Open letter: the necessary digital transition of the social economy

Open letter: the necessary digital transition of the social economy

Lettre ouverte : Ancrer l’économie sociale et solidaire dans son futur numérique

En février 2022, le Social Good Accelerator et ses 70 membres ont maintenu leur vision dans leur lettre ouverte. Un monde meilleur ne peut être réalisé qu'avec le soutien total de l'économie sociale, qui doit également être numérisée. C'est ainsi que l'association définit le rôle clé de la transition numérique de l'économie sociale pour résoudre les problèmes sociaux avec tout son potentiel.

G7 leaders
En 2018, Jeanne Bretécher et Steven Bertal ont fondé le Social Good Accelerator pour rapprocher les secteurs du numérique et de l'économie sociale
Source: Social Good Accelerator

Notre vision : Inciter les acteurs de l’innovation technologique à développer et collaborer avec ceux de l’innovation sociale en Europe

Il y a 4 ans, l’association Social Good Accelerator (SOGA EU) est née en France d’un double constat : d’une part, la transition numérique des organisations de l’ESS en Europe est laissée pour compte par les politiques publiques et les financeurs, et d’autre part, les modèles numériques de l’ESS rencontrent de trop nombreux freins à leur développement.

Ses 70 membres souhaitent défendre ensemble la vision d’une ESS numérique (Social Tech) et européenne, axée sur « les communs numériques », durables et disponibles pour tous, et faire reconnaître les organisations de l'ESS comme actrices de la transition technologique.

Les travaux du SOGA EU visent à informer les acteurs de l'ESS et les décideurs des réponses novatrices proposées pour atténuer la fracture numérique, l'uberisation, les dérives des plateformes et favoriser l'équité des personnes éloignées de l'emploi, discriminées dans les parcours de formation et de reconversion.

Les enjeux : vers un modèle numérique collaboratif et responsable pour l’économie de demain  

Dans le cadre du Plan d’action européen pour l’ESS, sur lequel le SOGA, a travaillé et surtout de la nécessité de voir émerger des idées nouvelles pour renforcer les capacités résilientes de toutes et tous, l’ESS a nécessairement un rôle à jouer.

Cependant, comme l'a montré notre étude - " Coopération entre les acteurs de l'utilité sociale et de la technologie en Europe " - la plupart des organisations de l'économie sociale - quel que soit leur statut - rencontrent dans leur développement des obstacles similaires à ceux des très petites entreprises, avec des difficultés supplémentaires liées à leur manque de rentabilité, au financement de projets au détriment des structures, et au manque d'organisation sectorielle sur ces questions.

Pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain, le SOGA pense que la transition numérique peut être une chance de faire enfin changer d’échelle l’ESS européenne, sous conditions de créer de réelles alternatives et de nouvelles opportunités économiques, sociales,et environnementales. Pour actionner ce levier, le SOGA impulse la promotion et le développement de la médiation numérique, de l’UX design ou encore de la donnée ouverte.

Nos actions : L’urgence d’accélérer une transition numérique de l'ESS à son image en Europe  

Pour remédier au statu quo dans ce domaine, le SOGA EU est parvenu à :

  • publier une étude européenne sur les coopérations entre acteurs de l'ESS et du numérique.
  • conduire des actions de plaidoyer au niveau national et européen.
  • lancer la première cartographie de la Social Tech en Europe et bientôt présenter la première plateforme européenne d'information et d'orientation avec les métiers associés (avec un soutien du fonds européen Erasmus+).

Presentation study 2020
L'équipe du Social Good Accelerator a présenté ses travaux de recherche à la DG Grow, à Bruxelles, en janvier 2020
Source: Social Good Accelerator

Depuis 2018, les médias, les politiques publiques et la vision des financeurs ont évolué vers :

  • une prise de conscience du secteur ESS sur son retard et ses difficultés en termes de transition numérique - particulièrement mises en lumière par la crise sanitaire.
  • une prise en considération des besoins territoriaux en matière de médiation numérique pour préserver l'égalité territoriale et l'accès aux droits fondamentaux.
  • une nécessité de corréler transition écologique et numérique pour décarboner l’économie.
  • la constatation de l’efficacité de certaines réponses numériques citoyennes pendant la crise sanitaire, car elles demeurent.
euses OECD conference
Le plan d'action européen en faveur de l'Economie Sociale et sa présentation furent un moment pivot pour le secteur
Source: Commission européenne

Nos propositions : donner à l’ESS les outils pour une transition numérique réussie

Assurer une égalité des chances effective et des droits à la transformation numérique 

Le manque de formation de talents numériques est latent y compris dans l’ESS. C’est la raison pour laquelle il faut qu’une impulsion vienne des pouvoirs publics pour promouvoir l’accompagnement à la transformation numérique d’organisations qui sont à la fois des acteurs économiques mais aussi des intermédiaires vers les populations les plus fragiles. A ce titre, le plan d'action européen pour l’Economie Sociale comporte un volet numérique. Les recommandations contenues donnent des leviers d’actions aux instances décisionnelles pour agir dans le sens de ces deux secteurs. La France et l’Europe doivent montrer l’exemple et promouvoir des politiques ambitieuses pour soutenir cette mutation d’intérêt général.

Développer des compétences numériques : citoyenneté numérique et nouveaux métiers. 

Alors que près de 85% des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent probablement pas encore, il semble essentiel de former progressivement la population active aux transformations de l’économie, de plus en plus numérique et sociale. 

Le SOGA a imaginé avec trois partenaires européens un parcours de formation par étapes à travers le projet Social Tech Academy . L’idée est ici de développer les compétences numériques par la mise en commun de ressources sur des formations existantes dans ces domaines. L’accent mis sur une plateforme ressources vise à permettre la transformation numérique de l’UE, qui a pour ambition de former 80% de la population de l’Union aux compétences numériques de base d’ici à 2030.

Débrider les financements pour l’innovation numérique des organisations de l’ESS et le développement de nouveaux modèles

Au travers d’actions européennes et d'une réflexion prospective, le SOGA œuvre à la création de passerelles entre les actions locales et les politiques européennes grâce à un cadre de collaboration commun. 

Néanmoins, elles nécessitent un soutien fiscal, normatif ou encore financier et une mobilisation continue pour arriver à la promotion de modèles alternatifs. 

En attendant, le SOGA souhaite explorer davantage les potentialités de coopération entre les acteurs de l’ESS et ceux du numérique en Europe. Les possibilités sont nombreuses pour parvenir à une innovation croisée c’est à dire numérique sociale et durable : mise en place d’un modèle européen de clusters social tech,prmotion des collaborations de projets entre l’ESS et les PME innovantes, ou encore un ambitieux programme de développement européen des technologies et banques de données sous licences ouvertes et libres. Nous demandons de faciliter l’accès aux financements de nouveaux modèles conjuguant transition numérique et ESS.

SOGA team flags Lisbon
En 2018, les membres pionniers du Social Good Accelerator ont organisé le Social Innovation Village lors du Web Summit à Lisbonne
Source: Social Good Accelerator

Coopération et communs numériques : suite et rendez-vous à venir
Dans le cadre du Plan d’action européen pour l’ESS, sur lequel le SOGA, a travaillé et surtout de la nécessité de voir émerger des idées nouvelles pour renforcer les capacités résilientes de toutes et tous, l’ESS a nécessairement un rôle à jouer.

Sous l’impulsion de la France, la communauté du Social Good Accelerator, et plus globalement les structures de l’ESS de toute l’Europe ont l’espoir de voir les questions de :

                                      • transformation numérique inclusif et équitable sur les territoires
                                      • promotion de modèles coopératifs alternatifs
                                      • montée en compétences numériques

L’importance du secteur en France favorise sa promotion. Les bienfaits de ce modèle économique et social soutenable doivent être développés par la présidence française du Conseil de l’Union européenne dans la continuité du plan d’action sur l’ESS, présenté le 16 décembre 2021 par la Commission européenne. L’heure est venue d’ancrer l’ESS dans sa version 2.0 pour une meilleure résilience et une pleine inclusion de tous les publics.

Le SOGA compte sur cet élan pour continuer à affirmer que la donnée ouverte et le caractère social et numérique de l’économie portent en eux un modèle européen en devenir. Pour témoigner une fois de plus de l'importance d'un débat public sain et du rôle central des communautés épistémiques comme la nôtre, rendez-vous en 2022 à Strasbourg à l'occasion de la Conférence sur l'Economie Sociale, et pour la Social Good Week Europe qui valorisera l’écosystème de l’ESS numérique entre Paris, Lisbonne et Bruxelles.

Un article écrit par

Le Social Good Accelerator et ses membres
jeanne(at)socialgoodaccelerator.eu

Lettre ouverte – Ancrer l’ESS dans son avenir numérique

Lettre ouverte – Ancrer l’économie sociale et solidaire dans son avenir numérique

février 2022 - Social Good Accelerator et ses 70 membres

Contexte

En février 2022, le Social Good Accelerator (SOGA) et ses 70 membres ont souhaité réaffirmer leur vision : un monde plus juste et durable ne peut se construire qu’avec le plein soutien de l’économie sociale et solidaire (ESS).
Encore faut-il que cette économie soit pleinement numérisée, afin de jouer tout son rôle dans la résolution des défis sociaux et environnementaux.

    Nos constats

    Créée en 2018, l’association est née d’un double constat :

    • la transition numérique des organisations de l’ESS est encore largement ignorée par les politiques publiques et les financeurs,

    • les modèles numériques alternatifs portés par l’ESS rencontrent trop d’obstacles à leur développement.

    Nos 70 membres défendent ensemble une vision d’économie sociale numérique européenne (Social Tech) fondée sur :

    • les communs numériques,

    • la durabilité,

    • l’accessibilité pour toutes et tous.

    Nous demandons la reconnaissance pleine et entière des organisations de l’ESS comme acteurs de la transition technologique.

      Les défis à relever

      L’ESS européenne fait face à des difficultés structurelles :

      • financement de projets au détriment du renforcement des structures,

      • manque de ressources humaines et de compétences numériques,

      • obstacles similaires à ceux des très petites entreprises, aggravés par l’absence de but lucratif.

      Pourtant, la transition numérique peut être une opportunité d’essaimage, d’innovation et de montée en puissance de l’ESS à l’échelle européenne. Encore faut-il créer de véritables alternatives et ouvrir de nouvelles perspectives économiques, sociales et environnementales.

      Nos propositions

      1. Garantir l’égalité des droits dans la transformation numérique

      Il est urgent de soutenir les structures de l’ESS dans leur transition digitale. Les pouvoirs publics doivent impulser une politique ambitieuse afin de donner à ces acteurs, qui accompagnent aussi les publics vulnérables, les moyens de se transformer.

      2. Développer les compétences numériques

      Près de 85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore. L’ESS doit s’y préparer en formant progressivement salariés, bénévoles et publics accompagnés aux compétences numériques.
      Avec nos partenaires européens, nous développons des programmes de formation et une plateforme de ressources partagée via le projet Social Tech Academy.

      3. Libérer des financements pour l’innovation numérique sociale

      De nouveaux modèles alliant ESS et numérique doivent être soutenus fiscalement, réglementairement et financièrement.
      Nous plaidons pour :

      • un programme européen ambitieux de soutien aux technologies libres et ouvertes,

      • la création de clusters Social Tech européens,

      • la coopération entre ESS, PME innovantes et acteurs du numérique éthique.

      Nos actions déjà engagées

      Depuis 2018, le SOGA et ses membres ont :

      • publié une étude européenne sur la coopération entre ESS et acteurs Tech,

      • mené des actions de plaidoyer national et européen,

      • lancé la première cartographie européenne de la Social Tech,

      • initié le développement d’une plateforme d’orientation et d’information financée par Erasmus+.

      Ces efforts ont contribué à :

      • renforcer la prise de conscience des retards numériques de l’ESS,

      • valoriser la médiation numérique comme outil d’égalité territoriale,

      • corréler transition numérique et transition écologique,

      • démontrer la pertinence des solutions citoyennes issues du numérique libre.

      Un momentum européen à saisir

      Avec le Plan d’action européen pour l’économie sociale (2021–2030) et la Présidence française du Conseil de l’UE, une fenêtre historique s’ouvre.
      Nous appelons les décideurs à :

      • promouvoir une transition numérique inclusive et équitable,

      • soutenir les modèles coopératifs et alternatifs,

      • renforcer le développement des compétences numériques citoyennes.

      L’ESS numérique doit être ancrée dès aujourd’hui dans les politiques européennes pour garantir résilience, innovation et justice sociale.

        Pourquoi le Social Good Accelerator a-t-il publié une lettre ouverte en février 2022 ?

        Le SOGA et ses 70 membres ont voulu rappeler que l’économie sociale et solidaire (ESS) doit être pleinement intégrée dans la transition numérique européenne, afin de jouer son rôle clé dans la résolution des défis sociaux et environnementaux.

        Quels sont les principaux constats du Social Good Accelerator ?

        Deux constats majeurs : la transition numérique des structures de l’ESS est largement ignorée par les politiques publiques, et les modèles numériques alternatifs portés par l’ESS rencontrent trop d’obstacles pour se développer.

        Quelles propositions concrètes formule le SOGA ?

        La lettre ouverte avance trois priorités :

        • garantir l’égalité des droits et des opportunités dans la transformation numérique,

        • développer les compétences numériques des citoyens et des acteurs de l’ESS,

        • faciliter l’accès aux financements pour l’innovation sociale et numérique.

        Quelles actions a déjà menées le Social Good Accelerator ?

        Depuis 2018, le SOGA a publié une étude européenne sur la coopération entre ESS et Tech, lancé une cartographie de la Social Tech, mené des actions de plaidoyer et développé une plateforme d’orientation financée par Erasmus+.

        Quel est le lien avec le Plan d’action européen pour l’économie sociale ?

        Le SOGA contribue activement à ce plan, qui couvre la période 2021–2030. La lettre ouverte insiste sur l’urgence d’y intégrer une composante numérique forte pour soutenir les organisations de l’ESS.

        Comment puis-je soutenir cette démarche ?

        Vous pouvez adhérer au Social Good Accelerator, participer aux groupes de travail, relayer nos actions ou soutenir financièrement nos projets.

        Social Economy Action Plan : une première prise de conscience de la transition numérique ?

        Social Economy Action Plan : une première prise de conscience de la transition numérique ?

        « Une politique publique impressionnante lancée par l’Union européenne, qui offre un projet positif pour l’UE ». C’est en ces termes que l’équipe de notre partenaire Social Economy Europe a accueilli le Social Economy Action Plan, appelé à renforcer un secteur dans lequel 6,3 % de la population de l’Union européenne est employée.

        Au total, 38 actions concrètes seront mises en œuvre au cours des neuf prochaines années afin de soutenir un secteur appelé à occuper une place de plus en plus importante dans la vie quotidienne des citoyens européens.

        Un mois après la présentation de ce plan par les commissaires Nicolas Schmit et Thierry Breton, revenons sur quelques-uns des points marquants de ce document politique inédit, ambitieux et innovant.

        Conference FNAF 2021

        Source: Commission européenne

        Entre diagnostics et actions concrètes : un plan ambitieux pour l’Europe

        L’Union européenne veut mieux inclure les personnes les plus défavorisées dans le marché du travail et dans la société. Dans cette perspective, elle reconnaît que « l’économie sociale est un véritable pilier qui fournit des services essentiels » à ces publics.

        De nombreux citoyens européens accèdent déjà à un emploi durable grâce aux organisations de l’économie sociale. Selon les pays, entre 0,6 % et 9,9 % de la population active travaille dans ce secteur essentiel. Pourtant, malgré son importance et les valeurs qu’il défend, l’économie sociale reste encore trop peu connue.

        Le plan d’action cite explicitement les différentes formes juridiques du secteur : les coopératives, les fondations, les entreprises sociales, les mutuelles, entre autres. Toutes entrent dans le champ des nouvelles mesures proposées.

        La Commission veut aussi faciliter l’activité des organisations transfrontalières. Elle prévoit pour cela des évolutions sur le plan législatif et sur celui de la taxonomie. Ces mesures doivent notamment permettre de mieux ancrer l’économie sociale aux niveaux régional et local.

        Transition écologique et transition numérique : deux enjeux pour l’économie sociale européenne

        La transition écologique et la transition numérique occuperont une place centrale dans l’économie sociale européenne de demain.

        Le chemin reste encore long. Pourtant, le plan d’action affiche une ambition forte : donner aux structures de l’économie sociale les moyens de se développer. Plusieurs de ses orientations rejoignent d’ailleurs les positions que le Social Good Accelerator défend depuis 2018.

        ActSE 2021 SOGA
        Source : European Commission

        Améliorer l’accès aux financements et aux subventions

        Le Social Economy Action Plan s’accompagne d’une évolution des budgets européens consacrés à l’économie sociale.

        Sur la période 2014-2020, l’Union européenne a mobilisé près de 2,5 milliards d’euros pour soutenir le secteur. Pour la période suivante, la Commission a déjà indiqué qu’elle souhaitait augmenter les moyens consacrés à ce domaine.

        Cette ambition poursuit un double objectif. D’une part, elle doit soutenir le développement du secteur. D’autre part, elle doit préparer les prochaines étapes de la politique européenne en matière d’économie sociale.

        Le calendrier institutionnel le montre bien. En 2023, le Conseil de l’Union européenne doit adopter les recommandations nécessaires au développement de l’économie sociale. Ensuite, un portail unique dédié au secteur devrait voir le jour en 2030.

        Ces échéances peuvent sembler lointaines. Elles relèvent pourtant d’une logique de long terme. L’Union veut mettre en place ces outils à un moment où l’économie sociale occupera une place encore plus importante en Europe.

        Gabriela Martin ActSE
        Juan Antonio Pedreño (Social Economy Europe) soutient l'implémentation du plan d'action par à travers des initiatives citoyennes. Il a aussi décrit les perspectives éventuelles de l'économie sociale sur le continent.

        Source: Commission européenne

        Vers la transition numérique de l’économie sociale ?

        L’Union européenne veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour y parvenir, elle mise sur les énergies renouvelables, mais aussi sur la transition numérique.

        Pourquoi ce choix ? Parce que l’économie sociale diffuse déjà de nombreuses bonnes pratiques. Elle peut aussi répondre à la montée de l’économie circulaire et de l’économie collaborative dans toutes les sphères de la société.

        Cette orientation s’inscrit également dans la continuité du Socle européen des droits sociaux, présenté en 2017 lors du sommet de Göteborg. L’un des objectifs majeurs de cet engagement est de permettre à 80 % des personnes âgées de 16 à 74 ans dans l’Union européenne de disposer de compétences numériques de base.

        Les autorités publiques européennes savent donc que la fracture numérique reste un enjeu central. Elles cherchent à la réduire grâce à la médiation, à l’éducation et à l’acculturation aux outils numériques.

        L’économie sociale joue ici un rôle essentiel. Par nature, elle constitue un moteur d’une transition numérique juste et inclusive. De nombreuses organisations du secteur contribuent déjà à cet objectif en déployant des outils technologiques de base sur le terrain.

        Répliquer les initiatives réussies pour assurer des transitions équitables

        Pour renforcer ce pilier, le plan d’action met l’accent sur l’importance des outils numériques afin de permettre à l’économie sociale de se développer pleinement dans le marché unique.

        Ces outils peuvent notamment permettre aux organisations sociales de changer d’échelle, en passant d’un niveau local à un niveau national, voire européen.

        Plusieurs États membres disposent déjà d’initiatives inspirantes de transformation sociale et numérique, susceptibles d’être reproduites dans d’autres territoires.

        ActSE 2021 SOGA
        Commissionner Schmit presented the Action Plan to the press a few days prior to its public presentation.
        Source : European Commission

        Dans le domaine de la gouvernance, par exemple, de nombreux outils permettent d’évoluer vers des modèles plus participatifs, favorisant une plus grande implication des citoyens.

        Le plan d’action souligne également que, au niveau des collectivités locales, la coopération interrégionale doit être renforcée « pour garantir et stimuler cette transition numérique ».

        Dans ce contexte, le rôle des actrices et acteurs de l’économie sociale engagés dans la Tech4Good est particulièrement mis en avant. Leur contribution au déploiement des technologies numériques est considérée comme cruciale pour accroître l’impact social et environnemental du secteur.

        Ces actrices et acteurs contribuent également à faire émerger de nouveaux modèles économiques numériques et de nouvelles formes de coopération. C’est notamment dans ce cadre que l’importance de l’économie collaborative et celle des plateformes numériques est soulignée, au cœur d’un processus de revitalisation des territoires.

        Gabriela Martin ActSE
        Les commissaires Breton et Schmit présentent le plan d'action pour l'économie sociale à Bruxelles, le 16 décembre 2021
        Source: Social Good Accelerator

        Maximiser la contribution de l’économie sociale aux transitions écologique et numérique

        Le plan d’action décrit le rôle du secteur dans la transition écologique et numérique à travers plusieurs objectifs concrets.

        Ces transitions doivent notamment offrir aux citoyens un avenir numérique fondé sur les personnes, la durabilité et la prospérité.

        Elles constituent ainsi un levier important pour répliquer les initiatives réussies dans d’autres territoires et renforcer l’impact de l’économie sociale à l’échelle européenne.

        Économie sociale : de la marge au cœur de l’économie mondiale

        Économie sociale : de la marge au cœur de l’économie mondiale

        Économie sociale : de la marge au cœur de l’économie mondiale

        Du 13 au 16 septembre 2021, le Social Good Accelerator (SOGA) a eu le plaisir de participer à la première conférence internationale du programme Global Action de l’OCDE, consacrée à la promotion des écosystèmes de l’économie sociale dans le monde.

        Lancé en 2020 et financé par l’Instrument de partenariat extérieur de l’Union européenne, ce programme couvre plus de 30 pays sur trois ans, incluant l’ensemble des États membres de l’UE ainsi que le Brésil, le Canada, l’Inde, la Corée, le Mexique et les États-Unis.

        Cet événement a réuni des centaines de décideurs, chercheurs et praticiens de l’économie sociale autour d’un objectif commun :

        renforcer la résilience, la durabilité et l’impact social des modèles économiques solidaires à l’échelle mondiale.

        G7 leaders
        Aperçu de l'événement organisé par l'OCDE du 13 au 16 septembre 2021.
        Source: UNSSE

        L’économie sociale, moteur de résilience et de relance post-Covid

        Le programme OECD Global Action est né d’un constat partagé :
        l’économie sociale est l’un des leviers les plus puissants pour répondre aux inégalités croissantes, au chômage et aux enjeux environnementaux.

        L’OCDE et la Commission européenne promeuvent une conviction commune :

        l’économie sociale constitue une voie privilégiée vers une croissance inclusive, durable et résiliente.

        Les objectifs du programme sont triples :

        • Soutenir le développement et l’internationalisation des entreprises sociales ;

        • Renforcer les capacités et la coopération pour créer des écosystèmes nationaux et locaux favorables à leur essor ;

        • Favoriser les échanges de connaissances et de bonnes pratiques au niveau international.

        Les discussions, animées notamment par Nicolas Schmit (commissaire européen à l’emploi et aux droits sociaux), Olivia Grégoire (secrétaire d’État à l’économie sociale et solidaire), Guy Ryder (directeur général de l’OIT) et Víctor Meseguer (directeur de Social Economy Europe), ont mis en lumière le rôle croissant de l’économie sociale dans la reconstruction économique et sociale post-Covid.

        Un levier international pour un développement durable et inclusif

        Longtemps perçue comme marginale, l’économie sociale est désormais au cœur des politiques publiques.
        Les gouvernements reconnaissent de plus en plus son potentiel d’innovation, de création d’emplois et de cohésion sociale.

        Selon Nicolas Schmit, l’économie sociale représente déjà entre 1 % et 10 % du PIB des États membres de l’Union européenne, et ses entreprises créent près de 10 % des emplois européens — des emplois de qualité favorisant l’inclusion des publics vulnérables.

        Pour l’OCDE, le défi est désormais clair : accroître la visibilité du secteur et soutenir les réseaux de coopération afin de passer d’une “économie alternative” à une économie de référence.
        L’économie sociale n’est plus un modèle parallèle, mais une solution économique complète, capable de concilier valeur, justice et durabilité.

        Trois leviers pour développer l’économie sociale selon Olivia Grégoire

        La secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire, Olivia Grégoire, a identifié trois axes majeurs pour faire passer l’économie sociale “de la marge au cœur” :

        1️⃣ Simplification

        Les acteurs de l’économie sociale doivent pouvoir accéder plus facilement aux financements européens.
        Les délais entre la demande et l’obtention de subventions restent trop longs.
        Olivia Grégoire propose de créer des guichets dédiés et des guichets uniques européens pour les structures de l’ESS, afin de faciliter l’accès aux aides et la reconnaissance de leur modèle spécifique.

        2️⃣ Coopération

        La coopération est l’ADN de l’économie sociale.
        Olivia Grégoire a cité l’exemple d’Acome, une SCOP leader sur le marché européen des réseaux, qui concurrence les modèles américains et chinois grâce à son innovation coopérative.
        Pourtant, faute de systèmes de reconnaissance mutuelle, son développement reste freiné à l’international.
        La création de cadres réglementaires européens adaptés est donc indispensable.

        3️⃣ Innovation

        Le financement de l’innovation sociale passe par des outils hybrides.
        Parmi eux : les Social Impact Bonds (obligations à impact social), qui associent acteurs publics et privés pour financer des projets selon leurs résultats sociaux et environnementaux.
        Ce modèle de partenariat basé sur la performance pourrait accélérer le financement de la transition solidaire.

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        Le château de la Muette à Paris, l'un des principaux bâtiments du siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques.
        Source: MySociety, Flickr
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        Membres fondateurs (bleu foncé) et membres (bleu clair) de l'OCDE

        Vers une reconnaissance mondiale de l’économie sociale

        Comme l’a rappelé Guy Ryder (Organisation internationale du travail), les organisations de l’économie sociale sont au cœur de la relance économique mondiale.
        L’OIT a d’ailleurs publié 93 recommandations pour guider les politiques publiques vers plus de justice, solidarité et responsabilité sociale.

        Pour Patrizia Toia, députée européenne,

        « l’économie sociale est un trésor pour l’humanité ».

        Et pour Olivia Grégoire,

        « il est temps d’ouvrir les fenêtres et les portes de la maison de l’économie sociale, afin qu’elle ne représente plus 10 % du PIB mais 30 % — ce dont elle est pleinement capable. »

        FAQ — Économie sociale mondiale et coopération internationale

        Qu’est-ce que le programme Global Action de l’OCDE ?

        Le programme Global Action vise à renforcer les écosystèmes de l’économie sociale à l’échelle mondiale.
        Financé par l’Union européenne, il couvre plus de 30 pays pour soutenir, internationaliser et visibiliser les entreprises sociales.

        Pourquoi ce programme est-il important ?

        Parce qu’il positionne enfin l’économie sociale comme moteur central de croissance inclusive.
        Il favorise la coopération internationale, la création d’emplois durables et la réduction des inégalités, tout en s’alignant sur les objectifs de développement durable (ODD).

        Quels sont les principaux défis du secteur ?

        Les freins identifiés sont :

        • la complexité administrative et le manque d’accès au financement,

        • l’absence de reconnaissance mutuelle entre pays,

        • et la faible capacité d’innovation technologique du secteur par manque d’investissements.

        Comment l’Union européenne soutient-elle l’économie sociale ?

        L’Union européenne agit à travers :

        • le Plan d’action européen pour l’économie sociale (2021),

        • les fonds structurels (FEDER, FSE+),

        • et des programmes dédiés à la digitalisation et à la formation des acteurs de l’ESS (comme ceux du SOGA).

        Quel rôle joue le Social Good Accelerator ?

        Le SOGA agit comme interface entre la tech et l’économie sociale.
        Il participe à des initiatives internationales, mène des projets européens (comme le Social Tech Atlas et la Social Tech Academy) et plaide pour une transition numérique coopérative et inclusive.

        Vers un statut européen pour les organisations à but non lucratif — Social Good Accelerator

        Vers un statut européen pour les organisations à but non lucratif — Social Good Accelerator

        Économie sociale : bientôt un statut européen pour les organisations à but non lucratif transfrontalières ?

        Les formes juridiques les plus courantes d’organisations à but non lucratif (OBNL) en Europe sont les associations et les fondations.
        Si ces deux statuts sont les plus clairement définis dans les différents codes juridiques européens, ils sont loin d’être les seuls à exister dans les États membres.

        Le Comité des affaires juridiques (JURI) du Parlement européen a récemment publié un rapport de référence sur ce sujet, ouvrant la voie à de nouvelles avancées législatives pour la reconnaissance européenne des organisations à but non lucratif transfrontalières.
        Tour d’horizon des constats et des solutions envisagées.

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        Réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures à Ljubljana, en Slovénie. Le président de la commission JURI, M. Adrián Vázquez Lázara, a également participé à cette réunion.
        Source: JURI Committee Press, Twitter

        Vers une utilisation plus large des statuts existants dans l’économie sociale

        À mesure que l’économie sociale gagne du terrain en Europe, notamment en Europe de l’Ouest, des formes juridiques encore peu exploitées jusqu’ici se développent.
        Les mutuelles et coopératives, par exemple, ne sont pas nécessairement à vocation lucrative : elles poursuivent un objectif de neutralisation des formes juridiques au profit d’une finalité sociale ou collective.

        Dans plusieurs pays, des statuts innovants ont vu le jour :

        • En France, le label ESUS (Entreprise solidaire d’utilité sociale) reconnaît les entreprises à mission sociale et à redistribution limitée des bénéfices ;

        • En Italie, le statut d’entité du tiers secteur (ETS) offre des avantages comparables.

        Ces législations témoignent d’un mouvement vers la reconnaissance juridique du “tiers secteur” comme pilier à part entière de l’économie européenne.
        Elles s’accompagnent souvent d’un régime fiscal favorable, incluant la déductibilité des dons et l’exonération partielle de certaines taxes.

        La place du non-lucratif dans les traités européens et la jurisprudence

        L’intégration des organisations à but non lucratif dans le droit européen n’est pas nouvelle.
        Les traités européens les reconnaissent explicitement :

        • Article 54(2) du TFUE,

        • Article 11(2) du TUE, qui évoque leur “rôle fondamental dans la vie démocratique de l’Union”.

        Mais ce sont surtout les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui ont précisé ces droits :

        • Commission européenne c. Autriche (C-10/10, 2011) : suppression des obstacles à l’activité transfrontalière des OBNL ;

        • Ambulanz Glöckner (C-475/99, 2001) : égalité de traitement entre structures à but lucratif et non lucratif face au droit de la concurrence ;

        • Italie Emergenza (C-424/18, 2019) : reconnaissance de dérogations spécifiques dans la commande publique.

        Malgré cette reconnaissance ancienne, les OBNL ne disposent toujours pas d’un statut spécifique en droit européen de la concurrence.
        Pourtant, les associations et fondations plaident depuis plus de 30 ans pour sa création.

        Les options législatives envisagées pour un statut européen

        Face à cette impasse, le Parlement européen a adopté une résolution le 5 juillet 2018 demandant à la Commission européenne de proposer un cadre juridique pour les entreprises sociales et solidaires (référence : 2016/2237).

        Trois pistes principales sont aujourd’hui à l’étude :

        1️⃣ Créer un statut juridique européen complet

        Ce modèle s’inspirerait de l’ancienne Société européenne (SE).
        Problème : il nécessiterait une décision unanime du Conseil (article 352 TFUE), un obstacle politique difficile à franchir.

        2️⃣ Recourir au mécanisme de coopération renforcée

        Cette option permettrait à un groupe restreint d’États membres d’adopter le statut sans attendre l’unanimité.
        Mais elle risquerait de créer une Europe à deux vitesses et de complexifier la reconnaissance mutuelle entre pays.

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        Bâtiments de la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, Luxembourg
        Source: Pixabay (image libre de droits)

        3️⃣ Créer un label européen pour les OBNL (option privilégiée)

        La solution la plus soutenue par le Comité JURI consisterait à créer un label harmonisé au niveau européen, attribuable aux organisations à but non lucratif de tout État membre.
        Ce label permettrait :

        • la reconnaissance automatique dans tous les pays de l’UE ;

        • l’accès aux mêmes droits, avantages fiscaux et obligations que les structures nationales ;

        • et la simplification administrative des activités transfrontalières.

        Ce système s’inspirerait des labels français et italiens (ESUS, ETS), en les transposant à l’échelle européenne.

        Une étape vers une reconnaissance politique et économique du secteur

        Selon le rapport du Comité JURI, cette troisième voie est la plus réaliste et alignée avec les objectifs européens de simplification, de transparence et de développement de l’économie sociale.

        Pour le Social Good Accelerator, cette orientation représente une étape encourageante vers la reconnaissance d’un statut européen de l’économie sociale, permettant aux structures à but non lucratif de coopérer plus facilement au-delà des frontières.

        L’adoption du Plan d’action européen pour l’économie sociale (2021) et les travaux conjoints de la Commission et du Parlement confirment cette dynamique.
        L’enjeu est désormais de passer des intentions à la mise en œuvre, pour que le secteur associatif et coopératif bénéficie pleinement d’un cadre juridique européen cohérent et équitable.

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        M. Nicolas Schmit, commissaire européen chargé de l’emploi et des droits sociaux, qui présentera en novembre le plan d’action de l’UE pour l’économie sociale.
        Source: CC-BY-4.0: © European Union 2019 – Source: EP

        FAQ — Vers un statut européen des associations et fondations

        Pourquoi créer un statut européen pour les OBNL ?

        Aujourd’hui, les organisations à but non lucratif doivent se recréer juridiquement dans chaque pays européen où elles opèrent.
        Un statut ou label européen permettrait de simplifier leurs démarches, de réduire les coûts et de favoriser la coopération transnationale.

        Quels pays disposent déjà d’un statut spécifique ?

        La France (ESUS) et l’Italie (ETS) ont déjà adopté des statuts nationaux reconnus pour les entreprises sociales et les associations à impact.
        Ces modèles inspirent la réflexion européenne sur la création d’un label commun.

        Quel rôle joue le Parlement européen dans ce dossier ?

        Le Comité JURI (Affaires juridiques) du Parlement européen pilote les travaux sur la reconnaissance juridique des organisations à but non lucratif transfrontalières.
        Il milite pour un cadre simplifié, juridiquement sûr et compatible avec les législations nationales.

        En quoi ce label serait-il avantageux ?

        Un label européen offrirait :

        • une reconnaissance immédiate dans tous les États membres,

        • un accès équitable aux subventions et marchés publics,

        • et une visibilité accrue pour les acteurs de la société civile opérant à l’échelle européenne.

        Quelle est la position du Social Good Accelerator ?

        Le SOGA soutient cette démarche, considérant qu’elle contribue à renforcer la cohérence du modèle social européen.
        Elle faciliterait la coopération entre organisations solidaires et encouragerait la création de partenariats transnationaux durables.

        Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

        Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

        Inclusion numérique : où en est l’Europe ?

        Les inégalités numériques – plus souvent appelées fracture numérique – restent un frein majeur pour des millions d’Européens. Elles touchent celles et ceux qui n’ont pas accès aux outils numériques, ne peuvent pas les financer ou manquent des compétences nécessaires pour les utiliser.
        Pour réduire ces écarts, les pouvoirs publics, au niveau national comme européen, ont renforcé leurs actions afin de garantir un accès effectif au numérique pour tous.

        La directive européenne 2018/1972 a introduit la notion de « service d’accès adéquat à Internet à haut débit », posant des critères renforcés pour considérer l’accès Internet comme un service essentiel. Chaque État membre a ensuite transposé cette directive dans son droit national, notamment via des plans nationaux d’inclusion numérique, programmes territoriaux ou stratégies sectorielles.

        Voici quatre exemples de politiques d’inclusion numérique au sein de l’Union européenne.

        site kit d'inclusion numérique
        Vue globale du kit d'inclusion numérique lancé par le gouvernement français
        Source: Mission société numérique (screenshot)

        France : un plan national pour soutenir l’inclusion numérique

        La stratégie française vise d’abord à identifier les publics en difficulté et à former les professionnels capables de les accompagner.
        L’un des dispositifs phares est un MOOC conçu par La MedNum et le CNFPT, destiné à sensibiliser les agents territoriaux aux enjeux de la médiation numérique et à la transition numérique des territoires.

        Par ailleurs, la France mobilise les jeunes en service civique, accompagnés par la Ligue de l’Enseignement, pour :

        • sensibiliser les publics vulnérables aux enjeux du numérique ;

        • leur apporter un accompagnement de première ligne en médiation numérique.

        Cette approche met l’accent sur la montée en compétences, la médiation et la coopération territoriale, considérées comme des leviers essentiels de l’inclusion numérique.

        Espagne : une stratégie structurée autour de quatre priorités

        L’Agenda numérique espagnol repose sur quatre objectifs majeurs :
        accessibilité, compétences de base, égalité femmes-hommes, employabilité.

        Les ambitions affichées incluent :

        • l’élimination des zones blanches du territoire ;

        • le renforcement des compétences numériques des publics les plus âgés et les moins qualifiés ;

        • la réduction des écarts de genre dans l’accès et les métiers du numérique ;

        • la généralisation de la formation tout au long de la vie.

        Pour y parvenir, l’Espagne investit massivement, notamment 140 millions d’euros pour garantir une connexion minimale de 100 Mb/s à toute la population d’ici 2025.

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        Deux femmes occupées sur un ordinateur
        Source: Gobierno de España
        Parlement fédéral belge
        Le Palais de la Nation, qui accueille le Parlement fédéral belge
        Source: Wikipedia, Palace of the Nation in Brussels

        Belgique : une stratégie pour réduire une fracture numérique multidimensionnelle

        La Belgique distingue trois niveaux de fracture numérique :

        1. L’accès (équipements, connectivité)
        2. Les compétences (utiliser efficacement les outils)
        3. L’usage significatif (accéder aux services publics, effectuer des démarches administratives)

        Pour réduire ces écarts, l’État belge mise sur :

        • une coopération renforcée entre le fédéral, les régions, les provinces et les communes ;
        • l’implication des acteurs de l’e-inclusion pour bâtir un véritable écosystème d’inclusion numérique, y compris dans les services publics ;
        • des mesures d’accessibilité financière (matériel, abonnements) ;
        • un effort massif de formation et de sensibilisation.

        Aujourd’hui encore, 10 % des ménages belges n’ont pas accès à Internet, et les zones rurales de Wallonie restent prioritaires. Le gouvernement fédéral prévoit d’ailleurs de renforcer rapidement son plan Digital Belgium.

        Portugal : un plan d’action national pour la transition numérique

        Lancé en mars 2020, le Plan d’action pour la transition numérique structure les politiques nationales autour de trois axes :

        1. Capacitation numérique des citoyens
        2. Transformation numérique des entreprises
        3. Modernisation numérique de l’État

        Le Portugal s’inspire fortement du modèle estonien en :

        • développant un programme d’e-Residency, permettant aux citoyens portugais à l’étranger d’accéder aux services publics en ligne ;
        • ambitionnant la dématérialisation intégrale des 25 services publics les plus utilisés ;
        • coordonnant les stratégies locales et nationales pour une cohérence d’ensemble.

        L’objectif est de créer un écosystème national intégré, capable de soutenir à la fois l’inclusion sociale et la modernisation économique.

        Des approches différentes, une même ambition : réduire la fracture numérique

        Qu’il s’agisse de la France, de l’Espagne, de la Belgique ou du Portugal, les stratégies nationales convergent vers un objectif commun :
        réduire les inégalités d’accès et de compétences numériques, particulièrement pour les publics âgés, les ménages précaires et les habitants des zones rurales.

        Malgré des ambitions élevées, les défis restent nombreux :
        écarts de connectivité, difficulté d’équipement, manque de formation ou encore complexité des démarches.
        Les collectivités, les acteurs publics et les organisations de l’économie sociale ont donc un rôle déterminant à jouer pour garantir un accès universel, équitable et durable au numérique.

        Sources :

        • Agence nationale de la cohésion des territoires, Plan national pour un numérique inclusif, 2018
        • Conseil central de l’Économie / Centrale Raad voor het Bedrijfsleven, Vers une politique d’inclusion numérique en Belgique, 2020
        • Ministro da Economia e Transição Digital, Portugal Digital, 2020
        • ePortugal, Governo lança plano de ação para a transição digital, 2020
        • Ministerio de asuntos económicos y transformación digital, Plan de inclusión digital y empleabilidad, 2014

        FAQ — Inclusion numérique en Europe

        Qu’est-ce que l’inclusion numérique ?

        L’inclusion numérique désigne l’ensemble des actions visant à garantir l’accès pour tous au numérique : équipement, connexion, compétences de base et capacité à effectuer des démarches essentielles.

        Quels publics sont les plus touchés par la fracture numérique ?

        Trois catégories sont particulièrement vulnérables :

        • les personnes âgées ;
        • les ménages à faibles revenus ;
        • les habitants des zones rurales ou isolées.
        Que fait l’Union européenne pour réduire la fracture numérique ?

        L’UE agit via :

        • la directive 2018/1972 sur l’accès adéquat à Internet ;
        • le Digital Education Action Plan (2021–2027) ;
        • la Décennie numérique 2030 ;
        • des fonds structurels soutenant la connectivité et la formation.
        Quels pays européens sont les plus avancés en matière d’inclusion numérique ?

        L’Estonie reste un modèle de référence.
        Le Portugal s’en inspire fortement.
        La France, l’Espagne et la Belgique disposent de stratégies robustes combinant accès, compétences et modernisation des services publics.

        Pourquoi l’inclusion numérique est-elle devenue essentielle ?

        Parce que l’accès au numérique conditionne désormais :

        • l’accès aux droits et aux services publics ;
        • la recherche d’emploi ;
        • la participation citoyenne ;
        • l’accès à l’information et aux soins.

        Elle constitue un enjeu fondamental d’égalité et de cohésion sociale.