Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

Les inégalités numériques – plus souvent appelées fracture numérique – restent un frein majeur pour des millions d’Européens. Elles touchent celles et ceux qui n’ont pas accès aux outils numériques, ne peuvent pas les financer ou manquent des compétences nécessaires pour les utiliser.
Pour réduire ces écarts, les pouvoirs publics, au niveau national comme européen, ont renforcé leurs actions afin de garantir un accès effectif au numérique pour tous.

La directive européenne 2018/1972 a introduit la notion de « service d’accès adéquat à Internet à haut débit », posant des critères renforcés pour considérer l’accès Internet comme un service essentiel. Chaque État membre a ensuite transposé cette directive dans son droit national, notamment via des plans nationaux d’inclusion numérique, programmes territoriaux ou stratégies sectorielles.

Voici quatre exemples de politiques d’inclusion numérique au sein de l’Union européenne.

site kit d'inclusion numérique
Overview of the Digital Inclusion Kit launched by the French authorities
Source: Mission société numérique (screenshot)

France : un plan national pour soutenir l’inclusion numérique

La stratégie française vise d’abord à identifier les publics en difficulté et à former les professionnels capables de les accompagner.
L’un des dispositifs phares est un MOOC conçu par La MedNum et le CNFPT, destiné à sensibiliser les agents territoriaux aux enjeux de la médiation numérique et à la transition numérique des territoires.

Par ailleurs, la France mobilise les jeunes en service civique, accompagnés par la Ligue de l’Enseignement, pour :

  • sensibiliser les publics vulnérables aux enjeux du numérique ;

  • leur apporter un accompagnement de première ligne en médiation numérique.

Cette approche met l’accent sur la montée en compétences, la médiation et la coopération territoriale, considérées comme des leviers essentiels de l’inclusion numérique.

Espagne : une stratégie structurée autour de quatre priorités

L’Agenda numérique espagnol repose sur quatre objectifs majeurs :
accessibilité, compétences de base, égalité femmes-hommes, employabilité.

Les ambitions affichées incluent :

  • l’élimination des zones blanches du territoire ;

  • le renforcement des compétences numériques des publics les plus âgés et les moins qualifiés ;

  • la réduction des écarts de genre dans l’accès et les métiers du numérique ;

  • la généralisation de la formation tout au long de la vie.

Pour y parvenir, l’Espagne investit massivement, notamment 140 millions d’euros pour garantir une connexion minimale de 100 Mb/s à toute la population d’ici 2025.

cornwall
Two women working on a computer
Source: Gobierno de España
Parlement fédéral belge
The Palace of the Nation, which hosts the Belgian federal parliament
Source: Wikipedia, Palace of the Nation in Brussels

Belgique : une stratégie pour réduire une fracture numérique multidimensionnelle

La Belgique distingue trois niveaux de fracture numérique :

  1. L’accès (équipements, connectivité)
  2. Les compétences (utiliser efficacement les outils)
  3. L’usage significatif (accéder aux services publics, effectuer des démarches administratives)

Pour réduire ces écarts, l’État belge mise sur :

  • une coopération renforcée entre le fédéral, les régions, les provinces et les communes ;
  • l’implication des acteurs de l’e-inclusion pour bâtir un véritable écosystème d’inclusion numérique, y compris dans les services publics ;
  • des mesures d’accessibilité financière (matériel, abonnements) ;
  • un effort massif de formation et de sensibilisation.

Aujourd’hui encore, 10 % des ménages belges n’ont pas accès à Internet, et les zones rurales de Wallonie restent prioritaires. Le gouvernement fédéral prévoit d’ailleurs de renforcer rapidement son plan Digital Belgium.

Portugal : un plan d’action national pour la transition numérique

Lancé en mars 2020, le Plan d’action pour la transition numérique structure les politiques nationales autour de trois axes :

  1. Capacitation numérique des citoyens
  2. Transformation numérique des entreprises
  3. Modernisation numérique de l’État

Le Portugal s’inspire fortement du modèle estonien en :

  • développant un programme d’e-Residency, permettant aux citoyens portugais à l’étranger d’accéder aux services publics en ligne ;
  • ambitionnant la dématérialisation intégrale des 25 services publics les plus utilisés ;
  • coordonnant les stratégies locales et nationales pour une cohérence d’ensemble.

L’objectif est de créer un écosystème national intégré, capable de soutenir à la fois l’inclusion sociale et la modernisation économique.

Des approches différentes, une même ambition : réduire la fracture numérique

Qu’il s’agisse de la France, de l’Espagne, de la Belgique ou du Portugal, les stratégies nationales convergent vers un objectif commun :
réduire les inégalités d’accès et de compétences numériques, particulièrement pour les publics âgés, les ménages précaires et les habitants des zones rurales.

Malgré des ambitions élevées, les défis restent nombreux :
écarts de connectivité, difficulté d’équipement, manque de formation ou encore complexité des démarches.
Les collectivités, les acteurs publics et les organisations de l’économie sociale ont donc un rôle déterminant à jouer pour garantir un accès universel, équitable et durable au numérique.

Sources :

  • Agence nationale de la cohésion des territoires, Plan national pour un numérique inclusif, 2018
  • Conseil central de l’Économie / Centrale Raad voor het Bedrijfsleven, Vers une politique d’inclusion numérique en Belgique, 2020
  • Ministro da Economia e Transição Digital, Portugal Digital, 2020
  • ePortugal, Governo lança plano de ação para a transição digital, 2020
  • Ministerio de asuntos económicos y transformación digital, Plan de inclusión digital y empleabilidad, 2014

FAQ — Inclusion numérique en Europe

Qu’est-ce que l’inclusion numérique ?

L’inclusion numérique désigne l’ensemble des actions visant à garantir l’accès pour tous au numérique : équipement, connexion, compétences de base et capacité à effectuer des démarches essentielles.

Quels publics sont les plus touchés par la fracture numérique ?

Trois catégories sont particulièrement vulnérables :

  • les personnes âgées ;
  • les ménages à faibles revenus ;
  • les habitants des zones rurales ou isolées.
Que fait l’Union européenne pour réduire la fracture numérique ?

L’UE agit via :

  • la directive 2018/1972 sur l’accès adéquat à Internet ;
  • le Digital Education Action Plan (2021–2027) ;
  • la Décennie numérique 2030 ;
  • des fonds structurels soutenant la connectivité et la formation.
Quels pays européens sont les plus avancés en matière d’inclusion numérique ?

L’Estonie reste un modèle de référence.
Le Portugal s’en inspire fortement.
La France, l’Espagne et la Belgique disposent de stratégies robustes combinant accès, compétences et modernisation des services publics.

Pourquoi l’inclusion numérique est-elle devenue essentielle ?

Parce que l’accès au numérique conditionne désormais :

  • l’accès aux droits et aux services publics ;
  • la recherche d’emploi ;
  • la participation citoyenne ;
  • l’accès à l’information et aux soins.

Elle constitue un enjeu fondamental d’égalité et de cohésion sociale.

G7 en Cornouailles : pourquoi le Sud-Ouest britannique compte-t-il pour le numérique ?

G7 en Cornouailles : pourquoi le Sud-Ouest britannique compte-t-il pour le numérique ?

G7 en Cornouailles : pourquoi le Sud-Ouest britannique compte-t-il pour le numérique ?

Le Sommet du G7 se déroule cette année dans la station balnéaire de Carbis Bay, en Cornouailles (Royaume-Uni). Si ce choix semble d’abord esthétique – falaises escarpées, paysages côtiers spectaculaires, charme rural – il serait réducteur d’y voir un simple décor.
Car cette région, parmi les moins denses d’Angleterre, est aujourd’hui un territoire pionnier de l’innovation numérique et de la green tech.

Voici comment le Sud-Ouest britannique est devenu un laboratoire de transformation numérique… en pleine ruralité.

G7 leaders
The leaders of the G7 countries in Cornwall, 11th of June 2021
Source: G7 UK 2021 Flickr Channel

Une région rurale devenue terre d’innovation

Avec seulement 600 000 habitants, des villes moyennes d’environ 20 000 habitants et plus de la moitié de sa population vivant en milieu rural, la Cornouailles pourrait passer pour un territoire périphérique. C’est tout l’inverse.

La région accueille aujourd’hui :

  • des entreprises tech en pleine croissance,
  • un secteur numérique qui a explosé pendant la pandémie,
  • plus de 4 000 boutiques en ligne créées pendant la crise.

Dans une économie où le tourisme, la pêche et l’agriculture dominent, le numérique est devenu un levier de résilience.
Comme le rappelle Paul Coles, directeur régional de British Telecom :

« L’agriculture innove depuis des siècles : l’agritech en est la nouvelle étape. Si nous voulons prospérer, nous devons accélérer investissement et innovation. »

Superfast Cornwall : un projet numérique pour changer la vie rurale

Comme d’autres pays européens, le Royaume-Uni a lancé un vaste plan de déploiement numérique.
Rien que pour les zones rurales, 75 millions de livres sterling ont été investies – dont une grande partie en Cornouailles.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • en 2017, 17 % des zones rurales n’avaient toujours pas accès au haut débit ;
  • en 2011, 20 % des adultes de Cornouailles n’avaient jamais utilisé Internet.

Pour répondre à cette urgence, le projet Superfast Cornwall voit le jour.
Financé par le FEDER, British Telecom et les autorités locales, il poursuit deux objectifs :

  1. Déployer des infrastructures numériques fiables ;
  2. Accompagner les habitants dans leurs usages.

La plateforme iCornwall fédère alors collectivités, associations et acteurs locaux.
Mais l’infrastructure n’est qu’un début : l’enjeu est humain.

Comme l’explique Sandra Coak, médiatrice numérique à Pendeen :

« La technologie avance si vite que beaucoup de gens restent sur le bord du chemin. »

Ainsi, des centaines d’ateliers gratuits ont été organisés dans les villages, principalement pour les seniors.

cornwall
St. Agnes Heritage Coast, in Cornwall
Source: Pexels (image free of rights)
euses OECD conference
The digital hub of Pendeen, a remote village close to Penzance
Source: Superfast Cornwall

Des services publics transformés en tiers-lieux numériques

L’inclusion numérique ne s’est pas limitée à former les habitants.
Mairies, bibliothèques et services publics se sont convertis en points d’accès numérique :

  • ordinateurs en libre accès pour démarches administratives,
  • assistance numérique de proximité,
  • ateliers thématiques.

L’amélioration du réseau a également permis de développer des usages innovants, notamment en e-santé.
L’Université de Plymouth a testé :

  • des solutions de télémédecine,
  • des robots d’assistance,
  • des dispositifs numériques pour accompagner les personnes atteintes de démence.

Entre succès et limites : le numérique au service du développement local

La crise sanitaire a mis en lumière la valeur de ces investissements.
Comme le souligne Paula Byers, fondatrice de Digital Northern Devon :

« Si nous voulons reconstruire une économie durable, le numérique sera incontournable. »

Grâce à ces infrastructures, des entreprises comme Jurassic Fibre se sont implantées dans la région, avec l’ambition d’apporter un haut débit de classe mondiale à 300 000 foyers.

Pour son PDG, Michael Maltby :

« Comme le rail au XIXe siècle, le déploiement de la fibre créera les gagnants et les perdants du XXIe siècle. Nous voulons que le Sud-Ouest soit parmi les gagnants. »

La Cornouailles attire désormais les habitants des grandes villes voisines (Bristol, Exeter, Londres), séduits par la combinaison paysages + infrastructures numériques.

Mais l’article met en garde : l’Union européenne considère encore la région comme « largely neglected » en termes d’investissement numérique.

European flags
Localisation of Cornwall in the South West of England
Source: Wikipedia (image free of rights)

Un modèle pour repenser l’inclusion numérique rurale

L’expérience cornouaillaise montre que :

  • la connectivité seule ne suffit pas ;
  • l’humain demeure central dans toute stratégie numérique ;
  • les territoires ruraux peuvent devenir des moteurs de transition numérique, à condition d’être accompagnés.

La Cornouailles a transformé ses contraintes en opportunités, en bâtissant un modèle hybride alliant infrastructures, formation, innovation locale et e-services.

Un exemple inspirant pour l’Europe entière.

mannheim stadt
A view of Port Isaac, UK, a small village north of Newquay.
Source: Pexels (free of use)

Sources:

– European Network for Rural Development, Cornwall-UK, Steps towards a digital rural region, 2019

– Olivier Vergnault, Hannah Finch, “Why the South West’s tech sector has been a saviour of the Covid-19 crisis”, Business Live, 2020

FAQ — Numérique et ruralité en Cornouailles

Pourquoi le G7 a-t-il été organisé en Cornouailles ?

Pour mettre en avant une région symbole de transition écologique et numérique, malgré son caractère rural.

Qu’est-ce que le projet Superfast Cornwall ?

Un programme financé par l’UE, BT et les autorités locales pour déployer la fibre, réduire la fracture numérique et former les habitants.

Quels secteurs économiques bénéficient du numérique en Cornouailles ?

Le tourisme, l’agriculture, la pêche, l’e-commerce et les services publics (notamment la santé).

La région est-elle un modèle d’inclusion numérique ?

Oui : elle a combiné infrastructures, formation et innovation locale, devenant une référence en matière de numérique rural.

Quels sont les principaux défis restants ?

La pérennité des investissements, l’accompagnement des publics éloignés et la nécessité d’éviter une concurrence territoriale liée au déploiement de la fibre.

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

Mars 2021 – Par Arnaud Castaignet

En décembre 2020, la Commission européenne a présenté deux textes majeurs : le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA).

Ces propositions législatives visent à réguler les plateformes numériques et à clarifier leurs responsabilités, notamment en matière de modération des contenus et de fonctionnement des marchés numériques.

Ces textes sont présentés comme urgents, dans un contexte où des entreprises comme Google, Facebook, Amazon ou Apple concentrent un pouvoir économique et informationnel sans précédent.

Un contexte politique favorable à une régulation renforcée

Le débat s’est intensifié après la suspension des comptes du président américain Donald Trump par Twitter, Facebook, Instagram ou Snapchat.

Sans défendre les propos de l’ancien président, plusieurs responsables européens ont exprimé leurs réserves :

  • Angela Merkel a jugé cette décision « problématique » ;

  • Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, l’a qualifiée de « déconcertante ».

Pour l’Union européenne, la régulation de la liberté d’expression ne peut reposer uniquement sur des règles internes d’entreprises privées. Elle doit être encadrée par des lois démocratiques.

DSA : réguler les processus, pas les contenus

Le Digital Services Act vise principalement à :

  • harmoniser les règles applicables aux services numériques dans l’UE ;

  • renforcer la transparence des décisions de modération ;

  • clarifier les procédures de signalement et de retrait de contenus ;

  • garantir des mécanismes de recours ;

  • imposer des obligations de transparence en matière de publicité et d’accès aux données.

L’objectif n’est pas de réguler la parole elle-même, mais le processus de décision des plateformes.

Les entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations pourraient s’exposer à des amendes de plusieurs milliards d’euros.

DMA : encadrer les “gatekeepers”

Le Digital Markets Act cible spécifiquement les plateformes dites « contrôleurs d’accès » (gatekeepers).

Un gatekeeper est une entreprise qui :

  • exerce une activité dans au moins trois États membres ;

  • opère dans l’un des huit services numériques essentiels (moteurs de recherche, réseaux sociaux, publicité, marketplaces, etc.) ;

  • réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 6,5 milliards d’euros ou une capitalisation de plus de 65 milliards d’euros ;

  • compte plus de 45 millions d’utilisateurs finaux mensuels et 10 000 utilisateurs professionnels par an ;

  • occupe une position durable sur le marché.

Ces critères visent clairement les géants du numérique.

Un équilibre délicat : réguler sans étouffer l’innovation

Le DMA cible uniquement les acteurs les plus massifs afin de ne pas surcharger les PME et les start-ups européennes.

L’enjeu est double :

  1. Réduire l’accumulation de pouvoir économique ;
  2. Favoriser une concurrence plus équitable sur le marché unique numérique.

Un tournant pour la souveraineté numérique européenne

Les DSA et DMA constituent une étape majeure dans la construction d’une souveraineté numérique européenne.

Ils visent à :

  • protéger les droits fondamentaux ;

  • garantir la liberté d’expression dans un cadre démocratique ;

  • limiter les abus de position dominante ;

  • soutenir l’innovation et la concurrence.

Reste à savoir si ces instruments permettront réellement de transformer le fonctionnement de l’Internet mondial et de rééquilibrer le rapport de force face aux Big Tech.

    Conclusion : vers un Internet plus démocratique ?

    Avant de construire un Internet centré sur les citoyens, il est nécessaire de réguler la domination excessive de quelques acteurs globaux.

    Les propositions de DSA et DMA s’inscrivent dans cette ambition :
    protéger les consommateurs européens et préserver les droits fondamentaux à l’ère numérique.

    FAQ — DSA, DMA et régulation des plateformes

    Quelle est la différence entre le DSA et le DMA ?

    Le DSA régule les obligations des plateformes en matière de contenus et de transparence.
    Le DMA encadre le comportement économique des grandes plateformes dominantes.

    Qu’est-ce qu’un “gatekeeper” ?

    Une plateforme numérique dominante qui joue un rôle d’intermédiaire incontournable entre entreprises et utilisateurs.

    Le DSA régule-t-il la liberté d’expression ?

    Non. Il régule les processus de modération, pas les contenus eux-mêmes.

    Quelles sanctions sont prévues ?

    Des amendes pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros, voire des mesures structurelles.

    Pourquoi ces textes sont-ils importants pour l’Europe ?

    Ils renforcent la souveraineté numérique européenne et visent à rééquilibrer le marché numérique face aux Big Tech.

    The role of social economy in a fair and sustainable recovery: input for the future Action Plan on social economy

    The role of social economy in a fair and sustainable recovery: input for the future Action Plan on social economy

    The first European Social plan, which will be driven by European associations and announced by Commissioner Nicolas Schmit, raises several questions. The consequences of the economic and social crises we are experiencing are putting the social economy at the forefront, which has shown its resilience capacities in the recent months. This is why the European Economic and Social Committee organised a public hearing on February 17th focusing on the role of the social economy in the European recovery.

     

    “The circular economy can only work with fair regulation”

    The European Union has been able to propose new legislative instruments that will strengthen the adaptability of its public policies and the resilience of its citizens. New levers for action were recommended in the recent strategic foresight report. Giuseppe Guerini (EESC) highlighted the appropriate response the social economy provided in the crisis and in the recovery. That is why there is a need for “a more harmonised fiscal policy among Member States, which would allow greater recognition of the general interest function of social economy organisations”, he said. This issue is also perfectly fits with the programme of the Portuguese Presidency of the Council that began last January, which focuses on the European social rights basis and also corresponds to the action plan announced by Mr. Schmit. It should be noted that this presidency is resolutely focused on the digital dimension, and that this dimension will be pursued during the forthcoming Slovenian and French presidencies.

     

    The MEP Sven Giegold then focused on the role of the European Parliament in promoting social economy. According to the MEP, “the EU must support this sector as much as possible, in particular by going further in terms of public policies”. For example, it would be appropriate, according to Mr Giegold, to create a stronger statute for associations at the European level. “There is a real need for a new offensive from the European institutions to recognise the social economy in its diversity, to facilitate the procedures related to it and to create a clear and transparent status” he said. The MEP supports the idea that the social economy can only function on the basis of fair regulation, while relying on a long political agenda and continued support from public authorities.

    “The role of the state must be reassessed to improve our resilience”

    Nevertheless, the EU is defined by the Treaties as a social market economy, which at present still seems to be lacking. It is necessary to find a good balance to bring business into this debate. Thus, the major economic sectors are seen as inactive in this area, according to Maxime Cerutti (Business Europe).

    There is a need for help, especially financial help, in this sector, which has been weakened by the current crises. Filipa Farelo (CASES, Portugal) took the opportunity to point out that “the social economy should be given greater prominence in order to guarantee a better European transition, particularly in view of its importance in terms of resilience”. According to her, the social economy has demonstrated its capacity for inclusion and diversity, in terms of the good representation of women and people with reduced mobility it shows, compared to other sectors.

     

    “The current crisis allows for change in some sectors”

    Juan Pedreno (Social Economy Europe) pointed out the importance of supporting democratically functioning start-ups. Such initiatives would allow for a more active participation of European citizens, while strengthening protection systems and cooperation with the public sector to build innovative projects. Thus, the digital transition is a crucial issue for revitalising the social economy in Europe, especially in rural areas affected by the crisis through collective enterprises. The role of the state must therefore be reassessed to improve the resilience of each and every individual.

     

    The social economy is therefore a priority for many actors at the European level, as Jordi Canas, MEP, stated at this public hearing. He therefore regretted the fact that the social economy is not a priority of the Commission, but an objective. Ann Branch (DG Empl) stated that “the Commission attaches full importance to the common base and the social economy”. This therefore poses problems of legal interpretation at the level of European standards related to this theme.

    This position is all the more regrettable since the role of the social economy is clear in job creation, without being fully recognised, according to Gianluca Pastorelli (DIESIS). This is why the current crises could be a real window of opportunity to change certain sectors, such as “tourism, which can be made more sustainable and local”, in connection with the social economy.

     

    EU Social Tech Public Affairs Web Review

    EU Social Tech Public Affairs Web Review


    As the COVID health crisis19 is forcing a large proportion of Europeans to remain at home, Social Economy, Digital inclusion, Democracy defense are more than ever accurate. On such matters, European activity is not slowing down. Here is a panorama on EU Public Affairs news on our subject (Tech x Social) : Digital Service Act, digital ambitions of the German Presidency of the EU, Data Governance Act, European Action Plan for Democracy and ambitions for the ‘next world’.

    Digital Service Act : imposing a Tech European model

    From Brussels, Thierry Breton, European Commissioner for the Internal Market is fully mobilised on the Digital Services Act: “As part of the European Digital Strategy, the European Commission has announced a Digital Services Act package to strengthen the Single Market for digital services and foster innovation and competitiveness of the European online environment”. The main aim is to reform the Directive on electronic commerce dating from 2000 with regard to the obligations and responsibilities of platforms and to develop the competition rules. It also provides for the regulation of online content, reinforcing the responsibility of intermediaries in the “fight against illegal content and its amplification”. It thus includes the inclusion of online hate in criminal offences at European level. “Platforms must be more responsible and accountable, they must become more transparent. It is time to go beyond self-regulatory measures” says Vera Jourova, European Commissioner for Values and Transparency.

    Very clearly, the European Commission’s ambition is to tackle the ‘too big to care’ monopoly, which the Commission believes crushes competition and distorts the smooth functioning of the internal market. The arm wrestling, as we suspected, promises to be tough. Thierry Breton, who wants to take the digital economy out of the “Far West” era, does not hesitate to directly question the bosses of Silicon Valey: “Don’t try to play the smartest game. Pay your taxes if you have to pay them. Don’t resort to tax havens. Pay your taxes,” he told Facebook’s CEO last May, before Google CEO Sundar Pichai apologised in October for his more than aggressive internal lobbying practices. 

    The German rotating presidency of the Council of Europe, which ends in December 2020, also makes digital technology one of its major subjects, along with the ecological transition. “In order to stand out internationally as a community of values, we must therefore position ourselves even better on strategic future issues such as climate change, refugees and migration, the rule of law and digital transformation”, said the German Foreign Minister when presenting an ambitious agenda. This also includes the development of a European data and 5G infrastructure and support for research, particularly in the field of artificial intelligence. The Data Governance Act, a regulation on data governance proposed by the European Commission, should thus inflate the pool of data that will feed AI systems and start-ups, and in fine should encourage the emergence of these large sectoral data spaces. 

    European Democracy : inclusion of people, social economy and civil society are key

    The other major topic of this new school year is Democracy. It is the common thread of the digital regulation carried by Europe. And it is a matter of urgency. On the one hand because the breeding ground for mistrust is becoming more and more fertile, particularly because of social networks. According to a survey carried out by the Jean Jaurès Foundation in February 2019, “one Frenchman in five agreed with at least one conspiracy theory” and “43% of those polled agreed that the government would be in cahoots with the pharmaceutical laboratories to hide the reality of the harmfulness of vaccines”. European politicians are also singing the praises of this questioning of our democratic values. While the European recovery plan was painfully voted through, Hungary and Poland decided to apply their veto refusing “that the payment of Community funds should henceforth be conditional on respect for the rule of law”. One point of consensus, whatever our values: they cannot be bought with billions of euros of aid.

    The European action plan for democracy, which has been under the media radar, was the subject of an online consultation this summer. Through the accumulation of new constraints and recommendations for all actors in the democratic game, it must both strengthen the integrity of elections, guarantee media freedom and provide solid strategies against disinformation. It is scheduled for December. 

    After the first containment, calls for the “next  world” had bloomed like flowers in the spring. Despite this regulatory activism, the European project is taking a beating. One would have dreamed that European news coverage would be as dense as it was during the American elections. Wishful thinking that fades like leaves in autumn. Yet there are some calls that resonate more than others, such as that of the first European democratic institution: David Sassoli, President of the European Parliament. “We must ensure that the European policies supported by the resources we pool will encourage a transformation of our economies in the years to come, in the service of respect for the environment, social cohesion – which has been particularly affected in the current health context – and the fight against all forms of inequality,David Sassoli declared last September. He also recognised that “Europe needs more than ever to support the voluntary sector” and that “the harmonisation of the single market should not be limited to companies but should also concern the voluntary sector“. In the meantime, a European regulation on participatory financing to protect investors from financial losses will have to be sufficient. 

    But those who have the most to lose are ultimately the most precarious among us. What appears to be self-evident takes on even greater prominence in the DESI ranking, which reveals that the digital and economic divides overlap.  In that prospect, Cedric O, French Secretary of state for Digital affairs, just  announced a budget of €250 million (40% EU funding) on inclusive digital on the NEC 2020. 4,000 digital advisers will be recruited by local authorities and associations.

    For all these mentioned prospect and because Social Economy and Civil society are both a motor for a more sustainable and prosperous economy for all in Europe, they have to be fully involved in all public policies making. This is also what the European Platform for Philanthropy is calling for









    By Nils Pedersen, President of La Fonda Asso and Vice-President of SOGA EU for Public and Academic Affairs


    Paris, november 2020


     

    DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

    DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

    Le projet européen DigiCirc lance son 1er appel à projets dédié à la ville circulaire

    Le projet européen DigiCirc, coordonné par Cap Digital, lance son premier appel à projets consacré à la Circular City.

    Réunissant 10 partenaires issus de 9 pays européens, DigiCirc vise à accélérer la transition vers une économie circulaire en s’appuyant sur les technologies numériques.

    Doté de 2,4 millions d’euros de financement en cascade, le programme soutiendra des PME européennes développant des solutions digitales innovantes dans trois domaines :

    • 🏙️ Ville circulaire

    • 🌊 Blue Growth (économie bleue)

    • 🌱 Bioéconomie

    Un appel à projets centré sur la ville circulaire

    Ce premier appel recherche des solutions numériques innovantes capables de répondre aux défis de la ville circulaire :

    • améliorer l’efficacité des villes,

    • réduire leur empreinte écologique,

    • diminuer les coûts sanitaires liés aux pollutions urbaines,

    • optimiser la gestion des ressources (énergie, eau, déchets, mobilité).

    L’objectif est clair : utiliser le numérique comme levier d’une transition écologique urbaine.

    Pourquoi la ville circulaire ?

    La ville circulaire repose sur :

    • la réduction des déchets,

    • la réutilisation des ressources,

    • l’optimisation énergétique,

    • l’innovation technologique au service du développement durable.

    Le numérique (IoT, data, plateformes collaboratives, intelligence artificielle, jumeaux numériques, etc.) constitue un accélérateur stratégique pour atteindre ces objectifs.

    Qui peut candidater ?

    Les candidatures doivent être déposées par des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

    Les projets sélectionnés bénéficieront de :

    • 💰 Jusqu’à 60 000 € de financement par PME/start-up

    • 🚀 Un programme intensif d’accélération de 12 semaines

    • 🎯 Un accompagnement personnalisé (business et expertise sectorielle)

    • 🛠️ Un accès à des outils pour tester et développer les solutions numériques

    Calendrier

    Date limite de candidature : 14 janvier 2021 à 17h00 (CET)

      Restez informés

      👉 Inscrivez-vous à la newsletter du projet DigiCirc pour recevoir les dernières actualités et opportunités.

      📩 Contact : julia.morawski (at) capdigital.com

        FAQ — Appel à projets DigiCirc Circular City

        Qu’est-ce que DigiCirc ?

        Un projet européen visant à soutenir l’économie circulaire grâce aux technologies numériques.

        Qui peut candidater ?

        Des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

        Quel est le montant du financement ?

        Jusqu’à 60 000 € par PME/start-up sélectionnée.

        Quels secteurs sont concernés ?

        Ville circulaire, économie bleue et bioéconomie.

        Quel est l’objectif principal ?

        Accélérer le développement de solutions numériques pour réduire l’empreinte écologique des villes.