireland and Estonia. Some other countries however still have a long way to go, in terms of infrastructure but also human capital and ability to use Internet services and technologies. Most of them are among the countries with the lowest GDP in the EU (Bulgaria, Romania and Greece, for instance) or strongly affected by Covid19 and its economic consequences (Italy). Therefore, there is a high risk that both digital divide and economic inequalities may deepen. It is worth noting that the biggest countries are not necessarily the most digitally advanced: France is only ranked 15th overall and even 18th when we focus on connectivity, according to DESI index.

    The pandemic has exposed the stark reality of Europe’s digital divide. While countries and regions with good internet connections have been able to continue living life with at least a semblance of normality, others have not been so lucky. Of those living in rural areas, 40 per cent still lack access to fast broadband. The investment boost through NextGenerationEU will look to drive expansion to these areas. The investments will be focused on secure connectivity, on the expansion of 5G, 6G and fiber.

    This State of the Union speech shows that digital and environmental transitions will be the key priorities of the EU in the coming years and that these transitions are deeply connected. Digitalisation is clearly considered as critical to achieve environmental transition, particularly in urbanism (smart cities), mobility and decarbonisation of the economy and the industry. Again, the main risk is that the same countries might be the winners. Denmark, for instance, is both among the leaders in digitalisation and one of the countries whose smart cities initiatives will help decrease the most carbon emissions. 

    Meanwhile, in Brussels, the Digital Services Act Package is the most important text for the EU digital economy that will shake up discussions between the Commission and the Parliament until the end of the year. It is an ambitious arsenal to tackle both the dominance of the digital giants and their policies on moderation. It is being led by Thierry Breton, European Commissioner for the Internal Market. In a recent interview with the newspaper Le Monde, he explains that the regulation of social networks “is intended to be dealt with at the European level”. Many of the measures are based on the French law on confidence in the digital economy (LCEN), which in France governs the same sector. The Digital Services Act also provides that the platforms can identify and locate Internet users posting under a pseudonym “if necessary”. In case of breach, the sites could be financially sanctioned or “be prohibited from accessing the internal market of the European Union”. For the platforms concerned, the calculations would be made according to a threshold of audience “yet to be determined”. The discourse is quite clear, however, and targets sites with “much larger audiences than traditional media, which gives them responsibilities similar to those of an editorial director or content editor”. Apple, Google and Facebook could be put on a “black list” established by the European Union (EU). As reported in the Financial Times, the EU institutions would be developing stricter rules to regulate the digital services market and impose new rules on the biggest players in the market, both in terms of business practices and data sharing and transparency on data collection. large companies to change their business practices. This would include forcing America’s mastodons to share their data and to be more transparent about how they collect it, according to specific criteria.
    Discussed in Parliament in week 43, the own-initiative reports by Alex Agius Saliba (S&D) in the Internal Market Committee (Imco), Tiemo Wolken (S&D) for Legal Affairs (Juri) and Kris Peeters (EPP) for Civil Liberties (Libe) were adopted, almost without amendments.

    For More Information

    The Digital Economy and Society Index – DESI 2020

    DESI 2020: Questions and Answers

    Country performance in digital

    Data Visualisation Tool

    DESI 2020 methodology

    Digital technologies – actions in response to coronavirus pandemic

    Communication on Shaping Europe’s Digital Future