Social Tech Atlas: why a single map for a thousand social organisations?

Social Tech Atlas: why a single map for a thousand social organisations?

Social Tech Atlas: why a single map for a thousand social organisations?

Until now, there was no European database gathering both organisations supporting social economy stakeholders in their digital transition and those offering alternative digital tools and services. This is now done with the Social Tech Atlas, which does not claim to have succeeded in bringing them together, but it does have the ambition to do so.

Here are the ambitions of this free, open and accessible tool.

Screenshot Social Tech Atlas
A brief overview of the Social Tech Atlas: each dot corresponds to an organisation, each colour represents one kind of sector.
Source: Social Tech Atlas

Bringing together social tech stakeholders
While many other instances of mapping already existed, SOGA recently found that a mapping of the stakeholders involved in social tech from near and far was missing. For example, organisations such as the Impact Database have provided an interactive map of the impact investor landscape in Europe. In the case of the SOGA, the aim is to bring together social tech stakeholders. This concept describes the use of digital technologies to act for the general interest and society. In other words, this is the model that SOGA has been advocating since its creation, i.e. that of reducing inequalities, reinforcing existing solidarity and innovating socially through the use of open and free digital tools.


Made up of technology models based on social economy stakeholders and infrastructures, Social Tech offers systems with a high social and environmental impact. Moreover, it is necessary for social economy to succeed in its digital transition, in particular so that it preserves its intangible social heritage, at the heart of the European model.

An interactive map to pool forces for the specificities of the European Tech model
To achieve this, like many stakeholders in the sector, the Social Good Accelerator also wants to offer open tools coupled with practical applications. This database idea that the association has had in mind for some time will allow social tech organisations in Europe and policy makers to quickly identify several stakeholders. The databases that will provide the Social Tech Atlas will be open databases of our partners, which already list a certain number of structures that SOGA would like to reference. This data must be aggregated, validated and made compliant with the GDPR so that it can then be integrated into the Atlas. The project team had to keep in mind the objective of this open mapping, and therefore to filter out the organisations that should be included from the others.

Firstly, the Atlas will allow them to find European organisations that support in particular social economy stakeholders in their digital transition through methods focused for example on change management or adapted UX design. Secondly, any organisation will be able to find European structures with different statutes (cooperatives, mutuals, associations, foundations) offering alternative and open digital tools and services.

The objective of the Social Tech Atlas is to pool forces in order to contribute to the specificities of the European Tech model, while improving the recognition of the added value it entails. Pooling forces for the greater good will allow the structures concerned to limit their financial and time costs. Indeed, with the Social Tech Atlas, a considerable time saving is potentially possible for social economy structures. The creation of such pools is in line with SOGA’s approach to strengthening the sector’s missions. The aim is to enable European social economy stakeholders to find partners in tune with the digital transformation of their structure. 

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The logo of the Social Tech Atlas
Source: Social Good Accelerator

In addition to offering skills and services useful to the common good, the organisations listed here are also specialised in social economy issues (sometimes even being part of them).

SOGA’s ambition in creating such a digital commons is indeed to see the multiplication of European cooperation in Social Tech. This ambition could not have been achieved without the incredible commitment of the partners and volunteers of the Aésio Mutuelle association, which was the main funder of this project. A huge thank you to our volunteers from >Contournement>, Latitudes, Fantastique Bazar and Vizity for the huge amount of work they have done. Have a look at their website, what they do is great!

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AESIO Mutuelle
PANA
DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

DSA et DMA : l’Union européenne peut-elle vraiment réguler les Big Tech ?

Mars 2021 – Par Arnaud Castaignet

En décembre 2020, la Commission européenne a présenté deux textes majeurs : le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA).

Ces propositions législatives visent à réguler les plateformes numériques et à clarifier leurs responsabilités, notamment en matière de modération des contenus et de fonctionnement des marchés numériques.

Ces textes sont présentés comme urgents, dans un contexte où des entreprises comme Google, Facebook, Amazon ou Apple concentrent un pouvoir économique et informationnel sans précédent.

Un contexte politique favorable à une régulation renforcée

Le débat s’est intensifié après la suspension des comptes du président américain Donald Trump par Twitter, Facebook, Instagram ou Snapchat.

Sans défendre les propos de l’ancien président, plusieurs responsables européens ont exprimé leurs réserves :

  • Angela Merkel a jugé cette décision « problématique » ;

  • Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, l’a qualifiée de « déconcertante ».

Pour l’Union européenne, la régulation de la liberté d’expression ne peut reposer uniquement sur des règles internes d’entreprises privées. Elle doit être encadrée par des lois démocratiques.

DSA : réguler les processus, pas les contenus

Le Digital Services Act vise principalement à :

  • harmoniser les règles applicables aux services numériques dans l’UE ;

  • renforcer la transparence des décisions de modération ;

  • clarifier les procédures de signalement et de retrait de contenus ;

  • garantir des mécanismes de recours ;

  • imposer des obligations de transparence en matière de publicité et d’accès aux données.

L’objectif n’est pas de réguler la parole elle-même, mais le processus de décision des plateformes.

Les entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations pourraient s’exposer à des amendes de plusieurs milliards d’euros.

DMA : encadrer les “gatekeepers”

Le Digital Markets Act cible spécifiquement les plateformes dites « contrôleurs d’accès » (gatekeepers).

Un gatekeeper est une entreprise qui :

  • exerce une activité dans au moins trois États membres ;

  • opère dans l’un des huit services numériques essentiels (moteurs de recherche, réseaux sociaux, publicité, marketplaces, etc.) ;

  • réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 6,5 milliards d’euros ou une capitalisation de plus de 65 milliards d’euros ;

  • compte plus de 45 millions d’utilisateurs finaux mensuels et 10 000 utilisateurs professionnels par an ;

  • occupe une position durable sur le marché.

Ces critères visent clairement les géants du numérique.

Un équilibre délicat : réguler sans étouffer l’innovation

Le DMA cible uniquement les acteurs les plus massifs afin de ne pas surcharger les PME et les start-ups européennes.

L’enjeu est double :

  1. Réduire l’accumulation de pouvoir économique ;
  2. Favoriser une concurrence plus équitable sur le marché unique numérique.

Un tournant pour la souveraineté numérique européenne

Les DSA et DMA constituent une étape majeure dans la construction d’une souveraineté numérique européenne.

Ils visent à :

  • protéger les droits fondamentaux ;

  • garantir la liberté d’expression dans un cadre démocratique ;

  • limiter les abus de position dominante ;

  • soutenir l’innovation et la concurrence.

Reste à savoir si ces instruments permettront réellement de transformer le fonctionnement de l’Internet mondial et de rééquilibrer le rapport de force face aux Big Tech.

    Conclusion : vers un Internet plus démocratique ?

    Avant de construire un Internet centré sur les citoyens, il est nécessaire de réguler la domination excessive de quelques acteurs globaux.

    Les propositions de DSA et DMA s’inscrivent dans cette ambition :
    protéger les consommateurs européens et préserver les droits fondamentaux à l’ère numérique.

    FAQ — DSA, DMA et régulation des plateformes

    Quelle est la différence entre le DSA et le DMA ?

    Le DSA régule les obligations des plateformes en matière de contenus et de transparence.
    Le DMA encadre le comportement économique des grandes plateformes dominantes.

    Qu’est-ce qu’un “gatekeeper” ?

    Une plateforme numérique dominante qui joue un rôle d’intermédiaire incontournable entre entreprises et utilisateurs.

    Le DSA régule-t-il la liberté d’expression ?

    Non. Il régule les processus de modération, pas les contenus eux-mêmes.

    Quelles sanctions sont prévues ?

    Des amendes pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros, voire des mesures structurelles.

    Pourquoi ces textes sont-ils importants pour l’Europe ?

    Ils renforcent la souveraineté numérique européenne et visent à rééquilibrer le marché numérique face aux Big Tech.

    DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

    DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

    Le projet européen DigiCirc lance son 1er appel à projets dédié à la ville circulaire

    Le projet européen DigiCirc, coordonné par Cap Digital, lance son premier appel à projets consacré à la Circular City.

    Réunissant 10 partenaires issus de 9 pays européens, DigiCirc vise à accélérer la transition vers une économie circulaire en s’appuyant sur les technologies numériques.

    Doté de 2,4 millions d’euros de financement en cascade, le programme soutiendra des PME européennes développant des solutions digitales innovantes dans trois domaines :

    • 🏙️ Ville circulaire

    • 🌊 Blue Growth (économie bleue)

    • 🌱 Bioéconomie

    Un appel à projets centré sur la ville circulaire

    Ce premier appel recherche des solutions numériques innovantes capables de répondre aux défis de la ville circulaire :

    • améliorer l’efficacité des villes,

    • réduire leur empreinte écologique,

    • diminuer les coûts sanitaires liés aux pollutions urbaines,

    • optimiser la gestion des ressources (énergie, eau, déchets, mobilité).

    L’objectif est clair : utiliser le numérique comme levier d’une transition écologique urbaine.

    Pourquoi la ville circulaire ?

    La ville circulaire repose sur :

    • la réduction des déchets,

    • la réutilisation des ressources,

    • l’optimisation énergétique,

    • l’innovation technologique au service du développement durable.

    Le numérique (IoT, data, plateformes collaboratives, intelligence artificielle, jumeaux numériques, etc.) constitue un accélérateur stratégique pour atteindre ces objectifs.

    Qui peut candidater ?

    Les candidatures doivent être déposées par des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

    Les projets sélectionnés bénéficieront de :

    • 💰 Jusqu’à 60 000 € de financement par PME/start-up

    • 🚀 Un programme intensif d’accélération de 12 semaines

    • 🎯 Un accompagnement personnalisé (business et expertise sectorielle)

    • 🛠️ Un accès à des outils pour tester et développer les solutions numériques

    Calendrier

    Date limite de candidature : 14 janvier 2021 à 17h00 (CET)

      Restez informés

      👉 Inscrivez-vous à la newsletter du projet DigiCirc pour recevoir les dernières actualités et opportunités.

      📩 Contact : julia.morawski (at) capdigital.com

        FAQ — Appel à projets DigiCirc Circular City

        Qu’est-ce que DigiCirc ?

        Un projet européen visant à soutenir l’économie circulaire grâce aux technologies numériques.

        Qui peut candidater ?

        Des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

        Quel est le montant du financement ?

        Jusqu’à 60 000 € par PME/start-up sélectionnée.

        Quels secteurs sont concernés ?

        Ville circulaire, économie bleue et bioéconomie.

        Quel est l’objectif principal ?

        Accélérer le développement de solutions numériques pour réduire l’empreinte écologique des villes.

        SOGA EU : la route numérique de l’économie sociale vers Mannheim

        SOGA EU : la route numérique de l’économie sociale vers Mannheim

        La route vers le Sommet européen de l’économie sociale, Mannheim, mai 2021

        Tallinn, Estonie, novembre 2020

        Dans sa lettre d’intention adressée à David Maria Sassoli, président du Parlement européen, et à la chancelière allemande Angela Merkel, alors en charge de la présidence du Conseil de l’Union européenne, lettre qui accompagnait son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a confirmé que le Plan d’action pour l’économie sociale ferait partie des initiatives prévues pour 2021.

        Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, prépare actuellement ce plan. Il devrait le présenter lors du Sommet européen de l’économie sociale, les 26 et 27 mai 2021 à Mannheim, avant une adoption prévue au cours du second semestre 2021.

        Pourquoi ce Plan d’action européen pour l’économie sociale constitue-t-il une étape clé ?

        Ce document doit apporter une nouvelle vision du système économique. Il doit aussi devenir un instrument majeur pour intégrer de manière systématique l’économie sociale dans les différentes politiques socio-économiques de l’Union européenne, ainsi que dans ses actions destinées à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

        Le plan doit mettre en avant le fait que le tiers secteur et l’impact social peuvent jouer un rôle de transformation. Il doit aussi renforcer la capacité de réaction face aux crises.

        Aujourd’hui, l’Europe compte environ 2 millions d’entreprises de l’économie sociale — coopératives, mutuelles, associations à but non lucratif, fondations et entreprises sociales — soit 10 % de l’ensemble des entreprises de l’Union européenne. Environ 6,3 % de la population active travaille dans ce secteur. Pendant la crise du coronavirus, ce secteur est devenu plus visible. Les institutions européennes le considèrent désormais comme essentiel pour répondre aux deux grandes priorités européennes : la transition verte et la transition numérique.

        Un plan préparé avec plusieurs directions générales et des partenaires de la société civile

        Alors que le Mois de l’économie sociale et solidaire débute en France, comme chaque mois de novembre depuis onze ans, et qu’ESS France lance la plateforme Social Economy Republic, plusieurs institutions européennes travaillent conjointement à la préparation de ce plan.

        Cinq directions générales de la Commission européenne sont impliquées dans ces travaux : DG GROW, DG EMPL, DG Research & Innovation, DG ECFIN et DG CONNECT. Elles travaillent avec le Comité économique et social européen ainsi qu’avec des partenaires de la société civile, parmi lesquels nos partenaires Social Economy Europe et Pour la Solidarité.

        Nicolas Schmit

        Nicolas Schmit et Nicolas Hazard au cœur de la préparation du plan

        Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit, ancien ministre de l’Économie sociale au Luxembourg, pilote ce plan pour la Commission européenne. Il considère que le soutien à l’économie sociale et aux entreprises sociales constitue une composante essentielle de la construction d’un avenir durable pour l’Europe.

        Dans cette perspective, il a clairement décidé de faire avancer le développement de ce plan. Il a d’ailleurs récemment nommé un nouveau conseiller spécial sur les questions d’économie sociale : Nicolas Hazard, entrepreneur français, fondateur et CEO de INCO, structure qui investit dans des entreprises innovantes, durables sur le plan environnemental et responsables sur le plan social, tout en les accompagnant.

        Lors d’une réunion tenue le 28 septembre avec la ministre finlandaise des Affaires sociales Aino-Kaisa Pekonen, Nicolas Schmit a également indiqué que le plan d’action inclurait le sujet de la participation sociale, afin de soutenir l’investissement dans le secteur.

        Le travail sur le plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021

        La préparation du plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021.

        Cette démarche comprend huit événements en ligne organisés en amont du Sommet européen de l’économie sociale. Chaque événement de cette feuille de route se concentre sur un sujet spécifique. Son objectif consiste à connecter les différents acteurs de l’économie sociale en Europe dans un format très interactif, à présenter des bonnes pratiques et des cas d’usage, et à diffuser de l’information grâce à des sessions interactives réunissant des acteurs du changement venus de toute l’Europe.

        Le premier événement en ligne, intitulé « New challenges, new innovations, new solidarities – Social Economy in the fight against COVID-19 », s’est tenu le 24 septembre et a rassemblé près de 300 participants en ligne.

        Le suivant, intitulé « Leaving no one behind – Employment, upskilling and social inclusion in the changing world of work », devait être organisé le 29 octobre. Parmi les intervenants annoncés figuraient Manuela Geleng, directrice à la DG EMPL, Sébastien Darrigrand, directeur général de l’UDES – Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, ainsi que Trebor Scholz, fondateur de l’Institute for the Cooperative Digital Economy et du Platform Cooperativism Consortium.

        Une invitation à participer et à faire entendre la voix de l’ESS

        Nous encourageons chacun et chacune à y participer. Ces European Social Economy Exchange Events, organisés chaque mois, constituent une excellente occasion de se connecter, d’apprendre et de s’engager avec un public diversifié représentant la grande variété des acteurs actifs dans ce domaine à travers toute l’Europe.

        Il est important que l’ensemble des acteurs de l’ESS contribue à amplifier ces voix et à souligner l’importance de mesures significatives de soutien économique dirigées vers les acteurs de l’économie sociale. Il est tout aussi important de mettre en avant le rôle des réponses apportées par l’ESS dans la lutte contre la pandémie et dans le soutien à la résilience post-Covid-19.

        Auteur
        Arnaud Castaignet, expert européen Tech et administrateur du SOGA EU
        Tallinn, Estonie
        Novembre 2020

        Comment la Commission européenne a mobilisé hackers et makers dans la lutte contre le Covid-19

        Comment la Commission européenne a mobilisé hackers et makers dans la lutte contre le Covid-19

        Par Arnaud Castaignet, administrateur et expert Tech UE, Estonie.

        La Commission européenne a mobilisé hackers et makers en Europe face au Covid-19, en s’appuyant sur les communautés de la Social Good Tech pour faire émerger rapidement des solutions innovantes.

        On peut débattre de bien des aspects de la contribution des institutions européennes à la lutte contre la pandémie. Un point mérite néanmoins l’attention : la Commission européenne a très vite compris que les communautés de la Tech for Good, les innovateurs, les start-up et les makers de toutes sortes pouvaient contribuer à développer des solutions innovantes pour atténuer les conséquences négatives de la crise sanitaire.

        Deux initiatives majeures ont ainsi bénéficié du soutien de la Commission européenne.

        #EUvsVirus : hackers et makers en Europe face au Covid-19

        L’événement #EUvsVirus a pris la forme d’un hackathon paneuropéen organisé du 24 au 26 avril. Il s’agissait d’une initiative conjointe entre la Commission européenne et des acteurs issus d’initiatives nationales similaires dans plusieurs États membres.

        L’événement a réuni des responsables publics, comme Blazenka Divjak, ministre croate de la Science et de l’Éducation, ou Pedro Duque, ministre espagnol de la Science et de l’Innovation. Il a également mobilisé des partenaires privés de la communauté technologique européenne, parmi lesquels Daniel Ek, cofondateur et CEO de Spotify, Peter Vesterbacka, créateur d’Angry Birds, et Juan de Antonio, fondateur et CEO de Cabify. Des organisations de la société civile y ont aussi participé, comme le French Refugee Council, Women In Tech Portugal ou encore l’European Association for the Defense of Human Rights.

        Au total, 117 solutions innovantes pour faire face au coronavirus ont été sélectionnées. Parmi les projets remarqués figure Aidbind, porté par des équipes de Bulgarie, d’Allemagne, de Malte, de Suède et de Suisse. Cette solution répond au déficit d’information entre la demande, l’offre et le financement de produits médicaux, grâce à un système fondé sur les dons et l’action caritative. Autre initiative remarquée : Bankera Business Care, en Lituanie, qui propose aux PME une solution de financement de court terme pour couvrir leurs besoins de liquidité en période de crise. Ce hackathon illustre la mobilisation des hackers et makers en Europe face au Covid-19.

        #TheGlobalHack : le mouvement Hack the Crisis

        Un autre événement important s’est tenu du 9 au 12 avril : #TheGlobalHack, inscrit dans la dynamique du mouvement Hack the Crisis.

        Cette initiative a été lancée par trois organisations estoniennes : Garage48, Accelerate Estonia et Guaana, déjà à l’origine du hackathon estonien Hack the Crisis, organisé du 13 au 15 mars. Elle a rassemblé plus de 12 000 participants issus de 98 pays.

        L’événement a reçu le soutien actif et la participation d’organisations comme la UN SDG Action Campaign, l’Agence spatiale européenne, la Banque européenne d’investissement, EU4Digital, Hack for Italy, la Blockchain Philanthropy Foundation, World Cleanup Day, Business Finland ou encore l’Innovation Centre Kosovo.

        Parmi les lauréats notables figure SunCrafter, une initiative basée à Berlin. Le projet propose une station de désinfection alimentée à l’énergie solaire, utilisant la lumière UV, sans maintenance et sans production de déchets. La solution devait déjà être déployée au Ghana. Autre exemple marquant : Act on Crisis, en Lituanie, une plateforme grâce à laquelle des professionnels peuvent apporter un soutien émotionnel par téléphone aux personnes confrontées à une anxiété accrue en raison des confinements.

        Hackers et makers en Europe face au Covid-19 : une mobilisation massive

        Depuis le début du mois de mars, de nombreux hackathons en ligne ont été organisés à travers l’Europe. Le plus grand s’est tenu en Allemagne, le 20 mars, pendant 48 heures. Il a réuni 42 869 participants, qui ont développé 800 projets.

        Cette dynamique a montré que les communautés européennes d’innovateurs, de développeurs et de makers étaient capables de se mobiliser rapidement face à une crise inédite. 

        Capture d’écran de la carte du site Covid-Initiatives. Photo: D.R.

        Pas de solution miracle, mais la preuve que la communauté européenne de la #SocialGoodTech a beaucoup à offrir

        Bien sûr, aucune technologie et aucune de ces initiatives ne prétendait « résoudre » la pandémie. Les véritables héros demeurent les médecins et les soignants, qui ont sauvé des vies et risqué les leurs, souvent en manquant d’équipements médicaux de base comme les masques, les gants, les tests ou les respirateurs.

        Mais cette crise a révélé autre chose : les pays et les organisations doivent être capables d’agir avec agilité et de s’adapter rapidement.

        Ainsi, à travers l’Europe, la communauté des makers et les réseaux de petits fabricants en mode DIY ont joué un rôle concret, notamment pour répondre à la pénurie de matériel médical. Les noms de Cristian Fracassi et Alessandro Romaioli ne sont peut-être pas connus de tous, mais leur histoire a circulé dans le monde entier. Ce sont les deux ingénieurs qui ont transformé les kits de plongée de Decathlon en masques respiratoires d’urgence.

        En France, la plateforme Covid-Initiatives, lancée par le réseau français des fablabs, a permis de rassembler la communauté des makers et de l’orienter vers les lieux où les besoins en équipements de protection individuelle étaient les plus urgents.

        Et après la crise ?

        On peut espérer que la collaboration entre les institutions européennes et ces communautés se poursuivra au-delà de la crise sanitaire.

        La Commission européenne a montré qu’elle pouvait agir rapidement pour soutenir des initiatives innovantes et leur apporter un soutien financier adapté. Mais la communauté européenne de la Social Good Tech aura besoin d’investissements durables et d’un renforcement des compétences pour démontrer pleinement son potentiel dans les années à venir.

        Cette dynamique confirme le potentiel des hackers et makers en Europe face au Covid-19.

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        Données et philanthropie : comment accélérer l’impact grâce à des partenariats au service du bien commun ?

        Données et philanthropie : comment accélérer l’impact grâce à des partenariats au service du bien commun ?

        Jeudi 23 mai, nous étions au Forum annuel de l’European Foundation Center à Paris, une édition placée sous la bannière des valeurs françaises : « Liberty, Equality, Philanthropy… ». Ce rendez-vous a permis aux 800 participants, représentants de fondations venues de toute l’Europe, de découvrir les spécificités et les engagements philanthropiques français à travers des acteurs comme la Fondation de France, La France s’engage, Schneider Electric ou Accenture.

        En fin de journée, un thème central pour le secteur du mécénat a donné lieu à un débat particulièrement riche. Cette séquence, consacrée à « Data and Philanthropy », posait une question centrale : comment la philanthropie peut-elle produire un impact systémique, plutôt qu’occasionnel, grâce aux données ?

        Avec Generation2 – Connection Philanthropy collaboration, nous proposons ici une synthèse de cette discussion, enrichie d’illustrations concrètes issues de notre écosystème.

        Les différents usages des données dans la philanthropie

        Stefaan Verhulst, cofondateur et directeur de la recherche et du développement de GovLab, a ouvert le débat avec une taxonomie particulièrement précise. Il a montré comment la collecte et l’analyse de données peuvent contribuer au développement de la philanthropie.

        Les données comme ressource au service de la philanthropie

        Les données peuvent devenir un outil utile d’amélioration continue pour la philanthropie. Elles permettent d’analyser plus finement les besoins, d’adapter les réponses et les solutions, mais aussi d’améliorer l’évaluation d’impact.

        La plateforme Wenabi, première plateforme destinée à simplifier l’engagement social des entreprises, à mobiliser leurs salariés et à mesurer efficacement l’impact des actions solidaires menées, illustre bien cette logique. Elle propose notamment de mesurer et d’évaluer l’impact des entreprises à travers un outil de reporting intégré, qui permet de suivre les actions mises en œuvre et d’en mesurer les effets sur les salariés comme sur les associations bénéficiaires.

        Les données comme boussole pour orienter les financements

        Les données permettent aussi de mieux orienter les fonds. La philanthropie peut ainsi investir, par exemple, dans la transition numérique du secteur non lucratif, à travers des data ventures. Encore faut-il disposer d’outils facilitant la gestion, l’analyse et la sélection des projets entrants.

        L’outil Optimy, en Belgique, a permis de transformer le processus souvent lourd des appels à projets des fondations. Il y a apporté davantage de transparence et d’efficacité. Le partage de données entre fondations pourrait aller encore plus loin, à condition de respecter le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

        Le numérique peut également nourrir une action prospective. C’est le cas des chatbots conseillers en philanthropie, comme celui mis en place par l’association 30 Millions d’Amis, qui fournit des conseils aux propriétaires d’animaux pendant l’été afin de limiter les risques d’abandon. Autre exemple cité : Alexa, l’assistant vocal d’Amazon, qui a encouragé les dons lors de l’édition américaine de Red Nose Day, ce qui constitue une nouveauté importante.

        Les données comme outil de plaidoyer et d’activisme

        L’analyse de données globales et partagées peut aussi aider à construire des argumentaires et à porter des mobilisations collectives. Les grandes plateformes de pétitions en ligne comme Change.org et Avaaz ont ouvert la voie. Les médias commencent eux aussi à articuler storytelling et appels à l’action, comme Konbini dans sa récente collaboration avec France Inter autour de la journée « Plastic, no thank you ».

        Selon Stefaan Verhulst, de nombreuses fondations investissent déjà dans cette transition. Elles sont aussi de plus en plus nombreuses à utiliser les données pour guider leur stratégie.

        Photo de Ali Khadem sur Unsplash

        Les données comme vision politique

        La philanthropie est appelée à jouer un rôle croissant dans le développement de politiques publiques relatives aux données. C’est ce qu’illustre le cas de Bayes Impact, aujourd’hui engagé en faveur de la mise en place d’un service public citoyen. Cette initiative a conduit à des formes de collaboration public-privé dans la mise à disposition de données utiles aux projets d’innovation sociale portés par des citoyens.

        Un appel à créer de nouvelles formes institutionnelles

        Lucy Bernholz, du Digital Civil Society Lab, a rappelé les dangers associés à l’usage des données dans chacun des quatre champs évoqués. Elle a insisté sur deux questions fondamentales : qui gouverne ces données et de quelle manière ?

        L’une des pistes avancées pour répondre à ces risques consiste à créer de nouvelles formes institutionnelles, extérieures à la fois aux entreprises et aux gouvernements. Lucy Bernholz a formulé cet avertissement sans ambiguïté : « La philanthropie doit investir et créer ces institutions, sinon elles seront inventées sans nous. »

        Plateformisation, désintermédiation et nouveaux modèles

        Rhodri Davies, Head of Policy and Program Director du think tank britannique Giving Thought, estime que l’impact de la technologie sur la collecte de fonds sera global. Selon lui, il modifiera à la fois le , le comment et le quoi du don.

        Il met en lumière un phénomène de désintermédiation des acteurs historiques, ainsi qu’une tendance croissante à la plateformisation, c’est-à-dire au rôle grandissant de plateformes comme Facebook ou Instagram dans ce domaine.

        Richard Benjamins, Chief Data Officer de Telefonica, a apporté une perspective plus extérieure au secteur philanthropique. Pour lui, « pour avoir un véritable impact sur nos sociétés grâce aux données, il nous faut des modèles économiques durables. La philanthropie ne suffit pas. » Il invite donc à interroger les fondements mêmes de l’exploitation des données. La philanthropie, à elle seule, ne résoudra pas un problème structurel. En revanche, elle peut jouer un rôle de catalyseur de l’innovation sociale, à la manière d’un investisseur d’amorçage, à condition de disposer d’outils de suivi lui permettant de faire changer d’échelle les projets les plus pertinents.

        Sensibiliser, former et ouvrir l’accès à ces enjeux

        Anne Bouverot, fondatrice de la Fondation Abeona sous l’égide de la Fondation de France et docteure en intelligence artificielle, a insisté sur l’importance de sensibiliser les individus aux besoins du secteur non lucratif. Elle y voit un nouveau rôle pour les fondations.

        Pour elle, la clé du développement réside dans la collaboration multi acteurs. Elle l’exprime ainsi : « Si vous voulez réellement faire la différence, vous devez atteindre un nombre important de personnes. […] Il sera difficile pour une entreprise de faire cela à grande échelle sans que cela soit perçu comme un intérêt propre. »

        La question devient alors : comment accélérer ce mouvement ?

        L’une des idées avancées consiste à mettre les talents des entreprises et des étudiants à disposition, dans une logique de pro bono. Anne Bouverot a également souligné le rôle de l’éducation : « Nous devons nous assurer d’atteindre les personnes qui deviendront les futurs ingénieurs et codeurs de la donnée. »

        De nouveaux outils collaboratifs pour gérer la philanthropie en entreprise

        De nouveaux outils collaboratifs émergent pour structurer la philanthropie dans les entreprises. C’est le cas de la Plateforme de l’engagement solidaire de microDon, de Wenabi ou encore de MyCrowdcompany, qui propose des dispositifs d’engagement en entreprise fondés sur des plateformes.

        Ces outils permettent de mieux piloter les efforts solidaires, de rassembler en un même espace les mécanismes de dons financiers et de dons de temps, et de donner une vision plus claire de l’offre solidaire portée par l’entreprise et de son sens. Grâce à ces solutions simples et attractives, la philanthropie devient beaucoup plus accessible dans l’entreprise, notamment grâce aux données.

        Lucy Bernholz estime, de son côté, que l’activisme et la proposition de modèles alternatifs seront également indispensables pour inclure réellement la société civile dans ce champ. Selon elle, le secteur non lucratif et la philanthropie doivent se poser en remparts protégeant le bien commun et devenir des interlocuteurs essentiels.

        Vers des modèles collaboratifs à l’échelle des Objectifs de développement durable

        C’est précisément l’un des objectifs de la plateforme SDG Philanthropy Platform, un modèle collaboratif inter-fondations qui permet le partage de données sur les efforts philanthropiques et la visualisation de données liées aux Objectifs de développement durable des Nations unies et à leurs 169 cibles. Cette initiative a été mise en œuvre en 2015, à la suite d’une vaste consultation multi-acteurs, afin de concentrer collectivement les efforts sur les urgences sociales et climatiques.

        Malgré les nombreux défis et obstacles encore à surmonter, la session s’est achevée sur une note d’espoir. Les intervenants ont souligné qu’un sentiment croissant de responsabilité se développe autour des données et de leurs usages. Comme l’a rappelé Richard Benjamins, « nous nous interrogeons de plus en plus sur l’impact, indépendamment des algorithmes. Il existe tout un mouvement pour être responsable. » Et il ajoute : « Il y a désormais des leaders dans ce mouvement. »

        Il appartient désormais aux fondations européennes de saisir les super-pouvoirs de la technologie pour construire un modèle vertueux d’intelligence collective autour du Big Data et de l’intelligence artificielle, et pour renforcer l’impact ainsi que la croissance de la philanthropie sur le vieux continent.

        Une question de responsabilité partagée

        Pour répondre aux grands défis contemporains, il faut réinventer les modèles actuels, explique Lucy Bernholz. Elle considère notamment que la prochaine étape doit consister à mettre en place un agenda de politique publique du numérique. Selon elle, « le Parlement britannique, les représentants américains et les grandes entreprises doivent s’engager à partager leurs données ; cela relève de leur responsabilité. »

        Les démocraties sont en danger si nous n’apprenons pas à collaborer et à croiser les visions des différents acteurs. Il devient donc nécessaire de penser de nouvelles manières de coopérer avec la société civile, dans une logique plus centrée sur les usages. C’est tout un enjeu de démocratisation et d’accessibilité des données qui apparaît ici.

        Pour Alberto Alemanno, fondateur et directeur de The Good Lobby, la mise en place de cadres juridiques est essentielle. Il explique que « pour débloquer durablement les données détenues par le secteur privé, les secteurs privé et public doivent se comprendre, harmoniser leurs attentes et veiller à ce que les bénéfices respectifs soient compris et accessibles à tous. Il s’agit d’une responsabilité partagée […] de les partager avec le plus grand nombre, et non avec une minorité. »