La route vers le Sommet européen de l’économie sociale, Mannheim, mai 2021
Tallinn, Estonie, novembre 2020
Dans sa lettre d’intention adressée à David Maria Sassoli, président du Parlement européen, et à la chancelière allemande Angela Merkel, alors en charge de la présidence du Conseil de l’Union européenne, lettre qui accompagnait son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a confirmé que le Plan d’action pour l’économie sociale ferait partie des initiatives prévues pour 2021.
Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, prépare actuellement ce plan. Il devrait le présenter lors du Sommet européen de l’économie sociale, les 26 et 27 mai 2021 à Mannheim, avant une adoption prévue au cours du second semestre 2021.
Pourquoi ce Plan d’action européen pour l’économie sociale constitue-t-il une étape clé ?
Ce document doit apporter une nouvelle vision du système économique. Il doit aussi devenir un instrument majeur pour intégrer de manière systématique l’économie sociale dans les différentes politiques socio-économiques de l’Union européenne, ainsi que dans ses actions destinées à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).
Le plan doit mettre en avant le fait que le tiers secteur et l’impact social peuvent jouer un rôle de transformation. Il doit aussi renforcer la capacité de réaction face aux crises.
Aujourd’hui, l’Europe compte environ 2 millions d’entreprises de l’économie sociale — coopératives, mutuelles, associations à but non lucratif, fondations et entreprises sociales — soit 10 % de l’ensemble des entreprises de l’Union européenne. Environ 6,3 % de la population active travaille dans ce secteur. Pendant la crise du coronavirus, ce secteur est devenu plus visible. Les institutions européennes le considèrent désormais comme essentiel pour répondre aux deux grandes priorités européennes : la transition verte et la transition numérique.
Un plan préparé avec plusieurs directions générales et des partenaires de la société civile
Alors que le Mois de l’économie sociale et solidaire débute en France, comme chaque mois de novembre depuis onze ans, et qu’ESS France lance la plateforme Social Economy Republic, plusieurs institutions européennes travaillent conjointement à la préparation de ce plan.
Cinq directions générales de la Commission européenne sont impliquées dans ces travaux : DG GROW, DG EMPL, DG Research & Innovation, DG ECFIN et DG CONNECT. Elles travaillent avec le Comité économique et social européen ainsi qu’avec des partenaires de la société civile, parmi lesquels nos partenaires Social Economy Europe et Pour la Solidarité.
Nicolas Schmit et Nicolas Hazard au cœur de la préparation du plan
Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit, ancien ministre de l’Économie sociale au Luxembourg, pilote ce plan pour la Commission européenne. Il considère que le soutien à l’économie sociale et aux entreprises sociales constitue une composante essentielle de la construction d’un avenir durable pour l’Europe.
Dans cette perspective, il a clairement décidé de faire avancer le développement de ce plan. Il a d’ailleurs récemment nommé un nouveau conseiller spécial sur les questions d’économie sociale : Nicolas Hazard, entrepreneur français, fondateur et CEO de INCO, structure qui investit dans des entreprises innovantes, durables sur le plan environnemental et responsables sur le plan social, tout en les accompagnant.
Lors d’une réunion tenue le 28 septembre avec la ministre finlandaise des Affaires sociales Aino-Kaisa Pekonen, Nicolas Schmit a également indiqué que le plan d’action inclurait le sujet de la participation sociale, afin de soutenir l’investissement dans le secteur.
Le travail sur le plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021
La préparation du plan passera aussi par la Digital Road to Mannheim 2021.
Cette démarche comprend huit événements en ligne organisés en amont du Sommet européen de l’économie sociale. Chaque événement de cette feuille de route se concentre sur un sujet spécifique. Son objectif consiste à connecter les différents acteurs de l’économie sociale en Europe dans un format très interactif, à présenter des bonnes pratiques et des cas d’usage, et à diffuser de l’information grâce à des sessions interactives réunissant des acteurs du changement venus de toute l’Europe.
Le premier événement en ligne, intitulé « New challenges, new innovations, new solidarities – Social Economy in the fight against COVID-19 », s’est tenu le 24 septembre et a rassemblé près de 300 participants en ligne.
Le suivant, intitulé « Leaving no one behind – Employment, upskilling and social inclusion in the changing world of work », devait être organisé le 29 octobre. Parmi les intervenants annoncés figuraient Manuela Geleng, directrice à la DG EMPL, Sébastien Darrigrand, directeur général de l’UDES – Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, ainsi que Trebor Scholz, fondateur de l’Institute for the Cooperative Digital Economy et du Platform Cooperativism Consortium.
Une invitation à participer et à faire entendre la voix de l’ESS
Nous encourageons chacun et chacune à y participer. Ces European Social Economy Exchange Events, organisés chaque mois, constituent une excellente occasion de se connecter, d’apprendre et de s’engager avec un public diversifié représentant la grande variété des acteurs actifs dans ce domaine à travers toute l’Europe.
Il est important que l’ensemble des acteurs de l’ESS contribue à amplifier ces voix et à souligner l’importance de mesures significatives de soutien économique dirigées vers les acteurs de l’économie sociale. Il est tout aussi important de mettre en avant le rôle des réponses apportées par l’ESS dans la lutte contre la pandémie et dans le soutien à la résilience post-Covid-19.
Auteur
Arnaud Castaignet, expert européen Tech et administrateur du SOGA EU
Tallinn, Estonie
Novembre 2020
