Dans le cadre de la consultation européenne sur les Transition Pathways for Social Economy, le Social Good Accelerator a publié une note de contribution visant à proposer des solutions concrètes pour renforcer l’économie sociale dans les transitions numérique et écologique.
Cette contribution met en avant deux leviers principaux : l’économie de proximité et la Social Tech, c’est-à-dire l’ensemble des technologies numériques mises au service de l’intérêt général et de l’innovation sociale.
L’objectif est clair : permettre à l’économie sociale de jouer un rôle central dans la transformation du modèle économique européen, en développant des solutions technologiques ouvertes, accessibles et alignées avec les valeurs de solidarité et de coopération.
Jeanne Bretécher, présidente et cofondatrice du Social Good Accelerator, a animé l'un des quatre ateliers organisés par la Commission européenne le 30 mai 2022.
Source: Thomas Brisbart
Les défis pour l'écosystème
Social Economy Europe, Diesis, Euclid Network et le Social Good Accelerator (SOGA) ont animé séparément quatre ateliers centrés sur : l’entreprenariat social tech, le management des données, l’économie de plateformes partagées et la social tech. Le SOGA s’est concentré sur ce dernier.
En intégrant ce groupe, l’association et ses partenaires cherchaient à explorer les points saillants des documents de Transition Pathways avec les participants. En effet, le premier jet du document compilait une synthèse autour de 70 contributions, dont celle de SOGA, rédigée avec sa communauté. Le rapport explore les zones où l’économie sociale devrait se mettre en route, notamment pour accélérer la transition numérique. L’idée au travers de ces ateliers était d’apporter des mots simples sur des sujets complexes.
Ainsi, le groupe a discuté ensemble sur ce que l’accès à la technologie signifiait pour eux. Les problèmes induits par les outils numériques se condensent dans le fait que certaines personnes pensent qu’ils sont hors de portée, principalement à cause de barrières psychologiques, de ressources peu visibles, mais surtout à cause des compétences requises pour les prendre en main. La fracture numérique et le sentiment d’isolation numérique sont tout deux bien réels dans ce contexte.
Par ailleurs, avec la pandémie, il y a eu une transition brutale vers l'utilisation d'outils dont beaucoup n'avaient pas les compétences et les équipements correspondants. La résolution de ce problème est une question de moyens que les pouvoirs publics permettent de mettre en œuvre, à travers des leviers tels que les ressources économiques et la formation.
Aller vers des solutions
Quelques exemples de bonnes pratiques ont été évoqués par les participants, qui ont apporté différentes contributions intéressantes. Par exemple, certains ont identifié la nécessité de soutenir la création et le partage de chaque secteur industriel, grâce à des réglementations appropriées et adéquates. Par exemple, en Israël, l'accessibilité n'est pas seulement limitée à l'aspect physique, mais a une définition plus large dans la loi. Elle inclut le prisme numérique en son sein.
De l'autre côté du spectre, les modèles de startups sont axés sur l'hypercroissance et la mise à l'échelle. Avec un état d'esprit aussi différent, l'impact l'est aussi. En outre, il est difficile d'identifier la bonne technologie pour les besoins d'une organisation sociale. Certains outils ont cette portée à l'esprit, tels que Rogervoice.
"Quand on travaille, toutes sortes de personnes différentes sont impliquées, et c'est un pont intéressant mais difficile à franchir", a soutenu un panéliste. Par ces mots, l'exclusion des personnes âgées dans la sphère numérique a été soulevée. Néanmoins, leur exclusion n'est pas seulement basée sur les compétences, mais aussi sur leur propre confiance et sur la conception du produit. Comme toute nouvelle technologie, le numérique est source d'exclusion s'il n'est pas conçu correctement. En d'autres termes, le numérique est synonyme de substitution, et la multimodalité en est la clé.
L'atelier a conclu que la mise en place d'un Internet décentralisé serait la clé d'un écosystème d'innovation sociale numérique efficace. En outre, l'employabilité garantit l'arrivée de nouveaux talents dans le secteur des technologies civiques. Les personnes âgées se méfient des outils numériques. Un prototypage rapide ou un design itératif est nécessaire pour continuer sur cette voie, pavée de plusieurs défis : l'accès à la technologie, l'apport de compétences ou le perfectionnement des personnes, et les défis liés aux ressources elles-mêmes.
