Quatre études au premier trimestre 2025 et un constat : l’ESS numérique en première ligne pour un numérique soutenable et inclusif

Dans une société toujours plus connectée mais profondément inégalitaire face au numérique, l’urgence climatique s’aggrave, amplifiée par nos usages digitaux. En ces mois de mars-avril 2025, quatre études importantes paraissent et sont sans appel: la transition numérique doit changer de cap. Le Social Good Accelerator, association qui documente, mobilise et promeut les acteurs de l’ESS numérique, mobilise ses membres et partenaires pour transformer ces défis en opportunités. À travers une approche collective et de mieux en mieux structurée, l’ESS numérique propose des réponses innovantes et solidaires, essentielles à l’inclusion numérique et à la sobriété environnementale – un rôle qui doit gagner en reconnaissance.

Inclusion numérique : le rôle de l’ESS pour combler les inégalité et amplifier les solidarités territoriales

Même si 94% des Français sont connectés à Internet, 15% restent éloignés du numérique car incapables d’utiliser les services essentiels en ligne. Plus frappant encore: 36% rencontrent des freins, faute de compétences numériques de base ou d’équipements adaptés. 

L’ESS numérique, avec ses diverses familles, (éducation populaire, plateformes solidaires, communs numériques), s’impose comme un pilier de l’inclusion. Elle soutient les politiques nationales et européennes par des solutions concrètes, adaptées aux territoires et aux publics.

Ces acteurs agissent concrètement sur le terrain, avec les moyens du bord :

  • Emmaüs Connect et Solinum facilitent l’accès aux équipements et accompagnent les plus fragiles.
  • Les Assembleurs et La MedNum œuvrent pour un maillage territorial renforcé des acteurs de l’inclusion numérique, en coordination avec les politiques publiques. Les acteurs de l’ESS dans le champ de l’inclusion numérique soulignent la nécessité d’alternatives aux démarches dématérialisées et la pérennisation des dispositifs comme Numérique Ensemble.

Impact environnemental : le poids croissant des données (et de l’IA ?)

Le numérique représente désormais 4,4% de l’empreinte carbone de la France, un chiffre en forte hausse, tiré par la croissance exponentielle des volumes de données et des usages, avec une trajectoire qui pourrait atteindre 7% d’ici 2040. Longtemps sous-estimé, le poids des données explose: aujourd’hui, les data centers (ou centres de données) représentent près de 46% de l’empreinte carbone du numérique, contre seulement 16% en 2020. Cette évolution s’explique par la croissance fulgurante des usages: streaming, cloud, intelligence artificielle générative, etc. Le stockage et le transfert de données deviennent ainsi les principaux responsables de l’impact environnemental du numérique.

Si la fabrication des terminaux reste le principal poste d’émissions (50%, en baisse par rapport aux data centers quoique les émissions totales connaissent une en forte hausse), l’impact des infrastructures de données – en particulier les centres de données – connaît une progression spectaculaire, notamment sous l’effet du développement de l’intelligence artificielle (IA) générative. Depuis fin 2022, l’IA générative (comme ChatGPT) s’est imposée à une vitesse inédite: 1 million d’utilisateurs en 5 jours, 100 millions en 2 mois, et aujourd’hui plus de 400 millions de visites hebdomadaires. Cette adoption massive a accéléré la demande en puissance de calcul et en stockage, poussant les acteurs du numérique à investir massivement dans de nouveaux centres de données et serveurs toujours plus puissants.

Selon le rapport intermédiaire du Shift Project (mars 2025), la consommation électrique mondiale des centres de données pourrait passer de 460 TWh en 2022 à 1050 TWh d’ici 2026. En France, les nouveaux projets de centres de données dédiés à l’IA pourraient demander une augmentation de puissance installée supplémentaire dans la décennie à venir. Cette évolution place certains sites (Ile-de-France, Grand Est, etc…) au même niveau de consommation énergétique que des industries lourdes comme la sidérurgie. L’impact carbone de l’IA ne se limite pas à l’énergie: il englobe aussi la fabrication et le renouvellement accéléré des équipements (serveurs, processeurs, terminaux), la consommation d’eau pour le refroidissement, et l’artificialisation des sols liée à la construction de nouveaux centres de données. En plus, la consommation des IA génératives restent difficiles à comprendre, comme l’a prouvé Sam Altman, le PDG de OpenAI, en confirmant sur X que l’entreprise aurait perdu des “dizaines de millions de dollars” en coût d’électricité à cause des utilisateurs qui seraient “polis” avec ChatGPT.

 Le Shift Project estime que les émissions de gaz à effet de serre des centres de données pourraient atteindre entre 500 et 900 MtCOe au niveau mondial, soit augmenter de 80% à 200% d’ici 2030.

Là encore, des acteurs de l’ESS numériques proposent des solutions :

  • Emmaüs Connect, Commown, Télécoop, ADB Solidatech, Ecodair, la Fédération Envie réinventent l’usage des équipements via la location et le reconditionnement, y compris pour les plus fragiles
  • Data for Good et Latitudes développent des outils de mesure et d’optimisation de l’empreinte environnementale et plaident pour un usage raisonné de l’IA.
  • Open Food Facts, par le biais de son étiquetage environnemental, pourrait délivrer un label public de qualité pour les produits reconditionnés, indiquant également l’impact social et environnemental du reconditionneur.

La famille ESS numérique de l’économie circulaire, soutenue par notre réseau, joue un rôle clé en structurant des filières locales et durables, créatrices d’emplois.

L’ESS numérique : s’allier pour un numérique équitable, souverain et durable 

Nos actions s’inscrivent dans un écosystème riche :

  • Éducation populaire : formation numérique avec Les Assembleurs, Solinum.
  • Alternatives télécom : Télécoop innove en proposant un opérateur coopératif.
  • Communs numériquesOpen food facts, Data for Good, Emmaüs Connect construisent des bases de données ouvertes pour la transition environnementale.
  • Économie circulaire : Label Emmaüs développe des plateformes éthiques.

Chaque famille apporte une réponse spécifique, mais leur synergie est notre force. Ensemble, elles renforcent la capacité d’agir de l’ESS face aux défis numériques contemporains.

Il reste un chemin considérable à parcourir. Malgré 75 % des foyers connectés à la fibre ou au câble, des disparités territoriales subsistent. Des acteurs associatifs comme les Fournisseurs d’accès à internet associatifs œuvrent pour couvrir les zones mal desservies par les acteurs publics et les opérateurs économiques.

Selon l’Ademe, 78 % de l’empreinte carbone d’un PC est liée à sa phase de fabrication. Si une prise de conscience est observée pour les smartphones (27 % sont conservés plus de 3 ans), on ne peut pas en dire autant pour le matériel informatique. En effet, la moitié des smartphones (52%) prennent la poussière alors qu’ils pourraient être revalorisés par des acteurs locaux de l’insertion. Ainsi, ils permettraient la création d’emplois à forte valeur ajoutée économique, sociale et environnementale non délocalisables sur les territoires

Le Social Good Accelerator et ses partenaires, forts de leur expertise, s’engagent à amplifier cette dynamique. Nous appelons à un soutien renforcé des politiques publiques pour une transition numérique humaniste, fondée sur la coopération, l’innovation sociale et l’engagement écologique.

Notre projet phare pour 2025 : documenter les familles de l’ESS numérique pour créer de la connaissance, objectiver leur poids dans l’économique et la transition environnementale juste et mieux co-construire les solutions de demain. 

Rejoignez le mouvement et contribuez avec nous au développement et à la promotion de l’ESS numérique !


 Les quatre études parues en mars-avril 2025 sur l’impact environnemental et social du numérique :
  • La 4e édition de l’enquête annuelle “Pour un numérique soutenable” de l’Arcep (avril 2025). Cette étude approfondit l’empreinte carbone du numérique en France, avec une attention particulière à la progression des émissions liées aux centres de données et à l’impact croissant de l’intelligence artificielle. Elle intègre pour la première fois les données de 21 opérateurs-hébergeurs représentant la moitié des datacenters français. Cette mise à jour élargit le périmètre d’évaluation de l’empreinte carbone du numérique, en incluant notamment les usages français hébergés dans des centres de données à l’étranger. Elle fournit des chiffres actualisés sur la répartition des émissions entre terminaux, data centers et réseaux.  
  • Le Baromètre du numérique, publié chaque année, est une étude de référence qui dresse un état des lieux détaillé des usages, des équipements et des inégalités numériques en France. Réalisé par le Crédoc (Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de Vie), ce baromètre est commandité par plusieurs institutions publiques : l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), le Conseil général de l’économie (CGE), et l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT). Ces organismes, engagés dans la régulation et la cohésion numérique du territoire, s’appuient sur les résultats du baromètre pour orienter les politiques publiques en matière d’inclusion et d’accessibilité numérique. L’édition 2025 met en lumière les progrès réalisés, mais aussi les persistantes fractures numériques, notamment sociales et territoriales, qui appellent des actions ciblées et concertées.
Sources additionnelles:
 Insee Première – 1953. Cette étude de l’INSEE rapporte des statistiques sur l’utilisation du numérique en France en 2021.
Trois formations pour accélérer la transition numérique de l’ESS

Trois formations pour accélérer la transition numérique de l’ESS

Trois formations pour accélérer la transition numérique de l’ESS

Face aux défis conjoints du numérique et de l’écologie, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) doivent évoluer.
Ils doivent adapter leurs pratiques et renforcer leurs compétences.

Pour répondre à ce besoin, le projet européen SETS (Social Economy Transition Skills), financé par l’Union européenne, propose trois formations ciblées.
Accessibles gratuitement, elles s’adressent aux accompagnateurs, aux salarié(e)s et aux dirigeant(e)s de l’ESS.

Ces parcours sont conçus avec des expert(e)s européen(ne)s.
Chacun répond à un enjeu stratégique précis :

  • comprendre le fonctionnement de l’ESS et la gestion de l’impact,

  • maîtriser les outils numériques collaboratifs,

  • explorer les opportunités et risques liés à l’intelligence artificielle.

Ainsi, la transition numérique devient un véritable levier de développement pour les organisations de l’ESS.

Décrypter l’économie sociale et l’impact pour mieux accompagner les actrices et acteurs du secteur

Cette première formation est la porte d’entrée dans l’univers de l’ESS. Elle s’adresse aux accompagnatrices/accompagnateurs, formatrices/formateurs et consultant(e)s qui souhaitent en saisir les spécificités. L’ESS repose sur des valeurs de solidarité et de gouvernance démocratique. Cependant, elle obéit aussi à des impératifs économiques qui la distinguent des entreprises classiques.

Pendant 12 heures, les participant(e)s explorent les modèles économiques hybrides et les stratégies d’innovation sociale. L’objectif est clair : fournir une méthodologie pratique pour accompagner efficacement les structures de l’ESS. Des études de cas et des outils d’analyse enrichissent le parcours.

Ainsi, les apprenant(e)s apprennent à structurer un projet à impact, mesurer ses résultats et mobiliser les parties prenantes.
À l’issue de la formation, iels repartent avec une vision globale du secteur et des compétences opérationnelles.

Télécharger la présentation de la formation ici

Maîtriser la communication et la collaboration numériques pour gagner en efficacité

Dans un monde où la digitalisation s’accélère, les salarié(e)s de l’ESS et les demandeuses et demandeurs d’emploi doivent évoluer. Ils doivent apprendre à utiliser des numériques adaptés à leurs missions sociales. Ce second parcours renforce les compétences numériques indispensables.
Il aide à mieux gérer les projets et à améliorer la relation avec bénéficiaires et partenaires.

Pendant 10 heures, les participant(e)s apprennent à structurer leur communication en ligne. Ils découvrent aussi comment utiliser des plateformes collaboratives et adopter des stratégies numériques inclusives.

 

La formation couvre plusieurs aspects : gestion d’un site web, sécurisation des données et optimisation de l’expérience utilisateur.
De plus, elle aborde les enjeux éthiques du numérique.
Les organisations de l’ESS y trouvent des pistes pour adopter une posture responsable face aux technologies.

Grâce à des mises en situation et à des échanges avec des expert(e)s, les participant(e)s développent une approche stratégique et efficace.

Téléchargez la présentation de la formation ici

Comprendre l'intelligence artificielle pour mieux gérer son organisation

L’intelligence artificielle est souvent perçue comme une technologie lointaine ou réservée aux grandes entreprises. Pourtant, elle est déjà présente dans de nombreux outils du quotidien et son intégration dans les organisations de l’ESS est une opportunité à saisir. Cette troisième formation s’adresse aux dirigeant(e)s et managers du secteur, qui doivent prendre des décisions éclairées sur l’usage de l’IA.

En 10 heures, ce parcours propose une introduction accessible à l’intelligence artificielle et à ses applications concrètes dans la gestion des organisations. Les participant(e)s découvrent comment l’IA peut automatiser certaines tâches, améliorer la prise de décision et renforcer la gestion des données. Mais cette technologie comporte aussi des risques : biais algorithmiques, protection des données, dépendance aux outils numériques… Autant de questions qui seront explorées pour aider les dirigeant(e)s à intégrer l’IA de manière éthique et pertinente.

À travers des débats, des études de cas et des exercices pratiques, cette formation offre une vision stratégique de l’intelligence artificielle appliquée à l’ESS. Elle permet aux dirigeant(e)s de mieux comprendre ces transformations et de prendre les bonnes décisions pour accompagner leur organisation dans cette évolution technologique.

Téléchargez la présentation de la formation ici

Un programme accessible et ancré dans les réalités du secteur

Pensées pour s’adapter aux emplois du temps des professionnel(le)s de l’ESS, ces trois formations sont disponibles en ligne. Elles combinent des cours asynchrones, des sessions interactives et des exercices pratiques pour favoriser une montée en compétences rapide et efficace. Chaque parcours est conçu pour être immédiatement applicable sur le terrain et permettre aux participant(e)s de mettre en œuvre de nouvelles pratiques dès la fin du programme.

Le projet SETS offre une opportunité unique pour les actrices et acteurs de l’économie sociale souhaitant se former aux défis de demain. Les formations débuteront en mars 2025 et seront accessibles gratuitement en France et en Europe.


Pour en savoir plus contactez-nous par mail :
contact@socialgoodaccelerator.eu

Pour vous inscrire, remplissez ce formulaire : https://form.jotform.com/250285552918059

IA : 3 cas d’usages de l’intelligence artificielle pour l’intérêt général

IA : 3 cas d’usages de l’intelligence artificielle pour l’intérêt général

Le SOGA a lancé un groupe de réflexion pour comprendre les rapports entre l’IA et l’ESS, échanger sur les usages, l’éthique, la responsabilité et les alternatives de l’IA. Dans ce cadre, s’est tenu une réunion sous forme de webinaire le jeudi 18 avril 2024.

La discussion s’est ouverte par un sujet d’actualité : des entretiens d’embauche menés par des chatbots. Il a partagé l’histoire d’une jeune femme chargée de communication dont le processus de sélection du CV et l’entretien à distance ont été réalisés entièrement par des chatbots, pour finalement recevoir un refus de sa candidature également envoyé par un chatbot. Cette anecdote soulève une question essentielle : est-ce éthique d’utiliser des chatbots pour des processus de recrutement humains ? 

Cette réflexion est étroitement liée à la question de l’impact de l’IA sur les métiers, soulignant les défis et les dilemmes éthiques auxquels nous sommes confrontés dans un monde où la technologie évolue rapidement. Une belle introduction avant de laisser la parole aux 3 experts venus partager leur expertise dans le domaine de l’IA : Joël Gombin, Chief Data Officer chez Avneer; Lea Rogliano, chercheuse en éthique de l’IA chez FARI; et Guilhem Menard, co-fondateur de Share it.

 

Cas d’usage 1 : Outiller les aidants numériques sur les enjeux de l’IA et de la data

Léa Rogliano a partagé des retours précieux sur la manière d’outiller les aidants numériques pour aborder les enjeux de l’IA et des données. Elle a souligné le besoin urgent d’outiller les aidants numériques pour mieux comprendre et communiquer sur les implications éthiques et pratiques de l’IA et des données dans leurs activités. La chercheuse nous a présenté un projet pilote en cours chez FARI, axé sur la diversité et l’inclusivité, visant à comprendre les besoins des Espaces Publics Numériques (EPN) à Bruxelles. Ces EPN sont des lieux où le grand public peut accéder à internet et à d’autres technologies numériques, et recevoir de l’aide quant aux usages numériques. 

L’objectif principal était de saisir les besoins des aidants numériques, qui sont chargés d’aider les utilisateurs dans leur utilisation des technologies. Ils ont observé une forte demande pour des ressources et des formations spécifiques, soulignant que les aidants numériques préféraient souvent être formés sur place plutôt que de se déplacer vers des centres plus institutionnels. Ils ont souligné l’importance de créer des outils pédagogiques pour initier les pédagogues eux-mêmes aux enjeux de l’IA et de la data, ainsi que la nécessité de proposer des démonstrations concrètes de l’utilisation de l’IA pour optimiser les processus, telles que la création de chatbots ou de CV automatisés, pour susciter l’intérêt et la motivation du public des EPN. Les outils présentés visent à sensibiliser ces acteurs aux enjeux éthiques de l’IA et de la data, garantissant ainsi une utilisation responsable de ces technologies dans le secteur de l’ESS.

 

Cas d’usage 2 : les embeddings au service de l’orientation professionnelle

Joël Gombin a pris la parole pour partager les défis et solutions que présente l’utilisation de l’IA dans la création d’une application. Il a récemment développé l’application Avneer, qui aide les jeunes à trouver le métier qui leur correspond. Il s’adresse à ce jeune public en proposant un processus gamifié avec un avatar interactif. Lors du développement de l’application, plusieurs défis se sont posés. Premièrement, il a fallu créer un moteur de recommandation de métiers basé sur le matching entre les compétences des utilisateurs et les exigences des emplois, en utilisant des données ouvertes sur l’éducation, l’orientation et la formation. 

Deuxièmement, les variations et les erreurs potentielles lorsque l’utilisateur entre un terme dans la barre de recherche de l’application peuvent poser problème. Pour surmonter ce défi, ils ont opté pour l’utilisation de l’apprentissage automatique, en particulier les embeddings. Les embeddings sont une technique utilisée en intelligence artificielle pour représenter des mots ou des phrases sous forme de nombres sur un graphique en plusieurs dimensions. Cela permet à l’ordinateur de comprendre la signification et les relations entre les mots. Par exemple, dans un espace de dimensions, chaque mot est représenté par un ensemble de nombres qui capturent ses caractéristiques et ses associations avec d’autres mots. Cela permet à l’ordinateur de traiter le langage naturel de manière plus efficace et de mieux comprendre et répondre aux demandes hétérogènes des utilisateurs, facilitant ainsi la recherche de métiers pertinents. En utilisant des algorithmes sophistiqués, les embeddings permettent une meilleure correspondance entre les compétences des individus et les exigences des emplois, offrant ainsi une orientation professionnelle plus efficace.

 

Cas d’usage 3 – Intégration de l’IA : stratégies pour les acteurs de l’intérêt général

Guilhem Menard a abordé les défis spécifiques rencontrés par les acteurs de l’intérêt général dans l’adoption de l’IA. Co-fondateur de Share it, fort de ses 6 ans d’accompagnement de projets dans l’ESS, il  a mis en lumière le lancement d’un projet spécifique sur l’IA. La structure a constaté un faible nombre d’utilisations de l’IA au sein des associations, soulignant un décalage entre le secteur marchand et le secteur associatif en matière de numérisation. Ainsi, il a souligné l’importance d’outiller les structures de l’ESS pour tirer parti des avantages de l’IA. 

Il a identifié trois types de cas d’usage pour l’IA : l’utilisation générique, pour utiliser l’IA au quotidien afin de gagner en efficacité (gestion de projet, aide à la rédaction, traduction…); l’utilisation métier, plus spécifique du secteur (fundraising, marketing/com, accompagnement des bénéficiaires); l’utilisation “organisation”, permettant de repenser l’activité d’une organisation en s’appuyant sur l’IA.

Guilhem a ensuite présenté un programme ambitieux visant à acculturer et accompagner les acteurs de l’ESS à l’utilisation des IA génératives. Ce programme vise à accompagner 2000 structures d’ici 2026, dont 400 dès 2024 à Paris, à travers trois phases : la diffusion d’une veille technologique et de recommandations sur l’IA adaptées au secteur de l’ESS, l’organisation de webinaires d’acculturation et enfin, la formation des acteurs de l’ESS à l’usage de l’IA sur des cas métiers simples avec des temps de mise en pratique collectifs et individuels. 

 

Développement de l’IA dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

Développement de l’IA dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

Développement de l’intelligence artificielle dans l’économie sociale : une technologie au service de l’impact social

L’intelligence artificielle (IA) connaît une croissance fulgurante. Depuis l’arrivée de ChatGPT, le débat public s’est intensifié. Dans une lettre ouverte datée du 28 mars 2023, plus d’une centaine d’experts ont appelé à une pause dans le développement de certaines IA afin de mieux encadrer leurs implications éthiques.

Dans un précédent article, nous montrions que, dans des secteurs technologiques sous tension comme l’IA, le simple statut non lucratif ne suffit plus à garantir l’alignement avec les valeurs défendues par les organisations. C’est pourquoi les acteurs de l’économie sociale se montrent souvent prudents face à ces technologies.

Pourtant, le développement de l’IA dans l’économie sociale pourrait permettre de mettre la technologie au service de l’impact social.

Comprendre le fonctionnement de l’intelligence artificielle

Avant d’explorer ses usages, rappelons ce qu’est une IA.

Une intelligence artificielle est un ensemble de techniques permettant à une machine de simuler certaines capacités humaines : traitement du langage, reconnaissance d’images, prédiction, classification, etc.

Dans le cas de ChatGPT, le système repose sur un modèle de type GPT (Generative Pre-Trained Transformer), un réseau neuronal entraîné sur de vastes corpus de données. Il génère des réponses en analysant des probabilités statistiques et des associations linguistiques — non sur une compréhension réelle du contenu.

Ainsi, les outils actuellement disponibles relèvent davantage du machine learning avancé que d’une intelligence dotée d’un raisonnement autonome.

IA et campagnes de dons : améliorer le ciblage

Certaines organisations ont déjà intégré l’intelligence artificielle dans leurs stratégies de levée de fonds.

Le rouge correspond au démarchage classique non ciblé, le vert au ciblage classique et le bleu au ciblage effectué à l’aide d’algorithmes. L’intelligence artificielle améliore l’efficacité des campagnes de dons en identifiant les profils des donateurs et en orientant les mailings de la meilleure façon possible. Il s’agit donc d’un gain d’efficacité, de rentabilité, mais aussi d’un argument écologique en réduisant le nombre d’e-mails et donc l’impact carbone d’une campagne.

Des outils d’analyse prédictive permettent :

  • d’identifier les profils les plus susceptibles de donner,

  • d’optimiser les campagnes d’emailing,

  • de réduire les sollicitations inutiles,

  • d’améliorer le retour sur investissement (ROI).

L’algorithme permet d’affiner le ciblage par rapport aux méthodes traditionnelles, ce qui peut :

  • accroître l’efficacité financière,

  • réduire l’empreinte carbone des campagnes (moins d’emails, moins de papier),

  • améliorer la pertinence des messages.

Cependant, plusieurs limites subsistent :

  • manque de transparence des algorithmes,

  • absence de données open source,

  • difficulté d’évaluation indépendante de la performance réelle.

L’efficacité de ces dispositifs dépend fortement de la qualité des données disponibles.

Mesurer l’impact social grâce à l’analyse automatisée

La mesure d’impact est un enjeu central pour les organisations de l’économie sociale.

Or, quantifier la valeur sociale créée reste complexe et coûteux. L’intelligence artificielle peut contribuer à :

  • analyser à grande échelle les retours des bénéficiaires,

  • effectuer des analyses de sentiment sur les réseaux sociaux,

  • détecter des tendances dans les perceptions publiques,

  • structurer des données qualitatives en indicateurs exploitables.

Le développement d’outils d’IA spécifiquement conçus pour analyser l’impact social pourrait aider les organisations à :

Freins à l’adoption de l’IA dans l’économie sociale

Un expert en data science travaillant pour une grande mutuelle souligne plusieurs obstacles :

1. Une perception négative du secteur

L’IA est parfois perçue comme un domaine réservé aux « geeks », éloigné des préoccupations sociales.

2. Des difficultés de collecte de données

La structuration et la qualité des données sont souvent insuffisantes pour déployer des modèles prédictifs robustes.

3. Une transformation organisationnelle complexe

Dans des secteurs comme la mutualité, la gestion des risques repose historiquement sur l’expérience métier. Introduire des outils automatisés implique un changement culturel profond.

    Des bénéfices concrets déjà observables

    Malgré ces freins, des applications existent déjà :

    • tri automatique des emails et documents scannés,

    • optimisation de la relation bénéficiaire,

    • automatisation des demandes courantes,

    • détection des fraudes.

    Les résultats observés incluent :

    • un gain de temps significatif,

    • une amélioration de la qualité de service,

    • une meilleure allocation des ressources humaines.

    Conclusion : vers une IA éthique et responsable dans l’économie sociale

    L’intelligence artificielle soulève des questions éthiques majeures :

    • gouvernance des données,

    • biais algorithmiques,

    • respect de la vie privée,

    • transparence des modèles.

    Mais elle représente également une opportunité stratégique pour l’économie sociale.

    Selon Dr. Lobna Karoui, spécialiste de l’éthique de l’IA, l’intelligence artificielle peut devenir un levier puissant pour :

    • améliorer l’efficacité organisationnelle,

    • renforcer la connaissance des bénéficiaires,

    • optimiser l’impact social.

    À condition qu’elle reste un outil au service de l’humain, et non un substitut.

    Le défi pour l’économie sociale est clair :
    développer une IA alignée sur ses valeurs démocratiques, solidaires et responsables.

      FAQ — Intelligence artificielle et économie sociale

      L’intelligence artificielle est-elle compatible avec les valeurs de l’économie sociale ?

      Oui, si elle est développée de manière éthique, transparente et au service de l’impact social.

      Quels sont les principaux usages de l’IA dans l’économie sociale ?

      Ciblage des campagnes de dons, mesure d’impact, automatisation administrative, détection de fraudes, analyse de données.

      Quels sont les risques associés ?

      Biais algorithmiques, opacité des modèles, dépendance technologique, problèmes de gouvernance des données.

      Pourquoi l’adoption est-elle lente dans l’économie sociale ?

      Manque de compétences internes, réticences culturelles, ressources financières limitées.

      L’IA peut-elle remplacer les professionnels du secteur social ?

      Non. Elle peut assister, optimiser et analyser, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine ni la relation sociale.

      Éthique et performance : le cas du développement de ChatGPT

      Éthique et performance : le cas du développement de ChatGPT

      Éthique et performance : le cas du développement de ChatGPT

      ChatGPT n’est pas seulement une révolution technologique : c’est aussi un cas d’école en matière de responsabilité sociale des entreprises.
      Conçu à l’origine comme un contre-modèle aux GAFAM au sein d’une organisation à but non lucratif, OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, a progressivement basculé vers un modèle capitaliste.

      L’affaire révélée par le magazine Time sur les conditions de travail des sous-traitants kenyans — employés par Samasource, une ancienne ONG devenue entreprise à but lucratif — a mis en lumière les paradoxes du modèle.
      Ces révélations posent une question de fond : les statuts “non lucratifs” servent-ils aujourd’hui de tremplin à des entreprises technologiques motivées par le profit plutôt que par l’intérêt général ?
      Retour sur un cas emblématique et les interrogations qu’il soulève.

      Bien que le secteur à but non lucratif se structure traditionnellement autour de valeurs de gouvernance démocratique, de transparence et d’éthique, certaines situations viennent interroger cette éthique de solidarité.
      Comme toute entreprise, les organisations à but non lucratif sont confrontées à des pressions économiques : baisse de revenus, difficultés de trésorerie, plans sociaux…
      Ces contraintes les obligent parfois à faire coexister éthique et performance, au risque que la recherche d’efficacité supplante progressivement la mission d’intérêt général.

      L’évolution d’OpenAI : du modèle non lucratif au statut à but lucratif limité

      Fondée en 2015 par Elon Musk et Sam Altman, OpenAI naît comme une organisation à but non lucratif.
      Son ambition initiale : développer une intelligence artificielle au service du bien commun, en opposition aux modèles de captation de données des géants du numérique.

      Mais en 2019, un an après le départ d’Elon Musk, la structure change de statut pour devenir une “limited-profit company”, un modèle hybride américain permettant d’accueillir des capitaux privés tout en plafonnant la rémunération des investisseurs.
      Malgré cette évolution, OpenAI continue d’affirmer que sa mission est de « développer une intelligence artificielle pour le bénéfice de toute l’humanité ».

      Jusqu’à la publication de l’enquête du Time en janvier 2023, l’entreprise cultivait une image d’éthique et de transparence fidèle à ses origines.
      Mais l’enquête révèle que pour résoudre les problèmes de toxicité linguistique dans ses modèles d’IA, OpenAI a eu recours à un prestataire basé au Kenya, où des travailleurs ont été exposés à des contenus violents et haineux pour un salaire dérisoire.

      Dans sa réponse officielle, la direction d’OpenAI affirme ne pas avoir eu connaissance des conditions de travail de ce sous-traitant.
      Cependant, l’affaire a profondément écorné son image de pionnier éthique de l’intelligence artificielle.

      De fortes pressions dans un secteur ultra-compétitif

      Ce scandale révèle le paradoxe entre compétitivité et éthique dans le secteur de l’intelligence artificielle.
      Pour rester dans la course face aux GAFAM, OpenAI s’est heurtée aux limites de ses engagements moraux.

      Le prestataire mis en cause travaille d’ailleurs pour la plupart des concurrents directs d’OpenAI, en raison de tarifs extrêmement compétitifs.
      Les géants comme Google, Meta ou Microsoft ont eux aussi recours à ces sous-traitants chargés de filtrer les données violentes ou haineuses, dans le cadre de l’entraînement de leurs modèles.

      OpenAI n’a donc pas inventé cette pratique : elle l’a reproduite pour survivre dans une industrie dominée par la logique de vitesse et de performance.
      Son évolution – du statut juridique à la recherche de fonds – l’a rendue de plus en plus semblable à ses concurrents, y compris dans ses méthodes.

      La principale critique adressée à OpenAI tient à l’incohérence entre son discours et ses pratiques.
      L’entreprise s’était imposée mondialement grâce à un positionnement moral fort. Lorsque la réalité de son fonctionnement a été dévoilée, une partie du public s’est sentie trahie.

      Mais il serait injuste de généraliser ce cas à l’ensemble du secteur non lucratif ou à celui de l’IA.
      Le développement de l’intelligence artificielle reste une opportunité majeure pour la Social Tech, qui pourra s’appuyer sur ces outils pour produire des innovations éthiques, responsables et utiles au bien commun.

      Quelle est la position de ChatGPT lui-même ?

      Pour clore l’analyse, ChatGPT a été interrogé sur le dilemme éthique auquel ses créateurs ont été confrontés : productivité ou éthique ?
      Sa réponse est sans équivoque :

      « Les entreprises qui se revendiquent d’un modèle éthique ou à but non lucratif ont une responsabilité envers le public et le reste du secteur. La transparence et la redevabilité sont des conditions essentielles de la confiance. »

      Une position lucide, bien éloignée des ambitions financières actuelles d’OpenAI, qui prévoit désormais d’atteindre 1 milliard de dollars de revenus d’ici 2024 — un objectif qui s’éloigne sensiblement de son intention initiale : créer une intelligence artificielle au service de l’humanité.

      Compétences numériques : comment mieux les promouvoir par l’éducation ?

      Compétences numériques : comment mieux les promouvoir par l’éducation ?

      Compétences numériques : comment mieux les promouvoir par l’éducation ?

      Le 16 septembre 2022, le Social Good Accelerator (SOGA) a répondu à la consultation européenne sur l’amélioration de l’enseignement des compétences numériques.

      Cette consultation posait une question centrale :

      Quelles actions mettre en place pour développer les compétences numériques dès le plus jeune âge et à toutes les étapes de la formation ?

      Contexte : un enjeu stratégique pour l’Europe

      Bien avant la crise du COVID-19, le besoin de renforcer les compétences numériques de tous était déjà manifeste.
      Aujourd’hui encore, les niveaux de maîtrise du numérique restent inégaux, marqués par des écarts de genre, d’origine socio-économique et de territoire.
      La pandémie n’a fait qu’accroître cette demande de compétences, rendant urgente la mise en place de stratégies éducatives adaptées.

      Cette consultation s’inscrit dans le cadre du Plan d’action pour l’éducation numérique 2021-2027, dont la première priorité stratégique est de garantir une éducation et une formation numériques accessibles, de qualité et inclusives.

      Le SOGA, engagé pour une transition numérique éthique et solidaire, y a formulé plusieurs recommandations concrètes destinées à développer les compétences numériques à tous les stades du parcours éducatif.

      Un manque de formations numériques transversales et adaptées dans l’enseignement supérieur

      Le premier constat du SOGA concerne la pénurie et l’uniformité des talents.
      Les cursus universitaires abordent encore trop peu les questions de culture numérique, de conception responsable ou d’usage critique des technologies.
      Les formations en sciences humaines, droit ou art — pourtant cruciales pour comprendre les impacts du numérique — restent insuffisamment connectées à l’innovation technologique.

      Recommandations proposées :

      • Créer des programmes de découverte et d’immersion dans des startup studios pour les étudiants en sciences humaines, droit ou arts.

      • Soutenir les partenariats entre universités, écoles informatiques et PME locales.

      • Encourager le partage de ressources et d’espaces (outils, fablabs, médias, plateformes).

      • Développer des consortia d’apprentissage pair-à-pair à l’échelle européenne entre étudiants en technologie et étudiants d’autres disciplines.

      • Accroître la numérisation du secteur de l’économie sociale, en favorisant un marché du travail numérique inclusif doté de formations dédiées.

      Accessible, quality and inclusive digital education and training is the first strategic priority of the Digital Education Action Plan 2021-2027. Photo credit: European Commission

      Des compétences rares, chères, et concentrées dans les entreprises les plus riches

      Dans le secteur du numérique d’intérêt général, les structures de l’économie sociale font face à une double difficulté :
      un manque de moyens financiers pour attirer les talents et une guerre des compétences qui profite surtout aux grandes entreprises.
      L’Union européenne estime qu’il faudra 20 millions de professionnels du numérique d’ici 2030 pour répondre aux besoins du marché.

      En parallèle, les services numériques d’intérêt général nécessitent des compétences spécifiques en matière de conception inclusive, d’accessibilité, de gouvernance des données et de développement éthique — encore trop peu enseignées dans les formations initiales et continues.

      Recommandations proposées :

      • Développer des partenariats entre étudiants et publics éloignés du numérique, afin de promouvoir une littératie numérique universelle et inclusive.
      • Évaluer les écarts de compétences numériques des acteurs de l’économie sociale.
      • Concevoir des parcours de formation ciblés au sein des organisations de l’ESS.
      • Diffuser et mutualiser les résultats de recherche liant transition numérique et économie sociale pour faciliter la réplication d’initiatives réussies.
      • Multiplier les formations aux outils no-code, qui permettent de créer des sites, applications ou automatisations sans maîtriser le code informatique.

      Les outils no-code ouvrent de nouvelles perspectives : ils rendent le développement numérique plus accessible, tout en favorisant une structuration de la pensée digitale et une meilleure gestion des données.

      Vers une éducation numérique ouverte, accessible et inclusive

      Promouvoir les compétences numériques ne se limite pas à l’acquisition de savoir-faire techniques : c’est un enjeu de citoyenneté et d’inclusion.
      Le SOGA appelle à une politique européenne ambitieuse pour que chaque citoyen, quel que soit son parcours, puisse comprendre, utiliser et maîtriser les outils numériques.
      C’est à cette condition que la transition digitale deviendra une transition sociale et démocratique, portée par les valeurs de l’économie sociale et solidaire.

      FAQ — Promouvoir les compétences numériques par l’éducation

      Qu’entend-on par “compétences numériques” ?

      Les compétences numériques regroupent l’ensemble des savoirs, savoir-faire et attitudes permettant d’utiliser efficacement les technologies numériques.
      Elles vont de la maîtrise des outils de base (bureautique, navigation, messagerie) à des compétences plus avancées en sécurité des données, création numérique, analyse de données ou programmation.

      Pourquoi est-il essentiel de développer les compétences numériques dès l’école ?

      Il est important de développer les compétences numériques dès l’école, car le numérique structure désormais tous les aspects de la vie quotidienne et professionnelle.
      Les former dès le plus jeune âge permet de réduire la fracture numérique, de favoriser l’égalité des chances, et de préparer les citoyens à une société de plus en plus digitalisée.

      Quels sont les principaux freins à l’enseignement du numérique en Europe ?

      Les freins identifiés par le SOGA sont :

      • le manque de formations transversales adaptées dans l’enseignement supérieur,

      • la pénurie d’enseignants formés,

      • les inégalités territoriales et sociales d’accès au matériel et à la connexion,

      • et la difficulté à relier les compétences numériques aux valeurs sociales et environnementales.

      Comment l’économie sociale et solidaire (ESS) peut-elle contribuer à la formation numérique ?

      Les organisations de l’économie sociale et solidaire (ESS) jouent un rôle essentiel dans la formation des publics éloignés du numérique.
      Elles expérimentent des modèles inclusifs, mutualisent les ressources et proposent des formations accessibles et ancrées dans les réalités locales — une approche complémentaire à celle du système éducatif classique.

      Quelles actions le Social Good Accelerator mène-t-il dans le domaine de l'ESS numérique ?

      Le SOGA agit à travers plusieurs projets européens, dont :

      • la Social Tech Academy, qui forme aux métiers numériques de la Social Tech ;

      • et le projet Social_tEchSS, qui crée des référentiels de compétences numériques de base pour les professionnels de l’économie sociale.
        Ces initiatives visent à faire du numérique un levier d’inclusion et d’émancipation, et non une source d’exclusion.

      Comment puis-je participer ou soutenir ces initiatives ?

      Vous pouvez :