NEC ESS 2025 : Intelligence artificielle ou coopérative ?

NEC ESS 2025 : Intelligence artificielle ou coopérative ?

NEC ESS 2025 : Intelligence artificielle ou coopérative ? Créer ensemble une troisième voie numérique

Du 25 au 27 novembre 2025, le Social Good Accelerator (SOGA) et ses partenaires invitent les acteurs européens du numérique éthique et de l’économie sociale et solidaire à une nouvelle édition de Numérique en Commun[s] ESS Europe (NEC ESS).
Après Lille, Saint-Sébastien et Bruxelles en 2023, cette édition 2025 se tiendra à Bruxelles le 25 novembre puis à Paris les 26 et 27 novembre, avec une ambition claire : explorer l’avenir de l’intelligence artificielle sous l’angle de la coopération, de l’éthique et du bien commun.

Une troisième voie numérique : collective, éthique et européenne

Face à la montée en puissance des technologies d’intelligence artificielle, une question essentielle s’impose : quelle place pour l’humain et le collectif dans la transformation numérique ?
Le NEC ESS 2025 propose d’ouvrir le débat autour d’une “troisième voie numérique”, entre la logique de la big tech privée et celle des États centralisés : une voie coopérative, ancrée dans les valeurs de l’économie sociale et solidaire.

Pendant trois jours, chercheurs, entrepreneurs, associations, collectivités et citoyens se retrouveront pour penser, débattre et expérimenter ensemble les contours d’une IA au service du bien commun, inclusive et démocratique par conception.

💡 Le programme complet et les informations pratiques sont à retrouver sur la page dédiée :
👉 Découvrir le programme détaillé du NEC ESS 2025

Des partenaires engagés dans la transition numérique solidaire

Le NEC ESS 2025 est soutenu par des partenaires de référence :
Crédit Coopératif, Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), ESS France, Devoteam, Fondation de France, HelloAsso, Le Mouvement Associatif, CG Scop, Emmaüs Connect et La Mednum.
Tous partagent une même conviction : le numérique peut être un bien commun, s’il est conçu et gouverné collectivement.

Un rendez-vous à ne pas manquer

Le NEC ESS 2025 s’adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent repenser le numérique à travers la coopération, la transparence et l’impact social.
Que vous soyez membre d’une structure de l’ESS, chercheur, institution, entreprise engagée ou simple curieux du numérique responsable, ce rendez-vous est le vôtre.

📅 Inscrivez-vous dès maintenant pour rejoindre le mouvement et participer à la construction d’une intelligence artificielle plus humaine et plus coopérative.

Je m’inscris au NEC ESS 2025

En marge du NEC ESS, participez à un atelier "Libérer les organisations de l'ESS des GAFAM"

Le mercredi 26 novembre, de 13h à 17h, SOGA organise dans le cadre du projet DIGISET un atelier “Libérer les organisations ESS des GAFAM”.

Pour y participer, cliquez sur ce lien : Je m’inscris à l’atelier.

Vous (et/ou vos collègues) y participez pour la première fois ? Un défraiement de 948€ est possible !

Attention, ce défraiement s’applique par l’organisation dont le siège est à plus de 20 km de l’événement. Si vous êtes éligibles, complétez ce formulaire.

FAQ — NEC ESS 2025 : Intelligence artificielle ou coopérative ?

Qu’est-ce que le NEC ESS Europe ?

Le Numérique en Commun[s] ESS Europe (NEC ESS) est un événement européen dédié au numérique éthique, inclusif et coopératif.
Organisé par le Social Good Accelerator (SOGA) et ses partenaires, il rassemble chaque année des acteurs publics, associatifs, économiques et académiques autour des grands enjeux de la transition numérique dans l’économie sociale et solidaire (ESS).

Où et quand se déroulera cette édition ?

L’édition aura lieu du 25 au 27 novembre 2025 :

  • 25 novembre à Bruxelles, pour la journée européenne d’ouverture ;

  • 26 et 27 novembre à Paris, pour deux journées de conférences, d’ateliers et de rencontres au Musée Social – CEDIAS.

Quel est le thème de l'édition NEC ESS 2025 ?

Le thème de NEC ESS 2025 est :

“Intelligence artificielle ou coopérative ? Créer ensemble une troisième voie numérique.”
L’objectif est d’explorer les alternatives européennes face aux modèles dominants d’intelligence artificielle, en réfléchissant à une IA au service du bien commun, ancrée dans la coopération, l’éthique et la transparence.

Qui peut participer au NEC ESS 2025 ?

Le NEC ESS s’adresse à tous les acteurs de la transition numérique solidaire :

  • organisations de l’ESS, fondations, coopératives et associations,

  • institutions publiques et collectivités locales,

  • entreprises engagées dans le numérique responsable,

  • chercheurs, étudiants et citoyens intéressés par les communs numériques.

La participation est ouverte à toutes et tous, sur inscription gratuite (dans la limite des places disponibles).

Quels seront les temps forts du programme de NEC ESS 2025 ?

Le programme se déroulera sur trois journées complémentaires :

  • des conférences européennes sur la régulation et la gouvernance de l’IA,

  • des ateliers participatifs et retours d’expérience,

  • un forum des solutions Social Tech et des temps de rencontres entre acteurs.

Le programme détaillé est disponible sur la page officielle de l’événement.

Quels partenaires soutiennent NEC ESS 2025 ?

Le NEC ESS 2025 est organisé avec le soutien financier de :

  • Crédit Coopératif
  • l’Agence Nationale de Cohésion des Territoires (ANCT) 
  • ESS France
  • Devoteam
  • Fondation de France

Le NEC ESS 2025 est co-organisé par :

  • HelloAsso
  • Le Mouvement Associatif
  • CG Scop
  • Emmaüs Connect
  • La Mednum.

Ces partenaires partagent un engagement commun : faire du numérique un bien commun, au service de l’humain et de la société.

Pourquoi participer au NEC ESS 2025 ?

Parce que le NEC ESS est plus qu’un événement : c’est un laboratoire collectif pour repenser la place du numérique dans nos sociétés.
Participer, c’est :

  • contribuer à construire la “troisième voie numérique” européenne,

  • échanger avec des acteurs pionniers,

  • et repartir avec des outils, des contacts et des solutions concrètes pour transformer vos pratiques numériques.

Comment s’inscrire au NEC ESS 2025 ?

L’inscription se fait en ligne via le site officiel du Social Good Accelerator :
👉 Je m’inscris au NEC ESS 2025

Une fois inscrit·e, vous recevrez toutes les informations pratiques (horaires, lieux, intervenant·es et outils participatifs).

Quatre études en 2025, un constat : l’ESS numérique en première ligne pour un numérique soutenable et inclusif

Quatre études en 2025, un constat : l’ESS numérique en première ligne pour un numérique soutenable et inclusif

Quatre études en 2025, un constat : l’ESS numérique en première ligne pour un numérique soutenable et inclusif

Dans une société toujours plus connectée mais profondément inégalitaire, le numérique alourdit l’empreinte écologique. En mars-avril 2025, quatre études clés dressent le même constat : il faut changer de cap. Le Social Good Accelerator (SOGA) mobilise ses membres pour structurer des réponses collectives et solidaires à ces défis. L’ESS numérique incarne cette troisième voie : inclusive, éthique et durable.

Inclusion numérique : un rôle clé pour l’ESS

Même si 94 % des Français sont connectés, 15 % restent exclus des services numériques.

Empreinte environnementale : explosion du poids des données

Le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone française, tiré par les data centers et l’IA générative.

Une force collective pour un numérique souverain et éthique

De l’éducation populaire aux plateformes coopératives en passant par les communs numériques, les acteurs de l’ESS numérique apportent des réponses complémentaires.

  • Leur structuration collective est essentielle pour bâtir une souveraineté numérique européenne fondée sur des valeurs humaines.

Notre projet 2025 : documenter l’ESS numérique

SOGA lance une grande enquête pour objectiver l’impact des différentes familles de l’ESS numérique :

  • Insertion & économie circulaire : formation numérique avec Les Assembleurs, Solinum.

  • Éducation populaire & inclusion : Télécoop innove en proposant un opérateur coopératif.

  • Communs numériques & open data : Open food facts, Data for Good, Emmaüs Connect construisent des bases de données ouvertes pour la transition environnementale.

  • Plateformes solidaires & souveraines : Label Emmaüs développe des plateformes éthiques.

Objectif : mieux coconstruire les politiques publiques de demain.

Ce que disent les études clés du printemps 2025 :

  • ARCEP : explosion des émissions liées aux data centers.

  • ARCEP x ADEME : trajectoires alarmantes si rien n’est fait d’ici 2030.

  • Crédoc : des inégalités numériques persistantes, surtout chez les publics fragiles.

  • Shift Project : l’IA générative menace les équilibres énergétiques.

Rejoignez le mouvement

Soutenir l’ESS numérique, c’est défendre un numérique utile, humain et durable.
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✅ Qu’est-ce que l’ESS numérique ?

L’ESS numérique désigne l’ensemble des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire qui développent ou utilisent des outils numériques au service de l’intérêt général. Cela inclut les structures d’insertion, les communs numériques, les plateformes coopératives ou les initiatives d’inclusion numérique. Ces organisations allient innovation technologique, gouvernance démocratique et impact social ou environnemental.

🌐 Quel est le rôle de l’ESS dans la transition numérique ?

L’ESS joue un rôle fondamental pour rendre la transition numérique plus inclusive, éthique et durable. Elle agit concrètement sur le terrain pour :

  • Réduire les inégalités d’accès au numérique

  • Promouvoir des solutions alternatives aux GAFAM

  • Encourager le reconditionnement des équipements

  • Défendre la souveraineté numérique européenne

📉 En quoi le numérique aggrave-t-il l’impact environnemental ?

Le numérique a une empreinte carbone croissante, due à :

  • La fabrication d’équipements (ordinateurs, smartphones)

  • L’explosion des volumes de données à stocker et à traiter

  • Le développement rapide de l’intelligence artificielle générative
    Les centres de données, en particulier, consomment de plus en plus d’énergie et de ressources naturelles.

✅ Qu’est-ce que l’ESS numérique ?

L’ESS numérique désigne l’ensemble des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire qui développent ou utilisent des outils numériques au service de l’intérêt général. Cela inclut les structures d’insertion, les communs numériques, les plateformes coopératives ou les initiatives d’inclusion numérique. Ces organisations allient innovation technologique, gouvernance démocratique et impact social ou environnemental.

🧠 Que propose l’ESS pour un numérique plus responsable ?

L’ESS numérique propose des alternatives concrètes comme :

  • Le reconditionnement d’équipements (Ecodair, Envie, Emmaüs Connect)

  • Des opérateurs télécoms coopératifs (Télécoop)

  • Des bases de données ouvertes (Open Food Facts)

  • Des outils de mesure de l’empreinte numérique (Data For Good, Latitudes)

🗺️ Quelles sont les grandes familles d’acteurs de l’ESS numérique ?

On peut regrouper l’ESS numérique en plusieurs familles :

  • Économie circulaire : réemploi, réparation, reconditionnement

  • Éducation populaire : inclusion et formation numérique

  • Communs numériques : outils libres et open data

  • Plateformes coopératives : alternatives éthiques aux plateformes dominantes

📊 Quelles études récentes documentent ces enjeux ?

Plusieurs rapports publiés au premier trimestre 2025 renforcent l’alerte :

  • Le Baromètre du numérique 2025 (Crédoc, ARCEP, ANCT)

  • Le rapport intermédiaire du Shift Project sur l’IA

  • L’étude ARCEP x ADEME sur la trajectoire environnementale du numérique

  • Le rapport annuel Pour un numérique soutenable (ARCEP)

🤝 Comment soutenir ou rejoindre le mouvement ESS numérique ?

Vous pouvez :

  • Adhérer au Social Good Accelerator pour rejoindre une communauté engagée

  • Faire un don pour soutenir les projets de transformation numérique éthique

  • Participer à nos événements ou contribuer à nos groupes de travail

Développement de l’IA dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

Développement de l’IA dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

Développement de l’intelligence artificielle dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

L’intelligence artificielle (IA) connaît une croissance fulgurante. Depuis l’arrivée de ChatGPT, le débat public s’est intensifié. Dans une lettre ouverte datée du 28 mars 2023, plus d’une centaine d’experts ont appelé à une pause dans le développement de certaines IA afin de mieux encadrer leurs implications éthiques.

Dans un précédent article, nous montrions que, dans des secteurs technologiques sous tension comme l’IA, le simple statut non lucratif ne suffit plus à garantir l’alignement avec les valeurs défendues par les organisations. C’est pourquoi les acteurs de l’économie sociale se montrent souvent prudents face à ces technologies.

Pourtant, le développement de l’IA dans l’économie sociale pourrait permettre de mettre la technologie au service de l’impact social.

Comprendre le fonctionnement de l’intelligence artificielle

Avant d’explorer ses usages, rappelons ce qu’est une IA.

Une intelligence artificielle est un ensemble de techniques permettant à une machine de simuler certaines capacités humaines : traitement du langage, reconnaissance d’images, prédiction, classification, etc.

Dans le cas de ChatGPT, le système repose sur un modèle de type GPT (Generative Pre-Trained Transformer), un réseau neuronal entraîné sur de vastes corpus de données. Il génère des réponses en analysant des probabilités statistiques et des associations linguistiques — non sur une compréhension réelle du contenu.

Ainsi, les outils actuellement disponibles relèvent davantage du machine learning avancé que d’une intelligence dotée d’un raisonnement autonome.

IA et campagnes de dons : améliorer le ciblage

Certaines organisations ont déjà intégré l’intelligence artificielle dans leurs stratégies de levée de fonds.

Le rouge correspond au démarchage classique non ciblé, le vert au ciblage classique et le bleu au ciblage effectué à l’aide d’algorithmes. L’intelligence artificielle améliore l’efficacité des campagnes de dons en identifiant les profils des donateurs et en orientant les mailings de la meilleure façon possible. Il s’agit donc d’un gain d’efficacité, de rentabilité, mais aussi d’un argument écologique en réduisant le nombre d’e-mails et donc l’impact carbone d’une campagne.

Des outils d’analyse prédictive permettent :

  • d’identifier les profils les plus susceptibles de donner,

  • d’optimiser les campagnes d’emailing,

  • de réduire les sollicitations inutiles,

  • d’améliorer le retour sur investissement (ROI).

L’algorithme permet d’affiner le ciblage par rapport aux méthodes traditionnelles, ce qui peut :

  • accroître l’efficacité financière,

  • réduire l’empreinte carbone des campagnes (moins d’emails, moins de papier),

  • améliorer la pertinence des messages.

Cependant, plusieurs limites subsistent :

  • manque de transparence des algorithmes,

  • absence de données open source,

  • difficulté d’évaluation indépendante de la performance réelle.

L’efficacité de ces dispositifs dépend fortement de la qualité des données disponibles.

Mesurer l’impact social grâce à l’analyse automatisée

La mesure d’impact est un enjeu central pour les organisations de l’économie sociale.

Or, quantifier la valeur sociale créée reste complexe et coûteux. L’intelligence artificielle peut contribuer à :

  • analyser à grande échelle les retours des bénéficiaires,

  • effectuer des analyses de sentiment sur les réseaux sociaux,

  • détecter des tendances dans les perceptions publiques,

  • structurer des données qualitatives en indicateurs exploitables.

Le développement d’outils d’IA spécifiquement conçus pour analyser l’impact social pourrait aider les organisations à :

Freins à l’adoption de l’IA dans l’économie sociale

Un expert en data science travaillant pour une grande mutuelle souligne plusieurs obstacles :

1. Une perception négative du secteur

L’IA est parfois perçue comme un domaine réservé aux « geeks », éloigné des préoccupations sociales.

2. Des difficultés de collecte de données

La structuration et la qualité des données sont souvent insuffisantes pour déployer des modèles prédictifs robustes.

3. Une transformation organisationnelle complexe

Dans des secteurs comme la mutualité, la gestion des risques repose historiquement sur l’expérience métier. Introduire des outils automatisés implique un changement culturel profond.

    Des bénéfices concrets déjà observables

    Malgré ces freins, des applications existent déjà :

    • tri automatique des emails et documents scannés,

    • optimisation de la relation bénéficiaire,

    • automatisation des demandes courantes,

    • détection des fraudes.

    Les résultats observés incluent :

    • un gain de temps significatif,

    • une amélioration de la qualité de service,

    • une meilleure allocation des ressources humaines.

    Conclusion : vers une IA éthique et responsable dans l’économie sociale

    L’intelligence artificielle soulève des questions éthiques majeures :

    • gouvernance des données,

    • biais algorithmiques,

    • respect de la vie privée,

    • transparence des modèles.

    Mais elle représente également une opportunité stratégique pour l’économie sociale.

    Selon Dr. Lobna Karoui, spécialiste de l’éthique de l’IA, l’intelligence artificielle peut devenir un levier puissant pour :

    • améliorer l’efficacité organisationnelle,

    • renforcer la connaissance des bénéficiaires,

    • optimiser l’impact social.

    À condition qu’elle reste un outil au service de l’humain, et non un substitut.

    Le défi pour l’économie sociale est clair :
    développer une IA alignée sur ses valeurs démocratiques, solidaires et responsables.

      FAQ — Intelligence artificielle et économie sociale

      L’intelligence artificielle est-elle compatible avec les valeurs de l’économie sociale ?

      Oui, si elle est développée de manière éthique, transparente et au service de l’impact social.

      Quels sont les principaux usages de l’IA dans l’économie sociale ?

      Ciblage des campagnes de dons, mesure d’impact, automatisation administrative, détection de fraudes, analyse de données.

      Quels sont les risques associés ?

      Biais algorithmiques, opacité des modèles, dépendance technologique, problèmes de gouvernance des données.

      Pourquoi l’adoption est-elle lente dans l’économie sociale ?

      Manque de compétences internes, réticences culturelles, ressources financières limitées.

      L’IA peut-elle remplacer les professionnels du secteur social ?

      Non. Elle peut assister, optimiser et analyser, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine ni la relation sociale.

      Transition Pathways : des solutions pour l’économie de proximité et la Social Tech

      Transition Pathways : des solutions pour l’économie de proximité et la Social Tech

      Dans le cadre de la consultation européenne sur les Transition Pathways for Social Economy, le Social Good Accelerator a publié une note de contribution visant à proposer des solutions concrètes pour renforcer l’économie sociale dans les transitions numérique et écologique.

      Cette contribution met en avant deux leviers principaux : l’économie de proximité et la Social Tech, c’est-à-dire l’ensemble des technologies numériques mises au service de l’intérêt général et de l’innovation sociale.

      L’objectif est clair : permettre à l’économie sociale de jouer un rôle central dans la transformation du modèle économique européen, en développant des solutions technologiques ouvertes, accessibles et alignées avec les valeurs de solidarité et de coopération.

      Jeanne Bretécher intervenes @Transition pathways workshop

      Jeanne Bretécher, the President and Co-Founder of the Social Good Accelerator, moderated one of the four workshops organised by the European Commission on 30 May 2022.

      Source: Thomas Brisbart

      Les défis pour l'écosystème

      Social Economy Europe, Diesis, Euclid Network et le Social Good Accelerator (SOGA) ont animé séparément quatre ateliers centrés sur : l’entreprenariat social tech, le management des données, l’économie de plateformes partagées et la social tech. Le SOGA s’est concentré sur ce dernier.

      En intégrant ce groupe, l’association et ses partenaires cherchaient à explorer les points saillants des documents de Transition Pathways avec les participants. En effet, le premier jet du document compilait une synthèse autour de 70 contributions, dont celle de SOGA, rédigée avec sa communauté. Le rapport explore les zones où l’économie sociale devrait se mettre en route, notamment pour accélérer la transition numérique. L’idée au travers de ces ateliers était d’apporter des mots simples sur des sujets complexes.

      Ainsi, le groupe a discuté ensemble sur ce que l’accès à la technologie signifiait pour eux. Les problèmes induits par les outils numériques se condensent dans le fait que certaines personnes pensent qu’ils sont hors de portée, principalement à cause de barrières psychologiques, de ressources peu visibles, mais surtout à cause des compétences requises pour les prendre en main. La fracture numérique et le sentiment d’isolation numérique sont tout deux bien réels dans ce contexte.

      En outre, avec la pandémie, il y a eu une transition brutale vers l’utilisation d’outils pour lesquels beaucoup ne disposaient ni des compétences ni de l’équipement nécessaires. La résolution de ce problème dépend des moyens que les pouvoirs publics accordent  pour y remédier, grâce à des leviers tels que les ressources économiques et la formation.

      Des pistes de solutions

      Les participant·es ont présenté quelques exemples de bonnes pratiques et apporté différentes contributions intéressantes. Certain·es ont notamment souligné la nécessité de soutenir la création et le partage dans chaque secteur industriel, grâce à une réglementation appropriée et adéquate. En Israël, par exemple, l’accessibilité ne se limite pas à l’accessibilité physique, mais a une définition plus large dans la loi. Elle inclut également le prisme numérique.

      À l’autre extrémité du spectre, les modèles de start-up sont axés sur l’hypercroissance et orientés vers la montée en puissance. Avec un état d’esprit aussi différent, l’impact l’est également. En outre, il est difficile d’identifier la technologie adaptée aux besoins d’une réorganisation sociale. Certains outils ont cette finalité à l’esprit comme Rogervoice.

      Visual Transition pathways workshop

      « Lorsque l’on travaille, toutes sortes de personnes différentes sont impliquées, et c’est un pont assez intéressant mais difficile à franchir », a déclaré un panéliste. Ces mots ont permis d’évoquer l’exclusion des personnes âgées dans la sphère numérique. Néanmoins, leur exclusion ne repose pas uniquement sur leurs compétences, mais aussi sur leur propre confiance et sur la conception des produits. Comme toute nouvelle technologie, le numérique entraîne une exclusion s’il n’est pas conçu correctement. En d’autres termes, le numérique est synonyme de substitution, et la multimodalité est la clé.

      L’atelier a conclu que la mise en place d’un Internet décentralisé serait la clé d’un écosystème d’innovation sociale numérique efficace. En outre, l’employabilité garantit l’arrivée de nouveaux talents dans le secteur des technologies civiques. Les personnes âgées se méfient des outils numériques. Un prototypage rapide ou une conception itérative est nécessaire pour poursuivre dans cette voie, qui comporte plusieurs défis : l’accès à la technologie, l’acquisition ou l’amélioration des compétences, et les défis liés aux ressources elles-mêmes.

      FAQ — Transition Pathways et Social Tech

      Qu’est-ce que l'initiative Transition Pathways ?

      Il s’agit d’une initiative de la Commission européenne visant à accompagner la transformation de différents écosystèmes économiques dans les transitions écologique et numérique.

      Pourquoi l’économie de proximité est-elle importante ?

      Elle permet de renforcer la résilience des territoires, de soutenir l’emploi local et de maintenir des services essentiels au niveau local.

      Qu’est-ce que la Social Tech ?

      La Social Tech regroupe les technologies numériques développées pour répondre à des enjeux sociaux, environnementaux ou démocratiques.

      Quels sont les principaux défis de la transition numérique dans l’économie sociale ?

      Le manque de compétences numériques, l’accès limité aux financements et la difficulté à identifier des solutions technologiques adaptées.

      Quel est l’objectif de la contribution du Social Good Accelerator ?

      Mettre en évidence le rôle de l’économie de proximité et de la Social Tech dans les transitions économiques européennes.

      AESIO Mutuelle et le Social Good Accelerator : ESSisation et transition numérique solidaire

      AESIO Mutuelle et le Social Good Accelerator : ESSisation et transition numérique solidaire

      AESIO Mutuelle et le SOGA : ESSisation et transition numérique solidaire

      Deuxième mutuelle française, AESIO Mutuelle couvre les besoins de 2,9 millions d’adhérents à travers le pays en matière de santé et de prévoyance.
      Acteur engagé du mutualisme et de la solidarité, AESIO s’affirme comme un pilier de l’économie sociale et solidaire (ESS).
      Aujourd’hui, nous rencontrons Samira Sameur, responsable du développement de l’économie sociale et solidaire chez AESIO Mutuelle, pour parler d’ESSisation, d’innovation sociale et de transition numérique.

      Présentation de Samira Sameur

      Diplômée en affaires publiques à Sciences Po Paris, Samira Sameur évolue depuis quinze ans dans le champ de l’économie sociale et solidaire.
      Spécialiste des politiques sociales — prévention santé, emploi, formation professionnelle — elle a travaillé huit ans à l’Union des employeurs de l’ESS (UDES), où elle a piloté la stratégie d’influence et de développement du réseau au niveau régional, national et européen.

      Depuis deux ans, elle a rejoint AESIO Mutuelle en tant que responsable ESS.
      Sa mission : ancrer et renforcer l’identité sociale et solidaire de la mutuelle, en lien avec ses partenaires institutionnels, ses adhérents et ses collaborateurs.
      Autrement dit, faire vivre l’ADN mutualiste d’AESIO à toutes les échelles de son action.

       

      AESIO, une mutuelle ancrée dans l’économie sociale

      “Notre appartenance à l’économie sociale est native : nous sommes une entreprise à but non lucratif dont la raison d’être est de permettre à nos adhérents de vivre en meilleure santé.”

      Chez AESIO, le sociétaire est au cœur du modèle, jusque dans la gouvernance :
      aucun actionnaire à rémunérer, mais des bénéfices réinvestis dans l’amélioration des services, la prévention et l’innovation sociale.
      Ce modèle, fondé sur la solidarité et la transparence, incarne la logique d’un capitalisme à mission, où le bien commun prime sur la rentabilité.

      ESSisation : une vision économique et politique

      Une vision économique vertueuse

      L’ESSisation, c’est le mouvement d’extension de l’économie sociale à de nouveaux secteurs d’activité.
      Une dynamique de transformation qui inspire les entreprises classiques vers des pratiques plus éthiques et durables.

      “Nous espérons une ESSisation de l’économie : qu’elle infuse tous les secteurs, pour challenger et inspirer le modèle dominant.”

      Un appel politique à l’action

      Ce mouvement s’adresse :

      • aux acteurs de l’ESS eux-mêmes, pour renouveler leur esprit de conquête et explorer de nouveaux champs d’innovation sociale ;

      • aux décideurs publics et économiques, pour reconnaître que les réponses aux défis sociaux et environnementaux existent déjà dans l’ESS.

      “À l’heure où l’on parle de ‘capitalisme raisonné’, rappelons que l’économie sociale a depuis longtemps les germes de la responsabilité sociétale.”

      AESIO et la campagne “ESS Relance”

      Parmi les projets emblématiques menés, AESIO a lancé la campagne “ESS Relance” en partenariat avec French Impact.
      Objectif : mieux connecter les mesures du Plan de relance aux entreprises de l’ESS.

      Face au constat que les aides publiques atteignaient peu les structures sociales, AESIO a mis en place :

      • des webinaires d’information,

      • des sessions de décryptage des dispositifs,

      • et des rencontres entre entrepreneurs, conseillers économiques et administrations.

      Résultat : une meilleure appropriation des politiques publiques et un accès facilité aux financements pour les structures de terrain.

      Les freins au développement de l’économie sociale

      Une confusion des modèles économiques

      “On parle de capitalisme à impact ou de RSE, mais sans distinguer les modèles.”

      Samira Sameur alerte sur une communication brouillée entre impact economy et économie sociale, qui tend à diluer les spécificités de cette dernière.
      Or, la différence est fondamentale : l’ESS encadre la rentabilité pour servir l’intérêt général.

      Cette distinction doit être affirmée politiquement et fiscalement, afin de garantir :

      • des régimes juridiques adaptés,

      • une reconnaissance citoyenne du modèle ESS,

      • et un choix éclairé des consommateurs.

      Le risque de fragmentation

      L’ESS souffre aussi d’un manque de cohésion interne : les différentes familles juridiques (coopératives, mutuelles, associations, fondations) peinent à parler d’une seule voix.

      “Nous défendons une économie sociale ouverte, capable de coopérer avec d’autres acteurs, publics ou privés, tout en affirmant sa singularité.”

      Un cadre renforcé, mais des tensions persistantes

      La loi ESS de 2014 a marqué un tournant en donnant un statut légal et une représentation politique au secteur (via ESS France et l’UDES).
      Mais sur le terrain, les tensions concurrentielles se sont accrues :

      • désengagement progressif de certains pouvoirs publics,

      • appels à projets mettant en compétition les structures solidaires entre elles,

      • arrivée d’entreprises lucratives sur les marchés historiques de l’ESS (petite enfance, aide à domicile, médico-social…).

      “Face à cette concurrence, l’ESS doit se réinventer, investir de nouveaux champs et faire de son impact social un avantage compétitif.”

      La transition numérique, un levier pour l’économie sociale

      Pour Samira Sameur, la transition numérique n’est plus une option.
      Elle est devenue une condition de survie et d’innovation pour les structures sociales.

      Mais au-delà de la digitalisation des processus, il s’agit de repenser les usages :

      “Pourquoi le numérique ne s’inspirerait-il pas de l’économie sociale ?”

      Selon elle, confier la réflexion numérique à des acteurs de l’ESS permet :

      • de préserver une approche humaine des technologies,

      • d’éviter les dérives algorithmiques déshumanisantes,

      • et d’assurer l’inclusion numérique des publics les plus fragiles.

      C’est cette alliance entre innovation technologique et innovation sociale qu’AESIO souhaite promouvoir, notamment aux côtés du Social Good Accelerator.

      AESIO au sein du Social Good Accelerator

      “Nous avons rejoint le SOGA pour mutualiser les réflexions autour de la santé numérique et contribuer à une représentation européenne des acteurs de l’économie sociale.”

      AESIO souhaite participer activement aux travaux du SOGA sur :

      • la coopération européenne autour de la santé numérique,

      • la préservation du modèle mutualiste dans un environnement digitalisé,

      • et la co-construction d’un numérique au service du bien commun.

      FAQ — AESIO, ESSisation et numérique social

      Qu’est-ce qu’AESIO Mutuelle ?

      Deuxième mutuelle de France, AESIO Mutuelle couvre près de 3 millions d’adhérents.
      Entreprise à but non lucratif, elle inscrit son action dans les principes de solidarité, prévention et innovation sociale.

      Que signifie “ESSisation” ?

      Le terme désigne le mouvement par lequel les valeurs et modèles de l’économie sociale s’étendent à d’autres secteurs économiques, inspirant des pratiques plus solidaires et durables.

      Qu’est-ce que la campagne “ESS Relance” ?

      Une initiative d’AESIO Mutuelle et de French Impact visant à rendre plus accessibles les aides publiques du Plan de relance aux entreprises sociales via des webinaires et ressources territoriales.

      En quoi le numérique peut-il servir l’économie sociale ?

      Le numérique, utilisé de manière éthique, permet :

      • d’améliorer la gestion des structures sociales,

      • de renforcer la coopération territoriale,

      • et de favoriser l’inclusion des publics éloignés.

      Quel rôle joue AESIO au sein du Social Good Accelerator ?

      AESIO contribue aux réflexions européennes sur la santé numérique et l’innovation sociale, en partenariat avec le SOGA, pour faire du numérique un levier de solidarité et de résilience collective.