Veille affaires publiques européennes Social Tech : panorama des enjeux Tech x Social

Veille affaires publiques européennes Social Tech : panorama des enjeux Tech x Social

Alors que la crise sanitaire liée au Covid-19 contraint une large partie des Européens à rester chez eux, les questions d’économie sociale, d’inclusion numérique et de défense de la démocratie apparaissent plus que jamais centrales. Sur ces sujets, l’activité européenne ne ralentit pas. Bien au contraire. Voici un panorama de l’actualité européenne en matière d’affaires publiques sur nos sujets de prédilection, à la croisée de la technologie et du social : le Digital Services Act, les ambitions numériques de la présidence allemande de l’Union européenne, le Data Governance Act, le Plan d’action européen pour la démocratie et, plus largement, les ambitions portées pour « le monde d’après ».

Digital Services Act : imposer un modèle technologique européen

Depuis Bruxelles, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, s’est pleinement mobilisé sur le Digital Services Act. Il rappelle que, « dans le cadre de la stratégie numérique européenne, la Commission européenne a annoncé un paquet législatif sur les services numériques afin de renforcer le marché unique des services numériques et de favoriser l’innovation et la compétitivité de l’environnement en ligne européen ».

L’objectif principal consiste à réformer la directive sur le commerce électronique de 2000, en particulier sur la question des obligations et des responsabilités des plateformes, tout en faisant évoluer les règles de concurrence. Le texte prévoit également de réguler les contenus en ligne, en renforçant la responsabilité des intermédiaires dans la lutte contre les contenus illégaux et leur amplification. Il inclut ainsi la volonté de faire entrer la haine en ligne dans le champ des infractions pénales à l’échelle européenne.

Vera Jourová, vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, l’a exprimé clairement : « Les plateformes doivent être plus responsables et davantage redevables, elles doivent devenir plus transparentes. Il est temps d’aller au-delà des mesures d’autorégulation. »

L’ambition de la Commission européenne est très nette : s’attaquer à ces monopoles devenus « too big to care », qui, selon elle, écrasent la concurrence et perturbent le bon fonctionnement du marché intérieur. Le bras de fer, comme on pouvait s’y attendre, s’annonce rude. Thierry Breton, qui souhaite faire sortir l’économie numérique de son âge de « Far West », n’hésite pas à interpeller directement les dirigeants de la Silicon Valley. En mai, il déclarait au PDG de Facebook : « N’essayez pas de jouer au plus malin. Payez vos impôts si vous devez les payer. N’ayez pas recours aux paradis fiscaux. Payez vos impôts. » Quelques mois plus tard, le dirigeant de Google, Sundar Pichai, présentait ses excuses pour les pratiques de lobbying interne particulièrement agressives de son entreprise.

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La présidence allemande de l’UE et ses ambitions numériques

La présidence allemande tournante du Conseil de l’Union européenne, qui s’achève en décembre 2020, a elle aussi fait du numérique l’un de ses grands chantiers, aux côtés de la transition écologique. Le ministre allemand des Affaires étrangères l’a formulé en ces termes : « Afin de nous distinguer au niveau international comme communauté de valeurs, nous devons encore mieux nous positionner sur des enjeux stratégiques d’avenir comme le changement climatique, les réfugiés et les migrations, l’État de droit et la transformation numérique. »

Cet agenda comprend le développement d’une infrastructure européenne de données et de 5G, ainsi qu’un soutien accru à la recherche, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle. Dans cette logique, le Data Governance Act, règlement proposé par la Commission européenne sur la gouvernance des données, devrait accroître le volume de données susceptibles d’alimenter les systèmes d’IA et les start-up, et, à terme, encourager l’émergence de grands espaces de données sectoriels.

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Démocratie européenne : l’inclusion, l’économie sociale et la société civile comme conditions clés

L’autre grand sujet de cette rentrée européenne est celui de la démocratie. Il constitue le fil rouge de la régulation numérique portée par l’Union européenne. Et l’urgence est réelle.

D’un côté, le terreau de la défiance devient de plus en plus fertile, notamment sous l’effet des réseaux sociaux. D’après une enquête réalisée par la Fondation Jean-Jaurès en février 2019, « un Français sur cinq adhérait à au moins une théorie du complot » et « 43 % des personnes interrogées estimaient que le gouvernement était de connivence avec les laboratoires pharmaceutiques pour cacher la réalité de la nocivité des vaccins ».

De l’autre, certains responsables politiques européens remettent eux-mêmes en cause les valeurs démocratiques communes. Alors que le plan de relance européen venait d’être adopté au terme de longues négociations, la Hongrie et la Pologne ont décidé d’opposer leur veto, refusant que le versement des fonds communautaires soit désormais conditionné au respect de l’État de droit. Un point, pourtant, devrait faire consensus, quelles que soient les sensibilités politiques : les valeurs démocratiques ne devraient pas pouvoir s’acheter contre des milliards d’euros d’aides.

Le Plan d’action européen pour la démocratie

Le Plan d’action européen pour la démocratie, resté relativement discret dans le traitement médiatique, a fait l’objet d’une consultation en ligne durant l’été. Par l’accumulation de nouvelles contraintes et recommandations destinées à l’ensemble des acteurs du jeu démocratique, il doit à la fois renforcer l’intégrité des élections, garantir la liberté des médias et proposer des stratégies solides contre la désinformation. Sa publication était alors prévue pour le mois de décembre.

Le “monde d’après” et les ambitions européennes

Après le premier confinement, les appels en faveur du « monde d’après » avaient fleuri comme au printemps. Pourtant, malgré cet activisme réglementaire, le projet européen traverse une période difficile. On aurait pu rêver d’une couverture médiatique des affaires européennes aussi dense que celle observée pendant les élections américaines. Espoir vite dissipé, comme les feuilles d’automne.

Certaines prises de parole continuent toutefois de résonner avec force, en particulier celle de David Sassoli, alors président du Parlement européen. En septembre, il déclarait : « Nous devons veiller à ce que les politiques européennes soutenues par les ressources que nous mettons en commun encouragent, dans les années à venir, une transformation de nos économies au service du respect de l’environnement, de la cohésion sociale — particulièrement touchée dans le contexte sanitaire actuel — et de la lutte contre toutes les formes d’inégalités. »

Il reconnaissait aussi que « l’Europe a plus que jamais besoin de soutenir le secteur associatif » et que « l’harmonisation du marché unique ne doit pas se limiter aux entreprises mais doit aussi concerner le secteur associatif ». Dans l’intervalle, un règlement européen sur le financement participatif, destiné à protéger les investisseurs contre les pertes financières, devra sans doute faire office de réponse minimale.

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Les fractures numérique et sociale se superposent

Au bout du compte, celles et ceux qui ont le plus à perdre restent les plus précaires. Cette évidence apparaît avec encore plus de force à la lecture du classement DESI, qui montre que les fractures numérique et économique se recoupent largement.

Dans cette perspective, Cédric O, alors secrétaire d’État français chargé du Numérique, a annoncé à l’occasion du NEC 2020 un budget de 250 millions d’euros, financé à 40 % par l’Union européenne, pour le numérique inclusif. Ce plan devait permettre le recrutement de 4 000 conseillers numériques par les collectivités locales et les associations.

Associer pleinement l’économie sociale et la société civile aux politiques publiques

Au regard de l’ensemble de ces perspectives, et parce que l’économie sociale comme la société civile constituent un moteur d’une économie plus durable et plus prospère pour tous en Europe, elles doivent être pleinement associées à l’élaboration de toutes les politiques publiques. C’est aussi le sens de l’appel porté par la European Platform for Philanthropy.

Par Nils Pedersen, président de La Fonda Asso et vice-président de SOGA EU chargé des affaires publiques et académiques


Paris, novembre 2020

Nils Pedersen
Communiqué 2020 du SOGA EU : nouvelles ambitions, nouvelle équipe et parrainage d’Axelle Lemaire

Communiqué 2020 du SOGA EU : nouvelles ambitions, nouvelle équipe et parrainage d’Axelle Lemaire

Paris-Bruxelles, 26 octobre 2020

À l’occasion de son Assemblée générale annuelle et de son Conseil d’administration d’automne, le SOGA EU (Social Good Accelerator EU) réaffirme ses ambitions. L’association souhaite accélérer la transition numérique des acteurs d’intérêt général en Europe.

Pour atteindre ces objectifs, l’association renouvelle son Conseil d’administration et son Bureau. Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation au sein du gouvernement français, devient la marraine de l’association. Elle est aujourd’hui directrice de Terra Numerata et associée du cabinet Roland Berger.

Aux côtés de Jeanne Bretécher, présidente du mouvement, et de Nils Pedersen, vice-président chargé de la recherche et des affaires institutionnelles, Sylvain Reymond devient vice-président chargé du développement et des partenariats, tandis que Laura Frantz devient trésorière.

Un mouvement européen né en 2018 pour accélérer la transition technologique des organisations d’intérêt général

Créé en mars 2018, le Social Good Accelerator est un mouvement européen. Il rassemble aujourd’hui 33 associations et entreprises sociales ainsi que 35 citoyens engagés, entre Paris, Lisbonne et Bruxelles. Son objectif est d’accélérer la transition technologique des organisations d’intérêt général en Europe.

De plus en plus d’acteurs rejoignent ce mouvement. L’objectif est clair : faire reconnaître les organisations de l’économie sociale et de la société civile comme des acteurs à part entière de la transition technologique européenne. Le SOGA met en avant une culture numérique non lucrative et solidaire, explore les conditions de coopération entre l’économie sociale et le secteur technologique, et organise l’influence des organisations européennes de l’économie sociale et solidaire (ESS) à Bruxelles.

De nouvelles ambitions européennes pour le SOGA EU

En seulement deux ans et demi d’existence, le SOGA EU est parvenu à structurer plusieurs initiatives majeures. Dès 2018, avec le soutien de la Commission européenne, l’association a organisé le premier Social Innovation Village au Web Summit de Lisbonne. L’objectif était de promouvoir auprès des acteurs de la Tech les modèles alternatifs issus de l’ESS en Europe.

À la fin de l’année 2019, l’association a publié une première étude sur la coopération entre les acteurs de l’utilité sociale et les acteurs technologiques en Europe.

Au printemps suivant, le mouvement et ses membres ont été consultés par la Commission européenne sur les stratégies relatives à la donnée et à l’intelligence artificielle. Dans le même temps, le SOGA a lancé la SOGA EU Academy, un programme de webinaires d’acculturation numérique pair-à-pair destiné aux organisations de l’ESS.

Trois chantiers structurants pour les mois à venir

Fort de ce premier bilan et de ces réussites, le SOGA EU entend intensifier son action dans les mois à venir.

Cartographier les acteurs européens de la transition numérique dans l’ESS

Le premier chantier portera sur la création d’une cartographie des acteurs européens de la transition numérique dans l’économie sociale et solidaire. Cette initiative doit permettre de mieux identifier les structures, les expertises et les coopérations possibles à l’échelle européenne.

Approfondir les travaux de recherche sur la coopération entre ESS et Tech

Le deuxième chantier prolongera les travaux de recherche déjà engagés. Cette deuxième phase d’étude analysera plus précisément les apports du secteur technologique européen. Elle poursuivra les travaux déjà engagés sur la coopération entre ESS et Tech en Europe.

Participer à la définition du volet numérique du futur Plan européen pour l’économie sociale

Enfin, le SOGA EU entend prendre une part active à la définition du volet transition numérique du Plan européen pour l’économie sociale, qui devait être présenté à Mannheim en mai 2021 par le commissaire européen à l’emploi Nicolas Schmit, conseillé par Nicolas Hazard (INCO).

Une gouvernance renforcée pour porter ces ambitions

Pour mener à bien cette nouvelle étape, le SOGA EU renouvelle et consolide sa gouvernance. L’association souhaite rester représentative de la diversité des parties prenantes.

Six nouveaux administrateurs rejoignent la structure et viennent renforcer son expertise. Il s’agit de Aurélien Beaucamp, président de AIDES et directeur RSE de Page Group France ; Emma Ghariani, directrice générale de la SCIC La MedNum ; Laure Vicard, directrice de l’innovation d’Emmaüs France ; Denis Pansu, directeur des programmes de la Fondation Internet Nouvelle Génération ; et Laura Frantz, DAF-DRH de ProBonoLab.

Aux côtés de Jeanne Bretécher, présidente, et de Nils Pedersen, vice-président, Sylvain Reymond devient à son tour vice-président du mouvement. Lila Senta Loys devient secrétaire et Laura Frantz prend la fonction de trésorière.

Axelle Lemaire rejoint le mouvement comme marraine principale

L’arrivée d’Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d’État chargée du numérique entre 2014 et 2017, marque une nouvelle étape pour l’association. En rejoignant le SOGA EU en tant que main sponsor ou marraine principale, elle entend contribuer à donner une nouvelle dimension au mouvement.

Sa trajectoire, son engagement en faveur d’un numérique plus responsable et son expérience des politiques publiques numériques renforcent la crédibilité du SOGA EU au moment où l’Europe s’interroge sur les conditions d’une transition technologique plus juste, plus solidaire et plus démocratique.

À propos du Social Good Accelerator Europe

Le Social Good Accelerator EU est un mouvement européen. Il rassemble 33 associations et entreprises sociales ainsi que 35 citoyens engagés entre Paris, Lisbonne et Bruxelles. Sa mission est d’accélérer la transition technologique des organisations d’intérêt général en Europe.

Pour que les organisations d’intérêt général soient pleinement reconnues comme des acteurs de la transition technologique européenne, le mouvement met en valeur une culture numérique non lucrative et solidaire, explore les conditions de coopération entre l’économie sociale et le secteur technologique, et organise l’influence des organisations de l’ESS à Bruxelles.

Contact presse
Jeanne Bretécher, Présidente
contact (a) socialgoodaccelerator.eu

DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

DigiCirc : appel à projets européen pour la ville circulaire

Le projet européen DigiCirc lance son 1er appel à projets dédié à la ville circulaire

Le projet européen DigiCirc, coordonné par Cap Digital, lance son premier appel à projets consacré à la Circular City.

Réunissant 10 partenaires issus de 9 pays européens, DigiCirc vise à accélérer la transition vers une économie circulaire en s’appuyant sur les technologies numériques.

Doté de 2,4 millions d’euros de financement en cascade, le programme soutiendra des PME européennes développant des solutions digitales innovantes dans trois domaines :

  • 🏙️ Ville circulaire

  • 🌊 Blue Growth (économie bleue)

  • 🌱 Bioéconomie

Un appel à projets centré sur la ville circulaire

Ce premier appel recherche des solutions numériques innovantes capables de répondre aux défis de la ville circulaire :

  • améliorer l’efficacité des villes,

  • réduire leur empreinte écologique,

  • diminuer les coûts sanitaires liés aux pollutions urbaines,

  • optimiser la gestion des ressources (énergie, eau, déchets, mobilité).

L’objectif est clair : utiliser le numérique comme levier d’une transition écologique urbaine.

Pourquoi la ville circulaire ?

La ville circulaire repose sur :

  • la réduction des déchets,

  • la réutilisation des ressources,

  • l’optimisation énergétique,

  • l’innovation technologique au service du développement durable.

Le numérique (IoT, data, plateformes collaboratives, intelligence artificielle, jumeaux numériques, etc.) constitue un accélérateur stratégique pour atteindre ces objectifs.

Qui peut candidater ?

Les candidatures doivent être déposées par des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

Les projets sélectionnés bénéficieront de :

  • 💰 Jusqu’à 60 000 € de financement par PME/start-up

  • 🚀 Un programme intensif d’accélération de 12 semaines

  • 🎯 Un accompagnement personnalisé (business et expertise sectorielle)

  • 🛠️ Un accès à des outils pour tester et développer les solutions numériques

Calendrier

Date limite de candidature : 14 janvier 2021 à 17h00 (CET)

    Restez informés

    👉 Inscrivez-vous à la newsletter du projet DigiCirc pour recevoir les dernières actualités et opportunités.

    📩 Contact : julia.morawski (at) capdigital.com

      FAQ — Appel à projets DigiCirc Circular City

      Qu’est-ce que DigiCirc ?

      Un projet européen visant à soutenir l’économie circulaire grâce aux technologies numériques.

      Qui peut candidater ?

      Des consortia composés d’au moins deux PME ou start-ups européennes.

      Quel est le montant du financement ?

      Jusqu’à 60 000 € par PME/start-up sélectionnée.

      Quels secteurs sont concernés ?

      Ville circulaire, économie bleue et bioéconomie.

      Quel est l’objectif principal ?

      Accélérer le développement de solutions numériques pour réduire l’empreinte écologique des villes.

      SOGA EU : la route numérique de l’économie sociale vers Mannheim

      SOGA EU : la route numérique de l’économie sociale vers Mannheim

      La route vers le Sommet européen de l’économie sociale, Mannheim, mai 2021

      Tallinn, Estonie, novembre 2020

      Dans sa lettre d’intention adressée à David Maria Sassoli, président du Parlement européen, et à la chancelière allemande Angela Merkel, alors en charge de la présidence du Conseil de l’Union européenne, lettre qui accompagnait son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a confirmé que le Plan d’action pour l’économie sociale ferait partie des initiatives prévues pour 2021.

      Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, prépare actuellement ce plan. Il devrait le présenter lors du Sommet européen de l’économie sociale, les 26 et 27 mai 2021 à Mannheim, avant une adoption prévue au cours du second semestre 2021.

      Pourquoi ce Plan d’action européen pour l’économie sociale constitue-t-il une étape clé ?

      Ce document doit apporter une nouvelle vision du système économique. Il doit aussi devenir un instrument majeur pour intégrer de manière systématique l’économie sociale dans les différentes politiques socio-économiques de l’Union européenne, ainsi que dans ses actions destinées à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

      Le plan doit mettre en avant le fait que le tiers secteur et l’impact social peuvent jouer un rôle de transformation. Il doit aussi renforcer la capacité de réaction face aux crises.

      Aujourd’hui, l’Europe compte environ 2 millions d’entreprises de l’économie sociale — coopératives, mutuelles, associations à but non lucratif, fondations et entreprises sociales — soit 10 % de l’ensemble des entreprises de l’Union européenne. Environ 6,3 % de la population active travaille dans ce secteur. Pendant la crise du coronavirus, ce secteur est devenu plus visible. Les institutions européennes le considèrent désormais comme essentiel pour répondre aux deux grandes priorités européennes : la transition verte et la transition numérique.

      Un plan préparé avec plusieurs directions générales et des partenaires de la société civile

      Alors que le Mois de l’économie sociale et solidaire débute en France, comme chaque mois de novembre depuis onze ans, et qu’ESS France lance la plateforme Social Economy Republic, plusieurs institutions européennes travaillent conjointement à la préparation de ce plan.

      Cinq directions générales de la Commission européenne sont impliquées dans ces travaux : DG GROW, DG EMPL, DG Research & Innovation, DG ECFIN et DG CONNECT. Elles travaillent avec le Comité économique et social européen ainsi qu’avec des partenaires de la société civile, parmi lesquels nos partenaires Social Economy Europe et Pour la Solidarité.

      Nicolas Schmit

      Nicolas Schmit et Nicolas Hazard au cœur de la préparation du plan

      Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit, ancien ministre de l’Économie sociale au Luxembourg, pilote ce plan pour la Commission européenne. Il considère que le soutien à l’économie sociale et aux entreprises sociales constitue une composante essentielle de la construction d’un avenir durable pour l’Europe.

      Dans cette perspective, il a clairement décidé de faire avancer le développement de ce plan. Il a d’ailleurs récemment nommé un nouveau conseiller spécial sur les questions d’économie sociale : Nicolas Hazard, entrepreneur français, fondateur et CEO de INCO, structure qui investit dans des entreprises innovantes, durables sur le plan environnemental et responsables sur le plan social, tout en les accompagnant.

      Lors d’une réunion tenue le 28 septembre avec la ministre finlandaise des Affaires sociales Aino-Kaisa Pekonen, Nicolas Schmit a également indiqué que le plan d’action inclurait le sujet de la participation sociale, afin de soutenir l’investissement dans le secteur.

      Le travail sur le plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021

      La préparation du plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021.

      Cette démarche comprend huit événements en ligne organisés en amont du Sommet européen de l’économie sociale. Chaque événement de cette feuille de route se concentre sur un sujet spécifique. Son objectif consiste à connecter les différents acteurs de l’économie sociale en Europe dans un format très interactif, à présenter des bonnes pratiques et des cas d’usage, et à diffuser de l’information grâce à des sessions interactives réunissant des acteurs du changement venus de toute l’Europe.

      Le premier événement en ligne, intitulé « New challenges, new innovations, new solidarities – Social Economy in the fight against COVID-19 », s’est tenu le 24 septembre et a rassemblé près de 300 participants en ligne.

      Le suivant, intitulé « Leaving no one behind – Employment, upskilling and social inclusion in the changing world of work », devait être organisé le 29 octobre. Parmi les intervenants annoncés figuraient Manuela Geleng, directrice à la DG EMPL, Sébastien Darrigrand, directeur général de l’UDES – Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, ainsi que Trebor Scholz, fondateur de l’Institute for the Cooperative Digital Economy et du Platform Cooperativism Consortium.

      Une invitation à participer et à faire entendre la voix de l’ESS

      Nous encourageons chacun et chacune à y participer. Ces European Social Economy Exchange Events, organisés chaque mois, constituent une excellente occasion de se connecter, d’apprendre et de s’engager avec un public diversifié représentant la grande variété des acteurs actifs dans ce domaine à travers toute l’Europe.

      Il est important que l’ensemble des acteurs de l’ESS contribue à amplifier ces voix et à souligner l’importance de mesures significatives de soutien économique dirigées vers les acteurs de l’économie sociale. Il est tout aussi important de mettre en avant le rôle des réponses apportées par l’ESS dans la lutte contre la pandémie et dans le soutien à la résilience post-Covid-19.

      Auteur
      Arnaud Castaignet, expert européen Tech et administrateur du SOGA EU
      Tallinn, Estonie
      Novembre 2020

      Interview de la marraine du SOGA : Axelle Lemaire

      Interview de la marraine du SOGA : Axelle Lemaire

      Interview de la marraine du Social Good Accelerator : Axelle Lemaire

      C’est un grand honneur pour notre équipe et pour notre communauté européenne : Axelle Lemaire a accepté, en septembre 2020, de devenir la marraine du Social Good Accelerator EU.

      Ancienne Secrétaire d’État française chargée du Numérique, à l’origine de la loi pour une République numérique, elle est une défenseure engagée de l’inclusion numérique et du développement de solutions technologiques au service de l’économie sociale et solidaire.

      Personne ne pouvait mieux incarner les valeurs que nous défendons.

      G7 leaders

      Pourquoi est-il important pour vous de vous engager en faveur de la transition technologique des organisations de l’économie sociale à l’échelle européenne ?

      En tant qu’européenne convaincue et ancienne Secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’Innovation, je suis persuadée que Bruxelles doit jouer un rôle moteur dans la construction d’un modèle technologique européen fondé sur une transition sociétale et environnementale juste, inclusive et responsable.

      Les nouvelles technologies peuvent produire le pire comme le meilleur.

      Le modèle dominant du financement des start-up, basé sur une croissance rapide soutenue par des capitaux privés et des modèles de gouvernance fermés, tend parfois à invisibiliser d’autres modèles plus accessibles et alternatifs.

      Lorsque seule la recherche de rentabilité maximale prime, les inégalités sociales se renforcent et l’empreinte écologique s’aggrave.

      Il est essentiel que le secteur numérique accueille une pluralité de modèles économiques et sociaux, et qu’il y ait de la place pour tous — pas seulement pour les levées de fonds spectaculaires.

      Face à ces défis, les acteurs de la solidarité et de la transition écologique, souvent fortement ancrés dans leurs territoires, jouent un rôle crucial mais encore sous-estimé.

      Les organisations de l’économie sociale sont des piliers de l’équilibre sociétal. Elles :

      • mènent des missions éducatives, sociales et environnementales essentielles ;

      • transmettent des compétences de base aux publics les plus vulnérables ;

      • maintiennent la cohésion sociale en mobilisant citoyens, professionnels et experts ;

      • innovent constamment, en hybridant les modèles économiques et en développant de nouveaux services.

      Pourquoi avez-vous accepté de devenir marraine du SOGA EU ?

      Le Social Good Accelerator est une jeune association qui souhaite porter à Bruxelles la question de la transition technologique de l’économie sociale, créer une communauté européenne d’action et de partage, et bâtir des ponts entre les mondes de la solidarité et de la technologie.

      Ce sont des projets ambitieux, portés par une nouvelle génération de professionnels de l’économie sociale et d’activistes du numérique.

      La cause est juste, et je me reconnais pleinement dans la vision fondatrice du SOGA.

      Ce type d’initiative nécessite de multiples mobilisations :

      • fédérer les organisations concernées,

      • mobiliser des experts et bénévoles,

      • lever des fonds,

      • produire de la recherche,

      • faire avancer des propositions politiques.

      La transition technologique peut permettre à l’économie sociale d’accroître sa capacité d’action — à sa manière.

      De nombreux modèles non lucratifs ou à lucrativité limitée méritent d’être mieux connus et déployés à grande échelle.

      Or, les organisations de l’économie sociale sont souvent poussées à faire davantage avec moins de moyens. Les financeurs publics comme privés ne soutiennent pas suffisamment le développement des compétences et l’accompagnement nécessaires à la transformation numérique.

      Il est temps d’aider l’économie sociale à changer d’échelle grâce au numérique.

        Je suis convaincue que Bruxelles doit jouer un rôle moteur dans la construction d’un modèle technologique européen centré sur une transition sociétale et environnementale juste, inclusive et responsable.

        Axelle Lemaire

        Ancienne Secrétaire d'Etat chargée du Numérique (2014-2017), marraine du SOGA

        Comment comptez-vous vous engager concrètement auprès de nos membres ?

        Être marraine est un rôle exigeant et stimulant.

        Je souhaite apporter un regard bienveillant et protecteur aux activités du Social Good Accelerator.

        À mon niveau, je peux :

        • partager mon expérience ;

        • contribuer à la visibilité de l’association ;

        • faciliter le dialogue avec des décideurs publics ;

        • soutenir des positions ambitieuses lorsque cela est nécessaire ;

        • être consultée sur mes domaines d’expertise.

        Il s’agit d’accompagner le développement du SOGA et de servir de relais stratégique au niveau européen.

          FAQ — Axelle Lemaire et le Social Good Accelerator

          Qui est Axelle Lemaire ?

          Axelle Lemaire est l’ancienne Secrétaire d’État française chargée du Numérique (2014–2017), elle est à l’origine de la loi pour une République numérique.

          Quel est son rôle auprès du SOGA ?

          Elle est marraine du Social Good Accelerator EU et apporte un soutien stratégique, politique et institutionnel.

          Pourquoi la transition numérique est-elle cruciale pour l’économie sociale ?

          Elle permet d’augmenter l’impact, d’améliorer l’efficacité et de renforcer la capacité d’action des organisations.

          Quel est l’enjeu européen ?

          Construire un modèle technologique européen alternatif, plus démocratique et plus inclusif.

          Comment le SOGA agit-il ?

          En structurant une communauté européenne, en produisant de la recherche et en portant un plaidoyer sur la transition numérique de l’économie sociale.